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II. — AcroES DIAMINES

On attaque 475 gr. de vitelline par 8 fois son poids d'acide sulfurique (l'*%425) dilué au préalable de 2 volumes d'eau. On ajoute au mélange * 50 gr. de NaGl et chauffe 24 heures au réfrigérant ascendant. Le mélange noircit peu à peu en dégageant de l'acide sulfhydrique et des produits organiques sulfurés.

1* Ammoniaque. — Le liquide goudronneux noir abandonne par refroidissement de longues aiguilles de sulfate d'ammoniaque. Pour doser cet alcali, on prélève une partie aliquote du liquide : on chasse l'ammoniaque par la magnésie et on titre l'ammoniaque ainsi libérée.

Les 475 gr. de vitelline ont donné 5«f%593 d'AzH», soit 1,17 0/0.

2* Séparation des diamines. — Le liquide noir est dilué à 10 litres ; la majeure partie de l'acide sulfurique est précipitée par la baryte. Dans la liqueur restée acide et filtrée on ajoute une solution concentrée d'acide phosphotungstique jusqu'à cessation de précipité. Après 20 heures de repos, on sépare le précipité qui renferme à l'état de phosphotungstates les diamines (arginine, histidine, lysine), tandis que les acides monamidés sont restés en solution (leucine, tyrosine, acides glutamique, aspartique, etc., etc.).

Le précipité de phosphotungstate lavé à l'eau chargée de quelques centièmes d'acides sulfurique et phosphotungstique est décomposé à froid par un excès de baryte hydratée. Après filtration, on obtient un hquide qui tient en dissolution les diamines avec un excès de baryte ; on le débarrasse de cette base par l'acide carbonique, on l'acidulé par SO*H* et on chauffe à 80*, après avoir dilué de telle sorte qu'on ait 3 litres de liquide pour 100 gr. d'albumine détruite. On introduit alors par petites portions et en agitant fréquem-

' Hart, Ueber die quantitative Bestimmung der Spaltungsprodukte der Eiweisskôrper {Zcitsch. /. physiol. Chem. l. XXXIII, p. 347).

ment du sulfate d'argent en poudre jusqu'à ce qu'une goutte de liquide donne, au contact de Teau de baryte non pas un précipité blanc, mais un précipité jaune brun d'oxyde d'argent. On laisse refroidir à 40*, sature par un léger excès de baryte cristallisée et essore à la trompe. Le précipité resté sur le filtre et lavé trois fois à l'eau bouillante contient l'arginine et Thistidine; dans le liquide la lysine est restée.

8* Arginine et histidine. — Ce précipité est broyé au sein de l'eau chargée d'acide sulfurique; on s'assure de l'acidité du milieu et, sans filtrer, on sépare l'argent par H*S, filtre et fait bouillir. Le liquide est neutralisé à froid par la baryte et additionné de nitrate de baryte jusqu'à cessation de précipité. On concentre de façon à avoir 1 litre de liquide pour 100 gr. d'albumine environ : on ajoute alors une solution de nitrate d'argent à 15 0/0 jusqu'à ce qu'une goutte de liquide donne avec une goutte d'eau de barj'te un précipité jaune. A ce liquide exactement neutralisé par la baryte on ajoute goutte à goutte et avec précaution de l'eau de baryte : de temps en temps, on laisse déposer le précipité qui se forme, on décante 2 ou 3 gouttes de liquide clair surnageant et on les additionne d'une goutte d'azotate d'argent ammoniacal. Si on voit se former un précipité facilement soluble dans un excès d'ammoniaque, c'est que l'histidine n'est pas entièrement précipitée et on continue les additions d'eau de baryte ; dans le cas contraire, on s'arrête, l'histidine est précipitée à l'état d'histidine argentique qu'on recueille, lave, met en suspension dans l'eau sulfurique et décompose par H'S.

Après séparation du sulfure d'argent, on fait bouillir, filtre et amène le liquide à un volume exactement mesuré de 500 c. c.

10 gr. de ce liquide, colorés légèrement en jaune, sont évaporés au bainmarie au contact de 15 gr. d'oxyde de cuivre récemment calciné. Après evaporation à sîccité, on recueille sans en perdre cet oxyde de cuivre et y dose l'azote par le procédé de Dumas.

Pour ces 10 gr. on a obtenu V = 37«%6, ht = 22^; Uq-{ = 718.14, soit 0»',040856 d'azote con-espondant à 10»^68 d'histidine G«H»Az30* pour les 475 gr. de vitelline détruite, soit â.23 0/0 dhistidine.

On peut, du reste, comme nous l'avons fait, extraire cette histidine en nature. Reprenons les 500 c. c. de liquide et traitons-les par un léger excès d'acide sulfurique : après filtration, on enlève l'acide sulfurique par la baryte et l'excès de baryte par l'acide carboniaue. Par evaporation, on obtient une masse jaune, quelquefois cristalline, plus souvent à l'état gommeux. On la traite par une solution à 15 0/0 d'azotate d'argent, légèrement acidulée par 1 goutte d'acide nitrique.

11 se produit alors un précipité blanc volumineux (P) et une liqueur (L) qui contient l'histidine.

A cette liqueur on ajoute avec précaution de l'azotate d'argent ammoniacal pour précipiter l'histidine. Ce précipité est recueilli et décomposé par HCl en évitant un excès; l'histidine est alors à l'état de chlorhydrate soluble. Pour la purifier, on la précipite par le sulfate mercurique ; après 24 h. de repos, la combinaison mercurique est séparée, lavée, mise, en suspension dans l'eau et décomposée par H*S. Filtration, ebullition suivies de l'élimination de SO*H* par la baryte et de l'élimination de la baryte par l'acide carbonique. On filtre, évapore à sec et reprend par l'eau. Après une dernière filtration.

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on ajoute de l'acide chlorhydrique et évapore lentement dans le vide sec. On obtient de magnifiques prismes losangiques de bi-chlorhydrate d'histidine G«H»Az»0«.2HGl.

Quant au précipité (P) on Ta lavé et décomposé par l'acide chlorhydrique. On évapore à sec, reprend par l'eau et précipite par une solution alcoolique d'acide picrique. Une huile se dépose qui, après quelques jours, se transforme lentement en prismes jaunes volumineux : c'est un picrate fusible à 9^"" dont nous n'avons pas fait l'étude, à cause de la trop petite quantité de matière dont on disposait. Ce picrate indique la présence dans ces produits d'une base encore inconnue, mais en proportion très faible (quelques centigrammes pour les 475 gr. de vitelline).

Au commencement de ce paragraphe, nous avons séparé l'histidine de l'arginine par précipitation fractionnée à l'aide de l'azotate d'argent ammoniacal. Après séparation de ce précipité, on obtient une eau-mère oii est restée l'arginine ; on sépare celte dernière base à l'état d'arginine argentique par saturation du liquide à l'aide de la baryte cristallisée. On recueille un composé insoluble qu'on lave soigneusement pour en éliminer toute trace de nitrate : on le met en suspension dans l'eau chargée d'acide sulfurique et décompose par H*S. Après filtration, on fait bouillir et amène la liqueur à 250 c. c. exactement mesurés.

De même que pour l'histidine, on en prélève une partie aliquote (5 c. c.) qu'on évapore à sec sur 15 gr. d'oxyde de cuivre. On dose l'azote de cet oxyde de cuivre recueilli avec soin.

V=25«%4, à t=20«; Ho-f= 718.53; ce qui donne 0,027986 d'azote, soit, pour les 250 c. c. représentant 475 gr. de vitelline, 4ff%34 d'arginine G«Hi*Az*0«.

La vitelline a donc fourni 0.91 0/0, en chiffres ronds, 1 0/0 de sou poids (Targinine.

J'ai récupéré l'arginine contenue dans les 250 c. c. de liquide qui ont servi à la doser. Ce liquide a été additionné de baryte pour précipiter la totalité de l'acide sulfurique : on a filtré et éliminé la baryte par GO*. Par evaporation à sec, on obtient un résidu qu'on reprend par l'eau, décolore par le noir de sang et évapore une seconde fois au bain-marie. On renouvelle l'opération jusqu'à ce que le liquide soit parfaitement incolore : on Tévapore alors lentement dans le vide sous une cloche contenant de l'acide sulfurique et de la potasse caustique pour s'emparer de GO* fixé sur l'arginine. On obtient un sirop qui se prend peu à peu en une masse solide transparente et, après plusieurs semaines, quand Targinine a perdu son acide carbonique, le fond de la capsule est tapissé par une substance opaque, porcelanée, d'un blanc éclatant. G'est l'arginine libre G«H**Az*0«.

Je préfère obtenir l'arginine à cet état qu'à l'état de nitrate ou de combinaison double avec l'azotate de cuivre. On n'a pas besoin de la régénérer, ce qui est toujours long, pour la faire servir à des recherches.

4^ Lysine, — A la fin du paragraphe 2 (séparation des diamines) nous avons

vu que, grâce au sulfate d'argent et à la baryte, on pouvait séparer sous forme

de combinaisons argentiques l'arginine et l'histidine. La lysine reste dans

Teau-mère et les eaux de lavage saturées de baryte.

Ces eaux-mères sursaturées par un léger excès d'acide sulfurique sont

débarrassées de l'argent en excès par H^S. Après filtration et expulsion dWS, on précipite la lysine par Tacide phosphotungslique. Le précipité blanc qui se forme, lavé à Teau chargée d'acides sulfurique et pbosphotungstique, est décomposé par un excès de baryte ; la baryte est éliminée à son tour par l'acide carbonique. On fait bouillir, filtre, évapore, reprend par l'eau, évapore une seconde fois et renouvelle l'opération si on le juge utile. On obtient une masse colorée en jaune, semi-pâteuse, semi-cristallisée. On la dilue dans un peu d'alcool et la traite avec précaution par une solution alcoolique saturée d'acide picrique en évitant un excès de réacïif qui redissoudrait le picrate formé.

On voit se déposer aussitôt une combinaison jaune cristalline qui, purifiée par une ou deux cristallisations dans l'eau bouillante, donne de belles aiguilles jaune d'or qu'on pèse après dessiccation.

Les 475 gr. de vitelline ont donné, et toutes corrections faites de la solubilité du sel (0,5i 0/0) : 14«',92 de picrate de lysine

C«Hi* Az202 . C6H2( Az02)3 .OH, soit 1,22 OjO de lysine.

IIL — AcroES MONOAMINÉS.

On traite 1 kilogr. de vitelline par 3 kilogr. d'acide sulfurique dilué dans 6 litres d'eau ; l'ébullition est maintenue 16 heures au réfrigérant ascendant. Après avoir éliminé la majeure partie de l'acide sulfurique par la baryte, on enlève les diamines par l'acide phosphotungstique et, dans la liqueur filtrée, l'excès d'acide phosphotungstique par la baryte. L'excès de cette dernière est éliminé par l'acide carboniijue, puis par une précipitation exacte à Taide de SO*H«.

1« Tyrosine et leucine. — Par evaporation du liquide clair, on obtient : 1** Un dépôt abondant de tyrosine et de leucine, d'où la tyrosine a été

séparée par fractionnement. On a recueilli 19 gr. de tyrosine en belles

aiguilles soyeuses parfaitement blanches

C«H4 . 0H-CH2-CH . AzH2-C02H .

2^ Un dépôt abondant (46 gr.) de leucine ; mais cette leucine est mate et se présente en écailles opaques, premier indice d'impureté. Son pouvoir rotatoire est inférieur à -|-20* (2 gr. dissous dans l'acide chlorhydrique à 1/10 ont donné dans le tube de 0"",2 une déviation a = 0*44', soit p = -{- 18*,22). De plus, elle se sublime en se décomposant entre 256 et 260"*, au lieu de 280'' ; enfin elle donne à l'analyse 11.18 0/0 d'azote, au lieu de 10.68.

En sublimant avec précaution cette matière, on obser\'e, au milieu des écailles de leucine, de fines aiguilles qui ressemblent à la leucinimide C«H"Az0 et qui, recueillies et analysées, ont donné 12.400/0 d'azote; la formule précédente exigerait 12.38.

On soumet la leucine impure à une série de cristallisations et on analyse les dépôts successifs en les transformant en sel d'argent dont on dose le métal par calcination au creuset de platine.

Cette méthode, rapide et précise, a l'avantage de mettre en évidence des

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differences que le dosage de Tazote ne décèlerait qu'imparfaitement; ainsi, entre la leucine (10.68 0/0 d'azote) et Tacide aminovalérique (11.96 0/0) la différence n'est que de 1.28 0/0, tandis que la différence entre la teneur en argent du leucinate et de Tarn ino valerate argentiques atteint près de 3 0/0 (48.2-45.3). La préparation des sels d'argent est très simple : les acides amides sont dissous dans Teau tiède et additionnés d*un léger excès de nitrate d'argent ; on ajoute avec précaution de l'eau de baryte jusqu'à ce que le précipité qui se forme ait une tendance à se colorer en jaune brun persistant après agitation et il vaut mieux s'arrêter un peu avant, quand le précipité est encore parfaitement blanc. Le sel argentique, recueilli sur un filtre, est lavé, desséché et analysé.

En faisant cristalliser la leucine impure, nous avons obtenu, à la suite des fractionnements :

A. Des dépôts formés d'écaillés blanches, brillantes, nacrées, présentant tous les caractères de la leucine pure, sans aiguilles de leucinimide.

Le sel d'argent a donné à l'analyse :

Poids de matière : 0,4594; Ag métall. : 0,2090

Calcolé Trouvé. pour C«H"AzO*Ag.

Ag 45,4 45,3

C'est bien la leucine C«H*3AzO«.

B. Une série de dépôts formés d'écaillés blanches, brillantes contenant cependant de l'acide aminovalérique O^H^AzO*, mêlés à la leucine comme l'indique l'analyse des sels d'argent.

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