‹ Journal de psychologie normale et pathologiqueChapitre 17 sur 161 · IV. — Les Etats akfbctifs it lks Actions · texte numérisé non relu

IV. — Les Etats akfbctifs it lks Actions

10. — La misère de la vie sexuelle (A nemi élet oyomora] par EDMO^n Uaaka.vyi (Budapest). UiuM'iik S^àzati (Le Vingtième Siècle), vi* année, D^XI, p. 412, novembre 1905(11 pages).

Cet article est une partie de l'ouvrage du même auteur intitulé Le» femmes de demain (\ bolnap assezonyai], qui est le pendant d'un autre de ses ouvrages, tes hommes de demain (A holnap férflai) paru en 1904 (Ed. Politzer Js. es Fia, Budapest).

L'auteur fait un tableau poignant des misères de la vie sexuelle de l'homme cl de la femme. Il en voit les causes dans la société actuelle, dans ses préjugés el surtout dans son ignorance.

Il commence par dépeindre les souffrances du jeune homme qui, dans les premières années de sa puberté, moins surveillé par sa famille que la jeune fille, tombe inévitablement, par suite de l'expérience iovoloulairemeDl

LES ETATS AFFECTIFS ET LES ACTIONS

Al

acquise pcndaat \es heures d'iasomoie el da tourments, et aussi par suite de t'exempte de ses camarades plus âjc^s, dans ce que l'auteur appelle « le TÎce secret u. Mats il ue tarde pas à apprendre (pielles en sont les funestes conséquences par les annonces des journaux, les soi-disant « livres populaires ff, des conversations entendues par basord, les conseils tardifs, le dictionnaire dont il s'empare clandestinement dans la bibliultiùqiicdeson père, tootcs ctioses qui les dépeignent d'une manière si sombre, qu'un trouble profond en résulte dans l'àme du malheureux. Au grand étonnemeul de sa famillequi ignore les causes de celle métamorphose, ilcliangc de caraclêre devient taciturne, morose, néglige ses devoirs et se livre à la plus sombre mélancolie et au plus profond désespuir.

Les premières années passées, arrive l'ère de la liberté. Le jeune homme se tourne alors vers U Temme. Le cœur encore plein d'illusions et d'idéal, il va aux lieux où l'on vend Tamour et là commence la lutte contre l'élemcl dégoût des réalités. S'il est faible dans la lutte sexuelle, il retourne à son vice primitif. Ou'il soit fort, qu'il réussisse à conquérir une maîtresse, il n'en est pas moins malheureux : car ce sont des cadavres d'enfants, les chambres obscures des sages-femmes donoaut clandestinement des secours illégaux, c'est la prostitution, ce sont des suicides et des meurtres, c'est la prisoD où ra§ile d'aliénés qui jalonnent la roule de l'amour libre. Se ruiner ou ruiner les autres, voilà l'affreux dilemme qui se pose à r&geoii le désirest te pins ardent. Supposons qu'uu mariage tieureux soit l'issue de ces luttes, — ce qui n'arrive pas toujours, — rbistoirc de la première moitié de la vie sexuelle de l'homme n'en est pas moins fort pénible.

L'histoire de la vie sexuelle de la femme est encore plus triste. Cher, elle aussi, le « vice secret h est fréquent. D'autre part les liaisons qui précèdent le mariage sont le plus souvent fatales et tragiques. Durant ses naoçailles, la jeune lllle soulTre de la crainte ; les événements de la nuit de noce sont souvent pour elle une cause de terrible déception. Beaucoup de mères d'ailleurs, n'ont jamais eu de parfaite satisfaction sexuelle ; plusieurs d'entre elles souffrent des maladies contagieuses contractées au dehors par leurs maris.

Certes, la situation de la femme est encore plus pénible que celle de l'homme, parce que toute sa viu est basée sur l'amour; c'est !& soq seul moyen d'existence, car les professions ouvertes à la femme sont encore bien peu nombreuses et peu lucratives. Pour qu'elles puissent trouver un mari, on élève tes jeunes (tllcs dans une ignorance complète, car les hommes n'épousent que celles qui sont ou paraissent naïves et soumises. Ce sont celles-là qui deviendront mères et qui transmettront leur médiocrité el leurs imperfections à la génération à venir, tandis que les femmes de raison et de volonté meurent le plus souvent sans mari et stériles.

La plupart des lîlles sont, à leur insu ou non, vendues par leur famille a des maris qui les reudenl malbcurcuscs. Si elles résistent, elles n'ont que

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deux partis H prendre : s« flétrir ou se livrer h Tainour sans mariage. Dans les deux cas elles t^ubironi des soulTraDces terrible»; dansle second surtout, ai elles deviennent mères.

Ce tableau, conclut l'auteur, est assex sombre ; et encore il prétend avoir négligé les crimes afTreux et les maladies désolantes qui résultent de la vie sexuelle, ce qui lui permet de dire qu'il n'eu a eu rien exagéré la uotrccor.

Emile Fha.xck et Zoltàn Naot.

11. — Le sentiment et la pensée et leurs principaux aspects physiologiques. (Es»ai de psychologie expérimentale et comparée) par André GouFKHNAt'x. Deuxième édiiion revue et corrigée, 1 vol. in-16dc la BiA/iothAqw de philosophie contemporaine^ Félix Alcan, édit. 1906.

Chercher dans la pathologie mentale des rapports de subordination entre le sentiment cl la pensée pour comparer les résultats obtenus avec ceux de la psychologie normale ; telle est l'œuvre entreprise par G. U ]*a réalisée en étudiant plus spécialement les quatre psychoses, la manie. Ihypocondrie, la mélancolie, l'exiase, cl le délir*; chronique à évolution systématique. Le problème de l'association des idées apparaît ainsi sons un jour nouveau, soit que les diverses sensalions s'associent sans aucune fixité comme dans la manie, soit qu'au contraire les !>ensatiuus extérieures prennent une place trop considérable dans la vie couscieute comme dans la mélancolie où le malade devient incapable de toute rcprésenlatioa objective et aboutit ù la stupeur. Dans l'hypocondrie c'est la notion du moi corporel et (les sensalions cilerncs qui prennent une importance démesurée. Dans l'exiase comme dans la mélancolie un étal affectif envahit la conscience, mais au profit des tendances actives ou expansivcs de l'exagération desquelles elle résulte; le sentiment seul reste souà la Torme d'un état affectif intense. Le délire chronique a évolution systématique prouve d'une façon incontestable que l'état aflectif est l'agent primordial des troubles iotellecUiels généraux, car une succession déterminée et invariable d'états affectifs sont accompagnés de changemcrU correspondants et invariables dans l'arienLation générale des idées; les raisonnements logiques^ la raison pure, servante du sentiment, u'intervicnoet alors que pour apporter des justiUcatioiis de l'état affectif.

Mais dans les psychoses simples et dans le délire chronique, il existe cependant des différences de détails entre les étals d'une même série déterminés par un même état affectif. Peut-on pousser plus loin et donner par une analyse physiologique la raison des plus minimes systématisations d'éléments de conscience t

Pour cela la pathologie ne fournit pas encore de données précises, mais rien ne s'oppose à ce qu'on étudie alors l'individu sain après avoir constaté que chez lui les relations générales entre le scuLimeot et la pensée sont les mêmes que chez l'aliéné.

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G. constate ainsi les mômes rapportu réels et constants entre l'association des itlécs et t'ùtat afTectiT : M existe chez l'individu normal des Iroubles analogues aux pf^ychoses qui n'en suai (|iie des exagérations : Paâsociation des îdé«s n'est jamais normale cl parfaitement systématisée, elle suit la courbe de l'excitation et de la dépression cl la pensée se trouble suivant que l'état affectir existe en excès oiicii défaut.

Hais comment et par quel mécanisme s'opère cette ianuence dn sentiment sur la pensée t L'étude du phénomène moteur chez le normal comme chez l'aliéDé donne une explication : i Le travail par lequel l'efTorl encore indécis et vague de tendance se canalise en groupe plus ou moins complexe de phéDomènea moteurs el. en dernier lieu, en coordinations musculaires très détinies, correspond cunslammeul au travail par lequel l'émotiuu prend une forme coucrète et délHiic el crée une synthèse définie d'éléments de conscience {sensations ou images simples]». L'èniulion, élément plus précis i)ue l'état alFectirest ainsi à la base el entre elle ctlavie consciente ilcxiste UD rapport rigoureux, < les pbènomèueâde conscience agissent el réagissent les uns sur les autres et s'associent entre eux comme les phénomènes corporels auxquels ils correspondent. ■ Clément CiiARPiNTiRa-

12. ~ Les cooditious biologiques du remords, par G. Dumas. Itevue philosophique, octobre lyOû, p. 337 (22 p.).

Le remords ne dépend pas seulement de conditions logiques, mais aussi de conditions affectives et physiologiques avec lesquelles varient nos idées même du bien el du mal. L'aulcur a étudie ces conditions biologiques du remords chez plusieurs sujets mélancoliques et scrupuleux. ,

Le remords nall. chez le normal, du iriomphe des idées morales sur les instincts que la faute a affaiblis eu les saiisfaisaut. Chez les mélancoliques, ce n'est pas la satisfaction, mais la maladicqui aafl'aibli les instincts : tous ces malades, atteints d'une aneslhésie physique et morale, jugent sévèrement des fautes anciennes qu'ils seraient ii présent incapables de commettre. Mais d'où vient chez ces sujets anesthésiés la souffrance qui se surajoute au jugement moral pour constituer le remords? Cet éicment affectif, presque nul chez les mclancnliques passifs, se manifeste avec intenlilé chez les mélancoliques actifs. L'auteur a démontré ailleurs que ce n'est pas l'idée obsédante qui, chez eux. est primitive, mais bien l'anxiélé et la donlenr morale. Les mélancoliques trouveni dans le souvenir d'une faute l'explication de leur souffrance et ainsi se constitue facilement en eux le remords dont les conditions affectives prècxistaieiil. Chez les psychasibéniques le remords apparaît dans les moments de dépression, mais c'est l'idée obsédante qui cause l'anxiété, comme dans le remords normal.

Que devient le remords lorsqu'on a^il sur ses conditions, la dépression et l'anxictê? — Une injection de caféine rend indulgenle pour des faules

JOVfiSAL DE PSYCnOLOnfB

qu'elle jugeait séTcrement une circulaire d&ns » période de dépression . Dans sa période de joie le m^rne sujet, dontlous les insUncls sont réveillé:*, se réjouiL de ces fautes. — En supprimani l'anxiélé chez les mélancolique:* acUfs au moyen de calmants (h,vuM:ine, bromure) le remords lui-racme disparaît et il ne reste plus qu'un étal de désapprobation morale. — l^s bonne-» paroles, la douche, la caTéine. en loiiilianl le sjsième nerveux, suppriment de même le remords des psycha^lbéuiques.

Les conditions du remords normal sont bien moins différentes qu'on pourrait le croire des conditions du remords pathologique. Chez les gens bieu équilibrés le remords dure peu et Tait place au repentir. Il dure seule* ment chez les faibles. les hésitants, les scrupuleux; souvent ces déprimés fout appel À des toniques pour relever Icurniveau nerveux et guérir leurs remords.

« Le remords n'est donc pas le sentiment invariable et simple que les

traités de morale enferment dans une déllniliun; il tient à des condition!.

organiques et nerveuses, il varie avec elles et la conscience morale tout

entière, oscille avec notre niveau nerveux, v Du pointde vue ps^ychologique,

il n'y a point de conscience morale spéciale et invariable : il y a seulement

dans l'homme des instincts égoïstes et des instincts altruistes qui se font

plus ou moins équilibre. Dans l'état de santé l'egoïsme est souvent plus

fort que les idées morales; quand la maladie émousse les instincts, celles-ci

Lriomphenl facilement. D'ailleurs les inclinations égoïstes et les inclinations

altruistes sont également atteintes chez le déprimé et ce n'est pas la

revanche de l'altruisme qu'exprime le remords, mais le souci égoïste de

la santé morale.

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