‹ Journal de psychologie normale et pathologiqueChapitre 100 sur 161 · C. Bos · texte numérisé non relu

C. Bos

188. — Un cas d'audition colorée (Un caso di audizione colorala), par Hahia:*! [G. E.); extrait de Ricerche e studi di Psichialria, Neurolagia antropologia et fîlosofia, ddéiées à En&ico Moaselli, à l'occasion du 25" aniversaire de son enseignement. Milan, 1906, Francesco Vallardi.

Quatre hypothèses ont été émises pour expliquer l'audition colorée. ^'> Embryologique. — EUerésulteraitd'une différenciation incomplète entre le sens de la vue et celui de l'ouïe; un phénomène atavique de l'époque où la discrimination des sens ne s'était pas encore produite et où dans le protoplasma tout était joint ensemble » (Vignoli).

2'^ Analomique. — It existerait des anastomoses entre les centres cérébraux des sensations visuelles et auditives, de sorte que quand il percevrait un 80D, le centre auditif entrant en rapport avec le centre visuel, donnerait la sensation d'une couleur (Lussana). Les photismes seraient alors fréquents parmi les peuples moins évolués et représenteraient un état d'infériorité destiné à disparaître.

S^Phyiiotogiqueoude Cin-adiationnei'veuse'. — L'excitation d'une sensation ftsur les autres sensalionsune influence qui dépend du territoire sensitifdans lequel elle prend origine, et varie suivant l'intensité de la sensation provoquée origioairement avec des diffère n ces individuelles (Fechner).

4° Psychologique ou de l'association. (Associations affectives de Flournoy.) — L'association entre deux représentations se produit non par leur rencontre régulière ou fréquente dans la conscience, mais par suite d'une analogie de leurs caractères émotionnels.

Cette dernière hypothèse est la plus satisfaisante et elle est universellement acceptée.

L'audition colorée est un phénomène fréquent que Lematlre constate chez des enfants dans 30 cas p. 100; Philippe dans 12 cas p. 100; Blender et Lehmanu dans 12,5 cas p. 100 chez des adultes. Elle disparaît avec l'&ge, ce qui semble conflrîner la théorie atavique. O'après Lemaitre elle serait l'indice d'une intelligence précoce et d'une santé saine, ainsi que d'un goût développé pour les machines ; et d'après d'Abundo elle représenterait au contraire un pas en arrière dans l'évolution physiologique; elle serait un phénomène de dégénérescence. M. en a observé un cas chez un fou moral de bonne famille et un cas chez un homme de quarante ans parfaitement normal, sans antécédents personnels ou pathologiques, instruit et d'un caractère calme, n'ayant ni stigmates de dégénérescence, ni troubles psycbopatbologiques congénitaux ou acquis. Gel homme, commerçant, expose

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voloolicra le caractère du phénomène, quoique souvent on l'accuse de mensonge. Voici, «elon le questionnaire de Leraaitre, qoclqucs-unes des associations constatées chez lui, apparues dès l'Age de huit ou neuf ans et qui l'ont frappe nellement à vingt ans (voir tableau ci-contre).

Dans ce tableau, les couleurs sont données par les consonnes cl non pas par les voyelles. Les nuances sont abondantes et suivent une gradation qui se rencontre pour les consonnes où la prononciation présente quelque ressemblance (V.P.G.C). Beaucoup de consonnes évoquent la même couleur (M.N U.K) (D.n.Q). Il manque beaucoup de couleurs ; (indi^'o, violet, orange); mais il y a beaucoup de richesse dans la superposition de plusieurs couleurs (Milan, Gênes, etc.) l.a coloration est donnée au son el non à la vue ; dans les noms propres, c'est ta consonne qui donne les couleurs : Turin (R); Ct'Mw(G.N.). De même que dans sa«rrfo/«qai donne irr* jaunesw champ mûiV[S.C.R.). Pourles mots qui ont une coloration arbitraire, aucune consonne ne correspond (photismo non alphabétique).

Cléroeul Chaiipentler.

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