ROTTÉ. — DIFFÉRENCES DE POTENTIEL
la déformation permanente du verre ; les variables étaient alors la température, et le volume spécifique du verre. M. Marchis arrive à cette conclusion :
Lorsqu'on se donne le volume spécifique V et la température T d'une masse donnée, Tétat de cette masse n'est pas entièrement défini : à ces variables il faudra joindre un autre, X, caractérisant le degré atteint, en cette masse de verre, par une certaine modification allotropique ou chimique.
Les résultats obtenus dans nos essais sur les fils métalliques viennent à Tappui de cette manière de voir : la discussion de nos mesures conduit également à l'introduction de cette nouvelle variable pour définir Fétat d'un fil métallique.
SUR LES DIFFÉRENGBS DE POTEMTIEL AU CONTACT ENTRE LE MERCURE ET LES CHLORURES DE POTASSnJM ET DE SODHIM;
Par M. ROTTÉ.
La théorie de M. Nernst conduite admettre que deux dissolutions de chlorure de sodium et de chlorure de potassium normales, c'est-àdire contenant une molécule-gramme par litres présentent avec le mercure-calomel (mercure saupoudré de calomel) la même diiïérence de potentiel au contact. Si on désigne par D le mercure saupoudré de calomel, on doit avoir, d'après la notation usitée :
D I NaCl = D I KCl.
Plusieurs expérimentateurs ont déterminé les différences de potentiel entre le mercure et différents électrolytes(*) ; mais, comme l'a indiqué récemment M. Couette (*), il était nécessaire de vérifier directement l'égalité précédente « en cherchant la différence de potentiel qui donne la tension superficielle maxima dans un électromètre capillaire, dans lequel le liquide serait une dissolution de KCl et de NaCl avec le grand mercure saupoudré de calomel ».
Un appareil dont je me sers actuellement pour étudier les
(i) BicHAT et Blondlot, Comptes Rendus, t. C, p. 791 ; — Nbuhann, Zeitschrift fur Physik. Chem,,i. XIV ; — Ostwald, Zeilschrift, 1. 1 ; — Paschbm, Wied. Ann,, t. XLI. (*) Voir ce volume, p. 200.
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différences de potentiel au contact m'a permis de faire facilement cette vérification directe : c'est un électromètre capillaire à tube gradué et à ampoule mobile, ne différant de Tinstrument ordinaire que par la forme de la cuvette; la pointe plonge dans un tube de verre communiquant avec un tube plus large. Un robinet R, placé à la partie inférieure de ce système de vases communicants permet de les vider complètement et de changer les liquides. Le tube et la cuvette sont isolés du support par des pièces d'ébonite. Le large mercure est contenu au fond d'un vase de verre et recouvert d'un liquide identique à celui de la cuvette. Un siphon à poire permet de les faire communiquer entre eux.
On peut alors, par la méthode de M. Lippmann, déterminer la force électromotrice correspondant au maximumde tension capillaire. La courbe construite en portant en abscisses les différences de potentiels en volts, et en ordonnées les variations de pressions en millimètres, permet d'obtenir la valeur du maximum en cherchant le point où la tangente est horizontale. La précision que Ton peut atteindre est d'environ 0',005.
La première expérience faite avec du mercure n'ayant jamais servi a été la détermination de la courbe relative à l'acide sulfurique, le large mercure étant saupoudré de sulfate mercureux(*). Le nombre obtenu a été 0%97.
Après cette expérience préalable, le mercure coulant parla pointe, la cuvette a été vidée et lavée à plusieurs reprises à l'eau distillée. En faisant remonter le mercure dans la pointe ou bien en Ten faisant sortir, on a également pu laver la pointe à Teau distillée. On s'est enfin assuré que les dernières eaux de lavage ne contenaient plus d'acide sulfurique.
La cuvette a alors été remplie d'une solution normale de chlorure de sodium, le large mercure recouvert de calomel et delà même dissolution.
Voici les résultats obtenus, le compensateur étant étalonné au moyen d'un élément Latimer-Clark, dont la force électromotrice à la température t est représentée par :
(1) On peut ainsi obtenir des nombres constants, même après on très coart intervalle de temps.
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En déterminant le maximum soit directement, soit par le tracé de la courbe, on est conduit à une valeur très voisine de 0'',56.
Avant défaire Texpérience avec le chlorure de potassium, j'ai pensé qu'il était bon de s'assurer que la surface du petit mercure n'avait pas été altérée. Après les lavages avec les précautions nécessaires, Texpérience relative au maximum pour Tacide sulfurique a été reprise et a donné le môme résultat, 0%97.
Après avoir été ainsi assuré que la surface mercurielle restait inaltérée, le liquide a été remplacé par du chlorure de potassium en solution normale.
La température moyenne étant de 24'', la force électromotrice du Latimer Clark, i',423, le nombre correspondant d'unités du compensateur 7.750, les résultats obtenus furent les suivants :
Soit directement, soit par le tracé de la courbe, on obtient un nombre voisin de 0'',562 (^).
Comme la précision de la méthode n'atteint pas le millième de volt, on peut seulement dire que, tout au moins au degré de précision des expériences, les forces électromotrices correspondant au maximum de tension capillaire pour une solution normale de KCl et une solution normale de NaCl sont très voisines de 0',56.
C'est là un résultat expérimental indépendant de toute théorie(^).
DRUDE'S ANNALEN DER PHTSIK;