‹ Journal de physique théorique et appliquée (volume 2)Chapitre 2 sur 160 · BANCROFT · texte numérisé non relu

BANCROFT

substances dont la concentration peut varier d'une manière indépendante dans la phase ou le système considéré. Un composant n'a pas besoin d'être un composé chimique, c'est-à-dire une substance satisfaisant à la loi des proportions définies et à celle des proportions multiples, bien que ce soit là le cas général. C'est ainsi qu'un mélange d'alcool propylique et d'eau en proportions telles que la composition centésimale du liquide soit la même que celle de la vapeur, peut être traitée comme un composant unique ; mais à cela il n'y a, en l'espèce, aucun avantage, car cela n'est vrai que pour une seule température et en l'absence de tout autre composant. Le point capital à observer, dans la détermination du nombre de composants dans un système donné, est que chaque composé n'est pas nécessairement un composant. Ainsi, un sel hydraté doit être traité, quand il est en équilibre avec la solution ou la vapeur, comme constitué de sel et d'ean, et n'est pas en lui-même un composant. La môme chose est vraie pour un sel double, tel que le sulfate double de cuivre et de potassium. Ici les composants sont les deux sels simples et l'eau, puisque les teneurs du système en eau et en chacun des deux sels simples peuvent varier, et qu'il suffit de disposer à volonté de ces trois quantités pour réaliser toutes les modifications possibles. Si l'on traite le cas du carbonate de calcium en équilibre avec la chaux et l'acide carbonique, il n'y a que deux composants, la chaux et l'acide carbonique ; le carbonate de calcium est purement et simplement une phase solide contenant les deux composants. Le fait que les deux composants s'unissentpour former une phase à proportions définies n'a rien à voir avec la question. D'un autre côté, il ne serait pas admissible de faire du calcium et de l'oxygène deux composants distincts de ce système, parce qu'ils ne sont ni des variables indépendantes, ni des corps séparément en équilibre avec le système (M.

Gibbs a fait voir (-) (jue l'état d'une phase est complètement déterminé si l'on connaît la pression et la température, ainsi que les potentiels chimiques (3) de ses composants. 11 y a, par conséquent, une équation qui relie celles de ces quantités qui définissent la phase.

(') NEhysT, Theoretisch:' ('h?mh, p. 482.

(•-) Gibbs, Transactions of the Connecticut Academy. t. II I ; 1876. — Traduction OsTWALD {T/ienno(ly7iamische Si iidien, Leipzig, ii^dl, p. 7 i et suiv. —Traduction Le CiiATEUER {Equilibre des. systèmes chimiques, Paris, Garro et Xaud, 1899), p. 43.

P) [Getle quantité que M. Gibbs appelle potentiel chimique est ce que Ilelmholtz nomme Vénergie libre, et M. Duhem, le potentiel thermodynamique.] II.

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