BANCROFT
tème, à une température donnée, il est possible d'avoir une série de pressions d'équilibre en changeant les concentrations, ou une série de concentrations en changeant les pressions. Sous une pression donnée, les températures peuvent varier moyennant un changement de concentrations, et inversement, pour des concentrations déterminées, il y a une relation entre la pression et la température.
Si, au lieu de n phases, le système contient n — 1, n — 2, etc., phases, il est connu sous le nom de système trivariant, etc. Il y a d'autres termes en usage : un système monovariant est souvent appelé un cas « d'équilibre complètement hétérogène »; et un système di variant, un cas « d'équilibre incomplètement hétérogène ». Mais ces dénominations sont peu claires, ne sont pas complètement satisfaisantes, et elles doivent faire place à la nomenclature plus rationnelle que nous adoptons ici(^).
En faisant croître le nombre des composants et décroître le nombre des phases, il est possible de fabriquer un système ayant un nombre de plus en plus grand de degrés de liberté ; mais, pratiquement, un système cesse d'être intéressant au point de vue qualitatif, quand il contient moins de n phases, parce qu'alors les états possibles sont trop nombreux et trop mal définis. En sens inverse, faire décroître le nombre des composants et croître le nombre des phases est impossible (2). Puisque n + 2 phases constituent un système invariant qui ne peuf être en équilibre qu'à une seule pression et à une seule température, un système de n + 3 phases est très improbable, et l'on n'en connaît aucun, en dehors des cas où interviennent des résistances dites passives (»). La discussion est donc limitée aux systèmes invariants, monovariants et divarianls, à partir d'un nombre de composants égal à 1 jusqu'à un nombre égal à 4; avant de commencer l'étude des variations possibles dans l'équilibre, dues à des changements des diverses variables et du nombre des phases, il est nécessaire d'avoir quelque indication sur le sens du déplacement de l'équilibre quand il y a une altération dans le système. Cette indication est donnée par le théorème de Le Chatelier, qui dit : « Un chan-
(') La classification des systèmes en invariants, monovariants, divariants, etc., est due au professeur Trevor, qui l'a employée depuis plusieurs années dans ses cours.
(*J) GiBBS, Trad. Osfwald, p. 115. Trad. Le Chateliev, p. 69.
(3) GiBBS, Trad. Osfwald, p. 69. Trad. Le Chalelier, p. 6. [Ces cas où interviennent les résistances passives sont ce que M. Duhem appelle les cas de faux équUihres. La règle des phases ne s applique qu'aux équilibres véritables.] R.