VIEILLE. — ROLE DES DISCONTINUITÉS
ÉTUDE SUR LE HOLE DES DISCONTINUITÉS DANS LES PHÉNOMÈNES DE PROPAGATION ;
Par M. VIEILLE.
J'ai reconnu, au cours d'expériences sur la vitesse de propagation de la détonation dans des mélanges gazeux explosifs, qu'une condensation violente, produite par une petite charge explosive employée comme excitateur, se propageait dans le milieu avec des vitesses énormes, alors même que la détonation de ce milieu n'était pas obtenue, c'est-à-dire qu'il fonctionnait comme inerte.
Cette première observation m'a conduit aux recherches qui font l'objet du présent travail, c'est-à-dire à l'étude des vitesses de propagation d'ébranlements intenses dans des milieux inertes en repos.
Ces recherches m'ont montré que le phénomène de propagation à grande vitesse était tout à fait général.
Toutes les fois que des condensations intenses sont produites, on peut observer, à une distance convenable du centre de production, des vitesses pouvant atteindre deux à quatre fois la vitesse normale du son.
Si la condensation initiale n'est pas soutenue, ce qui est, par exemple, le cas dans la combustion de faibles charges explosives, ces vitesses s'amortissent avec une extrême rapidité et ne peuvent être observées que sur des parcours de quelques mètres.
Si la condensation est soutenue soit par l'action d'un, piston mobile à grande vitesse, c'est le cas d'un projectile se mouvant dans l'air, soit par une réaction chimique compensant l'affaiblissement de Tonde, au fur et à mesure de sa translation, c'est le cas de la détonation des matières explosives, on observe des vitesses constantes sur de grands parcours, bien que ces vitesses puissent atteindre des valeurs bien supérieures à la vitesse du son.
Ces grandes vitesses de propagation ne s'expliquent pas par la théorie de la propagation d'un ébranlement, tant «qu'on admet qu'il y a continuité entre les états du milieu avant et après la perturbation. Elles s'expliquent, au contraire, si l'on suppose l'existence des discontinuités que Riemann et Hugoniot ont considérée comme une conséquence nécessaire de la vitesse de propagation variable des ondes élémentaires inégalement condensées.
/. de Phys., 3* série, t. IX. (Décembre 1900.) 40