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TECHNIQUE

Anesthésie. — Les expériences ont porté presque exclusivement sur des chiens anesthésiës par injection intraveineuse d'une solution de chloralose à 7,5 0/00, à raison de 8 centij^r. par kilogramme.

L*anesthésie, en dehors de la question de sentiment que Ton ne saurait négliger, surtout pour ces expériences de longue durée, est nécessaire pour éviter la polypnée réflexe, très variable dans ses effets. Elle assure un rythme presque toujours d'une grande régularité, depuis le début de l'apparition de la polypnée centrale.

Le chloralose nous a paru Tanesthésique de choix. Les effets anesthésiques se prolongent plusieurs heures, la pression reste normale, le tonus musculaire persiste et, par suite, les échanges sont peu modifiés. La seule objection que l'on pourrait faire a priori^ est la nécessité d'introduire dans le système circulatoire une notable quantité de liquide. Mais, comme on le verra au cours de ce travail, cette objection doit être rejelée, car très rapidement, même chez l'animal normal, et a fortiori chez l'animal en hyperthermic, l'excès d'eau introduit est rapidement éliminé.

Milieu thermique. — L'hyperthermie était obtenue en plaçant l'animal dans une baignoire à double fond chauffée par en dessous, le chien étant enveloppé d'une couverture. La pièce où 1 on opérait était à une température presque constante de 20 à 24^, et le débit du gaz chauffant la baignoire uniformément réglé, de sorte que l'on peut admettre que les animaux se trouvaient dans des milieux thermiques presque identiques. L'animal, respirant dans la partie supérieure de la baignoire, prenait un air presque au maximum de saturation, ainsi que l'indiquaient les hygromètres à corne utilisés au début, mais abandonnés comme inutiles ensuite.

Mesure des échanges respiratoires. — Aussitôt après l'anesthésie, on procédait à la trachéotomie et à la mise en place d'une canule métallique maintenue par une fermeture hermétique. Les deux pneumogastriques étaient isolés, un fil passé simplement au-dessous de chacun d'eux, une carotide également isolée pour la prise du sang. Le rythme respiratoire était enregistré avec un pneumographe de Marey.

Pour étudier le débit de la ventilation, on utilisait la canule de Tissot avec soupape d'aluminium communiquant avec un spiromètre rappelant le spiromètre du même auteur. Dans une grande cloche renversée, traversée par un tube à sa partie inférieure, et remplie d'eau couverte d'une couche d'huile de vaseline, flottait un réservoir en fer blanc très léger, maintenu en équilibre par un poids compensateur plongeant dans l'eau, constitué par un tube de verre chargé de mercure et de même volume que celui des parois du réservoir. Les deux appareils ont un déplacement identique et se compensent dans toutes les positions. Dans quelques expériences, le chien respirait dans un sac de caoutchouc de dix litres, qui était lui-même en communication par un tube latéral avec le spiromètre pour atténuer toute résistance.

Les dosages de l'air, soit air expiré (spiromètre seul), soit air confiné (sac et spiromètre), étaient faits en double :

!• Avec l'eudiomèlre à phosphore de Laulanié, dont les deux tubes mano-

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métriques sont plongés dans une cuve à eau avec barbotteur, permettant de réaliser rapidement l'équilibre thermique;

2o Avec un eudiomètre à acide pyrogallique, à renflement supérieur permettant de faire des mesures sur 50 c c. d*air, tout en ayant une approximation suffisante. Tout l'appareil était entouré d'un manchon d*eau à la température du laboratoire.

Détermination de la densité du sang. — La détermination dé la densité du sang a été faite en utilisant la méthode des mélanges d'Hammerschlag légèrement modifiée, ou en utilisant un nouveau procédé. Au lieu de prendre un mélange de chloroforme et de benzine d*une densité voisine de celle du sang, et d'ajouter, une fois la goutte de sang tombée, goutte à goutte l'un des deux corps de densités différentes jusqu'à ce que la goutte de sang se mette en mouvement, nous utilisions une série d'éprouvettes de 2 c c, renfermant des mélanges de densités très peu différentes et versions une goutte de sang dans chacun d'eux. La densité du sang correspondait à la moyenne des deux tubes dans lesquels la goutte montait et l'autre descendait.

Ce procédé rapide permet d'éviter les altérations qui se produisent dans lia gouttelette de sang au contact d'un liquide même non sensible comme le mélange en question. Mais il exige une grande fixité de température; aussi avons-nous modifié cette méthode en utilisant le grand coefficient de dilatation du mélange chloroforme-benzine. La densité du sang de chien oxalate de 20*' à 85*» varie de 1060 à 1050. La densité d'un mélange chloroformebenzine de 1060 à 15* descend à 1035 à 35*. Etant donné ces différences, il suffît de laisser tomber la goutte de sang dans une éprouvelte renfermant 2 c c. du mélange, de plonger l'éprouvette dans de l'eau à température plus chaude ou plus froide et de noter le moment où la goutte de sang comme dans le ludion monte ou descend. On accole à l'éprouvette un thermomètre benzine-chloroforme dont la cuvette a également 2 c. c. de capacité et d'une épaisseur de verre identique à celle de l'éprouvette. La lecture de ce thermomètre donne immédiatement la température de l'éprouvette et par suite la densité du mélange.

On peut faire rapidement plusieurs lectures successives; toutefois, au bout de quelques minutes, les mouvements de la goutte de sang ne concordent plus avec les degrés thermiques primitifs. Cette divergeance tient : 1* à une modification du mélange non homogène les deux composants s'évaporant dans des rapports inégaux; 2* à une altéralion de la goutte de sang sous l'influence du mélange.

Dosage des gaz du sang. — Nous avons opéré avec la méthode de Haldane et Barcrofl *, méthode permettant d'utiliser 1 c. c. de sang.

Pour recueillir le sang dans la carotide, nous avons fait construire une seringue de 1**,25, que l'on charge au préalable de 0*°,25 d'une solution d'oxalate de potasse ou simplement de la solution ammoniacale à 2 0/00 utilisée dans le récipient. Un dispositif spécial permet ensuite d'arrêter le piston quand il a parcouru exactement la course voulue, soit 1 c. c. sans qu'on ait à exercer une surveillance sur l'appareil. Le sang était pris soit directement dans le vaisseau par ponction avec une aiguille fine, soit à l'aide d'une canule

* Haldane et Darcroft. Journal of Physiology ^ 1902, XXVIII, p. 232.

LA POLYPNÉE THERMIQUE

à demeure, en ayant soin de laisser alors s'écouler un peu de sang (2 c. c.)« Dans la plupart des cas, on prélevait à moins d'une demi-minute d'intervalle deux échantillons de sang et les chiffres indiqués représentent les moyennes des deux opérations. Si récart entre les deux dosages dépassait 1 0/0, ceux-ci étaient considérés cooime suspects.

1® POLYPNÉE ET PNEUMOGASTRIQUE.

Richet, dans son mémoire del 1888, ayant chauffé des chiens aux deux pneumogastriques coupés, déclare :

« Toutes les expériences sont très nettes : la polypnée n'est pas modifiée. Non seulement la polypnée n'est pas modifiée, mais encore toutes les expériences rapportées ci-dessus, sur l'influence du tube asphyxique donnent mêmes résultats. Avec le tube de caoutchouc, la respiration se ralentit sur un chien aux pneumogastriques coupés, comme sur un chien normal. »

Cette affirmation, nous la retrouvons avec Geppert et Zuntz 1 , avec Haldane et Lorrain Smith *, avec Haldane et Priestley ^.

En étudiant la ventilation pendant la polypnée, nous fûmes conduits à rechercher les modifications apportées par la section des deux vagues.

Sur un animal en pleine polypnée, ayant une température de 41**, on met à nu successivement les deux nerfs vagues. Leur section eut lieu presque simultanément ; immédiatement après la double vagotomie, le rythme respiratoire s'accélère et passe de 180 à 240 {fig, 1).

Exp. 111. ^— Chien de 9 kilogr. reçoit 60 c. c. de chloralose. Il est trachéoto-

misé, les deux pneumogastriques sont isolés et l'animai porté dans la baignoire.

La température atteint 41<>,5 et la polypnée franche éclate donnant un rythme

Fig. 1

— Effet de la section des deux pneumogastriques.

1. Mesure du temps, 5 secondes. — 2. 10 minutes avant la section. — 3. 10 minutes après la section.

* Geppert et Zuntz. Pflûgefs Arch., 1888, t. XLII, p. 195.

' Haldane et Lorrain Smith. tJoura. of Path, and Bact.y 1892, p. 179.

* Haldane et Priestley. Journ. of Physiology, idCb, t. XXXHI, p. 323.

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