‹ Journal de psychologie normale et pathologiqueChapitre 20 sur 161 · MÉMOIRE, IMAGINATION ET OPÉRATIONS INTELLECTUELLES · texte numérisé non relu

MÉMOIRE, IMAGINATION ET OPÉRATIONS INTELLECTUELLES

métriques et les dessins en perspective. Ces figures sont caractérisées par la possibilité d'éroquer dans la conscience deux ou plusieurs interprétations. On a cherché de trois façons à expliquer les illusions de ce genre. Les essais d'explication psychologique sont surtout des conceptions générales attribuant l'inversion à la volonté, à l'imagination, à Tattention ou à un jugement faux. Les théories physiologiques les attribuent soit à des changements d'accommodation, soit au mouvement de l'œil. Quant aux théories psycho-physiques, elles se servent des faits connus sur le fonctionnement du système nerveux, et se rapportent pour la plupart à des hypothèses psychologiques plus ou moins ingénieuses. L'auteur rejette toutes ces explications, tout en les citant, et institue de nouvelles expériences en vue d'éclaircir le problème de riUusion optique d'inversion. Il résulte de ces expériences que :

l'* Le maximum de rapidité de l'inversion est presque le même que la rapidité du pouls, quoiqu'il n'y ait pas là de rapport constant.

2** L'inversion dans les figures planes n'apparaît qu'avec un changement de réfraction.

3^* Il faut distinguer deux sortes d'inversion qu'on peut appeler réellesillusoires et illusoires pures, et qui dépendent de conditions physiologiques difTérentes.

4° L'inversion se rencontre aussi bien dans les figures planes que dans les solides; elle s'accompagne de changements dans l'inteosité de la lumière, dans la couleur et la forme de l'objet observé, et d'inclination qui dépend de l'angle sous lequel l'œil voit l'objet ; l'image illusoire a une certaine durée et un certain mouvement. La cause de l'inversion se trouverait donc dans le rapport entre l'objet observé et les parties centrales et périphériques de la rétine sur lesquelles se produit l'image de l'objet. Les points qui tombent au centre sont plus distinctement vus et sont par conséquent jugés plus près de l'œil. Cependant cela seul ne suffit pas à expliquer nitusion : il faut y Joindre la convergence des yeux dans la vision binoculaire, et dans la vision monoculaire des changements d'accommodation des mouvements du globe de l'œil.

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