D' MARIE. — QUELQUES TROUBLES FONCTIONNELS DE L'AUDITION
éà lïoreille moyenne, Iç f(£lus passant de la respiration placentaire & la respiration pulmonaire aérienne .
6eHe évôluiion de Toreilleest commandée par le premier phénomène de la YÎe extra-utérine, la respiration.
Aussi a-t-elle lieu avec plus ou moins de rapidité et plus ou moins complètement, suivant l'énergie de la fonction respiratoire de l'enfant ; l'asphyxie arrête le phénomène ou le rend tardif et incomplet.
Si l'on se souvient de l'asphyxie & la naissance, au poiut de vue du pronostic de l'idiotie, on comprendra rassociation fréquente des deux phénomènes : idiotie et insuffisance auditive périphérique.
Comme l'a fait remarquer M. Bourneville, plus on recherche cet accident dans les antécédents des idiots et des imbéciles, plus on le rencontre.
Hais, toutefois, on conçoit combien souvent on se heurte àTimpossibilitêldiÇgé'réhSeIgncfrà'feèktJjét.- ' ' " '^ ' * -
Sârfs eiilrïWci'dlins là t[uesiionMè 'Savoir si'l'^tàtâsphyxiqùed'iï nouveau-né peut ê!VQ^ponlané*et déjà l'eîTet if un arrêt de développement des'cèiïtFe^ît^^ïl^^iarildii réfte'xé biiibo-r'espiratoire, "ou
si 'c'ésVuf»e cause d'altéi'alions secondaires pai* insuffisance ptàcèn-
taire, intoxication carbonique initiale des centres nerveux, nous nous contenterons de signaler rimporlance d'un tel symptôme, au double point de vue de l'idiotie et de la surdimutité.
Le retard de la perméabilité de la caisse à l'air peut se compliquer d'ailleurs d'autres éléments secondaires qui peuvent définitivement empêcher la métamorphose.
C'est ainsi que le magma gclatiniforme persistant dans ces conditions, peut subir d'autres modifications insolites (infiltration purulente ou sanguine de la muqueuse embryonnaire).
La résorption n'a plus Heu, dès lors, et dès la naissance s'établit une altération grave du tissu muqueux qui englobe le système des osselets et tapisse les fenêtres du labyrinthe.
C'est pourquoi les auristes recommandent de surveiller l'audition et les organes auditifs chez les très jeunes entants atteints de troubles de la respiration et de lésions de l'appareil respiratoire.
Mais ces cas extrêmes rentrent dans les lésions périphériques initiales, bien qu'il s*y puisse observer des altérations centrales consécutives, identiquement comme dans l'expérience de Gudden, où
JQim\AL DE PSyCIIOLOCflE
l'oreille détruite sur l'animal b la aaiss&nce, produit uoe lésion cérébrale centripète secondaire.
Il y a lieu, inversement, d'envisager l'hypolbèse de lésions centrales initiales dont raltêratioii périphérique possible ne serait que la conséquence tardive, comme dans les expériences de Moaakow, où la lésion corticale expérimentale amène l'altératioa centrifuge secondaire de Torgaue périphérique, ce sont encore là des lésions anatomiques sans manifestations objectives ou fonctioanelles et, comme telles, rentrant dansl'anatomie pathologique.
(L'excitation auditive produit d'abord les réÛexea purs (lois de PÛûger). Cet état est définitif pour les anencéphales.)
Le premier stade de surdité transitoire une fois franchi et la caisse tympanîque devenue normalement perméable, que se passc-t-il chez l'cnfanl?
Le jeu des osselets et des fenêtres labyHnlbiques devient possible sous l'influence des vibrations aériennes parles ondes sonores ; dès lors, le nerf auditif est ébranlé.
Cetébraulement transmis aux centres nerveux, qu*y produit-il?
Ici, comme pour toute autre excitation quelconque de la sensibilité, va naître une réaction élémentaire d'ordre purement réflexe, sî l'excitation est suffisamment vive et assez prolongée.
Chez ranimai, le cobaye, par exemple, c'est vers la douzième heure qu'apparaissent, pour les sons élevés d'abord, les premières réactions réflexes simples, consistant en mouvements des oreilles (Spatding).Chez l'eurant^dës le deuxièmejour, peuvent s'observerdes mouvements incoordonnés que Greisser considère comme des mouvements instinctifs de défense (extension surtout). Chez l'enfant, comme chet l'animal, la prolongation du bruit ou son augmentation d'intensité amènent la généralisation des mouvements conformément à la loi générale de progression des réflexes établie par Pflùger sur les greoouiltes décapitées.
Les mêmes phénomènes s'observent chez les idiots, et l'on pourrait comparer certains hydrocéphales par porencéphalcs vraie, et certains anencéphales à ces animaux privés expérimentalement d'hémisphères et réduits aux centres cérébro-spinaux.
On conçoit que les seuls réflexes dont ils soient susceptibles, soient les réflexes bulbo-médulbires.
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liais, chez l'idiot proprement dit^ ou chez l'enfant, existent des centres encéphaliques dont les faisceaux se myélinisent plus ou moins vite et permettent une certaine capitalisaLion des excitations sur laquelle va se développer un premier degré d'attention.
Celte attention se manifestera par des associations simples entre les bruits perçus et ralimentalion, par exemple, dont ils annoncent la préparation. Les mouvemenla de défense et de fuite subissent alors un phénomène d'arrêt (du cinquième au quinzième jour (Preyer).
L'animal subit, au contraire, une sorte d'attraction, s'il est encore aveugle, vers le bruit qu'il a pu associer à l'idée de pâture. L'enfant s'immobilise dans l'attenLe du biberon et bien vite ou peut ubscrver & ce sujet des tentatives d'orientation de la tète, tendant à localiser la source du bruit dans l'espace.
Les premières associations se manifestent à l'occasion deTalimentation.
Les premiers sentiments de Joie ou de douleur sont liés & la satisfaction de l'instinct de nutrition. Secondairement, la voie de la mère nourricière est la première reconnue et associée aux sentiments précités.
La plupart des idiots du dernier degré parviennent h cette association première, liée & l'instinct fondamental de nutrition. Un certain nombre arrivent même, comme l'enfant, aux tentatives de localisalion dans l'espace pour ta recherche de l'aliment qu'ils réclament. Des anencéphales qui ne s'élèvent pas au-dessus des réflexes prennent du moins le sein offert à leurs lèvres.
Genzmer et Moldenhauer ont cherché, d'une façon générale, àmensnrer l'extension progressive de l'audition des bruils à distance; ils ont montré révolution suivie de l'audition au contact à l'audition à distance.
Comme l'a montré Champney, il y a une période où la sensibilité acoustique est indistincte de la sensibilité tactile. Il faut l'association des deux, pour qu'il y ail perception. Un bruit ne produira de réaction que s'il s'accompagne de l'ébranlement de la chambre, du lit, de l'air ambiant.
Le diapason vibrant rapproché reste imperi;u ; son applicatioa inerte sur la peau n'éveille pas de réaction, mais le diapason-vertex vibrant est perçu.
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Nona avoQS vu chez un cerlftia nombre d'idiots se produire le même phéDOmcae. L'écuetl de l'expérience ttenl h la difÛculté d'îoterprétûUon, lorsqu'il s'ngit de Tiiirc te départ de l'audition, intimemeni combinée. i<;i, à I& sensibilité cutanée.
A la sixième semaine, Pfeyer a noté une association nette faite par reiifaut, entre la vue du risoge du la mère et l'audition de ses chants, en tant que bruits mtiilcaux rassurants.
a Plus d'un an, dit-il, avant la première tcntnlive imparfaite pour prononcer un mot, l'enfant distingue les bruits el les sons musicaux et cherche même à les imiter (onzième mui8).4i
Les premières réactions expressives paraissent être vis à-vis des impressions musicales modulées où l'idiot. Tenfant el l'animal semblent témoigner d'un état émotionnel complexe diOTérenl du réflexe. Hémc plus lard, dans les paroles, ce n>st pas Tarticulation qu'ils saisissent premièrement, mais bien le timbre, la hauteur, rintensilé, la inodulaliou même correspondant à la Oalterieou au courroux.
Dans les sous perçus, la modulation est le premier caractère saisi (argument historique, philosophique et philologique).
Plus tard, l'articulation entendue est reproduite avant d*ètre comprise (idiots écholaliqucs).
Herbert Spencer a développé celte idée que l'origine de la musique est dans le langage et ses variations d'intonation d'origine émotionnelle.
On pourrait retourner l'hj'pothèsc et voir dans la modulation musicule l'origine première del'expression, le langage se confondant A l'origine, avec l'inflexion musicale, expressive, de la voix, bien avant l'articulation. 11 est logique de supposer que le chant a préoédé la parole, comme te dessin a précédé l'écriture.
Chez les races primitives, le langage repose moins sur l'articulation que sur l'iolonatioa et la modulation variée des mêmes syllabes. Les alphabets primitifs contiennent un très petit nombre de lettres, où les consonnes sont en minorité et souvent même indifférentes (Ex. : Talphabet canaque).
Toute une classe d'idiots ne possèdent qu'un langage primitif de ce genre, et ne s'expriment qu'a l'aide de syllabes indifTéreutcs diversement modulées; de même qu'ils ne saisissent que les inflexions expressives des mots dont l'articulation leur échappe.
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Martial estime qu*il y a lieu d'établir une relation entre l'état d'esprit des malades et l'emploi de certaines voyelles spéciales. Il considère comme unsigne de déchéance intellectuelle l'usage de plus en plus restreint des consonnes d'articulation.
D'autres idiots possèdent le langage réflexe, c'est-à-dire la parole automatique, consistant en quelques réponses simples, monosyllabiques le plus souvent : « Oui. — Non. — Merci. » sans intervention de l'intelligence (Robertson, « Uéflex. on aulomatic speech »).
Au delà commence le véritable langage articulé, expressif, permettant quelques indications subjectives. Mais il est encore des idiots qui, entendant parler et saisissant le mode d'articulation de tous les mots, ne peuvent que reproduire ce qu'ils entendent, sansy attacher aucun sens ; c'est une simple écholalie îmitative, comme le langage des perroquets.
Deux de nos malades ont présenté ce phénomène.
Au demeurant, la parole écho n'est qu'une modalité de la tendance à rimilation pure que l'on rencontre chez quelques animaux et chez l'enfant, bien avant qu'il ne parle.
C'est ainsi que ce dernier commence de Irôs bonne heure à se balancer en mouvements cadencés, en mesure et à l'unisson de la musique (vingt et unième mois. Preyer). Ce phénomène est très fréquent chez les iJiols.
Plus tard, nous l'avons vu, l'expression de la pensée est modulée avant d'être articulée. Il faut, au début, l'association îles gestes et de la mimique pour faire saisir à l'etifant et à l'idiot ce qu'on désire d'eux. Comme le diLPreyet, lorsqu'ils commencent à donner la main, ils le font autant par imitation du geste de celui qui la leur tend, que par compréhension des mots entendus.
Les mères connaissent cotte loi, d'instinct, comme le montrent leurs néologismes enfantins et le langage simpliné, pauvre en consonnes, et aidé de gestes par lesquels elles se font comprendre.
« Malgré cela, toute mère, dit Preyer, perd plusieurs milliers de mots qu'elle parle, murmure ou chante à l'enfant, sans qu'il en entende un seul. Elle lui en parle plusieurs milliers encore, sans qu'il en comprenne un seul, mais si elle ne se gaspillait pas en paroles, sur un être qui, d'abord, n'entend pas, ne comprend pas, l'enfant n'apprendrait à parler que plus tard et très difficilement. »
JQVnSAL DE PSrCUOLOGIB
On pourrait aiasî expliquer pourquoi, dauscertaios milieux ruraux, entre autres, l'enfant parle assez tardivement, entendant moins souvent la voix de ses parents ; il se trouve alors momentanément relardé dans sou développement.
Ou conuaîL l'histoire léfsendaire de Texpérience qu'aurait faite un Pharaon sur l'enfant normal, élevé hors de tout contact avec ses semblables. L'instinct imilatif avait agi ot il reproduisait les cris de la chèvre qui l'avait allaité.
Il serait curieux de reprendre, & ce point do vue, les documenta relatifs aux cas historiques des prétendus hommes sauvages.
A propos de l'un de ceux cites par J.-J. Rousseau, il est dit, par Condillac. « qu'il ne donnait aucune marque de raison, marchait sur les pieds et sur les mains, n'avait aucun langage autre que des sons inarticulés, ne ressemblant en rien à ceux des hommes ». (Sauvage de Lîlhuauie, 1694.)
A propos du cas classique, en France, du sauvage de l'AvexTon. qui a fait l'objet d'une étude particulière de Delasianve, il n'est peutêtre pas sans intérêt de rappeler qu'il fut assimilé^ par Pinel, k un idiot incurable.
1! exerça néanmoins la sollicitude éducative d'Itard. qui ne parvint qu'à grand'peine à en obtenir quelques tentatives d'expression articulée.
(1801. — De l'éducation d'un homme sauvage» el 1807 : Du sauvage de l'AvcjTon. — Voir Meynet : le sauvage du Var, 1865. Ac. de méd.)
« Après la mimique expressive, dit Prcyer, appuyée de sons indifférents (voyelles surtout), l'enfant commencée imiter certaines syllabes simples (papa). mais ce n'est encore qu'une sorte d'écholalic; la compréhension vient ensuite (dix mois). »
On peut comparer celte évolution à celle de la compréhension des mots entendus en langue inconnue, quand on est en pays étranger. La lenteur d'es pression verbale, comme le fait remarquer l'auteur précité, ne lient pas aux appareils expressivo-moteurs, mais aux difficultés d'associations mentales auditives. Car, bien avant de parler, l'enfant produit spontanément des sons incohérents aussi complets que ceux du laugage. Cela est également vrai pour nombre d'idiots qui, avec un appareil vocal et des circonvolutions relativement déve-
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loppées^ ne parlent pas, car il leur manque le processus psychique nécessaire.
L'enfant ne réagit d*abord qu'aux impressions auditives vives, et souvent avec lourdeur, en criant, plus tard^ il réagit à des impressions de vivacité ordinaire, srhs rien comprendre, en riant, en émettant des sons inarticu!cs, sans liens qui les unissent.
De môme l'imbécile ne réagit qu'aux impressions vives, et cela avec lenteur et pesamment, itvec des gestes peu cxprcBsifs et des mots bruts, ou bien il réngil aux impressions ordinaires, au moyen de sona niais, insignifiants, sans liens qui les relient.
« Les enfants commencent par n'avoir & leur disposition que
quelques sons iaarlieulés, puis, ils apprcuncnt & prononcer des sons articulés et des syllabes, puis des mots monosyllabiques, eulin des mots polysyllabiques et des phrases ; mais ils répètent souvent les mois qu'il entendent sans les comprendre, comme les perroquets; les idiots do même ne possèdent que de courts mots ou pUrascs, ou même des mots monosyllabiques seulement, cnTm il pout leur manquer même les sons articulés. Beaucoup de microcéphales répètent les mots qu'ils entendent sans les comprendre, comme les petits enfants. » (337. Preyer.)
On le voit, le langage n'est qu'un réflexe complexe peu à peu développé» à la suite d'une capiLatisalion accumulée des excitations.
Quoi qu'il en soit, chez un enfant non encore développé, comme chez l'idiot arrêté dans son évolution, il est extrêmement difficile d'apprécier les réactions en rapport avec la sensibilité auditive. En l'absence de renseignements subjectifs, peut-on se baser sur quelques phénomènes d'ordre réUexe? Les physiologistes italiens et français ont, croyons-nous, utilisé les premiers les réactions pupillaires en rapport avec les excitations de la sensibilité cutanée.
Nous avons songé à utiliser ces expériences ; sur les idiots complets, ne parlant pas, l'audition des bruîta d'intensité variable pourrait, tout comme l'excitation de la sensibilité cutanée, amener des réactions proportionnelles dans les mouvements de dilatation ou de contraction de l'iris : pour formuler une toi à ce sujet, il eût fallu un certain nombre d'observations comparables, que nous n'avons pu réunir.
Au contraire, à rcxcilabilité acoustique variable de nos sujets, se
joîgd&il la fréquence deâ Anomaiies fouctionaelles êl même anatômîfjUead&rîHs, enparlkiiUer, la rigîdîLé pupiilaire, ou ea paresM, «^ai ËnleraU ^on lolérèl à nue expérimentation de ce geore.
Les manifcatatiouâ «molJonuclles (sourire, rîre, pleurs), c« qa*on a pu appeler le langage afTeclir rëÛexe, uc notis otil pas paru pouvoir être utilisées noa plus, à notre j>oint de vue. Oa conaait la fréquence de ces manifestations chez l'eiifunt, cotnoie chsss Tidlol qui ne parle pas.
Ne pouvant être volontairemçnt inhibées, elles se répèlenl inutilement et d'une façon démesurée. IJu^hlings-Jarks^n a pu comparer ces phénomènes qui éclatent ^-mne prélesle et d'uue roçôû itèsordoQnée aux léOexes spinaux des luiimaux décapilêa. On peul Icscompa' per, ici, au rire et au pleurer bulhaire cl des lésions circoiiàcpîléâ.
Il ne pouvait donc y avoir I&, pour nous, une pierre de touche de l'excitabiiité acoustique de nos Idiots.
On se trouve ainsi souvent ré^Uiit à -ie vagues indices ou à des constatations inattendues relevant do hasard.
L'hypoacousie peul s'observer cependaitt chez les iiliots doués de la parole et sans lésions auricuîciircs jExpéneiice de Rinne), — Il y a lieu d'appliquer ici la diàlinctiun de deux ordres de perception» — priinl'ivc^i et acrj'dS''.^.
Parmi la ^ocond'.'S, il y a lieu do s'arrêter aux donué'es fournies par as30:n;ilioii avec les iiiipr-'-sions tai;ti!os et musculaires des annexes Je l'ureille,
L\'riei)l;tt;oii et l'a ■commuil.iliun lîans l'au-lition en résultent. — Ces fonctions peuvent èlro viinées '!ans riiîiotie, ainsi que l'audittOD de ré.:lK'îio ilci^ sons nuisie.'iux et la incninire musicale. Cependant, comme on le verra, la oa-leiiee et la [i.n,L!i;é (majeure; peuvent être comprises d-js idiols ;ii'ha:îiqiic>. ^r iis nous altarJer pour l'instant aux {groupes d'idiots privrs Ce laii^age, ni à ceux chez lesquels l'ouïe fait compiètemenl défaiil, n'>u.- p:.ssun? à ceux dont l'auditiOD est simplement diminuée !ee cjui e^l le cas le plus fréquent) et pouvant donner quelques rciiseigiienients subjectifs.
Tout d'abord nous devrons éliminer et réserver les cas d'hypoacousie rolevîuit d'allé rations périphériques, de l'oreille interne moyenne, ou externe.
Pource faire, nous avons procédé, dans nos observations, àrexamea
D^ MARIE." QUELQUES TROUBLES FO^CTJONSELS DE L'AUJJlTlOy 395
aDatomique de Tappareli auditif accessible aux iavestigations directes.
Mais il est toute une portion de l'appareil auditif dont les altérations ne se manifestent, durant la vie^ que par des troubles fonctionnels subjectifs d'une appréciation délicate.
Au premier rang des méthodes expérimentâtes, préconisées par le diagnostic de ces lésions, on doit placer le procédé de Rinne, aussi y avons-nous eu recours.
Expérience de Rinnc . — Chez lidiot en observation, on met un diapason vibrant en contact avec l'apophyse mastoïde; les os transmettent les vibrations à l'appareil central de l'audition ; les sons sont perçus si le sujet n'est pas absolument sourd. Après quelques instants, les vibrations s'aCfatblissent et le sujet n'entend plus rien. A ce moment, on le porte, sans l'amorcer de nouveau, devant le conduit auditif externe. Or, chez les sujets dont la surdité est d'origine centrale et non due à un défaut dans l'appareil de transmission, le son est perçu à nouveau, ce qui n'existe pas chez les individus dont la surdité est due à une lésion de l'appareil collecleur ou transmetteur du son. Chez ceux-ci les vibrations du diapason appliqué sur l'apophyse mastoïde sont peri;ucs plus longtemps que chez les premiers.
En d'autres termes, les vibrations aériennes sont perçues plus longtemps que les vibrations crâniennes, duns les cas de surdité d'origine centrale; tes mêmes vibrations sont perçues plus longtemps par voie crânienne, dans les cas où l'acuité auditive est due à un défaut de transmission des ondes sonores dans l'oreille externe ou dans l'oreille moyenne; le premier résultat expérimenta! est appelé le Rinne positif, tandis que l'on nomme le second négalif. (Dans une note adressée à M. Pitres {op. cit., p. 49) 31. Mouve, de Bordeaux, conteste la valeur intégrale de la si^nilication du llînne positif et négatif.)
Quoi qu'il en soit, on comprend qu'îWcc des idiots, môme capables de donner des renseignements, il ne soit pas toujours facile de pratiquer l'expérience de Rinne avec fruit; de plus, on voit que sa valeur a été mise en doute. On ne peut, dans certains cas, trancher la question de savoir si l'appareil auditif périphérique est, ou non, indemne, bien que l'examen direct de la membrane tympanique ne décèle rien d'anormal.
396 JOVRNAl DE PSYCUOIOGIS
Un cerlain nombre de nos idioU, sans être sourds complètement, n'ont paru percevoir les vibrations du diapason qu'au contact ; et une particularité digne de remarque s'est présentée dans plusieurs cas, qui ne nous paraissent pas de simples coïncidences, les malades empruntaient des mois tirés de Texpérience tactile, pour rendre compte de l'impression sonore.
« C'est chaud..., i;a brûle..., <;& pince... »
Telles sont les réponses de plusieurs de nos malades. Celte coofu* sion entre les impressions tactiles, thermiques, douloureuses et auditives, nous a paru d'autant plus curieuse, que ces malades distinguaient parfaitement le diapason vibrant du diapason non amorcé, appliqué aux mêmes endroits de la boite crânienne lapophyse mastoïde, zygomatique, vcrlex, maxillaires).
La montre en mouvement était également distinguée de celle arrêtée; « ça tape..., ça bouge... », disaient les mêmes malades dans le premier cas.
La perception brute des vibrations sonores, en dehors de toute accommodation des appareils de l'audition, offre, au demeurant^ tellement d'analogie avec les données de la sensibilité générale, qoe Ton comprend aisément la confusion de nos malades.
Les locutions usuelles offrent, d'ailleurs, des exemples analogues. Ne parle-t-on pas courommcnt de bruits clairs, do sons veloutés, de tons aigres?
Il est permis de penser que la différenciation des excitations perçues par les différents sens n'est que le résultai d'une spécialisalion acquise de nos zones corticales.
On a coutume de rappeler en physiologie, la sensation lumineuse produite par la section du nerf optique.
On en déduit que l'irritation du nerf se traduit toujours dans le cerveau, par une sensation lumineuse, parce que l'organe nerveux central, la substance du sens visuel dans le cerveau, ne développe en elle« quand elle est irritée, que des sensations spéciales (Bernstein).
Uais ce n'est là que le résultat d'une longue éducation et primitivement l'irritation des nerfs optiques ou auditifs ne doit pas différer essentiellement de celle de lout autre nerf quelconque, au point de vue psycho-cérébral.
Il' W.i/Î/K — QVKLQVES TROVBLEU FOSCTIOSSELS DE L'AVDITIOS 397
Si sur des individuH normaux oa applique des courants électriques traversant la tête de façon à ce que le nerf acoustique soil excité dans son ensemble, c'est à une sensation de son et de bruissement que l'on donne naissance, do même que le nerf optique pincé donne une sensation lumineuse (argument en fareur de la spécilicité seDSorielle).
La même expérience, pratiquée sur certains idiots, ne donne pas le même résultat, et ils n'accusent, comme pour le diapason, qu'une impression rapportée à la sensibilité générale^ tactile^ (liermique ou douloureuse.
Il nous parait résulter de ce qui précède qu'il existe pour l'audition, comme pour tous nos autres sens, des perceptions primitives correspondant aux notions premières de bruits, de vibraLious sonores, perçues en elles-mêmes sans limitation, ni dilTérenciation autre que celles tirées de l'intensité, de la hauteur.
Dès que la seusalion n'est plus limitée au son en soi, la différen- CialioQ se caractérise pour s'élever jusqu'à la notion des causes diverses. Dès lors, les divers sens se prêtent un mutuel appui, en associant et contrôlant leurs données réciproques- C'est \h l'origine d'un nouvel ordre de perceptions correspondant aux impressions auditives, ce sont les perceptions acquises. Dans lecotnplexus psychique correspondant à une sensation donnée, il n'est pas facile de faire la part des perceptions acquises et des notions premières fournies par l'impression.
Pour Hxer l'esprît, ou peut prendre l'exemple courant d'une personne qui chante. Ea l'cuteadanl, nous percevons un êbrautement particulier transmis par L'air à noa organes de sensibilité spéciale (perception primitive). De celte sensation brute, nous pouvons juger, grâce à des expériences antérieures innombrables, la force d'émission des sons, sa qualité plus ou moins pure, sa justesse, sa valeur musicale, en un mol, nous évaluons la distance approximative et le
feint de l'espace oii se trouve le chanteur.
Nous pouvons même reconnaître le timbre d'une voix connue, nous représenter la ligure, évoquer une image visuelle; si le chanteur s'accompagne, nous reconnaîtrons l'instrument, connaissant l'air, nous nous rappellerons le motif, les paroles au besoin, l'image des notes de ta partition, avec les images motrices des mouvemenls
jovRSAL m v&rcnoLOiiîB
nécessaires pour l'accompagnement, les efTorU phonéliqnes mèmCf pourront revenir à la mémoires si nous'avotïs eiécul6-le morceaa.
Eiï un mot, chaqueBens'iwsup-l, Inctile, muscOlaiTe) a[>porleTa *a donnée complémcnlaire ù'c&llft-founiio parla 6eulc imprcsMon anditive primitive. - ^ . .
Sii & l'état nornoai, Tanalyse de ces phénomènes est délicate> combien, plus eiH3orè,'Pest-Hle chez t'idiôt'; coin rentrerait, d'atlleurs, dana la psychologie proprement dite de l'idioUe pour laquelle nous renverrons à la belle étude de M. Sellier.
Hais, il est parmi les données complémcnlaires, des sens autres que i'ouïe pure, certains étcmenta tellemont connexes do son fonctionnement spécial qu'il y a lieu de s*y arrêter particulibrement.
Je veux parler de la sensibilité tactile des téguments de l'oreille externe et de la sensibilité musculaire de Tappareil moteur extrinsèque et intrinsèque. • • • • •
Ces différents éléments correspondent, en effet, A deux fanethÎDS spécialisées : ^
1" L'orientation dos bruits et leur localisation d'ans l'espac'e, ^râee au tact du. pavijioa aurioMaire et à ses mouvements (lirateks extrinsèques); ... , .
t" L'accommodation de i'app&r^il de transmission (eaisBe^grftoeft la senaibili4c MctiCe tyinpa'niquerètmixmùsoles'intrinsèJpies'.
Rappelons que' les muscles auriculaires exLeroea sont au 'notâtyrc de trois.
L'an teneur, alliranLonhMil la partie antérieure do conduit auditif; le supérieur ot le postérieur relevant Thôlix, la conque, et redressant les courbures en évasant l'oriQce du méat auditif. 11 en résalle une modiOcaliûn dans la réilexioo desoudes sonores (Duchesne, de Boulogne). L'acLiou synergique de tous ces muscles contractés ensemble, constitue le geste de l'altenlion auditive (Gellé). Aussi a-t-on signalé le développement des mouvements du pavilUon par l'efTet de Tattenlion chez les demi-sourds (Cooper).
Quant aux muscles intrinsèques accommodatifs, ce sont le lenseur ou muscle du marteau et le muscle de l'clrier, antagoniste da précédent qui retftche la chaîne des osselets. ■ -■•
Le premier muscle est innervé parle maxillaire inférieBr,'4andïs que le second Test par le facial.
Dr MAME.— QUELQUES TROVBIBS FONCTWNNELS DE f AUDITION 3M
Obibntatiom. — 1*> Tout d'abord, pour Torientation des braits, ou peat dire que le concours des sensibilités, tactile et musculaire, est couramment utilisé en ce qui concerne l'excitation cutanée de l'oreille externe (conduit conque et pavillon).
Il sufQt pour s'en convaincre, de rappeler Tanatomie comparée et Texemple si fréquent des animaux qui localisent les bruits dans Tespace, par l'orientation appropriée de l'oreille visiblement adaptée h ce but, selon les lois de la physique (l'observation de la chauvesouris dite oreillard est des plus curieuses à ce point de vue.
Chez l'homme normal, la conformation du pavillon semble avoir perdu les caractères typiques de cette adaptation particulière. Les muscles propres de l'oreille externe sont atrophiés ; dans une certaine mesure, les mouvements plus faciles et plus étendus de latéralité, de flexion et d'extension du crftne, peuvent y suppléer, mais il n'est pas moins vrai que l'aplatissement de l'expansion cartilagineuse ne rappelle que de fort loin l'entonnoir acoustique évasé ; son utilité à ce point de vue est donc au moins douteuse et les individus privés de pavillon auriculaire, accidentellement ou eongénltalement, ne paraissent pas se ressentir autrement de cette mutilation (Ex. : cas de Toyobee et de Cooper).
Il est même une coutume barbare primitive, encore en usage chez certaines peuplades, qui consiste en l'ablation de la conque, de même que d'autres s'arrachent les sourcils et les cils.
Cependant, expérimentalement, Keisner a reconnu sur les chats, que la section du pavillon diminue sensiblement le champ auditif.
L'action adjuvante se fait-elle comme organe vibrant (Savart. Schneider, Longet) ou, comme le dit Voltolini, est-ce une sorte de tympan extérieur ?
Duval et Beaunis établissent que c'est un écran réflecteur des ondes sonores.
A ce point de vue, on comprend l'influence de l'angle d'insertion (Bucbanan) sur l'angle de réflexion. (L'angle normal d'insertion = 30^ ; chez l'idiot, il est généralement plus obtus.)
Weber a montré que l'application du pavillon sur l'apophyse mastoïde annule Taction accumulatrice des ondes sonores, collectées et renforcées lorsque dans un premier temps on a fait entendre la montre sans aplatir le pavillon. (Expérience de la montre en avant;
JOVRN.it. DE PSYCHOLOGIE
deux temps), au deuxième l'ouTe n'existe plus que sur l'axe auditif.
La coaire-expérience montre que le pavillon est bien un organe de recherche de la direction du son, d'orientation.
Chez l'homme» les tatonoenients iaslinctîfs par les mouvements de latéralité do la tète, pour adapter l'axe auditif à la direction des bruits sont puissamment aidés par la sensibilité cutanée du pavilloaJ et lorsque cette action est annulée, la recherche est plus ditOcile et plus longue.
CheK les êtres dont Toreille externe est, elle aussi, pourvue d'une mobilité propre, la perte de l'organe doit logiquement porter une grave atteinte à la sûreté avec laquelle ils situent dans l'espace la cause d'où émane le bruit.
Les idiots, par l'obtusion de la sensibilité du pavillon, comme par l'indécision des mouvements d'orientation de la léte aux bruits, ont un champ auditif souvent restreint {le rétrécissement portant Fur l'étendue de la surface de l'axe auditif, et l'acuité auditive restant normale pour la distance) les malformations de courbures du pavillon n'y sont peut-être pas non plus étrangères.
On peut établir ainsi des sortes de graphiques du champ auditif rétréci, comme ou fait pour le champ du regard.
Chez les idiots^ la conque, comme nous le verrons, a généralement une surface plus considérabln qu'à l'état normal; il semble parfois qu'il y ait une sorte d'hypertrophie du cartilage, comme des replis supplémentaires, mais il ne semble pas que cela augmente leur champ auditif, car les replis de la conque ne vatenl guère que par la sensibilité de la peau qui les recouvre et par la régularité géométrique de leurs courbures.
A un autre point de vue, on a pu comparer le rôle de la conque pour l'oreille, à celui des paupières pour l'œi), rôle de protection consistant à abriter l'organe en écartant les corps étrangers solides ou liquides fpoussières, insectes, etc.).
Quelques individus jouissent exceptionnellement de mouvements propres assez étendus de l'oreille. L'un de nos malades était dans ce cas.
Le fait est curieux, mais n'a rien d'exceptionnel. Darwin, Broca et autres ont déj?i signalé chez certaines personnes le caractère fonctionnel des muscles auriculaires qui^ chez l'homme, ne sont
MAtilE.— QVEIQUES THOVDLKS FO.SCTIOSSELS DE L'AVDITtOS *0l
d'aucuQ usage el qui rappelleraieDi simplemeat un état anceslral. H L'homme, d'après les aalhropologistea, n'élant qu'un animal en vue de perfectionnement, on doit encore retrouver chez lui la trace d'organes ayant servi dans ses états transitoires antérieurs. Jadis, les oreilles remuaient; donc, elles peuvent eueore remuer. Kl, en effet, ou rencontre, comme ou voit, encore aujourd'hui des personnes aux muscles auriculaires actifs.
" Autrefois on eu rencontrait également, puisque le Journal des curieujc de la nature de 1685, parle d'une jeune fille dont lesoreiltes Bec mouvaient. Quelques éruditsdu temps mirent en doute l'authenti- Bftito de l'observation. Le rédacteur des ^'oltvelles de ta République ^dcs lettres en septembre 1C8G, fit remarquer qu'il n'était pas permis de « nier celte singularité après ce que M. labhê de MaroUes alleste du philosophe Crassot ».
H « Ce philosophe, dit-îL était malpropre, avec une barbe longue et Loufîue et les cheveux mal peignés. Il avait une chose bien particulière et que je n'ai jamais vue qu'en lui seul, qui était de plier et de redresser les oreilles quand il le voulait. B « Selon Pierre 3fessie, Saint Augustin a vu un homme qui non seulcoienl remuait les oreilles comme il le voulait, mais encore ses
I cheveux sans faire aucun mouvement ni des niatns ni de la télé. V Yesatius^ un anatomiste très distingué pour son temps, dit fort bien qu'il a rencontré à Padoue deux hommes dont les oreilles se dressaient.
« Est-ce que Proeopc ne compare pas Ju&tinien à un âne, « non seulement à cause de sa pesanteur d'esprit et bétisc, mais encore eu égard à ses oreilles mobiles qui le firent nommer en plein théâtre, ^Lmaltre baudet par ceux de la faction verte dont il était l'ennemi, a ^ Il y a mieux, cette anomalie musculaire a été sigualée chez une divinité grecque, chez le dieu de la force brutale, chez Hercule. Uer- Bcule possédait des oreilles mobiles. On les voyait se dresser quand il mangeait. Athénée rapporte des vers d'Epicharme où il est dit : « sa mâchoire choque bruyamment, ses molaires frappent avec éclat, ses canines grincent, il siffle par les narines, il agile ses Horetlles.w Tel était Hercule.
H ft En cherchant bien, on trouverait des cas analogues. Parmi nos contemporains, nous en connaissons qui présentent encore des ano- Journol (le psychologie. âtl
4M JOVnyAL DE l'SYCMOLOGtE
uuUeB muscoiaireâ singuliëi*es. Ua de nos roé4iecins les plus coamit peut plisser & volonlé loule la peau du crÂne; un musicien fail dresser et (Innser une mèche de ses cbeveux; un ingénieur plie légèrement au coiumandemeDl le lobe de sou oreille droite. Singularités de conslitution ou rooiiniscenee d'une vie oacestrale? Qui oserait conclure? (Mouvcmenl scientiilquei Henri de Parville.
D'autre part, les malformations auriculaires diverses, peuvent se l'amener à des types de la série animale, auxquels on peut les cornpmrer et dont la succession se rapprocUe de plus en plus de la cou* formation infondibuliforme.
On sait combien sont fréquentes ces anomalies chez les idiots, noua y reviendrons-
Indépendamment du tact aclifà la fois cutané et musculaire^ par lequel l'oreille externe va, en quelque sorte, au devant des ondes sonores, pour les mieux recaeilUr, il y a à considérer la seusibilité tactile passive.
Abstraction faite de la lenteur plus grande de perception du tact et de Toblusion fréquente de ce sens, chez les idiots, on peut observer de la dyseslhésie et de raneslhésic, comme dans riiystcrie, c'est-à-dire limitoes aux annexes de l'oreille proprement dite (oreille externe).
Féré {S^,Aivh,deyeur., t.IIL,page 281) a démontré la c^existeoce arvee rhémianesthéaie cutanée et muqueuse de troubles unilatéraux sensoriels pour l'oute en particulier; inversement, pour la surdité hystérique, il a trouvé l'assuciatiou fréquente avec l'auesLhésie cutanée limitée au pavillon et à la peau du conduit auditif externe '. Briquet, observant la surdité hystérique, écrivait (p. Â05): « Ue plus ordinairement, la peau du pavillon de l'oreille, de la coa^fue el du conduit auditif externe cât anesthésiée et ne perçoit ai la sensation des piqûres, ai celles du contact des corps. »
ICn 1883 U. Walton' dans le service de Charcol a étudié la sensitililê de la membrane du tympan ; il a même donné quelques détails sarla sensibilité de l'oreille moyenne à l'air insufOô. Sasiuves-
1. N- ces fails semblent iudiquer qu'il existe dam des réglons todeterniinées, d«
l'cncépbulc (Iflit centres senaïur^ comiuuus aux organes des sens et aux tégumoolf qui le» recouvi'cnt (Féré).
i. TftùU de lAgâUrie, — GUies de la ToortUc, p. 190.
!>' MARIE — QUELQUES TROVBlh'S FO.Vt'770>WfitS DB L'AVOmOS 40»
tigalions qui ont porté sur 13 malailes, Tont oonduiL à admettre très nettemenl IasupE>rposUiondes troubles sensoriels.
Elles peuvent éire résamées comme suit:
i' Dans rhémianesthéâic complète, il existe dft la sardîté unilatérale complète et les diapasons placés sur le front, ou surlesdeals, ne sont perçus que par le côté sain. En même temps, il existe de TaDalgéaie du tympan.
â^ Dans les cas d'bémianesthésic incomplète (ordinairement analgésie avec thermo-anesLbésie, et bypoestbésie au coalaci), la surdité est incomplète. On constate une diminution pour tessons transmis par voie aérienne et une diminution ou une abolition des sons transmis par voie crânienne. Les diapasons placés sur le Front ou sur les dents sont mieux perçus, ou le sont exclusivement par l'oreille saine. Il ciisle eu même temps de l'analgésie du tympan.
3" Dans les cas d'aueâtbésie plus ou moins complète des deux côtés du corpii, le degré de la surdilé correspond au degré de l'aues- Ibésie cutanée Un trait commun à tous ces cas, consiste en ce que la surdité pour les sons crAnieus dépasse celle pour les soos aériens.
Les faits précédents semblent indiquer qu'il existe dans des régions indéterminées de l'cncépbale des centres sensitifs communs aux organes des sons cl aux téguments qui les recouvrent (Féré).
Nous avons déjh. signalé la plus grande lenteur de perception des idiots.
Suivant Bloch (.sur la vitesse relative des transmissions risuetles, auditives, tactiles, .S'oc. de Uiologte 1883), lu transmission auditive dure normalement \f\^ de seconde de plus que la visuelle et celle-ei 1/âl de seconde de plus que la tactile.
La seitôaliou Lactilo précède donc la sensation acoustique, puisque l'onde aérienne agit d'abord sur le tympan, et ne devient âonore qu'après avoir ébranlé le nerf labyriuthique.
Chez l'idiot, le ralentissement des transmissions sensilivo-sensorielles peul atteindre uniformément les différents ordres de sensibilité, ou plus particulièrement telle sphère plulùt que telle auLrc ; on conçoit la conséquence du retard limité au tact (tymp&nique en particulier), comme empécbaut l'accommodation auditive.
L'impression tactile arrive trop tard pour permettre l'accommo* dation réllexe des osselets en temps voulu.
JQL'RSAL DE VSYCU0L06IK
S* Accommodât îo il. — La membrAne du tympan avec ses muscles rel&cheur et tendeur forme un appareil particulier qui ne livre pas ua égal passage b telles ou telles ondes sonores.
Aussi tous les auteurs ont-ils établi un parallèle ingénieux eulre Ie$ appareils de protection et d'accommodation de l'œil et ceux de Toreille.
Dana cette dernière, l'appareil musculaire formé par les muscles du marteau et de l'élrier, serait rauologue Je Viris.
Le muscle interne du marteau ayant pour fonction de protéger la membrane du tympan et par suite, l'oreille interne contre les vibrations trop intenses des sons forts, correspondrait aux fibres circulaires irienncs du myosis, au constricteur de la pupille contre une lumière trop intense.
Le muscle de l'étrier attire en arrière la lële de cet os et la branche inférieure de l'enclume, de Ib, un double mouvemeul de bascule :
i" Un mouvement de bascule de la base de Tétrier qui s'enfonce dans le vestibule par sa partie postérieure et se relève par sa partie antérieure.
â° Un mouvement de ta tête Je l'enclume qui s'incline en bas, en dedans et en avant, en poussant dans le même sens la léte du marteau dont le manche se porte en sens coulraire (en dehors) ; d*oû il suit que l'action de ce muscle a pour résultat déGnitif un relÂchemeul delà membrane du tympan.
D'une façon générale, les tons élevés sont les mieux perdus, aussi bien pour les idiots que pour les gens sains; c'est que l'accommodation du tympan par tension, éteint d'abord les tons graves ; cette accommodation doit donc se faire instinctivement chez les malades qui nous occupent.
La raideur du tympan empêchant les tons bas. éteint surtout les consonnes d'articulation qui sont plus basses que les voyelles, la parole ne peut plus être entendue alors.
Les idiots ont tendance à employer des sons, voyelles surtout, probablement parce que ce sont ceux qu'ils perçoivent le mieux.
Eq dehors des cas où la perception du ton on du timbre des sons peut être altérée par un vice d'accommodation de l'oreille, on peut observer, chez les imbécileis. etj'unc façon générale, chez les dégcnè-
£»' MAnm.— QUELQUES TROUBLES FONCTlOyNELS DE L'AUDITION 405
rés, des aortes de scotômes auditifs, si l'on peut aiosi parler; le fait est fréquent dans rhysiérie, maïs il ne paraît pas spécial & cette aftection et on peut l'expliquer sans supposer constammentla coexistence de cette névrose, avec les maladies qui nous occupent.
Pourquoi^ eu eflet, ne pas voir là un de ces points de contact par lesquels l'hystérie confine à la dégénérescence, dont elle n'esta eu dernière analyse, qu'une modalité?
L'existence dans Tun et l'autre cas, des mêmes lacunes stigmatiques pour l'audition, n^aurait rien qui puisse étonner.
La recherche de ces surdités partielles se fait au moyen de diapasons multiples; un ton, ou une série de tons, peuvent alors, ne pas être perçus (Knapp, Gelié) {scolôme central). Le plus souvent, ce sont les tons bas, ou les tons élevés au contraire, que Toreille ne perçoit plus (Moos, Gellé, Schwarlz, Knapp) {scolôme périphérique).
D'autre part, Szokalski a montré que les sensations auditives pouvaient être perverties en îlot, et pour toutes les notes de la gamme. Il cite le cas d'une pianiste, qui percevait les sons d'une manière particulière.
Un piano accordé d'après son oreille donnait des dissonances très marquées.
Mais ces cas de dysécîe lacunaire ou totale, sont d'une apprécialtoa des plus délicates, sur des imbéciles et des idiots.
Haberman a rapporté six cas analogues montrant combien peuvent être grandes les difficultés du diagnostic, même sur des hystériques simples.
Fulton rapporte l'histoire détaillée d*une malade atteinte de surdité et d'amaurose, s'améliorant et s'aggravant d'un jour à l'autre, chez laquelle il n'existait pas de troubles de sensibilité.
Par contre, l'affaiblissement de la perception crânienne était plus prononcé que celui de la perception aérienne. Enfin, chaque attaque de diminution de l'acuité auditive, était précédée d'hyperesthésie du nerf acoustique.
Nous avons recueilli le cas d'une dégénérée non hystérique avec accès analogue de dysécîe intermittente.
Il est permis de se demander dans les cas de ce genre si l'on ne pourrait mettre en cause un spasme intermittentde l'appareil accommodatif?
40S JOOWAL DE !^3rciT0I.0t. IB
Oa pourrait ejipliquer Je la même Cagûa les modi&caUoiis du champ audiLif. restreint dan» les ooles hautes ou basses, par un spasme, une raideur ou une coatraelure, une rélracliou avec atrophie dos muscles de l'un ou l'autre des appareils accouimodatifs l«nseur ou relâcheur de la chaîne des osselets.
La paracousie ou audition fausse pourrait s'expliquer ainsi daus cerlaÎQs cas par un vice d'adaptation des appareils accomiuodaleurs quelque soit le son entendu.
Pour les lacunes auditives en îlots seulement, il serait Déce&Mire de supposer KalLération invoquée trop souvent de tel ou tel ordre de fibres de Corli, altérations difOeiles k constater analoaiiqueœcnt et parlant discutables.
La comparaison de certains de ces faits avec le scotômc et la varia* tiou possible du scotùme auditif semblerait même devoir faire repousser l'hypothèse précitée dans uu bien plus g^raod nombre de cas ; la nature corticale de ces troubles parait plus logique à cnjugcr par analogie avec ce que nous savons de la vision.
De même qu'en ophtalmologie on s'attache à déterminer Tacuilè visuelle en même temps que la réfraction^ de même oo a cherche à construire une échelle de sons simples correspoudant aux échelles optiques de Snellen et aux gammes colorées de Ilotmgreen. Wolf a utilisé dans ce but ta valeur musicale des voyelles. Il recommande dans les épreuves^ de parler au sourJ^ avec une voix d'une hauteur moyenne ; car si l'on cric, la tonalité de la voix s'élève dans les sous voyelles, les sons consonDés restant les mêmes, d'où survient l'assourdissement.
On devra choisir comme épreuves, les sons toniques et de valeur bien déterminée ; ainsi R^ J3, F, S, C» U, qui sont fixes, pénétrants et connus.
Cet auteur a dressé une échelle de perception de la voix ; en haut, se trouvent À et 0, qui sont mieux pergus ; en bas de l'échelle Xti (Urbanstchisch, Guerder).
Lucoé a pensé avec raison qu'il importe de pouvoir apprécier la force de la voix émise à chaque expérience ; il la calcule au moyen d'un instrument qui enregistre la vitesse du courant d'air expiré et qu'il appelle « maximal phouometer n.
Nous ne pouvions songer à appliquer ces méthodes de rechetch* •
D* .VAHIE. — QVELQVBS TnOUBt.KS rOXCnO.V.VE/-S OE LAVDITIOS 407
h Texamen de nos malades, tant poar déceler des lacuucs de perceptions des son» dchautenrs différentes, que pour évaluer t'audilion d'une même note, la dislance seule ou l'intensité variant.
Nous nous en sommes tenu sur ce point, à l'usage du diap&sûa ordinaire.
Hais cet instrument seul ne peut fournir des donaécs suffiaaalcs pour r&ppréciation du sens musical, si curieusement développé chez nombre d'idioLa.
Nous avons pu nous-mêmes observer quelques exemples intéressants de ce genre. Une écholalique, citée plus haut, était du nombre.
Bien qu'elle ne parlât, pour ainsi dire pas spontanément, elle avait pu imiter et retenir certains airs qu'elle reproduisait en chantant, lorsqu'on l'y invitait.
Eu disant les premiers mots ou les premières mesures, elle achevait l'air sans se tromper, donnant même les paroles exactes, alors que, sans chanter, elle n'ertt pu prononcer ces mois spontanément. On connaît des exemples aujourd'hui nombreux démontrant les localisations différentes de la mémoire vocale^ musicale^ et de la mémoire phonétique parlée.
Des malades atteints de surdité verbale peuvent encore reconnaître les personnes au son de la voix, alors qu'elles ne comprennent pas tes paroles.
D'autres, aphasiques, peuvent encore parler en chantant ou inver* sèment.
On conçoit aussi que des idiots aphasiques puissent également chanter. On peut même observer chez eux, le rhant spontané comme chez les enfants qui composent parfois des sortes de mélopées d'une naïveté curieuse.
Ces modulations spontanées de l'enfant, idiot ou non, comme celles des peuples primitifs, sont atoniques et sans cadence.
La cadence apparaît la première ; ta notion des tonalités dififérenciécs vient ensuite.
Les rapports intimes existant entre la modulation et la cadence, ont d'ailleurs servi de point d'appui à la théorie qui voit dans Ia cadence poétique un dérivé de l'instinct mélodique. On pourrait, peut-être, rapprocher des dispositions si nettes ée
406 JOCBSAl DE PSYCnOtOGJE
nombre d'idîols pour la musique, la teadance non moins curieuse d'un grand nombre de débiles aliénés, à s'exprimer en vers, ou tout au moins, en phrases coupées assonnantes qui en rappellent la cadence rythmique.
La poésie et la musique étaient unies dans la primitive métrique fdes GrocsJ, et le nombre des vers a quelque chose de la cadence du chant.
Certains chansonniers composent l'air en même temps que les paroles, comme si, pour eux, la note avec sa hauteur et sa durée, «tevenail Téquivalent du mot, dans la phrase qui traduit leur senllincnt.
Quoi qu'il en soit, l'idiot comme l'enfanl» peut arriver à saisir assez facilement ta tonalité et la mesure ; il est même curieux de voir avec quel juste sentiment, ils observent l'une et l'autre, parfois, alors qu'ils sont incapables d'attention et d'actes simples, lis mettent une plus grande diflJculLé à retenir les modulalions en mineur; cela proviendrait-il d*une compréhension plus difûcite des combinaisons des sons, comparativement au mode majeur? Ou bien cela tiendrait-il à ce que le ton mineur éveille an sentiment de tristesse pénible?
L'une et l'autre de ces suppositions est admissible et la première de ces hypothèses n'exclut pas l'autre.
En ce qui concerne la propriété expressive difTérenle des sons, on distingue depuis longtemps, en musique, les accords majeurs et les accords mineurs.
Do, Mi naturel. Sol, accord fondamental. Do, âli bémol tiSol, accord mineur.
Ces deux accords nous paraissent complètement dilTérenls, quoique leurs intervalles soient les mêmes et qu'ils u'aîeul fait qu'échanger leur place.
Pour l'accord Do, Mi naturel, Soi; \& petite tierce, MitSolj vient après la grande tierce. Do, Mi, tandis que Mi bémols Sol, vient après \r petite tierce. Do, Mi bémol (T).
La difîérence de ces accords est difficile h. spécifier, mais chaque oreille la sent distinctement, et l'on peut dire, à peu près, que l'accord majeur présente quelque chose de clair, de précis, de fini, et produit un sentiment de satisfaction, tandis que l'accord mineur
Dt MAHIS.— QUELQUES TROUBLES FONCTIONNELS DE L'AUDITION 409
préseute un caractère iadécis et voilé qui le rend propre à exprimer des sentiments tristes.
La cause acoustique de cette dîfTérence réside^ comme Helmholz Ta démontré^ dans la relation que les tons résultant des accords ont entre eux.
Dans l'accord majeur, les tons résultants forment une consonnance; dans l'accord mineur, au contraire, les tons résultants forment une dlssonnance, et donnent k cet accord quelque chose d'étrange et de contradictoire, ce qui paraît produire sur notre oreille une impression particulière d'indécision (Bernstein).
La correspondance entre ces tonalités et un état émotionnel particulier, à chacun d'eux pourrait constituer une indication thérapeutique au moins aussi logique que l'emploi des cellules à vitres colorées que l'on rencontre encore souvent.
Cest d'ailleurs, comme on le verra, ce qu'avait déjà préconisé Séguin au point de vue spécial de la pédagogie des idiots.
Selon leur tempérament, les races semblent préférer l'une ou l'autre de ces tonalités, dans leurs productions musicales nationales, autant, du moins, que Ton peut en juger par les airs populaires traditionnels.
La musique des primitifs ne serait pas moins curieuse à étudier à ce point de vue.
Telle convention courante aujourd'hui est repouasée par les règles d'une autre époque.
Cest ainsi que les Grecs et les Romains considéraient la tierce comme dissonnance et l'évitaient dans le chant.
« Cest que, œuvre de l'homme, dit Dauriac, la musique, comme tout ce qui est humain, change d'âge en âge et de peuple à peuple.
« Contemporain d'Orphée ou d'un de ses disciples, Beethoven n'aurait pas trouvé le chant de sa sonate en Ut dièze mineur.
« Le D*" Hugo-Magnus a écrit sur révolution du sens des couleurs un petit livre clair, curieux, suggestif. Combien, peut-être, n'y «urait-il pas plus à. dire, surl'évolution du sens des sons...? »
Partie avec la cadence poétique d'une origine commune, la musique tend à s'affranchir de plus en plus de cette cadence et à prendre de l'extension au delà des limites de la tonalité et de la consonnance
4tO
JornxjL bs psYcnoiocsK
CepenJanl la musique, arl de charmer l'oreille, n'exl pas uo arl dépure couveatioa; elle repose BurTapplication de grands principes autres que les Tantaisies de la mode.
Il secail curieux de comparer À ce point de vue, les primitifs à l'enfaQl cl à l'idiolt pour voir s'ils se conforment à queique loi -simple commune.
Mais la question est trop complexe, car, & côté des lois malhémaliques de la physique acoustique, la musique, comme le langage, est un mode d'expression reposant sur des associations d'idées, c'eslft-dire sur une éducation el des conventions particulières.
Quoi qu'il en soit, une mélodie chantée est une suite de soos ; or, une suite est tout autre chose qu'une succession.
Pour jouer « un air n sur le piano, il ne sufHl pas de faire courir ses doigts sur le clavier; les enfants on idiots qui s'essaient à improviser, en font visiblement parfois l'expérience. Ce qu'ils jouent ainsi ne signifie rien, et on peut voir souvent que, d'eux-mêmes, ils s'en apergoivenl.
Four former une « suite mélodique ». la succession des notes ne doit pas être laissée à l'arbitraire.
Certaines règles s imposent, auxquelles on obéit, te plus souvent sans les connaître, mais il faut y obéir.
Après une période où Tenfanl module indifféremment, comme il articule, sans cohérence, il saisit les rapports naturels ou conventionnels qui régissent les associations musicales dea sons et s'y conforme.
L'idiot fait de même souvent, ce qui implique qu'il ail saisi el comparé ces rapports relatifs. Or, cette opération paraît se faire chez lui instincLivement^ dans les cas fréquents, où l'idiot musicien ne parle pas.
a U'une façon générale, dit Stampf, la sûreté avec laquelle oo compare deux sons varie en raison directe de leur différence, »
La sensibilité varie de personne h personne; de là vient qne des difTérences identiques entre les sons de mètne région donnent lieu à des dilTcrences d'appréciations.
Pierre logera autrement que Paul ; Paul jugera demain autrement qu'aujourd'hui, quoiqu'il n'y ail rien de changé dans l'excitaLion.
Notons, en outre, et cela résulte des remarques précédentes, qne
*MAniE.— QUELQUES TltOVSLSS FOSCTfOMfKLS DR L'AVblTlOS *ll
ea jugements tl'ialeuailé compoiteul plus d'erreurs que les joge-
eula de quulilû.
La durée des sons, l'iotervalle entre eux» leur position respectÎTC
IDS le lempSt sont autant de facteurs, dont les jugemeuLa subissent
pfluence.
Si on attache ou terme ^on une signiHcation subjective, celle de
DSftlion sonore, il est clair que, plus un son durera, plus le juge-
Bnt provoque aura de cltauces d'être sûr.
L'intervalle de temps qui sépare deux sensations successives,
lue sur l'analyse de ces sensations et sur les jugements qui en
BuUenl.
Enfin, la certitude du jugomcnl n*cst pas la même, suivant que le
iuiier des sons entendus e^t le plus ou If moins liuut. La mémoire
relient pas également bien les sons bus et les sons hauts. Puisque la durée d'un sou grave est plus grande que celle d'un aigu, le jugement d'intervalle dinTérera, suivant qu'on aura fait lendre, tout d'abord, le plus ou le moins grave des deux sons. Ces grands principes de la tonpsychologie trouvent teur uoutir-
lion dans l'examen de l'audition des idiots, avec cette nuance ■, les intervalles minima des dilTérences perceptibles, sont augtés ainsi que la durée nécessaire pour que les sons soient plus ilemeut reconnus el diOTèrenciés.
a revanche, l'étendue de la gamme des sons pendus est moindre
r les idiots, peu perfectibles, comme d'ailleurs, pour les gens nt l'acoilé auditive n'est pas perfeclionnce par rexercice. nbe minimum des notes basses est alors proportionnellement plus alevé, que le maximum aigu n'est abaissé, les notes claires du dium restant tes mieu\ pergues,saur le cas de lacunes tonales.
l'existence de ces lacunes peut rendre impossible la dilTérencîa-
t de deux sons, l'une des notes n'étant pus pcr(;ue.
lème quand il n'existe pas de lacune auditive, la reconnaissance in son et des notes voisines peut être défectueuse chez les imbé- , de même que pour la sphère visuelle, le choix des laines do
Ingreen.
K cùlé du champ d'audition en surface il y a un champ Budilifen }fondeur (distance) et un champ acoustique en étendue des sons;
altérations morbides fonctionnelles de cet ordre chez certains
JOVnyjl DE PSYCUOlOiUE
dé^i?nèrc5 rcprcsenlenl les équiralcDls rcâpectits des bémiopies et bcmnnopsics (hêmiacousies; de l'acuiLé sensilive reslretnle et de la dyschionmlopaie (dysacousie tonale).
Si les impressions auditives sont Iraosmises aux centres oenrcux dans des condilioQS à peu près normales, il se peut que les irradislions insolites s'ensuivent, décelant^ h ce point de vue encore, uu fonctionnement anormal en rapport avec des connexions centrales pathologiques.
Nous arrivons ainsi gradueltemenl aux troubles subjectifs de Taudition, qui constituent déj& de véritables sligaiates dégénératifs psychiques à Tctat naissant.
Les uns gi'néralemenl décrits sous le litre d'hyperacousie ne cousisLeut pas, d'aiHeure, en une sensibilité plus exquise des sens, mais en réactions exagérées vis-à-vis d'excitations banales recueillies par des récepteurs périphériques normaux.
Cn phénomène méritant d'être appelé hypetuicousie s'observe quelquefois dans les difTércnles alTeclions cérébralea (hémorragies, tumeurs, paralysie générale). Il consiste en une exagération de Tintensilé du son; un frôlement, la chute d'une épingle sur ta table, le tic-tac d'une montre, sont pergns comme des bruits intenses, comme des grondements formidables ; mais l'examen objectif montre que, dans ces cas, l'acuité auditive n'est nullement exagérée; le sujet qui en est atteint ne diïTérencie pns mieux les sons de diverses intensités, cL il n'entend pas les sons d'intensité moindre que le minima du son perceptible à un sujet normal. Dans ce cas, l'hyperacousie n'est que subjective. Le même phénomène a été signalé comme stigmate psychique chez un dégénéré et a fait l'objet d'une communicalion à l'Académie de médecine de Paris en 1891.
On sait d'autre part qu'on a voulu ranger au nombre des stigmates cette disposition spéciale qu'ont certaines personnes aune réaction émotionnelle particulière à l'audition de tel ou tel bruit (bruit du verre que l'on raye ou dun morceau de bouchon que Ton coupe).
On peut comparer ces phénomènes auditifs à la photophobie pour l'œil cl à certaines perturbations de la sph(>re visuelle étudiées che7. les dégénérés du service de M. Charcot, par M. Tarinaud.
C'est une sorte de mègalécie comparable & leur mégulopsie, qui
D» MARIE. — QUELQUES TROUBLES FOSCTIOSNELS DE L'AUDITIOX 413
consiste à voir les objets se rapprochant et grossissant démesurément.
Le contre-pied de ce phénomène consiste pour la vision, dans la micropsie dans laquelle, au contraire, les objets semblent s'éloigner et se rapetisser progressivement; ce phénomène ne doit pas être confondu avec celui qu'on a quelquefois appelé micromanie qui consiste en ce que le malade se croît rapetissé et sent ses propres membres diminués de volume; c'est de l'automicropsie si l'on veut, mais c'est alors un phénomène morbide d'ordre céneslhésique.
Les deux phénomènes de micropsie et de mégalopsle peuvent se combiner d'ailleurs, les objets semblant se déplacer dans l'espace, se rapprochant et s'éloignant tour h tour (micromégalopsie).
On peut observer des phénomènes analogues pour l'ouTe chez certains dégénérés.
Un de nos malades, dégénéré mélancolique, ne reconnaît même plus le son de sa voix par instants, tant elle lui parait venir de loin; le bruit paraît se perdre dans l'espace, sans pouvoir atteindre l'oreille des interlocuteurs, dont les réponses sont aussi difficilement perçues (tnicroacousie).
D'autres fois, le son semble alternativement s'éteindre, puis acquérir une intensité énorme, insolite [micromégalécié).
Ce phénomène peut ici encore porter sur la voix étrangère entendue par le malade, ou sur la sienne propre (autophonie) .
Assez souvent ces troubles hyperesthésiques de l'audition ne sont que transitoires et préludent à une altération spéciale de l'ouïe par surdité plus ou moins complète.
Briquet a noté chez les dégénérés hystériques des sensations subjectives du côté où l'ouïe est obnubilée ou fait complètement défaut. {Op. cit., p. 295). « Les malades, dit-il, éprouvent d'abord, du côté « anesthésié, un bourdonnement et une sorte de sifflement contia nuel qui les fatiguent beaucoup. Quelques-unes éprouvent dans a l'oreille moyenne, une sorte de tension douloureuse; puis, l'ouïe « devient dure, les malades entendent mal quand on parle h voix « peu élevée. » (Spasmes, contracture des muscles intrinsèques.}
La perle de l'ouïe, écrit Desbrosse, est quelquefois précédée d'une délicatesse de ce sens, ainsi que nous l'avons observé chez un de nos malades. La surdité que l'on observe dans ce cas, a beaucoup
4t4^ jovnsAi DE psraioioius
(l'analogie avec celle que produit l'ia^slioD d'une graotle quantilê de sulfate dcquininc, Klies'accompagnedebourdonnemenU, de sifflements daus les oreilles, persistants et très pénibles. (Migmiae auditive de Gellé,}
Sans être augmentée ou dimiQuêe» l'audilion peut être faussée.
Parfois, la perception correcte des sous et de leurs caractères musicaux, existe par la voie osseuse, alors que l'audition des métnes sons est fausse par la voie aérienne.
Urbanstcliisch a même essayé de fonder sur cette dissociation une méthode de diagnostic.
D'après Urbaostchiscb, ou peut reconnaître que la lésion est labyrinlhique, bu moyen de la perception par l'air, ou par te c^ràne; s'il arrive en effet qu'un son soit entendu faux par l'air et naturel par la voix osseuse^ la lésion est exLra-labyrinlbique, et est, âviJemmeiU« la cause de la dissonance (cas de Wnlfi.
On a objecté qu'un n'interroge pas directement la sensibilité du nerf, par la perception cr&uienue, car, en inodiliaut les conditions dans lesquelles se trouvent ta fenêtre ovale et Tétrier, on fait varier à volonté les résultats de 1 épreuve.
AsyiHéirie auditioe et ptjlyécie. — CbeK presque tous les hommes, la sensibilité des deux oreilles n'est pas égale, l'oreille di*oit« percevant les mêmes sons plus haut que l'oreille gauche, il s'ensuit comme pour l'amblyopie secondaire des diplopiques, une tendance à la nculi'ulisalion de Tune des deux impressions, de là une altération daus rexcilabililé du coté dont le cerveau lient moins compte.
Il parait pouvoir se faire dans le cerveau du dégénéré et de Tidiol le m^me travail instinctif pour acquérir l'audition unique, malgré le dédoublement de rimpression suuorc. It peut en résulter une paracousie, ou viciatiou de la justesse de Tauditiou mufiicalo si l'impression neutralisée était la plus correcte.
Granl AUenKilele cas d'un malade de trente ans qui, au piano. distinguait les sons aigus des sons graves, mais ct^nfoudail l'une avec l'autre, deux notes voisines.
C'est que chacune des deux oreilles peut percevoir un son difTéreul jusqu'à plus d'un quart de tua. De lu, confusion possible cnlre deux notes contenues dans cet intervalle.
D'auUes fois, il y a diplacousie, la dilTûrciice des deux sous
1»' MAHW. — QUELQUES TROVBLES FOXCTiOSyKLS DE LAUUtTIOS 415
perças, avec uue impresaiou uxiique, pouvaul être d'une octave. Outre la v&riaLion d'iadividu à individu pour l'aptitude à distinguer les sons, il y a encore une racitilé plus ou moins grande ii s'en » souvenir; laulùt l'inoupacilé à reproduire les inodulatiuiis lient h. ce qu'elles sont mal perçues, Unt6t elle eu est iudcpeudanlG. (Aphasie Vocale chantée.) Un de nos malades prétend chanter et ne produit qu'un bredouit- Icmenliururine de noies fausses; mais il est sourd et n'a pu entendre chauLor juslc.
^Au contraire, nous connaissons un musicien de profession, virtuose ëuie sur un iusLruinenl à cordes, qui est parfaitcmenl incapable de reproduire à l'aide de la voix unn modulation juste. L'oreille est juste, ta souplesse du larynx défectueuse. ^B On pourrait invoquer ces faits pour soutenir que c'est Toreille qui guide la voix plutôt que la voix ne guide l'oreille, autrement, les sourds chanteraient juste. (\'. Ûoirrac, .)/usif/ue intérieure, H. P. 91. i ^^ Lorsque les phénomènes de dédoublement subjectif se bornent ^Pau fait d'entendre deux sons> à l'occasioa d'un seul bruit, c'est la dipUiCOUsic bi-auricidaire,
ÉMais la polyécie peut se produire indépendamment de l'audition ar une seule ou deux oreilles, un bruit éveillant plusieurs ébranlelents successifs dans le centre cortical correspondant et produisant lusieurs sensations successives, sans différence d'une oreille à l'autre.
tUrbansIschùch a signalé la forme dans laquelle te dernier uiot 'une phrase est entendu deux fois coup sur coup Uedoubleineuti. Depuis^ on a signalé des cas où la répétition a lieu un très grand nombre de fois, comme un écho multiple '.
Il y a une connexion intime entre ces phénomènes et ceux qu*ou désigne sous le nom de stigmates fisyc ht ffuei^ des dégénérés ou syndromes èpisodiqnes^ parfois même on peut suivre pas à pas la transition de fun àrautrCf les phénomènes élémeulaiics précédents for- 'maol l'étape première du syndrome ultérieur à l'étui naissant.
1. a J'eQt«nd5 les nombres iadénnimenl, dii lunudi, mou oreille les reUeut, je les sens résonner en moi avec te timbre do mx i>ropre voix cl js cuntiuuerai i les •nceadre reuntii* ain&i pendint U jouraée... Quand je Toodru peoier an nombre énoncé, je pourrai l'évoquer b mon oreille ei le râpci'-T «xaclemeitt. v
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JOtnSAL hE PHYCttOLOaiR
L'écholalîe, t'échopraxîe sooL consécutives souvent à rèchoacciuie. It y a alors après exacerbalion des troubles de la sphère acoustiqoe cenlrale. irradiation secuudaîre aux âphèreâ motrices; cette irradia* lion peut se l'aire plus directe et immédiate ou de façon moins complexe que par des réactions motrices verbales; elle peut se manifester par des détentes convuUives ou spasmodiques partielles oo généralisées.
Les actions convulsivantes et spastiques de la musique sar certains nerveux sont de cet ordre ainsi que les impulsions saltatoires réllexes. Ces dernières peuvent aOTectcr la forme épidémique contagieuse par imitation comme on le vil an moyen Age et comme on le voit encore à Madagascar. H y a quelques années, un névrosé curieux étnil visible chaque soir au Houlin-Rouge où une crise sallatoirc manifestement convulsive le prenait dès les premiers accords de l'orchestre et durait tant que ta musique.
Il tinit par avoir des crises épileptiqaes nettes et fut interné. A un degré moindre, certaines crises nerveuses provoquées à l'occasion de certaines auditions musicales sont du même ordre el à ce point de vue les partisans de la musicothérapie préconisent une arme à double tranchant: il sufGl pour s'en convaincre de voir les crises eu série qui se manifestent parfois â l'occasion de certaines fêles musicales données aux malades des asiles. Les irradiations peuvent n'6lre qu'émotionnelles^ atténuées ou vasomotrices et secrétoires; en appliquant les diapasons h des idiots complets et à des déments précoces en stupeur, j'ai vu plusieurs fois la salivation exagérée se manifesler nettement, ou d'autres fois un tarmoiemeol non moins caractéristique.
Les réactions réflexes vasomotrices ayant pour point de départ la spht-re auditive, sont à reprendre chez les dégénérés inférieurs avec les méthodes de mesure et d'enregistrement de la pression sanguine el des rythmes respiratoire et circulatoire ; nous eu ferans l'objet d'une étude & pari. Mais pour nous en tenir ici aux phénomènes d'ordres subjectifs, il resterait à parler des irradiations d'une sphère sensîtive û l'autre au sommet desquelles se trouvent ces manifestations si curieuses que Ton a appelé l'audition colorée et d'une façon générale toutes les synesthésies. Nous y consacrerons notre étude ultérieure.
D'A. Marib.