ÉrroEs cLmiQCES scn les ualadfes mentales
201 . ~ La fonction du langage et la localisation des centres psy* chiques dans le cerveau, par Gûa^skt (J.)- [MotilpellieiJ Revue de philosophie, 1907.
La queslioD des localisations cérébrales csl &bsolumenllndépendaDLe de toute doctrine métaphysique, spirituatislc ou positiviste, et la prétention de U. Surbled de voir dans Iss nonveLIcs théories de Pierre Marie sur l'aphasie « une belle victoire de la philosophie spiriluaiiste cl chrétienne » est dénuée de fondement, tout aussi bien que t'opinion des contemporains de Broca pour qui a la loi dans les localisations cérébrales eût presque fait partie du Credo républicain. »
Cela posé, G. analyse et discute les récents travaux de Pierre Marie sur l'aphasie. Voici ses conclusions générales :
« 1. Rien dans les travaux récents ne parait être de nature k ébranler la doctrine générale des localisations cérébrales ni même la doctrine particulière de la localisation cérébrale du langage.
« S. La ronrtion du langage est une fonction scn so ri o-mo triée, c'est-àdire qu'elle comprend ù ta fuis le passage centripète du signe h Tidée el le passage centrifuge de l'idée au signe. Au-dessus des centres qui président plus spécialement au langage ainsi compris, il y a les centres psychiques mentaux ou supérieurs (lobes préfrontaux} ; au-dessous, il y a les centres ■ de l'articulation des mots (centres basilaires, région capsulaire lenticulaire).
« 3. A la lésion des centres supérieurs correspondent les troubles mentaux du langage; à la lésion des centres basilaircs, les dysarthries et Ica anarthries: à la iésioD des centres proprement dits du langage, les aphasies.
a i. Les centres proprement dits du langage sont des centres psychiques (psychisme inférieur, inconscient et automatique); les aphasies sont csscn- (iellemcnt des troubles psychiques, toujours accompagnées d'un déllcit intellectuel spécial.
0 5. Ces centres occupent, surl'écorce de rhémisphèrc gaucho, une rone étendue qui comprend les circonvolutions qui coiffent le fond de la scissure parallèle, les pieds de ladcuxiême et delà troisième frontales, probablement aussi de l'insula.
JOVRSAi DE PHYCaOLOGlB
« 6. Il y a, eDtro les diverses parties de celle zone, uae solidarilé très grande ; le plus souvent les lésions qui produiseal l'aphasie soal étendues & une plus ou moins grande partie de cette zone. Ouand la Icsioa prédomine sur la partie postérieure de cette zone, Taphasic csl surtoul psycho-sensorielle ; quand elle prédomine sur la partie antérieure, Taphasie est »urloui psychomotrice.
« 7* Le principal avantage qu'auront eu les importantes publications de Pierre Marie est de réatlirer ralLcntion sur la nécessité de recaeillir encore toutes les Tuis que l'occasion s'en présentera, des autopsies bien faite» d'aphasie, la méthode de choix peut trancher les points encore en litige.
• En somme, les récents travaux de Pierre Marie, loin de faire recaler la science neurologique, loin de décourager la locali«alion du psychisme dans le cerveau, loin de démolir tout ce qui semblait acquis, doivent encourager les travailleurs à travailler davantage en persévérant dans la même méthode anatomocliniquc qui a donné déjà de si magniliques résultats.
9 Beaucoup d'entre nous avaient le tort de croire que la question des centres cérébraux du langage était dénnilivement connue et close. C'était une erreur. Sur ce point comme sur les autres, raiienilon avertie et scientifique doit rester éveillée. La science n'est jamais finie ».
J. ROOCZS DE FCRSAC.
202- — A propos d'aphasie, par nz BrcK. ta Belgique médicale, 13 sept. 190C.
Observation d'un aphasique. La parole spontanée montre de la paraphasie avec un certain degré de surdité verbale. Il y a également alexie avec parapbasic. Mais la cécité verbale ne s'étend qu'aux mois et non aux dessins qui sont bien compris. Copie très défectueuse. Ecriture sous dictée impossible. Ecriture spontanée bien formée, mais paraphasique avec verbigération.
Pas de troubles grossiers de l'intelligence ni de la mémoire. Cependant le malade ne sort pas à son honneur de la petite épreuve des trois papiers imaginée par P. Uarie. U sait se servir des objets usuels et fait de petits calculs.
Ce cas appartient à une variété mixte d'aphasie de Wernicke oiî sont combinés les troubles d'identification primaire et ceux d'identification secondaire ou troubles verbaux.
Toutefois, il ne faut pas confondre aphasie et apr&xie, et notre cas est au de ceux où, contrairement aux dires de P. Marie, il y a aphasie sans apraxie et sans affaiblissement net de l'intelligence. Il peut donc y avoir des lésions produisant l'aphasie à l'état pur et dissocié.