HASSELBEHG. — SPECTRES DE DÉCHARGES OSCILLANTES
Tautre, parmi les raies métalliques proprement dites, celles correspendantes à une température plus élevée de la décharge, se trouvent notablement affaiblies ou même tout à fait éteintes, tandis que les raies qui ne demandent qu'une température relativement faible do Tétincelle, restent à peu près sans altération./ Dans certains cas, comme, par exemple, pour Taluminium, Tintroduction de la selfinduction donne naissance au spectre de l'oxyde. C'est dans l'abaissement de la température de la décharge par la bobine de selfinduction que l'auteur cherche la cause de ces phénomènes, et sans doute avec raison, vu que l'extra-courant, qui s'établit dans cette bobine dans le moment où commence le courant de décharge, étant de sens contraire à celui-ci, doit en prolonger la durée et, par conséquent, abaisser la température de Tétincelle. Ainsi le caractère oscillatoire de la décharge n'est pas la cause déterminante des transformations spectrales en question, ce qui est évident encore par la circonstance qu'on peut produire les mêmes changements du spectre en insérant dans le circuit de décharge un tube rempli d'eau ou une corde mouillée. Par ces moyens la décharge disruptive change de caractère et devient plus continue, ce qui entraîne un abaissement correspondant de la température.
Les phénomènes spectraux observés par M. Hemsalech sont bien connus des spectroscopistes. En effet Kirchhoff, dans ses recherches sur le spectre solaire et sur ceux des éléments chimiques, mentionne déjà les changements que subissent les spectres des métaux par rintroduction d'une corde mouillée dans le circuit induit, et de même M. Thalén, dans son admirable traité sur l'analyse spectrale, inséré dans ÏAnnrmire de V UniversM d' XJpsal pour 1866, donne de ces transformations des spectres une description très précise. Malheureusement, le traité de M. Thalén est écrit en suédois, ce qui peut expliquer qu'il ait échappé à l'attention de M. Hemsalech.
Par cette même raison, il parait utile de donner ici une traduction de ce que dit à cet égard M. Thalén, d'autant plus que la méthode employée par M. Hemsalech, à savoir l'introduction d'une bobine de self-induction dans le circuit induit, se trouve mentionnée déjà à cette époque reculée.
M. Thalén dit (p. 23) : « Le fait que les spectres des oxydes « s'obtiennent à Taide de l'étincelle condensée seulement dans des « cas exceptionnels, comme pour l'aluminium, nous semble devoir « être attribué au grand pouvoir que possède l'électricité sous cette
WIEDEMANN'S ANNALEN 155
« forme de dissocier les eorps composés, chose bien connue déjà « auparavant par d'autres expériences que les recherches spectros- « copiques. Par un prolongement de la durée de Tétincelle, ce qui « s'obtient en insérant dans le circuit de décharge une corde mouil- « lée, un tube rempli d'eau, ou bien en faisant passer le courant de tt décharge par un électro-aimant à noyau de fer puissant {^), les lois « de la décharge se modifiant, la température de Tétincelle, de même « que le pouvoir dissociant du courant de décharge, subit une réduc- « tion considérable, et les spectres que donnent dans ces circons- « lances les chlorites des métaux alcalino-terreux, s'accordent « parfaitement avec ceux que donnent ces sels dans la flamme. Si la « longueur de la corde ou du tube est trop courte, on voit encore « un petit nombre de raies du métal, d'où il suit qu'en variant con- « venablement cette longueur on peut obtenir le spectre du métal « ou bien celui de l'oxyde ad libitum. »
On voit par cet extrait que Tessentiel de la recherche de M. Hemsalech est connu depuis longtemps. Cependant cette question mérite certainement une étude plus approfondie ; mais, dans ce but, il faut employer des moyens spectroscopiques bieii plus puissants que ceux dont s'est servi jusqu'ici Tauteur.
WIEDEBIAIIN'8 ANIIALEN;
T. LXIX, n- 11 et 12 ; 1899.
A. HEYDWEILLER. — Ueber bewegte Rôrper in elektrischen Felde und ùber die elektrische Leitf&higkeit der atmosphârischen Luft (Sur les corps en mouvement dans un champ électrique et sur )a conductibilité électrique de Fair atmosphérique). — P. 531.
L'auteur décrit des observations relatives aux actions qui prennent naissance du fait du mouvement d'un corps par rapport à un champ électrique.
De Tair, dont la pression a varié de 760 à quelques millimètres, placé dans un tube de verre, subit une impulsion quand on produit un champ électrique, d'où un mouvement qu'on peut amplifier beaucoup en supprimant et rétablissant le champ périodiquement; un
(') Souligné par l'auteur de cette note.
ioG WIEDEMANN'S ANNALEN
disque conducteur ou non (cuivre, ébonite), suspendu dans Tair, est mis, suivant Tintensité du champ, en oscillation ou en mouvement de rotation.
Pour des pressions faibles (de 5 millimètres à — de millimètre) de
Tair, de petits mouvements de celui-ci se trouvent amplifiés dans un champ constant, et les disques suspendus s'écartent de leur position d'équilibre.
Dans un champ électrique tournant s'exercent sur les conducteurs des forces qui peuvent être accélératrices ou retardatrices, sur les diélectriques des forces qui sont toujours retardatrices.
La théorie permet de déduire des faits observés, la conductivité du verre et de Pair; celle du verre a été trouvée de 2.10^* unités électromagnétiques C.G.S. Celle de Tair dépend de l'intensité du champ et de la pression de Tair. Elle croît avec le champ; elle croî*^ d'abord quand la pression décroît, jusqu'à un maximum qui corres-
pond à une pression d'environ . ^ . de millimètre de mercure, et qui
d'ailleurs dépend vraisemblablement du volume du vase contenant l'air.
Pour des pressions supérieures à 5 millimètres et des champs pas trop intenses, la conductivité de l'air est inférieure à celle du verre, donnée plus haut. Elle atteint ensuite cette valeur et devient ensuite de l'ordre de 10-23 C.G.S.
Les observations sont d'accord avec l'hypothèse de la conductibilité électrolytique de l'air, le degré do dissociation devant être supposé très faible.
11 semble (|ue des actions de ce genre puissent influer sur le mouvement de certains corps célestes.
Ch. Maukain.
II. RUBENS. — L'eber die Reststrahlen des Flusspatlis (Sur les « reststrahlen » du spath-fluor) ('). — P. 576-588.
M. Rubens avait déjà étudié, avec E. Nichols, les « Reststrahlen » du spath-lluor, ccst-à-dire les rayons obtenus par plusieurs réflexions successives sur des miroirs de cette substance. 11 reprend aujour-
(•) On pourrait traduire « rayous résiduels». (H.)
WIEDEMANN'S A.NNALEN V61
d'hui cette étude, en utilisant sa nouvelle pile thermo-électrique ('), qui est préférable au bolomètre et au radiomètre antérieurement employés. La technique est la même que dans les recherches analogues sur le sel gemme et la sylvine.
Il met ainsi en évidence deux maxinia du pouvoir réflecteur : Tun d'eux, vers 1 =. 2A [l, l'autre vers X — 32 {x. Ce dernier n'était pas encore connu, les radiations correspondantes ne traversant pas le chlorure d'argent qui fermait la fenêtre du radiomètre.
Sur les courbes représentant les impulsions observées au galvanomètre, dans les diverses régions du spectre, ce second maximum est moins élevé que Tautre ; et il est très peu marqué lorsque le nombre des réflexions est faible. Cela tient à la répartition des intensités dans le spectre de la source. Les résultats obtenus en faisant croître le nombre des réflexions (de deux à six) montrent eh effet que le pouvoir réflecteur est, en réalité, plus considérable vers 32 {x que vers24[i., dans le rapport 1,2 environ (valeurs indiquées, respectivement 0,90 et 0,75).
M. Rubens examine, en tenant compte de l'existence de ce second maximum, des recherches antérieures sur le spath-fluor. La formule de Ketteler Helmholtz, appliquée aux mesures de dispersion de Paschen, indiquait un maximum d'absorption aux environs de 30jjl, ce qui est bien d'accord avec la place et l'intensité relative de ces deux bandes de réflexion métallique.
En revancJie, la formule de Wien, pour l'émission des corps noirs^ ne représenterait l'émission dans celte région du spath que si Ton changeait la valeur des constantes. C'est ce qui résulte, d'après l'auteur, d'un travail de M. Beckmann sur l'émission des « Reststrahlen >» du spath-fluor par les corj>s noirs à diverses températures.
La source, dans ces expériences de M. Rubens, est toujours un bec Auêr privé de sa cheminée de verre. Elle présente l'avantage d'être relativement très riche en ces radiations infra-rouges de grande longueur d'onde qu'il s'agit d'étudier. Un corps « noir », à la même température que le manchon, enverrait beaucoup plus de radiations parasites de longueurs d'onde plus courtes.
A. COTTOX.
('j RiBEXS, Xeitsckrifl f. Inslrumenlenkumien. 18, p. 6a; 1898.
458 WIEDEMANN'S ANNALEN
S. SIMON. — Ueber das Verhâltniss der elektrisohen Ladung zur Masse der Kathodenstrahlen (Sur le rapport de la charge électrique à la masse de matière dans les rayons cathodiques). — P. 589.
Travail expérimental très soigné, entrepris sous la direction de
Kauffmann, pour déduire le rapport — de la mesure de la déviation
d'un faisceau cathodique par un champ magnétique connu. La méthode a déjà été appliquée par J.-J. Thomson(*) et par Kauffmann (*). M. Simon s'entoure de précautions minutieuses pour la mesure de la déviation et pour celle de champ. Il arrive, comme résultat de trois séries de mesures très concordantes au nombre
- riz i, 865. lOTC. G. S.
C. HEINKE. — Zur Messung elektrischer Grôssen bei periodisch verânderlichen Strômen (Sur les mesures électriques relatives à l'emploi de courants d'intensité variable). — P. 612.
Considérations sur Temploi des différents procédés de mesure (intensité moyenne, intensité efficace, etc.), lorsque la quantité électrique varie périodiquement, en particulier lorsqu'elle varie par ondes^ comme dans l'interrupteur Wehnelt» la mesure de la dépense réelle dans le cas général ne peut résulter d'une mesure de courant et d'une mesure de tension séparées, mais exige un wattmètre spécial, ou bien doit être déterminée par le calorimètre.
Ch. Maurain.
R. KOKNIG. — Ueber die hôchsten hôrbaren und unhôrbaren Tône von c& = 4.096 Schwingungen {utj =. 8.192 v. s ),bi8 ùber /^ (/an) zu 90.000 Schwingungen (180.000 v. s.), nebst Bemerkungen ûber die Stosstône ihrer Intervalle, und die durch sie erzeugten Kundt'schen Staub6guren (Sur les sons très aigus perceptibles ou non, compris depuis c'» (m/; = 8.192 vibrations simples) jusqu'au-delà de/ (/an r= 180.000 vibrations simples). Remarques sur leurs sons de battements et sur les figures qu'ils produisent dans les tubes à poussière de Kundt). — N' 11, p. 626-660 ; et n" 12, p. 731-738.
1° M. Kœnigétendà des sons très aigus ses recherches antérieures surlessorw de battements^ qui résultent, comme on sait(^). de la
(>) J. de Phys., VU, 41; 1898.
(•-') J. de Phtjs., VU, 177 ; 1898.
(3) Voir KoKNio, Quelques Expériences d'acoustique j p. 90.
WlEDEMANN'S ANNaLËN iH9
superposition de deux sons distincts. M. Kœnig entend encore ces sons de battements, lorsqu'il associe convenablement deux sons très aigus, dépassant la limite même des sons perceptibles à son oreille. Mais les deux sons composants ne doivent pas être de hauteurs trop différentes ; l'intervalle qui peut exister entre eux devient de plus en plus petit, quand les sons deviennent très aigus, et finalement ne peut guère dépasser un ton.
En s* aidant particulièrement des sons de battements de première espèce (sons de différence^ dont la hauteur est égale à la différence des hauteurs des deux composants), il a réussi à accorder à l'oreille une série de diapasons, de sa construction, donnant une suite comprise entre c' et fis^ [ut^ et fat^.
2** M. Kœnig a pu contrôler ces résultats et étudier des vibrations à plus courte période encore, par une méthode objective : le dessin, d'après le procédé de Kundt, de lignes nodales dans de la poussière placée dans un tube voisin d'une des branches du diapason. On peut ainsi déterminer avec précision les sons allant de c^{ut^) jusqu'au-delà de/^ [fa). Le diapason le plus aigu faisait 90.000 vibrations doubles par seconde.
Quelques précautions sont alors nécessaires pour réussir, dans ces conditions, l'expérience de Kundt. Il faut de la poussière de liège très fine, passée dans des tamis à mailles de plus en plus étroites ; surtout il faut choisir convenablement les dimensions du tube.
3<* Des verges cylindriques d'acier, convenablement suspendues, et vibrant transversalement^ conviennent bien pour produire ces sons très aigus. Elles donnent des sons à peu près aussi intenses que les diapasons, et les vibrations, au-delà de la limite des sons perceptibles, peuvent encore être mises en évidence.
La loi des longueurs L ^N = L' v/N' ne s'applique pas rigoureusement; elle conduit, pour ces sons très aigus, à construire des verges qu'il faut raccourcir un peu pour obtenir le son cherché.
Les vibrations longitudinales des mêmes instruments ne s'obtiennent que difficilement, à l'aide d'un choc, et sont toujours accompagnées par les autres. M. Kœnig a pu cependaat observer, dans quelques cas, les sons correspondants.
4** Les p/a^'we* de petites dimensions donnent des sons dont la hauteur dépend beaucoup de l'amplitude et de la façon dont elles sont fixées. Elles ne peuvent servir pour déterminer la hauteur des sons perceptibles ; mais elles aussi peuvent servir à montrer, par le
160 WIKDEMANN'S ANNALEN
dessin des lignes uodales, l'existence de vibrations trop rapides pour affecter l'oreille. On peut même se contenter, pour cette expérience, d'une pièce de 50 centimes, fixée en deux points diamétralement opposés de la tranche, à l'aide de deux vis à pointe mousse et mise en vibration par un archet (p. 629).
Parmi les figures de Chladni, observées avec ces petites plaques, l'auteur en signale une nouvelle, caractérisée par une seule nodale.
5° Les siffleUi (de c' à //^) donnent des sons qui dépendent beaucoup de la force du vent. Les cordes et les menbranes ne peuvent servir pour obtenir les sons très aigus. Pour les produire, — et encore avec une intensité très variable, — avec une sirène, il ne suffît pas que le disque soit couvenablement disposé et tourne assez vile; il faut en outre un courant d'air très puissant pour qu'il puisse traverser les trous.
C. GHRISTIANSEN. — Experimcntaluntcrsuchungen Uber deo Ursprung der Berûhrungseiektricitât (Recherches expérimentales sur rorigine de l'électricité de contact). — P. 661-672.
M. Christiansen revient d'abord sur les résultats d'expériences antérieures dont on a rendu compte ici(*), ainsi que des observations de M. Pellat et de M. Wesendonck, auxquelles ont donné lieu ses précédentes conclusions.
Ces expériences consistaient à faire couler du mercure, d'abord, puis ensuite un amalgame liquide en un jet mince se résolvant en gouttes à l'intérieur d'un cylindre creux formé du métal qui entre dans l'amalgame. La déviation d'un électromètre fait connaître la différence de potentiel (apparente) du métal, d'une part, et du mercure ou de l'amalgame, d*autre part. Cette différence dépend de la nature de l'atmosphère gazeuse: mais, avec des gaz inertes (H, Hz, CO^, Az^O), elle est la même pour un jet de mercure et pour un jet d'amalgame.
Interprétantcefait, en admettant que ces gaz n'obéissent pas à la loi des tensions, M. Chrisliansen conclut que la différence entre le mercure et un amalgame de rundesmétaux,Zn,Cd,Sn, Pb, est nulle(2).
(«) \oÏT Journal de Physique, 3* série, l. VF, p. 380; 1897.
(2) Il s'agit évidemment ici de la différence apparente. Malgré les critiques de M. Pellat et de M. Wesendonck, Tauteur néglige, celte fois encore, de faire une distinction qui s'impose cependant, dans cette question, entre la différence vraie et la différence apparente. .
WIEDEMANN'S ANNALEN 46i
Dans une atmosphère d'oxygène, la différence n'a pas la même valeur pour le jet de mercure et le jet d'amalgame. M. Christiansen explique le rôle particulier de l'oxygène en invoquant l'influence de la polarisation, qui s'établirait très rapidement dans ce gaz, tandis qu'elle serait très lente dans les gaz inertes.
Les expériences sont d'ailleurs assez difficiles dans l'oxygène ; des traces d'humidité suffisent pour altérer complètement les résultats. Dans de l'oxygène aussi sec que possible, un jet d'amalgame se recouvre très vite d'une mince couche d'oxyde qui le protège contre une oxydation ultérieure ; en même temps cette pellicule d'oxyde, en apparence solide, retarde la résolution en gouttes, allonge le jet. Dans l'oxygène humide, au contraire, il se forme un hydrate; l'action pénètre toujours davantage dans la masse, et le jet reste court.
C'est pourquoi M. Christiansen a imaginé un nouveau procédé permettant de déterminer directement la différence entre le mercure et un amalgame. Il fait écouler une douzaine de jets longs d'amalgame, répartis suivant les génératrices d'un cylindre et assez rapprochés pour jouer, à peu de chose près, le même rôle d'écran qu'un cylindre creux d'amalgame. Suivant l'axe de ce cylindre s'écoule du mercure qui se résout rapidement en gouttes. L'appareil est traversé par un courant d'oxygène.
On constate que, tant que l'oxygène est humide, l'amalgame est positif par rapport au mercure. L'oxygène étant de plus en plus sec, la différence baisse et change de sens ; l'amalgame devient négatif quand l'oxygène ne contient plus que très peu de vapeur d'eau. Voici les nombres obtenus :
Dans l'ox^gèn. humide
Dans l'oxygène sec
MglHg
+ 1,18 volt
Zn|Hg
Cd|Hg
PbIHg
H. Bâgard.
ESTHER et GEITEL. — Ueber die Einwirkung von Becquerei-strahlen auf elektrische Funken und Bûschel (Action des rayons de Becquerel sur les étincelles et les aigrettes). — P. 673-675.
Le voisinage d'une préparation radio-active, devant un excitateur à pointe et un disque plan, transforme la décharge par étincelle ou aigrette en décharge par effluve [Glimmentladung). L'action reste /. de Phys,, 3* série, t. IX. (Mars 1900.) 11
162 WIEDEMANN'S ANNALEN
sensible jusqu'à plus de 1 mètre de distance, La nature des pôles de l'excitateur est indifférente.
C. BENDER. — Brechungsexponenten reines Wassers und normaler SalzlOsungen [Indices de l'eau pure et de solutions salines normales (Suite d*un précédent travail)]. — P. 676-678.
Les résultats de Tauteur sont exprimés, pour chacune des trois
raies H», Hp, H^, de Thydrogène (C, F, f), par des expressions de la
forme :
n z= A — Bi — C/2.
11 y a pour chaque raie deux formules, Tune convenant de 10** à 40*, l'autre de 40* à 70*. A. Cotton.
Max TOEPLER. — Verhalten des BOschellichtbogens in Magnetfelde (Action d'un champ magnétique sur les aigrettes). — P. 681.
Les aigrettes (négatives) sont produites entre une plaque d'ardoise, reliée au pôle positif d'une machine électrostatique, et une pointe de laiton, reliée au pôle négatif; la pointe est placée perpendiculairement à la plaque, entre les pôles d'un électro-aimant en fer à cheval. La forme des aigrettes est étudiée par la photographie. Les aigrettes sont déviées par le champ dans le sens indiqué par la loi de l'action d*un champ magnétique sur un élément de courant. Les couches rougeàtres de l'aigrette sont ramenées vers la cathode et y deviennent plus denses que lorsque le champ n'existe pas. Lorsque le champ est' très intense, ces couches sont déformées ; il se forme des bandes obscures coupant obliquement les aigrettes.
Ch. Maurain.
C. DIETERICI. — Ueber den kritischen Zustand (Sur l'état critique). — P. 685-705.
La formule de Van der Waals, prise sous sa forme ordinaire, ne donne pas, au point de vue de la grandeur du volume critique, des ^résultats en accord avec les observations; en effet, si on calcule [en faisant l'hypothèse que la pression de cohésion CT = -j (formule de Van der Waals)] le volume spécifique v^ au
point critique, et si on compare cette valeur à ce même volume v^ calculé par la loi de Mariotte, on trouve :
WIEDEMANN s ANNALEN 163
Or, d'après l'expérience, ce nombre est supérieur ou égal à 3,7. H.-A. Lorentz, Van der Waals lui-même, Jâger et Bollzmann ont
proposé de remplacer la formule ordinaire de Van der Waals par la
suivante :
P = Rei[i+;*+>,(-7]-«.
En posant :
cr = -j? *< ^= Q (Valeur de Boltzmann),
a| = — (Valeur de Van der Waals),
Tauteur trouve, pour le rapport précédent, un nombre voisin de 3. Mais, en reprenant la formule initiale de Van der Waals et en y posant :
Tauteur trouve, pour le rapport précédent, la valeur 3,75, qui se rapproche beaucoup des valeurs expérimentales trouvées notamment par Ramsay et Young. L'auteur termine son mémoire en justifiant l'hypothèse précédente par la théorie cinétique des gaz.
W. VOIGT. — Ueber Hm. Liebenow^s thermodynamische Théorie der Thermo- . elektricit&t (Sur la théorie thermodynamique de la thermo-électricité de M. Liebenow). — P. 706-717.
On a donné dans ce journal (*) une analyse étendue d'un mémoire récent dans lequel M. Liebenow développait une théorie des phénomènes thermo-électriques, en général. Cette théorie est évidemment très contestable, puisqu'elle repose sur des hypothèses absolument gratuites, qui semblent faites en vue d'un résultat à atteindre par le cacuL
M. Voigt, à qui l'on doit une théorie générale des relations entre l'électricité et la chaleur, établie sur les seuls faits reconnus en thermodynamique, exprime, dans le mémoire actuel, des doutes sur la légitimité des hypothèses de la théorie de Liebenow. Voici d'abord quelques-uns des points de cette théorie, qui s'exposaient trop naturellement aux critiques de M. Voigt :
(^) Voir /. de Phys., 3* férié, t. Vill, 566 ; 1899.
iô4 WIEDEMANN^S ANNALEN
M. Liebenow édifie le phénomène réel par parties, en supposant une existence indépendante à deux phénomènes qui coexistent toujours, à savoir la production d'un courant électrique par un courant calorifique et Fentraînement de la chaleur par le courant électrique; de plus il traite la conduction calorifique comme un phénomène réversible. Enfin sa théorie laisse indéterminée la direction de la force électromotrice thermoélectrique, et c'est à Texpérience qu'il s'adresse pour adopter, suivant les cas, le signe-]- ou le signe — .
La partie la plus intéressante du mémoire de M. Yoigt est celle où il cherche une explication de la concordance frappante (quant à l'ordre de grandeur, au moins) entre les formules de M. Liebenow et les résultats de l'expérience. Il s'appuie, pour cela, sur sa propre théorie et en tire des conséquences qui coïncident précisément avec les hypothèses de M. Liebenow (existence de forces électromotrices dues aux différences de température et transport apparent de chaleur par le courant électrique). Ainsi, les formules auxquelles aboutissent les calculs contestés de M. Liebenow découleraient d'une théorie acceptable, fondée sur la thermodynamique pure.
D'autre part, M. Voigt partage l'idée de M. Liebenow que, dans les diélectriques, une chute de température donne naissance à une force électromotrice. Mais ce n'est pas par là, à son avis, qu'on pourrait ei^iquer, comme l'a essayé M. Liebenow, la pyro-électricité des cristaux ; car, dans la tourmaline, par exemple, la polarisation est produite par un échauffemènt uniforme, et c'est la dissymétrie du cristal qui détermine la direction du moment électrique, et non seulement le sens d'une chute de température.
Enfin il y a lieu de douter que l'électrisàtion de frottement soit due à une chute de température établie par le frottement dans le vôi^ Binage de la surface frottée, et l'expérience montre qu'un métal, frotté contre un diélectrique ne devient pas toujours positif, comme le voudrait la théorie de M. Liebenow. H. Bagaro.
E. WIECHERT. — Experiraentelle Uatersuchuugen Ûber die Geschwindigkeit und die magnetische Ablenkbarkeit der Kathodenstrahlen (Recherches expérimentales sur la vitesse des rayons cathodiques et leur déviation sous l'influence d'un champ magnétique). — P. 739-766.
Qu'on imagine un tube à cathode concave, soumis au champ magnétique d'une spirale longitudinale, traversée par un courant alternatif. Le faisceau convergent des rayons cathodiques, alors
WIEDEMANN'S ANNALEN 465
animé d'un mouyement pendulaire transversal, ne paraît visible que dans les positions d'écart maximum. Un aimant en fer à cheval ramène Tune de ces parties extrêmes du faisceau sur une fente étroite, placée dans Taxe du tube.
Le faisceau est ensuite soumis à l'action d'une seconde spirale, identique à la première, mais que Ton peut éloigner plus ou moins. Les changements de sens dans la nouvelle déviation observée permettent de mesurer le chemin parcouru par les rayons cathodiques pendant un quart de période du courant alternatif des spirales.
L'auteur a pu pousser ses expériences assez loin pour observer les deux premiers points neutres. Il en déduisait pour v une valeur comprise entre 0,13V et 0,16V (V désignant la vitesse de la lumière)!*).
F. CARné.
G. TAMMANN. — Ueber die Abhftngigkeit des elektrischen Leitvermôgens vom Druck (Relation entre la conductibilité électrique .et la pression). — P. 767^-
Mesure des résistances, par la méthode de Kohlrausch, sur des dissolutions d'acide acétique et des dissolutions de sel marin. Sous un accroissement continu de pression, les premières subissent une diminution continue de résistance; les secondes accusent, au contraire, un minimum très net.
Les résultats numériques, interprétés dans la théorie de la dissociation électrolytique, permettent de conclure que : Les isothermes des coefficients de frottement des ions se confondent avec les isothermes de viscosité du dissolvant,
F. Carre.
> J.-J. Thomson avait indiqué, dans un de ses récents mémoires, des nombres
de cet ordre de grandeur pour la vitesse des rayons cathodiques ( Voir un
mémoire analysée précédemment, ./. de Phys., Vil, p. 44; 1898.— Une faute
d'impression, dans cette analyse, avait fait écrire 10-^ au lieu de 10« — V
Le mémoire original de Thomson {Philos, Magaz., t. XLIV, p. 293 ; 1897) montre quelle causes d'erreur avaient précédemment conduit à des nombres beaucoup moindres, et de Tordre de 200 kilomètres par seconde.
166 WIEDEMANN^S ANNALEN
Ebmst LECHER. — Ueber einen experimentellen und theoretischen Trugschiuss in der Elektricitâtslehre (Un paradoxe expérimental et théorique en électricité). — P. 781-788.
M. Lécher ne pense pas que, pour expliquer Texpérience de Faraday dans laquelle un pôle d'aimant tourne autour d'un fil vertical, on puisse admettre, avec Biot, que c'est Taction de ce fil sur le pôle qui détermine le mouvement. Dans un article qu'on lira plus haut(^), j'ai rappelé les raisons qui établissent, à mon avis, que l'explication de ^Biot est acceptable sans être nécessaire. Les expériences que M. Lécher interprète en faveur de ses idées ne peuvent servir à trancher la question, puisqu'elles ne portent, comme toutes celles qu'on a faites jusqu'ici, que sur un courant fermé.