‹ Journal de psychologie normale et pathologiqueChapitre 140 sur 161 · L.-G. Hekbbst · texte numérisé non relu

L.-G. Hekbbst

SSâ. — Le travail intellectuel et les fonctions de l'organisme, p&r MM. UAinET (A.) et Flobencb (I.-EJ. Uontpellier et Paris, 1907.

Le travail intellectuel modiOe-t-il les échanges qui se passent au sein de nos tissus et. en pau'liculter au sein de la cellule cérébrale? C'est la un problème dont la solution intéresse le psychologue, le physiologiste et le pathologiste. Ce problème a déjà tenté de nombreux expérimentateurs ; les résultats obtenus sont variables, cependant ils tendent, d'une manière générale» & faire admettre que le travail intellectuel ralentit la nutrition générale, et active la nutrition du cerveau. Ualheureusemcnl les expé- . riences faites jusqu'à présent et, par suite, les conclusions qui s'en dégagent, sont critiquables. C'est pourquoi HM. Mairet et Florence les ont reprises. Ils ont cherché à réaliser tous les desiderata, en particulier en ce qui concerne les sujets en expérience et les procédés d'analyse chimique et physique qu'ils ont employés.

ÉTUDES GÈSÈRALE^. TIIÊORIBS. MÉTHODES. APPAREILS

Ce n'est pas le lieu d'insister sur ces conilîlioos ; disons seulement que, pour résoudre te problème qu'ils se sont posé, ils ont recherche, d'une part Tazote total et Tacide phospborique ingérés par les aliments et rendus par les fèces ; d'autre part l'azote total, l'azote urêiiiue et l'acide phosphoriquo êlimtnéâ par les urines. Ajoutons que les sujets d'expérience étaient placéâ dans les mêmes conditions de milieu, d'actÏTité physique^ de repos, d'alimentation, etc., pendant toute la durée de l'expérience, seul le travail iutel> lectuel était variable. Dans une première période, le sujet ne travaillait pas intellectuellement, daos une seconde période, il travaillait, dans une troisième, il se reposait comme dans la première période.

Voici les conclusions auxquelles sont arrivés MM. Maïret et Florence : i^ Le travail intellectuel ralentit ^absorption, — Pendant ce travail, biea que l'alimentation reste la même, en qualité et en quantité, que pendant les périodes de repos, l'individu absorbe moins d'azote et d'acide phospliorique ;

2" te travail inlelhctucl ralentit la nutrition gém'raie. — Cette conclusion est basée sur des preuves multiples, entre autres sur la suivante : les transformations azotées sont diminuées ;

3" Le travail intellectuel active la nutrition du ccneau. ~- Ceci est démontré par ce fait que, pendant la période de travail intellectuel, l'organisme élimine par les urines plus d'acide phospborique qu'il n'en absorbe, et cet acide phosphorique éliminé en plus ne peut provenir que du cerveau;

4" Pendant la période de repos gui suit celle du travail intellectuel^ il se produit, par un phénomène de compensation, une suractivité de la nutrition générale et une moindre activité de la nutrition du cerveau.

MM. Mairet et Florence font précéder leurs recherches personnelles d'un historique des expériences faites relativement à l'inlluence du Travail intellectuel sur !a circulation, la température générale et cérébrale et sur celles faites, antérieurement aux leurs, sur la nutrition.

223. — Etude expérimentale de linQuence des variations d'altitnde, sur la pression sanguine. Dispositif nouveau pour les recherches de laboratoire, par Lccien Camus. Journal de physiologie et de pathologie géniraUj t. V, n" 4, p. 643-657.

11 existe, selon C, un parallélisme persistant entre les oscillations de la pression atmosphérique et les courbes de la pression sanguine chez les animaux (lapins).

L^influence de la pression atmosphérique n'est pourtant que celle d'un phénomène exclusivement physique qui ne détermine aucune excitation physiologique et qui par couséqueut ue provoque aucune réaction de l'organisme. L'action de la dépression atmosphérique ne se manifeste que très indirectement sur la pression sanguine et cela par l'intenné-

JOVRSAL DB PSYCUOLOGIS

diaire de la respiration. Il o'esl donc à redouter, seloD l'&uteur, aacua changemeat de la pressioa sanguine à la suite <> d'une dccorapre&sioD brusque daas une ascension rapide ou inversemenl d'un retour sans traasitîon à la pression normale dans une descente brusque d'une allilude cou* stdérable ». Le dispûsilif tient sa nouveauté parliculièremeul dn fait qoe rauimal seul est placé dans l'enceinte raréfiée.

Vasciiob.

H. — Étodks scn LE ïY^TèitE XERVECX (Akaîomib kt PhtsiologiiJ

2i4. — Révision de la question de l'apliasie : la troisième circonvolution frontale gauche ne joue aucun rôle spécial dans la question du langage, par Marik fP]. Senuune médicale. 23 mai !90G. p. 241-247.

Revision de la question de Taphasie : Que faut-il penser des aphasies

aous -corticales [aphasies pures) 1 par BIaru (P.). Semaûie médicaU, 17 octobre 1906, p. 493-500.

Depuis dix ans, P. U. a soumis à un eianien méthodique tous les aphasiques qui sont passés à Bicèlre — environ une centaine — et il a pu faire une cinquantaine d'aotopsies. Ce sont les résultats de ces obserTalîous qu'il nous présente. Il a éic conduit par elles à des vues complètement nouvelles sur la théorie clinique de l'aphasie et sur le problème des localisations cérébrales.

I. Deux idées dominent la nouvelle théorie clinique : l'aphasie est une — Taphosie est essentiellement un trouble de rintclligeace.

P. M. commence par s'élever contre l'abus qu'on a fait dans cette question des vues théoriques ou, à priori, des représentations schématiques et des divisions à outrance. Il ratUe spirituellement les auteurs qui, tout en reconnaissant la complexité des faits cliniques, semblaient le faire comme à regret et avec des scrupules^ parce que • celte communauté de symptômes entre deux formes d'aphasie leur semblait susceptible de nuire à la netteté de la diiTérencialion *. En réalité, dans la véritable aphasie, il y a trouble de toutes les functions de langage — précisément parce que l'aphasie est un affaiblissement de l'intelligence. Si certains aphasiques paraissent corn* prendre — comprendre à demi — les questions qu'on leur fait, c'est que cesquesiions sont d'une simplicité enfantine. Qu'on leur demande d'accomplir un acte un peu compliqué — au besoin, qu'où les mette au défi , comme l'a fait P. M. pour un cuisinier, de faire une omelette — ils seront inca* pables de se tirer d'affaire. Ils ne sauront même pas imiter ce qu'on tait devant eux. C'est qu'en réalité ce n'est pas seulement le langage qui est atteint chez eux, mais il existe un déficit considérable surtout dans le stock des choses apprises par des procédés didactiques.

Ils sont, il est vrai, capables de se conduire dans la vie courante, mais leur cercle d'idéatton n'en est pas moins fort restreint. Ce qui fait illusion,

ÊTUDBS SVR IB SYSTÈME yBttVEUX

c*eat qu'ils ont conservé riaLêgrité de la vie afTeclire. La mimique chen eux est exubcraate, mais la mimique émotioaueUe : la mimique convealionnelle, lelangage des gestes, est elle aussi fort restreiute.

De l'aphasie/i\ faut soigneusemeuL disiinguer l'aDarthrie {raTiar//iri> par lésion eu foyer du cerveau}. Le malade ne peut parler, ou du moins ses paroles soDt incomprébcnsibles. Mais il comprend ce qu'on lui dit. il peut lire et écrire, il a conservé toute son intelligence. L'anarthrie peut être rapprochée des afTectIons où il y a trouble de la mortalilé sans lésion dea organes (alaxie, béjjaimcnt).

Au contraire, dans la véritable aphasie {apkoiie de Wernicke) le malade peut parler, mais il parle mal, il comprend mal ce qu'on lui dit^ il ne peut lire, il ne peut écrire — par suite de taffaibUsnement de t'inteUigence.

L'aphasie de Droca est intermédiaire entre les deux types cxlrcmes, ou plutôt c'est une combinaison des deux types. « L'aphasie de Broca, c'est l'aphasie de Wernicke avec la parole en moins. •• Il y a ici aphasie et anartbrie combinées.

Restent deux autres types cliniques : la surdité verbale pure, Talexie verbale pure. Selon P. M. la surdité verbale pure est un mythe, la surdité verbale coïncidant toujours avec un affaiblissement de l'intelligence. A vrai dire. Talexie pure eziitle bien comme type clinique, mais nous allons voir qu'elle doit être interprétée au point de vue anatomo-pailiologique d'une Taçoa toute difTcrente,

II. L'ancienoe théorie clinique de l'aphasie (inspirée en grande partie par des scbéma.'i) était étroitement liée h une théorie anatomique des localisations cérébrales. On admettait qu'il y avait des centres sensoriels (qu'on loGallsait dans Técorce cérébrale) : le centre des images motrices, celui des images visuelles, celui des images auditives. On distinguait :

A. Les aphasies corticales, ducs  une lésion de ces centres mêmes :

L'aphasie de Broca (destruction du centre des images motrices dues à une lésion de la troisième circonvolution frontale gauche).

L'aphasie de Wernicke (due a une lésion de la zone de Wernicke).

If. Les aphasies sous-corticales, dues à ce que la lésion, quoique située en dehors de la zone du langage, en coupant les libres émanant d'un centre, isolail ce centre d'avec ses connexions physiologiques. C'étaient l'aphasie motrice pure (rentre dans la troisième circouvulutioD frontale gauche).

La cécité verbale pure (pli courbe centre visuel).

La surdité verbale pure (première temporale, centre auditif}.

(La première temporale et le pli courbe, font partie de la zoae de Wernicke.)

Voici les conclusions tirées de ces observations qu'oppose P. M. à cette théorie :

1<> La distinction entre aphasies corticales et aphasies sous-corticales est inexacte. En réaUté, toutes les testons de ticorce atteignent la zone souscorticale.

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2° La iroisièrae circonvolution frontale gauche n'a aucun rôle dans U fonction du langage, il y a des cas où une lésion existe dans celle partie da cervean, sans qu*il y ait aphasie. U y a des cas où l'aphasie (motrice, aphasie de Broca) existe, sans qu'il y ait lésion.

30 Le pu courbe ne saurait être considéré comme un centre d'images visuelles. L'alezie pure est produite par nne combinaison de deux lésions : lésions des voies visuelles et altération légère de la zone du langage.

V^ La surdité verbale pure n'existant pas, on ne saurait trouver une lésion caractéristique de cette maladie. La première temporale ne peut être considérée comme le centre des images auditives.

Selon P. M., les lésions qui ont Taphasie pour conséquence sont de deux sortes :

l» Lésions n'intéressant pas la zone du langage (zone de Wemicke). C'est alors une action de voisinage qu'exerce sur cette zone la lésion siégeant en dehors d'elle soit dans les loboles lingual et fusiforme (alexie pure) soit dans la zone du noyau lenticulaire (anarthrie, aphasie motrice pore).

^ Lésions atteignant la zone de Wernicke (gyrus supra-marginalis, pU courbe, pieds des deux premières temporales). On a alors ce que nous avons appelé une véritable aphasie (aphasie de Wemîcke et aphasie de Broca]. Hais on ne doit pas, comme on le faisait autrefois, distinguer dans cette zone différentes parties jouant le rôle de centres sensoriels.

La zone de Wernicke doit au contraire élre considérée comme un centre iutellecluel en général. Toute lésion, si limitée qu'elle soit, qu'elle se produise eu un point quelconque, de cette région, détermine proportionnellement & son étendue — outre les troubles de la parole — une diminution dems la compréhension du langage parlé, et dans la lecture, l'écriture, ainsi que la dispariliou de certaines notions d'ordre didactique.

On voit, sans qu'il soit besoin d'insister, l'importance de ces conclusions, qui, si elles étaient vériilées, amèneraient une véritable révolution dans le problème, si complexe el encore si peu éclairé, des localisations cérébrales.

Georges PoTva.

22s. — Snr la fonction du langage, par Uarib (P.). Hevue de Phiiosopkie, mars 1907, pp. 207-229.

En réponse à un article de M. Grasset {Rev. de PMI, janvier 1907). P. M. donne un nouvel exposé très clair de ses recherehes sur l'aphasie.

G. POYBB.

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