MESURES DES DURÉES INFINITÉSIMALES
réuni, aux tiges du déflagrateur E, par un circuit qui comprend une résistance liquide R et un solénoïde S, formé de 25 spires enroulées sur un tube rempli de sulfure de carbone. Ce tube était placé entre le polariseur N^ et l'analyseur BNj. Les lentilles et miroirs du dispositif précédent sont conservées, mais ne sont plus représentées dans la figure actuelle.
Dans Fintervalle de deux étincelles successives, le courant de charge du condensateur est trop faible pour produire une polarisation rotatoire sensible. Pendant Tétincelle, au contraire, il se produit un courant de grande intensité, qui communique au sulfure de carbone une polarisation rotatoire mesurable.
La marche des expériences est en tout point la même que pour le phénomène de Kerr. En nous plaçant également dans les meilleures conditions d'amortissement, nous avons trouvé :
Clbemio parcouru.
Polarisation rotatoire
Au-delà de 6 mètres, le phénomène n'est plus appréciable, et il ne reste que la légère dépolarisation produite par le tube à sulfure de carbone.
Dans cette dernière expérience, la polarisation rotatoire uiagné-
tique diminue de moitié en — rjr de jjlS, et elle est presque nulle après un
temps double.
Ce temps comprend encore la durée d'établissement de l'étincelle, la durée de la décharge et le retard possible de la polarisation rotatoire sur le courant.
Nous pouvons donc affirmer que la polarisation rotatoire magnétique n'a pas un cent millionnième de seconde de retard sur le courant.
Cotte limite est moins bonne que celle trouvée pour le phénomène de Kerr. Mais le solénoïde. S, que l'on est bien forcé d'accepter ici, augmente la durée de la décharge. Nous avons vérifié expérimentalement qu'en intercalant ce même solénoïde dans le circuit de décharge d'un condensateur de Kerr on trouvait le même amortissement pour les deux mesures électro-optiques.
Celte dernière coïncidence est un nouvel argument en faveur de cette hypothèse que la polarisation rotatoire magnétique et le phéno-
268 ABRAHAM ET LEMOINE. —MESURES DES DURÉES INFINITÉSIMALES mène de Kerr suivent^ sans aucun retard, les variations de la décharge. Rappelons, en terminant, que dans des travaux publiés dans ce journal MM. Biehat et Blondlot avaient pu établir autrefois, par une méthode de miroir tournant, que le retard de ces deux phénomène s électro-optiques sur le phénomène électrique défini par Uétincelle ne
pouvait èlre que très faible et ne dépassait certainement pas ^^
de seconde. La méthode actuelle recule considérablement cette limite.