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MESURE DES DURÉES INFINITÉSIMALES

donc encore au-dessous de ce que Ton pourrait déceler, mais non mesurer avec quelque précision au moyen du miroir de Foucault.

A vrai dire, on pourrait réaliser une plus grande vitesse de rotation, tout en employant un miroir de plus grand diamètre ; mais il semble impossible, actuellement, d'obtenir une sensibilité 10 fois plus grande qu'avec le miroir de Foucault.

La méthode que nous allons exposer repose sur un principe entièrement différent, qui est le suivant :

Une durée infinilésimale peut être déterminée par la mesure de Vespace que parcourt la lumière pendant cette durée elle-même,

Si Ton veut encore mesurer le jr^r^ de «jlS, Tespaceque devra parcourir la lumière est de 30 centimètres, il peut se déterminer avec une extrême précision; il n'y a, pour ainsi dire, aucune limite à la sensibilité de la méthode. C'est, d'ailleurs, ainsi que la mesure des longueurs d'onde fournit déjà la durée des vibrations lumineuses, qui n'est pourtant que d'un cinq cent millionième de {/.S.

Pour préciser la mise en œuvre de la méthode, nous allons l'appliquer à l'étude de l'extinction du phénomène de Kerr et de la polarisation rotatoire magnétique.

BTUDB DE LA DISPARITIOX RAPIDE IHJ PHÉNOMÈNE DE KERR.

Pour produire le phénomène de Kerr, nous employons le condensateur plan K{fig. 1), formé de deux lames de cuivre parallèles, im-

jK

Fui. l.

mergées dans une cuve remplie de sulfure de carbone. Pour charger le condensateur, on le met en communication avec les pôles P d'un transformateur à haut voltage. Le condensateur se décharge en E, dans un déflagrateur auquel il est réuni par un circuit très court

(longueur, 124 centimètres), coupé en R par une résistance liquide. Ces

dispositions sont choisies dans le but d'obtenir une décharge très

amortie.

L'étincelle E, fractionnée parle soufflage (*), est très éclata nte et

sert de source lumineuse. Elle est placée au foyer d'une première

lentille L^, qui fournit un faisceau cylindrique traversant la cuve. La

' distance de Tétincelle au milieu de la cuve est de 20 centimètres,

c'estrà-dire que le flux lumineux traverse la cuve t^t^ de \lS seulement après la production de Tétincelle.

D'autre part, E se trouve encore placée au foyer de la lentille Lj. Le Faisceau cylindrique qui sort de cette lentille est envoyé en arrière à une distance variable à volonté, puis ramené vers la cuve au moyen des miroirs Mj, M3. La lentille L, reçoit ce faisceau de retour et les miroirs M|, M,, le font pénétrer dans la cuve.

La mesure optique est faite par la méthode photométrique. A cet effet la cuve de sulfure de carbone se trouve placée entre un nicol polartseur N,, incliné à 45** sur les faces du condensateur et un analyseur formé d'un biréfringent B et d'un nicol Nj à l'extinction. Pour mesurer la biréfringence, on amène à l'égalité les deux images que l'on observe avec le viseur V. La rotation du nicol mesure la différence de phase moyenne pendant le passage de la lumière dans le condensateur de Kerr,

Pour simplifier le raisonnement, supposons, pour un moment, que l'étincelle soit exactement instantanée. Si le miroir M^ est écarté latéralement, l'ouverture de la cuve est démasquée, et la mesure de la biréfringence donnera la valeur du phénomène de Kerr, presque à l'instant de l'étincelle.

Remettons le miroir M, en place, la lumière de l'étincelle part dans une direction opposée à celle de la cuve et se trouve ensuite renvoyée vers celle-ci par les miroirs M. Le flux lumineux arrive donc dans le sulfure de carbone après avoir parcouru le chemin supplémentaire EMjMgM^E, que nous faisons varier à volonté en éloignant ou rapprochant l'ensemble des deux miroirs M^Mj. Si l'espace parcouru ainsi est de 3 mètres, nous obtiendrons une nouvelle valeur

de la biréfringence, après un intervalle de temps égal à rrrr de {jlS. En

(') 11. Abraham, Journal de Physique, Z* série, t. Vlll, p. 366; 1899.

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