In op. cil., p
JOURNAL DR PSYCHOLOGIE
D'ailleam, lorsque les sLtgm&Lisées de gauche sont amenées à s'interroger sur cette anomalie, c'est à la même explicalion qu'elles arrivcnl ol rieû u'esl plus précis f^ur ce poiol que les détails dcaoés par Catherine de Sienne à Raymond de Capoue soa directeur : « J'ai tu a^ dit-elle, « des rayon» sansflarits sortir des plaies sacrées de Jésus et percer mes pieds, mes mains el mon cœur, alors je m'écriai : 0 Seigneur mon Diuii, je voas en supplie, que mes cicalrice? ne paraissent point au dehors el aus^sitôl la couleur sanglante se changea en la couleur de l'or el ciuq rayons de lumière percèruul mes mains, mes pieds cl mon cœur ». Raymond de Capoue lui demanda alors : q II n'y a donc pas eu de rayon sur rotre côté droit *{ » — « Non », réplique-t-cllc, h mais bien sur le côte gauche, directement sur le cœur, parce que ce trait lumineux et resplendissant qui sortait du côté de mon Sauveur tombait sur moi en ligue droite ' ».
Catherine de Ricci qui fut également blessée k gauche ne nous a pas laissé sur la scène de sa stigmatisation des reuseignements aussi précieux, mais nous savons par tous ses historiens que, dans sa longue extase île la Passion, elle reproilui.sait exactement par imitation ce qu'elie voyait faire à l'image de Jésus : « Tandis que dans ses extases ordinaires », dit le père Bayonue, <■ elle demeurait privée de l'usage de ses sens^ le corps immobile, les yeux tîxes. ne trahissant ses émotions que par la couleur de son visage qui pâlissait ou rougissait suivant les sentimeula qui agitaient son Aine; dans l'extase de la Passion, par une exception merveilleuse, son corps sortait de son immobilité pour se conformer aux gestes, aux altitudes, aux mouvements divers du corps de Jésus-Christ dans le cours de ^es douleurs. Elle présentait ses mains comme lui qu&ud ou le chargeait de liens, se tenait majestueusement debout comme lui quaod on l'attachait à ta colonne de la flagellation et reproduisait tous les mouvements qu'on lui voyait accomplir sous les coups dont on l'accablait. Pendant le couroooemenl d'épines, elle penchait doucement sa tète taulùt sur une épaule, laniAl sur Taulre, selon que les exécuteurs poussaient celle de Jcsua à droite ou ù gauche ; k l'heure du crucifiement elle étendait sa main droite puis sa main gauche, puis enfin posait ses pieds l'un aar l'autre tout comme faisait Jésus quand on le clouait sur la croix'. » — Conune elle regardait Jésus de face, on peut présumer suivant une loi bien connue de la psychologie nerveuse qu'elle faisait de l'imilalioD en miroir. Elle levait le bras gauche quand Jésus levait le bras droit, elle penchait la tcle à droite quand il la penchait <^ gauche, et dans ces conditions le stigmate de la hince ne pouvait apparaître que sur le cAlé gauche comme il arriva eu efTet après une longue série d'extases.
Mais si notre exphcatioo est la vraie, pourquoi quelques sligmalisês
i. Vie de sainte Calhevine de Sienne, par Chavin do Uftllan, p. 147. S. Vie de sainte Catherine de Ricci, par H. Rayonne, I, p. 146.
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porteat-Us k droite romme le Christ la plaie du côté, pourquoi Tont-Us exception & la règle?
On pourrait répondre qu'ils oui reçu les rayons saDftlanLs ou ardents en ligne oblique et c'est ainsi que les choses se sont peut-être passées dans le cas de Catherine Emmcrich qui fut stigmalisce à droite aprè^ une représentation visuelle de la Passion. Mais bien peu ont pcusé à, rectifier de la sorte l'illusion du miroir el si quelques-uns ont été frappés à droite, c'est tout simplement parce que dans l'extase oii ils ont été marques, ils ne %t sont pas placés en spectateur docile devant les cinq plaies de Jésus; ils ont Toulu «a transformer en lui pour mourir A sa place, être crucifiés ou blessés comme lui, jouer quelque chose do son rûle et dès lors ils ont pu ôtro frappés Il droite comme lui.
Sans doute saint François d'As&ise a eu une vision, mais si l'on veut bien se reporter au récit de Thomas de Célano, on pourra constater que le séraphin erucilié ne lui montre pas ses blessures, qu'aucun rayon lumineux ou sanglant ne vient le toucher, qn'il ignore môme le sens précis de sa vision et qu'il ne peut, û rencontre de ses nombreux successeurs, se représenter une stigmatisation dont 11 ne connaît pas d'exemple; aussi pour mourir avec Jésus, pour être crucifié avec lui, pour se transformer en lui par amoar et par charité a-t-il pu se mettre réetlenieut A, sa place aaus être obsédé ni gouverné par la représentation visuelle de ses blessures.
De même Au^èle de la Taix, une autre stigmatisée de droite, n'a pas reça sea stigmates en conlempUnl les cinq plaies du Christ. « C'était le Jeudi-Saint 1634 «, dit sou biographe, a et la vingt-quatrième année de son âge. Enfermée dans sa cellule, elle contemplait les tourment.* de la Passion de son Seigneur el quand elle arriva à ce cruel coup de lance qui lui fut douué par un soldat qui s'acharnait sur son cadavre, elle se sentit fondre de duuleur. Alors apparut dans sa bienheureuse cellule l'Enranl Jésuscouché sur le trûne d'ivoire que lui faisait le sein virginal de sa mère, ayant, bien que tout petit, la poitrine ouverte. Dlle lui dit : 0 puissè-jc mon Dieu être frappée profondément par toi. comme tu l'as été pour moi. Alurs elle vil le petit enfant prendre de sa main débile une lance enflammée et brillante el la frapper avec tant de violence sur le câté droit quUl atteignit le cœur et le perça d'une large et profonde blessure. La lance atteignit le cœur, parce qu'une tradition veut que Jésus lui-même ait eu le cœur percé par ta lance, mais la blessure d'entrée esta droite chez Angcle comme chez Jésus. ■ La stigmatisée a franchi la vision obsédante du crucifiement et a pQ rester fidèle à la tradition orthodoxe de l'Église. Ce n'est donc pas au bavard, mais par une sorte de ncccssilé psychologique que te stigmate de la lance apparaît lanlùt ù gauche, tantôt à droite, lléine quaud d se croit transporté par l'extase hors de l'espace cl du temps, le mystique obéit aux lois les plus simples de l'optique el ses stigmates varient tlaaa leur diàUibuliou suivant qu'il a été cruciiié avec Jésus, blessé par
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Jésus ou qu'il est resté simplement spectateur ému du crucifiement.
Le fait est d'aut&nl plus inléressaot qu'on y peut voir sans exagération une confirmation delà théorie psycholotjique de la stigmatisation et une preuve inattendue de la bonne foi des stigmatisés.
Si la distribution des stigmates se modifie suivant la forme que revêt la représentation de la Passion, ne doit-on pas conclure que la représentation des stigmates en est la véritable cause comme Pétrarque et nuysbroeck Pavaient tait bien avant nous? Et si les stigmatisés de gauche ont toujours la vision des cinq plaies présente devant eux au moment de ia stigmatisatioOf tandis que les stigmatisés de droite en sont aCTraoctiis, a*esl-ce pas une raison de croire à la siacérilé des ans et des autres?
Après la communication de M. Dumas, M. Seglas (président), donne la parole à M. Solange Pellat pour sa communîcalîon sur La Graphologie et ses méthodes de vérification expérimentale.
Communication de M. Solange Pellat.
La graphologie est Tclude des rapports qui peuvent exister entre les particularités des individus el les particularités de leur écriture.
Ce que je définis ainsi, c'est bien entendu la graphologie proprement dite. Ou est porté a la coufoudrc avec l'expertise en écritures. On peut être à la fois expert en écritures et graphologue, et la connaissance de la graphologie rend d'incoolt?slables ser^'ïces aux experts en écritures, mais il n'en est pas muius vrai qu'il y a là deux ordres de travaux dilTérents.
Quand on veut expliquer ce qu'est la graphologie, la première chose à dire c'est que son domaine comporte deux parties proTondément distinctes, et qui doivent être présentées successivement. La première, c'est l'élude des phéoomcnos graphiques considérés en eux-mêmes, sous leur aspect objectif, et en quelque sorte indépendamment des écritures où on les observe; la seconde, c'est la coordiualiuu des traits de caractère d'un individu déterminé, ou, si l'on préfère, le portrait graphologique.
La première de ces deux parties a des bases fixes et donne rigoureusement les mêmes résultats ù tous ceux qui l'expérimentent d'une fai;.on correcte; elle constitue une élude de phénomènes spontanés, de rapports de cause à efiet, elle se résume en l'expression d'un certain nombre de lois naturelles, elc*est par conséquent, d'après la définition même des sciences, iine science. La seconde, au contraire, laisse un certain arbitraire a ceux qui l'appliquent et doit être coosidcrée comme un art.
Puisque la graphologie coraprcod deux parties nettement distinctes, je parlerai successivement de l'une et de l'autre.
Les lois graphiques, — je ne dis pas « les lois de l'écriture », cette déao-
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minalion étant ici trop gcaérale, — sont l'expres&ioD d'an fait de psychopbysiologie f^iii pourrait s'énoncer ainsi : « Les mécanismes cérébraux engendrant les geëtfs scripteurs sont en corrélation avec l'état organique du cerveau et varient comme tes modalités de cet état : le tracé scriptural se trouve ainsi en harmonie d'une part avec les variétés de constitution et de Vautre avec les modifications momentanées du ceipeau, et par conséquent avec 1rs pfUnomènes psychiques auxquels répondait les uns tt les autres. » Uo fait de ce genre n'est pas évident a priori, mais il n'a rien d'invraisemblable en soi, ei l'expcricncc en a établi l'existence. Il n'a, il faut l'ajouter, rien de najrstéricux, cl c'est tout à fait à. tort que la graphologie est parfois Irailée de science occulte.
On dit que rien n'crapéche de déguiser son écriture, et l'oa se Ogure par I& saper à la base les fondements de la graphologie. Il faut s'entendre. On pCQl se servir de divers alphabets pour écrire, comme de dinerents idiomes poor parier, mais, I& n'est pas la question, car on D*alière pas ainsi les caractéristiques graphiques de son tracé scriptural. Ses caractéristiques graphiques, on peut bien les modilkr par un effort volontaire, mais c'est en substituant dans son tracé les marques de cet effort même & celles d'une écriture spontanée, c'est-à-dire en Jélinitivc en subissant l'application de certaines lois. Ici. comme ailleurs, on ne commande à la nature qu'en lui obéissant, et il est aussi puéril de récuser les principes de la graphologie BOUS prétexte qu'il est possible de déguiser son écriturcqu'il léserait denier ceux de la pesanteur sous prétexte qu'il y a des oiseaux qui volent et des iogénieurs qui arrêtent les chutes d'eau.
Je ne puis entrer dans ,1e détail des luis graphiques, qui sont complexes et nombreuses : ce serait tout un cours à l'aii-e. J'en citerai seulement quelques-unes un peu au hasard, pour en donner des exemples ;
«' L'émoiivité a pour effet de multiplier les inégalités du tracé. »
« Les mouvements graphiques manifestant l'égolsme et l'altruisme sont des gestes déterminés par la position dans laquelle se tient inconsciemment le scripteur par rapport au tracé. »
a Quand on écrit, le moi est en action. Uais le sentiment inconscient que le moi agit passe par des alternances continuelles d'intensité et de faiblesse. Il est À son maximum d'intensité là oi'i II y a un effort il faire, c'est-à-dire dans les commencements, et à son minimum d'intensité I& où le mouvement scriptural est secondé par l'impulsion acquise, c'est-à-dire dans les extrémités. Il en résulte que, si l'on considère un fragment de tracé constituant par sou mode de fonnaliou un petit ensemble, un (groupe graphique, «a première partie représente le scripteur par rapporta la seconde. »
« Les manifestations graphiques Je la volonté sont les marques de dépenses d'énergie, dépenses d'énergie musculaires, provenant clles-mcmes de dépenses d'énergie cérébrales, u
a Les manifestations graphiques de la volonté se divisent en deux
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groupes : 1*^ celles qui expriment de la volonté seule; 'i9 celles qui expriment ù la fois de l'égoisme et de la volonté, c'est-à-dire celles où le moi s'aflirmc en même Icmp» que ta volonté. Les premicre« întlueDccnt rintensilé des mouvements de la plume sans changer leur direction; les secondes influencent rinten&i té des mouvements de la plume, eo choDgeant leur direction. ^>
Les lois graphiques, il Taut bien le remarquer, sont en elles-mêmes iod^ pendantes des alphabets employés: elles exercent uue influence simJlairesl sur tous et se résument en formules oi^ n'interviennent pas des types de! lettres déterminés.
D'une matiièrc générale, il existe des lois graphiques présenlanl des rapports de cause à effet entre récriture et le tempérament et les dispositions patholoffi^fs, — In sennibililé, — /es mouvements d'égoisme et d'altruisme de la pensée, — tes manifestations de ta vohnié^ — tes fonctions intetlec^ tveftes. — et eniin ta voix.
J'appelle l'attention sur le dernier point de cette énumération. Les relations existant entre l'écriture et la voix sont une des choses les plus igno*^ rées du public, el elles sont cependant tout à fait bien établies au point de me scientifique. Elles constituent un chapitre nn peu f^pécial de la graphologic. inlititlé laphonographotogie-, préiant à des cxpêrien<ies curieuses, et dA tout entier aux travaux de M. Eloy.
Quelles sont les méthodes qui ont été utilisées dans les recherches concernant les lois graphiques ? Elles sont*nombrcuses et variables comme les lois (ïrapliiqnes le sont eUcs-mcraes. Je vais néanmoins m'elTorccr d'en esquisser un aperçu.
La première qui rient à l'esprit est celle qui consiste & rassembler des ^uloi;raph4s d'individus dont la physionomie morale vous est connue et qui préscalent tous une même particularité mentale, puis à effectuer des rapprochements entre leurs singularités graphiques. Cette méthode, très employée par Uichon et par bien d'autres, présente quelque arbitraire, vu l'instabilité des sentiments d'une même personne. C'est un procédé d'investigation plutôt que de démonstration logique. Dans le même ordre d'Idées, je citerai la méthode dite « ethnologique ». Elle repose sur la comparaison des caractéristiques graphiques générales propres anx différentes rac«s, o4^ elle suit à travers l'histoire l'évolution dans ses grands traits de l'écriture d'une même race. Michon en a montré le bien-fondé dans L'Etude sur l'écriture du peuple français, dans L'Ilintoire de Cécriture dans ses rapports avec la civilisation, lecaractére et les mœurs des peuples. M™" CngcrnSteroberg a publié des commentaires sur ce sujet dans les Graphologische^ Monatshefte , l'importante revue de la Société de Graphologie de Munich; »e professeur Prcyer, de IX'niversité d'Iéua, l'a fait également dans son volumineux ouvrage : Zt<r Psychologie des Schreibcns (la Psychologie de récriture), où il résume des expériences de toutes sortes.
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Les méthodes les plus rigoureuses pour rexpérimenlaiion des lois ^apbiqucs reposeul surtout sur les variations mêmes des scDlimcnls el des dispositions d'une même personne.
L'observation directe des modifications passagères des graphismes sous rinduence des circoastaoccs chez les sujets que l'on est à même d'observer d'one façon contiuue est d'un assez grand intérêt. L'observation, après conp, deâphénomt:nes scripturaux qui se sont produits spoulauément et à Timprovisle dans son propre graphisme semble prêter à des constatations encore pins concluantes, surtout en ce qui concerne les étals d'esprit que l'on est rarement porte â éprouver et nu^tqueU répondent des mauifestations tris accidentelles dans son tracé. Je siguale en passant à ce point de rue ^'ouvrage de 11. Uans Basse, le directeur de la Revue de Graphologie de Munich, intitulé <■ Wie icb beurlheile meïne Schrift » (Comment je juge mon écriture).
Quelques graphologues ont elTectué des vèrilicatioos expérimentales det lois graphiques en employant la suggestion. Ils ûtadient les muditicallous scripturales qui réfullcnt d'un sentiment qu'ils ont volontairement éveillé. Les comptes rendus de la Société de Graphologie de 51unich signalent des travaux de ce genre; AL Crépieux-Jamin en présente d'autres dans L'Ecriture et le Caractère. — Les docteurs Ferrari, Iléricourt et Charles llichel ont employé avec succès la suggestion dans le sommeil hypnotique à la Térificatiou des notions de la graphologie. (CL /ievue philosophique, vrril 4886.) Leurs travaux n'ont malheureusement pas clc poursuivis après on brillant début, elles quelques imitateurs qu'ils ont eus n'ont guère laissé de traces de leurs expériences.
Un médecin aliéniste allemand, le D' Meyer, a soumis à des vérificationa expérimentales nonvcUes une bonne partie des notions rondamenlales des lois graphiques en employant des méthodes un peu variables suivant les ou, nuis qui consistent essentiellement à suivre au cours de leurs étals mentaux successifs les évululioos des graphismes d'aliénés dont la maladie engendre le développement anormal d'un sentiment. Ses travaux sont résumés dans un ouvrage intitulé Les Bases sciaitifiques de ta Grapholotfie (Die wissenscbafilichen Grundlagen derCraphoIogte}.
A signaler encore les recherches des savants Krœpelin, Gross, Obici, Ottokenghi et Carrara, faites au* moyen d'instruments spéciaux mesurant la filasse de l'écoulement de l'encre el la pesée des doigts sur la plume.
Tel est l'aperçu que Je puis donner des méthodes expérimentales ayant servi â établir les lois graphiques. J'arrive maintenant à la seconde partie de la graphologie.
Les données tirées de l'examen de l'écriture d'un individu permettentelles de déterminer son caractère?... Les graphologues estiment que ■ oui ». mais à condition que certaines conditions expert menlales se troU' vent observées.
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Et d'abord, qu*csL-ce qu'un caractère?... Ce qui distingue eodénnîtivc ud c&ractère d'ua autre, c'est que l'uo a plug ou moins que l'autre telles et telles modalilés. Analyser un caractère, ce n'est pas indiquer toutes ses manifcstatiODs possibles, mais bleu établir les teudauces Tondamentales qui le constituent et leur importance respective. La tâche du graphologue consiste donc, non pas à signaler toutes les manifestations graphiques qu'il observe, mais bien à choisir entre elles et à mettre en relief celles qui dominent dans l'ensemble. Et, pour mener à bonne lia ce travail, il est clair qu'iY faut qu'il ail des autographes un peu longs et en nombre aues considérable.
Les autographes de plus ne doivent pas être quelconques : il est nécessaire qu'il* aient été écrits dans des circonstances suffisamment normales. A rejeter cens qui ont été écrits avec des inatnimeuts trop défectueux, sous l'empire de la précipitation, dans une période de surexcitation, d'émotioa forte, de dépression, etc.
Il est à peu près indispensable en outre fjue pour ces autographes rien n'aU porté atteinte à la spontanéité des phénomènes graphiques. Conslituent ainsi de mauvais documents les calligraphies, les faux, les écritures à la mode, celles qui proviennent de mains trop inexpérimentées dans l'art de manier la plume, celles qui subissent trop l'inUuence de méthodes d'enseigoemeat inhibant les réflexes naturels^ etc..
Il est évident que toutes ces conditions limitent le champ des applications de la graphologie à la détermination des caractères, mais il n'ea est pas moins vrai que ce champ subsiste et aussi que Us conditions expérimentales nécessaires sont parfaitement connues et définies.
Quant au travail lui-même, il faut dire qu'il n*esl pas & la portée de tons. II peut se faire d'une façon systématique, d'après des règles précises, mais il exige certaines capacités : un bon coup d'œil est nécessaire pour distinguer entre les manifestations graphiques, pour les grouper selon leur degré d'iulensité et de fréquence, et déplus les traits de caractère ne s'alignent p8i5 comme des étiquettes, mais se présentent comme des éléments qui réagissent les nus sur les autres. On ne réussit d'ailleurs que les portraits psychologiques d'individus dont on est h roéme de juger de la psychologie : on ne peut pas, sans éludes spéciales^ analyser des graphismes d'aliénés ou même de personnes appartenant à des races un peu différentes de la sienne ; on ne peut guère non plus arriver a préciser la physionomie morale de ceux dont les qualités vous dominent trop, ou qui vous sont & l'inverse trop inférieures de sentiments.
Quelles sont maintenant les raisous pour lesquelles, dans les conditions expérimentales susdites, la détermination des caractères est considérée comme possible par les graphologues? Ici, il faut l'avouer, il n'en est pas de même que pour les lois graphiques ; les expériences rigoureuses, atteignant la précision scientiUque, font défaut, et il semble même un peu diffi-
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cite il*ea organiser qui prévienoeul toute criiique. Les faits qui motivent cette appréciation sont tirés de l'expéncDce journalière. Ils paraissent toutefois concluants [patrons s'adressent toujours depuis des années & des graphologues pour choisir entre les candidats À une fonction ; incrédules â la première heure venant leur dire après coup s si je vous avais cru... n; action psychologique sur certains sujets rendue possible par des considérations sur leur caractère tirées de Texamen de leur écriture; individus cachant leur jeu, suppliant presque à genoux de ne pas répéter ce que l'on ne sait d'eux que d'après leur graphisme, etc...)*
Voici donc ce qu'est la graphologie. Elle comprend ainsi deux parties, entre lesquelles la diiïcreuce est uette : l'une, une science naturelle, dont les lois sont susceptibles d'être établies d'une façon très rigoureuse; l'autre, un art qui exige certaines qualités pour être exercé, mais dont les applications s'exécutent conrormément À des règles, et semblent^ à en juger d'après les événements, serrer de très près la vérité si certaines conditions expérimentales, parfaitement connues et définies, se trouvent réalisées.
Le bien-fondé de la graphologie est souvent contesté. Cela tient d tout UD ensemble de circonstances qui expliquent le fait sans le justifier, dont la principale est qu'elle ne fait l'objet d'aucun enseignement de la part de l'Élat. Aussi cnteud-on parler de l'uppurtuiiité qu'il y aurait h. soumettre la graphologie à un contrôle général. L'idée est loin d'ôtre inacceptable, mais pourtant ceux qui s'expriment ainsi, je ne puis ra'empécher de le faire remarquer, le font d'habitude avec autant d'incompétence que d'éLourderie, sans avoir aucune notion de l'étendue de son domaine bibliographique.
Un essai de contrôle de la graphologie vient d'Ôtre tenté par H. Alfred Binet. Ses travaux sont concentrés dans un ouvrage intitulé Les Rèvèladons de l'écriture diaprés un contrôle scientifique. Sa publication a été suivied'uue polémique assez vive. Le système employé par M. Bînet n'a pas consisté à. efTecluer lui-même des expériences, mais a poser des problèmes à un certain nombre de graphologues de bonne volonté.
Je n'ai pas à retracer ici l'histoire de son enquête. Bien que très surpris lie ses manières d'opérer, plusieurs graphologues, et des plus éminents, se sont fait un devoir de ne pas reculer devaul l'épreuve, et ont accédé & ses désirs en l'invitant a tenir compte d'une quantité de réserves. Personnellement j'ai refusé mon concours.
L'ouvrage oïTrc au public des comptes rendus d'une série d'expériences qui se présentent dans l'ordre suivant, lequel a été l'ordre historique.
1* Deux expériences ayant pour objets, l'une la dêLerminalion du sexe, l'autre celle de l'Age des individus.
2^ Une série d'expériences concernant la détermination de l'intelligence, consistant soit h mesurer ou à comparer entre eux les degrés d'intelligence <le certains individus (en réunissant d cet elTet l'ensemble de leurs facultés
JOmSAL DE PSYCUOLOCflE
iatellecluelles), soit à décrire l'aspccl géaér&t de rîatelligcoce de certains indiviilos.
3" Une série d'expériences portant sar la détermioalion des caractères, consistant soit A décrire des caractères, soit A comparer des degrés de valeur morale.
Après avAir pesé le poar et le contre, dans des comptes rendus êmaillés des réserves réclamées par les graphologues, M. Itiaei présente flaalemcut la grapbf^logie comme o an art d'arcnir ».
Ba analysant les expériences de M. Binet, M. Emile Borel a montré qu*il lui avait échappé des causes de suggestion ayant pu inlluencer favorablement pour eux les réponses des graphologues. Je tes laisse discutereosemble sar ce point. Pour moi, les expériences de M. Uinet, telles qu'elles ont clé conçues el réalisées, ne présentent nullement le caractère d'un contrôle en harmonie avec ce qui était â contrôler.
Je renvoie pour les remarques de détail mes auditeurs à une brochure dne ft mon distingué confrère M. Vie [Essai de contrôle de ta Graphologie, par H. le proresscurJIinct. Examen de cet essai, par la Société de Graphologie)» et j'aborde les critiques d'ordre général qui résultent simplement de Ui notion de ce qu'est ta graphologie.
i^ U. Binct, qui intitule son ouvrage Les Révélations de CEcriture, d'après «n contrôle iteienlifqne, a laissé de côté toute la partie scientilique de la graphologie pour ne s'occuper que de celle qui est du domaine de l'art : n n'a pas fait une seule expérience ayant pourobjella vérincaliun d'une loi graphique.
2° Non seulement M. Bînet a laissé de côté toute la partie scientifique de la graphologie, mais, en outre, on ne voit nulle part trace dans son icuvre de la distinction fondamentale qu'il y a à établir entre ses deux pai-Lics.
3^ En débutant pardes expériences sur le Bexeei sur l'âge, M. Iliucta agi d'une façon tin peu déconcertante. Il n'y a aucune loi graphique donnant directement la solution oe ces problèmes, et les graphologues n'ont pas, pour Jes résoudre, de méthodes comme celles qu'ils indiquent pour la détermination des caractères. De semblables questions se sont toujours présentées à eux comme des petits jeux des salons el elles ne font pas partie du cadre normal de leurs exercices. Pourquoi alors commeucerpar là un contriMe de la graphologie, qui su dit scientifique? M. Binel alléguera peutêtre que mes confrères lut ont donné sur ces points des approximations déjà intéressantes. Ce n'est pas sufnsaul! Que penserait-on d'un expérimentateur qui, pour vérifier le bien-fondé des notions de la physique, coniuiencerait par demander aux physiciens s'il fera beau dans quinze jours et délaillerait avec complaisance celte première épreuve en télé de ses comptes rendus?...
4*^ Les expériences sur rinlelligencc el le caractère laissent bien la graphologie sur son lerrain. Mais le terrain est la du domaine de l'art, et leur art» les graphologues ne peuvent l'exercer d'une raaoicre raliounelle que si
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certaines conditions, d</(»M« et précises, ee Lrourent t^&lisccR. M. Binel sVsMI préoccupé de ces conditionst De lemps en temps, quand les gr&phologui*» proleftaient, et jamais sowi l'empire d'une conception netic de la nécessité des choses. Les compLes rendus des expériences en question devraient débuter par un exposé complet des causes d'erreur provenant d'un mauvais choix des docnmenls, accompagné de toutes les explicAttuns voulues pour jnslilier que les autographes présentés remplissent les conditions expérimenlftles exigées. Il ny a rien de cela dans l'ouvrage, et do Taîl les autographes sont en générai très restreints en nombre, courts d'ctendue et pris 1^ où il était commode de les trouver sans aucun souci de lenr valeur comme expression de l'étal mental normal des individus. M. Binet a établi des pourcentages concernant les réponses exactes pour donner aux résultats des graphologues une précision mathématique. Ses chiffres me laissent très iudilTércnt. Oue mesurent-ils eu moyenne ? I.a valeur du choix des autographes de M. Binct, et pas autre chose. Le hasard lui eilt-il fait mettre la main sur dcmotna bous documects, les pourcentages auraient baissé, lui en eùt-il présente de meilleurs, ils auraient monté t
La conclusion que je tire de ces critiques est nette. En appliquant à toutes les branches de nos connaissances d'ordre expérimental (physique, chimie, astronomie, etc.) les procédés d'investigation de M. Biitel, on arriverait fatalement à démontrer que ce ne sont qne a des arts d'avenir ».
Non, la graphologie n'est pas ce que l'on peut appeler « un art d'avenirl » C'est en partie une science et en partie un art. et la science est déjà assez bien assiiic et l'art a déjà atteint un certain degré de dêvctoppement.
En quoi consisterait un contrôle d'ensemble logique de la ^aphologje?
Il faudrait d'abord dresser le tableau des lois graphiques, telles qu'elles sont établies, en précisant au besoin leur énoncé. A ce tableau viendrait s'adjoindre la description des travaux auxquels elles ont donné lieu. Puis, les chercheurs les soumettraient à nouveau une à une & l'épreuve, en commennant de préférence par les plus générales; ils répéteraient les expériences déjà faites et s'ingénieraient à l'occasion à en inventer de nouvelles.
Les lois graphiques vérifiées, leurs énoncés nettement formulés, il serait opportun d'expérimenter les tendances suivant lesquelles les phénomènes graphiques se modilienl lorsque la volonté intervient pour porter atteinte à leur spontanéité. Qu'advient-il quand on calligraphie, quand on imite l'écriture d'autrui, quand on déguise sa propre écriture? Etc.. Il y a sur toutes ces questions des idées déjà A l'étude, car un effort s'accomplit toujours suivant des règles, et la volonté n'arrive jamais à déjouer loua les phénomènes incon.scieata.
Ensuite viendraient les recherches concernant la seconde parlie de la graphologie, celle qui est du domaine de l'art. Les expériences porteraient fltir la Jelenninatiou de l'ensemble d'un caractère, ou, pour le début, sur des détermiuatious qui s'y rattachent sans en avoir toute la complexité. Et
les expérieaces mêmes devraient être précédées d'ua examen de l& théorie des causes d'erreur proTenanl d'ua mauvais choix des autographes. Lo tableau de ces causes serait arrêté et oa les éviterait scrupuleusemeol, quitte d'ailleurs à chercher ullérieuremeut dans quelle mesure telle on telle innuence fausserait les résultais.
Un contr61e gèoéral de la graphologie coaforme au plau qoe je vieas d'indiquer nécessiterait plusieurs années de travail et les efforts d'un grand Dombre de collaborateurs, mais il sérail à la fois intéressant et utile.
M. DuHAS. — Bien que le temps nous presse, je demande la parole pour donner lecture d'une lettre que j'ai reçue de notre collègue et ami M. Binet, au sujet de la communication sur la graphologie que notre lettre de coa- Tocation annonçait. La voici :
6 décembre 1906.
R Mon cher ami,
s Je regrette beaucoup de ne pas pouvoir assister à la prochaine séance de la Société, où on discutera graphologie. Je remets eu vos mains la défense, non pas de mon livre, mais des droits de la méthode expérimentale. Parmi les critiques qui m'ont été adressées, les plus intéressantes sont celles de Borcl, qui a montré^ sur 12 textes, que le contenu des écrits est plus significatif que je ne le croyais et pourrait à la rigueur expliquer en partie les succès des graphologues quand ils ont cherché à deviner l'inteU lîgence dans l'écriture. Je suis très reconnaissant à Borel de ses remarques et de ses expériences. Elles m'ont permis de pousser beaucoup plus loin la recherche. J'ai fait une nouvelle expérience avec Crepieux-Jamiii, qui a en à trancher la question d intelligence pour 21 couples d'enveloppes. Tontes ces enveloppes m'étaient adressées, et la suscriplion était identique. Donc leconteou de l'écrit ne pouvait pas intervenir et jouer un rùle dans le diagnostic. Ça n'a pas empoché Crcpieux-Jaœin de deviner juste vingt fois et de ne se tromper qu'une seule fois. Je n'ai pas te temps de vous donner de pins amples détails. Mais voilà un résultat tout à fait curieux. J'en avais déjà parlé & Paulhan. Je vous prie de le communiquer à la Société, avec tous mes regrets de manquer la séance.
f Bienaiï'ectueuseroent, comme toujours, m Alfred Binst. »
Bû flo de séance, le bureau présente les caadidalures de M. Sollier poarla présidence de la Société pendant l'année 1907^ et de MM. Arnaud et Picroa pour la vice-présidence. Ces candidatures rêuaissaal l'unanimité des suffrages, M. te D** Sûllier. directeur du Sanatorium de Boulogne est élu président; MM. Arnaud^ directeur de la Maison de santé de Vanves et Pieroo, secrétaire de la Revue scientifique
fioal élus vice-présidents.
Le Secrétaire : D' G, Dcuas.
COMPTES RENDUS
t. — Etudes giînârales, Théories, Mkthoues, Appareils
K — L'aotivité psychique et la vie» par le professeur De<:ut£rew, lie Saiot-Pétersbourg, traduit et adaplé du russe par le D' P. Kèraval» médecia en chef des asiles de la Seine (1 vol. Librairie A. Couoz, Parie. 190-7].
Le pbéuomèDe fondamental de la vie, c'est l'irrUabilité ou sensibilité, qui constitue la condition indispensable des échanges intra-ort^aniquea et de la nutrition des tissus. Cette irritabilité d'un corps vivant organise n'est poiot la réaction de la matière morte à l'égard des irritations extérieures; c'est une irritabilité particulière qui dépend de la prcseDce de l'énergie latente du tissu vivant. La vie donc, dans son principe même, est liée indis* solnblemcnt à la présence de l'énergie latente.
De même que toutes les manifestations matérielles, toutes les manifestations psychiques sont redevables de leur genèse à l'énergie, et il l'énergie seule. Cette énergie qui, sans interruption, assure le mouvement de la biomolécule, qui détermine métabolisme, croissance et multiplication dans un système déterminé appelé organisme, qui tient sous sa dépendance son irritabilité, base de sa molililé, est simultanément la cause des phcnomèoea ialérieurs préposés au psychisme.
Grftce au lien intime et indissoluble des phénomènes intérieurs on subjectifs et du métabolisme, lien qui consiste en ce que les conditions propices aux échanges intra-organiques s^accompagnent d'une aperception sensible intime agréable, tandis qu'il se passe l'inverse & l'occasion des conditions défavorables au métabolisme, les phénomènes intérieurs ou psychiques sont les déterminants internes de tous les besoins en général, dits vitaux, et les stimulants des mouvements extérieurs de l'organisme. Leur particularité essentielle est ainsi racliviié utilitaire, tandis que le caractère essentiel de la matière inanimée est sa passivité et sa lenteur.
La vie et la psychique sont donc tout simplement des dérivés de l'énergie et entre eux existe une connexion si étroite qu'ils constituent partout un tout indissoluble.
JOL'BNAL OB PSYCUOLOtilE
Si Ton CD tend par conscieuce loiil ce qai provoque une rèaclion ioteroe oti subjective, il est hors de doute que l'on ne peut refuser aux animaux les plu» inrérieurs, ni même aux végétaux, malgré l'absence de svstùma nerveux, une activité psychique rût-elle la plus élémentaire, des manifeslalions de couscicncc, ue tùi-c& que sous la forme générale, non-dilTèreuciée, de la sensation de soi.
Cette cénestbésie vague suTHl à résoudre les problèmes les plus urgents de l'organisme, c'esl-à-dire l'eulrcticu de rexistcoce. Dans les organismes plus compliqués, le développement du système nerveux et de phénomènes inlOrieurs plus di(Tércnciés, aboutit au processus complexe de la pensée qui (lie, non pas seulement les relaiiouit les plus proches, déjÀ notablement plus compliquées, de l'organisme avec le milieu ambiant, mais en outre les rapports semblables de ses congénères et même de leurs descendants à venir.
L*acUvtté consciente supérieure qui ne se développe qu'à la condition d'une tension parlicnlière de l'énergie latente, n'est possible, chez les animaux supérieurs, que parce qu'il existe des centres nerveux supérieurs^ o' est-à-dire un cerveau. Les ébauches de subjecliviié, le psychique élémentaire qui existent chez les organismes les plus simples, rudimeutaires, privés de système nerveux, sunt liés aux processus biologiques. Chez Je^ aoiluaux occupant un degré plus élevé dans l'échelle des êtres, à tissue et organes divers dilTèrcnciês, l'énergie a pour foyer d'accumulation le système ut^rveu.x, qui concentre les fonctions psychiques el règle tous les processus vitaux de l'organisme complexe. Enfin chez les êtres d'une orgaoisalioQ plus élevée encore, les parties inférieures du système nerveux sont elles-mêmes sous la dépendance d'autres centres supérieurs, du cerveau. L'extraordinaire complexité de leur composition chimique, fait de ceux-ci les accumulateurs capitaux de réuergic, qui eu répandeuL l'inlluence sur l'organisme entier.
Celte réserve permanente d'énergie dans les centres nerveux tient égalC' ment sous sa dépeiidauce l'acliou que les organismes exercent sur les coddilions ambiantes. C'est elle notamment qui sert de subslratum aux prO' ccssus volontaires; car h n'importe quel moment elle peut se changer en forces vives.
Ainsi l'énergie qui constitue la base des modillcalions physico-chimiques du proluptasma des animaux inférieurs et de la substance nerveuse des animaux supérieurs, contribue également au développement des phéo»- Dièaes psychiques, expression de l'énergie de réserve des centres. Elle forme la base à la fois de la vie el du psychique el le développement du cerveau lui-même, dans la série des êtres organisés, résulte directement de Tactivité de celle énergie.
La conscience est le résultat d'une tension spéciale de l'énergie, qui se relie aux transformations correspondantes eu bio-molécules de la subsl&oce
6TVDES a6S6RALES, TH^ORtE.i. MÈTHODEii. APrAItBILS
cérébrale. Les décharges d'énergie au sein du lîssu nerveux se iraJuiscuL par des réactions éleclro-chïmiques (jui soiil les mauireslatiuns cxlcrieiircs de l'énergie. La face intérieure do ce pi*<jccssus, ce sont les phénomènes sabjectifs, depuis la simple seaution d« soi qui représente la forme éléromilaire de la con^icience, se joignant aux proccssuit moléculaires, jusqu'à la forme la plus parfaite de la conscience s'assueianl à uu élal particulier de l'aclÎTité des centres, dans lequel la tension de l'énergie atteint le maximum.
Le parallélisme entre les processus intérieurs et les processus matériels qui se passent dans le cerveau, élimine le passage direct de l'énergie mécanique ou chimique H l'éner^^ie psychique. Le parallélisme des phénomènes physiques et psychiques a sa cause fuudamenlale dans l'éuergie en général. L'ue et inrariahle, elle ne présente dans son etisence quoi que ce soit d'exclusivement physique. Nous ne connaissons dans l'énergie qu'une furce externe ou physique, celle qui prend la forme du mouvement atomique ou moléculaire. Quant h la hai^e sur laqni^lle repo.sc le mouvement et qui est l'esseuce même de l'énergie, nous ne pouvons nous l'imaginer sous la forme d'un sobstralum physique ou matériel. Cet agent on force est dans notre représentation mentale quelque chose d'immaLériel. L'énergie ne peut donc cire, dan<i son e<i«oncc> seulement une grandeur physique; elle embrasse aussi l'immatériel ou psychique i l'état potentiel.
Ce court aperru ne peut évidemment que donner une idée très générale de la Ibèsc développée dans ce volume. J'espère du moins qu'il pourra éfeillcr lo désir de lire en entier on livre que le nom seul de son auteur sufnt h recommander. Aussi dcvons-nouâ remercier le docteur Kéraval de nous en avoir donné une traduction à la fois claire cl éléganlc, et d'avoir mis ainsi ù ta portée du public français celle dernière œuvre du professeur de Saiol-Pélersbourg.
i. SÉr.LAS.
2. — Idées fondamentales d^un enseignement scientifique de la Psychopsthologie [(inmdgedanken zur Wissenshafls-lehre derPsychopathologicl , par Willv llRt.LPACR, Carlsruhe, Archiv ftir die gesante Psychologie, vol. VU, fasc. 3-fc, 26 juin 1906, p. t34-:226.
La psychopathotogie est la science des troubles psychiques.
Par quoi les troubles psychiques sonl-il.s caractéiisés? Ici l'auteur établit nnc aorte de parallèle entre les troubles psychiques et les troubles somatiqites qui ressurlisscnt aux maladies exclusivement physiques. Ea dernière uialysc, le caractère esseulicl de toute maladie physique esl de menacer l'existence de l'individu. La caractéristique de toute maladie psychique est de constituer un daugcr pour la vie sociale de l'individu, de le rendre soit une non valeur, .soit une charge, soil un être uuisible pour la société. Si l'on veut préciser un peu plus la délinition de la maladie mentale on peut dire
qu'elle est cnaslitnés essentiellemenl par > uae dévialion. & caractère antisocial, des processus psychiques du type normal. »
L'auteur étudie ensuite les méthodes psycbopalhologiques (méthodes d'observation, anthropomélriques, expérimentales» etc...)* H examine dans un troiïtième chapitre-les rapports des maladies mentales et de la pathologie sociale et conclut en exprimant sa conviction que la psychopaibulogie a mieux à Taire que du reste une simple partie de la psychiatrie. « Avec les devoirs nouveaux, qui, chaque jour se formulent plus nombreux pour elle, eUe franchit les grilles de la clinique des maladies metilales. »
J. ROGUBS OB FtniSAC.
II. — Études suu le systèue nkhvïdx (Amatomib et Phtsiologik)
3. — IjOS substituts de l'âme dans la psychologie moderne, par
N. KosTYLEPP, Paris, Félix Alcau.
La noUon du phénomène psychique est restée jusqu'à présent tout à fait hétérogène k celle du subsiratum physique de la rie. Lorsque nous avons suivi jusqu'au bout, daDs tous ses détails, un processus nerveux, nous ne savons encore où placer la conscience, les images mentales, les idées; nous ne voyons pas de rapport possible entre les cellules ou les centres nerveux et les phénomènes que uuus révèle l'introspection.
Les unités physiologiques étant trop simples, dès lors, pour répondre à l'immense variété des phénomènes psychiques, les essais de psycho-physielogie ont été suivis par des essais de psycho-chimie et de psycho-mécanique. L'on étudiera ici la mauière dont rendent compte des phénomènes psychiques la conception chimique de la vie de Le Dantec, et la conceptioD mécanique de Zehnder.