‹ Journal de psychologie normale et pathologiqueChapitre 109 sur 161 · II. — Études CLi?riQUBâ scb les Névroses · texte numérisé non relu

II. — Études CLi?riQUBâ scb les Névroses

31)5. — La limitation du terme Hystérie. Considérations snr la nature de IhjBtérie et de certaines psychoses voisines (The limilatioii of Ihe leiin liysleria with a consideialiou of Ihe nature of hysteria and certain allied psychoses), par Dancbr, (CharlesL.), Tht j'ournat of abnormal Psyehology^ 1. 1. Tévrier 1907.

D. pense que ce serait un grand bien pour la médecine si Von pourail reslreindrti et préciser la conception de rUyïLcrie. Ou peut deûuîr l'hyâtèrie de deuxpoiutâ de vue dilTèrenls : l^du poiul de vue pjtychotoi/iqtu, c'est uti éiat dans lequel le subconscient exeri:e sur les ronclious sumaltques une iunucnce morbide et dans lequel des associations morbides prennent la place des associations normales (par exemple paralysies cl contractures hystériques); â^ du poinldc vue clinique, c'est une maladie d'origine aiguë et d'évolution chronique, caractériséo par une suite d'épisodes et par des attaques, avec un nombre plus ou moins grand de stigmates objectifs cl subjecliTs. C'est une maladie rare et qui aDTecle les hommes aussi bien que les femmes.

Parlois les accidents disparaissent au bout d'un certain temps. Le plus souvent ils sont permanents. Dans ce cas, D. pense que l'on doit incriminer une sénilité ou une usure anticipées de l'appareil psychique.

Il y a un autre groupe de cas que l'on fait souvent rentrer dans Thystérie et qui répondent au type suivant : le malade, généralement une femme aU' dessus de vingt ans, est extrêmement égoïste et préoccupée d'elle-même, quoique souvent parfaitement intelligente, lucide et sincère. Elle se plaint continuellement de douleurs de tète, de douleurs dans la colouoe vertébrale, elle a des attaques d'épuisement et tombe malade dès qu'elle veut faire quelque chose. Elle s'écoute beaucoup, se met au lit, dès qn'elle se scot le moindre malaise, mais, quand elle se sent mieux, travaille avec ua soin méticuleux» qui devient une cause d'épuisement. Héconlenle des autres, exigeante, avec des accès de tendresse et de vivacité, inutile dans la famille, se plaignant t chaque instant de quelque malaise physique, elle fiuli par se désintéresser de tout, sauf de sa sauté.

ÉTVUBS CUNiQVES SVH LES NÉVROSES S83

C'est à tort que Ton étend à ces cas l'appellation d'byslérie. Il ne s'agit plus ici d'accidents somaliques déterminés par une activité subcoascicnte cL morbide, mais du troubles du caractère.

B Quand certains accidents d'apparence hystérique se produiscul, ce sont ficulement des épisodes et encore ne sonl-ils pas toujours explicables par une action psycbique subconsciente. Le terme qui désignerait le plus exac> tement ces états serait psychaslbénio ou mieux eacove f)sychfitaxie.

Leurs caractères principaux sont : {'> une tendance morbide à s'examiner, A s'analyser ; 2*^ des réactions impulsives : les malades réagissent d'une façon immédiate et irraisonnée à leurs idées bypochondriaques; 3» des idées fixes; 4" afTaiblissemenl des instincts moraux et famitiaux ; 5" aboutie ; (W absence d'afTaibUsscmeul intellectuel ; 7'' malades généralement apparteuantau sexe Téminin peu habituées a se dominer ; 6** troubles physiques :

—^migraines, gastralgies etc. ; 9^ périodicités des accidents, mais pas de crises

BoonvulsivesMO^* variabilité d'intensité desacoident» : cas légers, simples troubles du caractère; cas graves, grande liypochondrie. 0. termine en donnant une classitlcation des psychonévroses : l*' hysté-

Ml^e, hystérie vraie ou grande hystérie ; 2° psycbasténie (que l'auleur vient de décrire} ; 3** psychastéuie [ou phréuastcnic} avec ubscsaionSt doutes, impulsions; 4" neurasténic; 5** types abortits des (grandes p.^ychoses^ comme mélaucolie, démence, de.

J. ROUUKS DKFlItâAC.

S06. — La dissociation dune personnalité (The Dissociation oT a Personaliiy] par MouT'jn Prince. Looguiau's Grccu and C**, 91 et 93, Fiflk Avenue, New-York.

Ce livre est l'histoire d'un cas très remarquable, celui de M"" Beeuchamp.

H^" Bcauchamp est une personne qui a plusieurs personnalités. Elle en a au moins trois, elle peut en outre entrer dans Iruis étals hypnotiques différents.

Le livre est divisé en deux parties : la première c'est le développement des penonnatiiés,

B. I est la vraie M"" Bcauchamp. B. II, c'est l'état hypnoti |ue de M"" Beauchamp. B. Ili est la seconde personnalité : on lui donne le nom de Sally. t. IV n'a pas d'autre nom, bien que Sallj l'appelle quelquefois a L'Idiote a.

U*'« Beaucbamp était une vraie neurasthénique quand elle est venue trouverM.Morton IVincoqui l'a bypnoptisée. Elle entrait facilement dans un état de sumnambulismc, et le plus souvent Miss Beauchamp était remplacée par Sally. Ce qu'il y a de curieux, c'est ta ditTércncc de caractère entre Sally et B. I. B. 1 est une personne sérieuse, avide de lectures, pieuse. Au cuotraire Sally est gaie, elle raffule de plaisirs et de distractions, elle hait l'église. Elle ne peut lire ni le frani;ais, ni aucune des langues étrangères que M"" Bcauchamp connaît. De plus ^Miss Oeaucbamp est neurasthénique tandis que Sally jouit d'une parfaite santé. M"" Beauchamp ignore S&Uy et

JOVItSAL DB PSYCnOlOGIE

SaWj a coDScjeace de loQtes les pensées et de tous les actes de M'" Beaochamp. Sally se prend d'aversion pour B. I; son plus grand plaisir, c'est de lui jouer des (ours. M"'' Beaucbanip avait horreur des serpents et des araignées, Sally Ta à la campagae, rainasse des serpents et des ar&iguécs, les enferme dans une bolle qu'elle envoie à Miss Beaucbamp; celle-ci ouTre la boite et manque d'avoir des convulsions à la vue des reptiles et des insectes qui sortent.

B, iV est apparue plusieurs mois après que les deux premières person* nalilés existaient. Elle ignore d'ailleurs Tezislence de B. 1 el de Sail;. elle a aussi un caractère dinTcrent des deux autres, elle est irritable, emportée- Bien qu'elle soit avide de savoir, elle n'aime pas à s'informer de ce qui s est passé dans les moments dont elle ne se rappelle pas, c'est-à-dire dans les moments où les autres personnalités de M"* Beaucbamp apparaissent. Au contraire Sally sait loul ce que fait B. IV, mais elle ignore ses pensées.

La seconde partie de l'ouvrage a pour titre : La recherche de ta vraie J/'i*' Beauchamp. M. Morton Prince s'exprimait ainsi au Congrès de Psychologie tenu h Paris en 1900:

« M B. I ni B. IV ne sont strictement le moi original, elles ne sont pas davantage des personnalités somnambules, elles sont des modîGcaiioDsdu moi original. L'originale M"" Beauchamp fut désagrégée et en tant que touL psychique, disparut de ce monde en 1893.

« B. I et B. IV sont deux dilTérentcs parties iotégranies de la complète M"'' Beauchamp dont elles se sont détachées « a Quant à B. III c'est-A-dire la conscience (intérieure) elle se développe en 1807 et acquiert une existence indépendante sous le nom de Sally ; de sorte que Sally représente la conscience (intérieure) secondaire et que B. 1 et B. IV représentent simplement certains éléments séparés dans la conscience primitive qui prédomine ... '

Dans la seconde partie du livre, M. Morton Prince étudie les rapports des difTérenles personnalités les unes avec les autres. 11 veut faire rédiger au sujet son autobiographie : B. 1 et Sally y sont disposées, mais B. IV se réveille au moment où une partie du travail est déjà écrit; elle est furieuse devoir sa vie ainsi racontée el déchire le manuscrit. On est forcé de recommencer.

Le livre de M. Morton Prioce est plein de détails ioléressants et curieux.

G. Foi'RStACD.

Le propriétaire gérant : Fêlii âlcaîi.

ÊvnEcx, lupRiugniK en. tiRtiissev ET riLi

BDR

aUELQUES TROITBLES FONCTIONNELS DE L'AUDITION

■ On peut observer, daosladégénérescence, des stigmates variés, touchaotlaspht^respcciaio de l'audilio» comme dans les autres sphères. Les unes consistent en anomalies de conformation que l'on peut constater directement. TanlOt ce sont des anomalies périphériques visibles du vivant des malades (oreilles en anse, mal conformées, mat ourlées, à lobule adhérent, atrésîes du conduit auditif, perforations congénitales delà caisse, etc.); d'autres fois, ce sont des malformations centrales, de la corlicalité temporale, ou bulbaires, aboutissants des fibres auditives centripètes. On peut d'ailleurs observer

H les malformations centrales et péri phériq ues tout à la fois, avec ou sans lésions intermédiaires qui en sont le trait d'union, les unes et les autres étant le résultat d'un même arrêt de développement, soit que la lésion périphérique ait précédé l'altératioa centrale, soit l'inverse. Mais il peut y avoir aussi des arrêts de développement fonctionnels ou des anomalies de fonction dont le subslralum reste insaisissable en l'état de nos connaissances et qui ne se manifestent qu'à l'occasion d'examens psycho-physiologiques. C'est à l'esquisse de certaÎDsde ces troubles fonctionnels que nous nous restreindrons dans celte première note.

n Comme pour l'homme, dit IVeyer, la plupart des animaux commencent par ne rien entendre, puis entendent quelques sons imparfaits; enfin, quelques-uns plus nets, en plus grand nombre dans la masse, augmentent des plus êVevés aux plus graves, o

Il y a lieu de nous arrêter d'abord à celte phase initiale, commune & certains des animaux et à l'homme, où l'audition est nulle ; étal Journal de psycltologlo. 23

JOUny.iL DE PSYCflOLOlttR

définitif pour certaios malades, les sourds de naissaoce, assez fréquents parmi les idiots.

L'anatomie comparée montre que, par rapport & révolulion d« série animale comme à celle de l'espèce, ces surdités transitoires ne sont que la conséquence d'une phase intermédiaire de passage d'un étal organique adaptée des milieux difTcrenls.

Chez l'homme, comme chez certains vertébrés f/nmi^n^, le fmtus. à ta naissance, est plongé dans le liquide de la poche amniotique, cl de même que ses organes respiratoires sont privés d'air, de même tes cavités qui s'y rattachent, en particulier les diverlicules auriculaires, ne contiennent que le liquide ambiant qui baigne alors la membrane tympanique de tous côtés.

L'orcilio moyenne se trouve alors dans la situation de celle de certains poissons, pour qui cet état est dèOntlir, permanent, comme étant le seul approprié aux conditions physiques et mécaniques de fonction dans un milieu liquide.

Par la trompe d'Blustache, aux mouvements de déglutition du fœtus pénètre le liquide amniotique ; la muqueuse de la caisse tympanique non asséchée est alors épaissie en une couche épîthèliale gélaliniforme qui comble en partie les anfractuosilés et adhère h la paroi labyrintbique.

Les recherches de Treellsch, Vredeo, Parvol, Rcnaut, Barély et Gellé sur les animaux et le fœtus humain, ont démontré la présence, dans ce cas, d'uu ôpithélium dérivé de la membrane tympanique englobant et contenant les osselets de l'ouïe.

« Le manche du marteau uni à la cloison tympanique est seul en dehors de ce magma qui, hislologiquoment, est constitué par des réseaux très déliés de cellules de tissus conjonctifs embryonnaires avec des faisceaux de nerfs et des cellules nerveuses bipolaires (Gellé). u

C'est la muqueuse œdématiée, en quelque sorte hypertrophiée qui forme cette masse molle et humide ; un revêtement d'épitbélium pavimenteux l'isole.

A la naissance, dès les premières inspirations, ce bourrelet infiltré s'alTaisse ; le liquide disparaît résorbé, l'air prend sa place ; chaque succion de l'enfant achève de l'évacuer en favorisant la circulation de l'air intra-tympanique; ainsi se fait la transformation aérienne

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