L. Derricox
13. — La psychologie de lintérèt [The psychology of interest) pnr FiLix Arnold (New York) The psychological lievieWt t. XIII, li<** 4 et 5. p. 231 et 291, juillet et septembre 1906 {42 pages).
Ce sujet semble n'avoir jamais été traité avec la méthode et la précision voulues. On emploie ce terme e intérêt » dans tant d'acceptions difTéreutcs, par rapport à la sensibilité, à rattenlion, i la volonté, etc.; on s'en sert en pédagogie, et toujours sans la définir. A. se propose donc de passer en revue les principales théories sur l'intérél, et de Téiudier ensuite dans ses rapports avec la sensibilité et l'attention, et enfin ao point de vue de l'effort et de la connaissance.
Le premier auteur étudié est Ilerbart, dont on interprète en général mal la théorie. L'intérêt, d'après lui, doit être considéré comme un senlimcni; il ne faut pas le confondre avec les causes qui le produisent et qui soûl multiples. Pour Volkmanu, disciple de Herbart, rintérct est le rapport d'une idée avec les idées dominautes qui constituent le moi. Selon Dewcy l'iulérét est actif, téléologique, et se rapporte aux émotions. Stumpf idenlilie rintérét avec l'attention et le sentimentt ou plutôt il définit l'iatérêl « ce
MÉMOIRE, IMAGINATION ET OPBRATW^■S ISTHLLECTVBLLES «r.
quieieite rattentioii i», qu'il coosidèrc comme voloDlaire. Pour Mil) rinUrét est une sensalion ou idée, agréable ou pénible, qui lîxe l'attetition. Ualdwiu soutient que les objets ne sont inlércssanls qu'eu tant qu'ils alTeclent notre sensibilité. Sully n'ajoute pas grand'chosc ùladélinitlon deMill. Selon Sloul l'atlentioii et ritilérél dépendent du plaisir et de la douleur, mais contiennent quelque cbose d'acLïr Tilchener estime que « c'est une laulologic de dire qu'uue cbose intéressante éveille l'attention 9, intérêt cl attention étant deux aspects d'un même Tait. La plupart des autres psychologues ne parlent guère de ce sujet, et ce qu'en dit James aurait pu autisi bien être écrit par Mill.
La seconde partie de cette étude contient les vues pcrsunnellcsde l'auteur. C*esl une analyse de rinlérét lui-même, et de ses rapports avec la sensibilitê et l'attention. A. nie que l'intérêt puisse s'idcntillci- arec Tune ou l'autre de ces fonctions : l'intérêt h un but en deburt du plaisir ou de la douleur actuels ; il n'a derapporis avec l'attention que par leur concomitance. L'intérêt est caractérisé par un sentiment d'elTorlqui amène des réactions ; il se rapporte nécessairement au moi et concerne son avenir. Il se compose en partie devolîtion, de désir; mais il convient pourtant de le distinguer du désir et de la volonté d'une part, de l'atlcntc et de la curiosité d'autre part. Surtout il Taut remar(|uer que l'inlérél est louji>urs accompagné d'attention, taodiâ que l'inverse n'est pas toujours vrai. Dans les actes d'allenttun purement instinctive il n'y a pas d'intérêt,- celui-ci ne parait que là où il y a dejii signification. Tout au plus peut-ou dire que l'intérêt ciiste en puissance avant l'alleutiou, mais il n'y a Inlérêt réel que la où il y a déjà réOexion, construction mentale et réaction voulue. L'intérêt se manifeste donc de trois fai-oiis, dans lo désir ou la volonté, dans l'ailen tiou et dans la cariositè. On peut le considérer au puiuL de vue de l'elTurl ou à celui de la connaissauce. Il peut être primaire ou secondaire, selon qu'il se trouve dans l'acte lui-même (élude d'un sujet pour lui-même) ou dans son but [éludes en vue d'un examen) uu acquis, sic'esl un inténH qui ressemble au premier genre» mais qui nait prmiitivemcnt à la suite du second- Les concomitants de l'intérêt sont l'atteulion, l'aperccplion et le sentiment. L'auteur termine en rappelant les lois qui régissent l'intérêt : loi de l'expression spontanée cl du contrùle moteur; de L'imitation; de Tbabitude; du ^ésir el de l'aversion; de l'aperception. Il n'insiste pas là-dessus, ces lois -ayant déjà été formulées par d'autres; il en signale seulement l'importance -au poinl de vue pédagogique.