‹ Journal de physique théorique et appliquéeChapitre 109 sur 131 · Voici maintenant les résultats des expériences · texte numérisé non relu

Voici maintenant les résultats des expériences

U est facile d'augmenter progressivement la durée du séjour des gaz dans les récipients intermédiaires entre la flamme et le tube de mesure T. Il suffit, pour cela, d'augmenter k volume de ces récipieats A, et la connaissance de la durée de séjour se déduira avec une approximation suffisante de celle du débit et du volume total des récipients. J'ai ainsi ajouté peu à peu en série des récipients de plus en plus grands (de 3 à 100 litres), de manière à augmenter la durée du séjour des gaz de quelques secondes à vingt-deux minutes. Or les courbes de saturation ont au début l'aspect de la courbe II [fig. 2) ; peu À peu les courbes se déforment et elles finissent par prendre

(1) Cf. Amm^ Ol, M., ioc. aU,, p. 6S. n Lanoeviiï, C. fl., t. CXL, p. 232; 1905.

/. dt Phys., 4- série, t. IV. (Novembre 1905.) 51

BLOCH a courbe III, Les conclusions qu*il faut tirer de là sont

la forme de la courbe se rapproche de la forme théoa donc dans le gaz des ions d*une mobilité assez nette- , et, si Ton calcule cette mobilité en se servant de Tab- Lnt H, on trouve des nombres compris entre 0"",5 et . A mesure que la durée du parcours imposé aux gaz va int, la mobilité devient moins bien définie. Cependant sa une diminue fortement, et elle finit par atteindre des ordre de 0"",01 . Il s'est donc formé dans le gaz des gros ' a fallu pour cela un temps allant jusquà quinze ou

Co^^rhe théorique .

Fio. 2.

ette limite atteinte, on constate aisément que le courant 1 correspondant aux ions négatifs est plus intense que respond aux ions positifs, et cela dans le rapport de 5 à e gaz doit donc emporter avec lui un excès de charges ette conclusion se vérifie facilement en envoyant les gaz indre de laiton rempli de coton et relié à Télectromètre. arrêtant toutes les charges présentes dans le gaz, foncle cylindre de Faraday, et Télectromètre accuse effeo 3 charge négative (*).

ats précédents expliquent la valeur 0,7 trouvée pour le ms les gaz de la flamme (voir plus haut). Les mesures rt e ont en effet été faites dans des conditions telles que \ utilisées étaient voisines de O^^ïS. 11 est donc naturel

tait déjà connu depuis assez longtemps, puisque lord Kelvin Ta n (Nature, avril 1897).

que le rapport du nombre de recombinaisons au nombre total des collisions ait été plus grand que pour les petits ions, sans arriver •cependant à égaler tout à fait Tunité. Qu'arriverait-il si, profitant des indications obtenues, on faisait à nouveau la mesure de c, en opérant cette fois sur des gaz assez vieux (15 ou 20 minutes), de manière à avoir des mobilités de Tordre de 0""",0i ? Atteindrait-on la limite e = 1 que prévoit la théorie ? — Je n'ai pas tenté Texpérience, à cause même de la particularité établie plus haut de l'existence d'une charge négative dans le gaz. Le champ intérieur qui en résAilte modifie les conditions théoriques où l'on s*était placé pour faire le calcul conduisant à la connaissance du rapport c, et l'expérience ne serait plus susceptible d'une interprétation claire.

Au fait maintenant établi de Texistence de gros ions dans les gaz de la flamme suffisamment vieuxy il faut ajouter ceci : la diminution <le la mobilité est assurément due dans les premières secondes à la •chute de température; mais, dans les conditions où j'ai opéré, les gaz de la flamme sont entièrement ramenés à la température ordinaire au bout d'un temps qui n'excède pas trente secondes, et cependant à ce moment la faible mobilité limite est loin d'être atteinte. C'est ce qu'un thermomètre quelconque placé dans le tube, et bien isolé thermiquement, permet de vérifier immédiatement. C'est donc à un autre mécanisme qu'au simple refroidissement qu'il faut attribuer la chute progressive et lente de la mobilité qui continue à se produire dans le gaz après les trente premières secondes, et qui, en se prolongeant pendant quinze à vingt minutes, ramène finalement la mobilité à celle qui caractérise en moyenne les gros [ions. 11 existe dans les ions produits au début une cause iï instabilité qui les oblige à accroître peu à peu leur masse jusqu'à un état final d'équilibre stable. Cet accroissement de masse, décelé par la décroissance de la mobilité, se fait peut-être par la diffusion vers les centres chargés de la vapeur d'eau contenue dans les gaz de la flamme. Mais, quoi qu'il en soit, il semble certain que la mobilité ne correspond pas à un état stable tant qu'elle n'a pas atteint sa valeur la plus basse. La conclusion la plus importante de ce travail me parait donc être •celle-ci :

Lies gaz de la flamme renferment des tons dont la mobilité va en diminuant avec le temps jusqu'à ce qu'elle ait pris {après quinze ou vingt minutes) une valeur finale stable; elle est alors du même ordre* que celle des autres gros ions connus. *

5. — Je terminerai en rapprochant ce résultat d'autres faits déjà connus :

1^ D'après la théorie de la condensation sur les ions développée par M. Langevin, j'avais émis antérieurement Thypothèse [loc, oit,) qu'il ne saurait exister aucun intermédiaire entre les gros ions et les petits ions : ces deux catégories seraient nettement distinctes <et sans liaison continue possible. Cette hypothèse, confirmée jusqu'ici par tous les faits, est d'accord aussi avec le résultat précédent, puisque les mobilités intermédiaires observées dans les gaz de la flamme ne sont pas stables et tendent à diminuer. Mais on rencontre ici un caractère nouveau des gros ions, c'est la possibilM cT une formation remarquablement lente, M. Langevin(') a du reste exposé récemment le résultat d'expériences sur le mode de formation des gros ions qui sont pleinement d'accord avec la même hypothèse.

^ L'expérience bien connue de la condensation dans les jets de vapeur réussit avec les rayons de Rôntgen et de Becquerel (petits ions), mais d'une manière beaucoup moins brillante qu'avec le phosphore, les flammes et l'aigrette. De ces trois derniers exemples, les deux premiers comportent, d'après ce qui précède, la présence de gros ions. Les gros ions ne seraient-ils pas, dans tous les cas, Ja cause .principale de la condensation intense dans le jet de vapeur? S'il en est ainsi, les gaz avoisinant une aigrette doivent renfermer des gros îons, et diverses indications permettent déjà de faire cette hypothèse avec quelque vraisemblance. Je me propose de revenir plus tard sur cette question, ainsi que sur d'autres cas de g^os ions dont l'existence parait des plus probables {^),

SUR UME PARUGULARITË de la double RÉERACnON ACGIDEHTBLLE DANS LES UOUIDES

(Deuxième note) ; Par M. Lad. NATANSON.

Dans sa première note (3), M. Zarémba admettait évidemment que les équations dont j'avais fait usage dans mon mémoiï*e Sur une parti-

(ï) Lakgevin, Séances de la Société française de Physique, mai 1905.

('-) Par exemple, les gaz avoisinant une étincelle électrique ou un arc électrique*

(3) J.'de Phys., 4« série, vol. lll, p. 606; août 4904.

Page 1