C. Boa
3S. — Le problème de la psychiatrie dans les psychoses fonctionnelles, par E. GowLBS. The American Journal of Ituaytity, octobre iî p. 18t»-239.
Pour discuter celte thèse que le problème de la psychiatrie réside dau» ies psychoses fooctionDelles, l'auteur a dû d'abord examiner les termes et les conditions du problème. Ceci a nécessité une enquête sur certains principes et certaines conclusions des sciences biologiques et médicales qui exercent un centrale sur la psychiatrie. Les conceptions morphologiques étant dominantes dans la médecine, l'auteur a trouvé aussi que certains termes et phrases communément employés eo médecine, le sont devenus forcément par \à en psychiatrie, bien qu'ils comprennent des conceptions et des théc ries peu conciliables avec leur dépendance des conceptions fonctionnelles'' lie la pathologie mentale.
L'enquôle ayant amené à cette conclusion que la physiologie du procès- BUS vital est le premier recours de la psychiatrie dans la recherche de principes explicatifs, il est nécessaire de se débarrasser de toute préconceptien.
Les conceptions fonctionnelles étant créées et appliquées d'une manièrèl cohérente avec les faits physiologiques et psychologiques, conduisent à reconnaître le caractère évolutif et génétique des modilications fonctionnelles, et indiquent leurs sources dans les faits physiologiques; on acquiert QOe idée plus claire de la relation qui existe entre les expériences de conscience et les états du corps, et de rinfliiencc du groupe somatique des sens, dans les relations qui existent entre les conditions de tout l'urgaiiisme et les états mentaux.
La dépendance de tout phénomène fonctionnel avec les processus de nutrition et de métabolisme pour maintenir les mécanismes nerveux et mentaux, indique l'importance fondamentale de la phvsiologic pathologique et de la chimie.
L'expérimentation physiologique et psychologique dans les examens cliniques immédiats des modifications fonctionnelles montrées, comme symptômes, aide à déterminer les sources physiologiques des désordres de tout le corps, aussi bien que ceux du système nerveux.
Le psychi&tre trouve en poursuivant son œuvre pratique qu'il doit traiter le corps entier en médecin, et qu'une conception fonctionnelle des maladies mentales permet de les traiter. La psychiatrie appartient à la médecine générale et la maladie mentale, comme la maladie organique, n'est pas nue entité ni un agent, mais te résultat de fonctions normales, sexerçaut
ÉTUDES CLINIQUES HVR LES MALADIES MBSTALBS
dans des coaditions anormales. Le problème requiert one élude du carati- Lôre évotntirct génétique des modiflcatioas fouctionnelles.
Abel Rry.
37. — La psychothérapie totale ou sapérieure, par J. Chas-^rt (Montpellier). Jtet'iie lie Pstfrhintrtâ. n" lU, octobre 1906.
La psychothérapie inFérleure qui emploie l'iiypnolisme, ne s'adresse qu'au seul psychisme inférieur. Elle n'atteint ainsi qu'un polygone désagrégé el accentue. plutAt qu'elle ne la guérit, la f^paration de» deux psychisme^.
Lorsque, par la suggestion, on obtient la guérison d'un dipsomane. par exemple, il ne faut pas croire que l'on Tasse ainsi « la rééducation de sa volonté ti (Béritlon). Cette voloulé, saus duute, on ta libère en supprimant uoe mauvaise habitude polygonale qui lui faisait échec. Mais il faut, pour le succê&déflnilir, que le malade ait conservé une volonté saine et forlo qui agit dès qu'elle n'est plus combattue par l'impulsion automatique.
Si, au contraire, et c'est le cas le plus fréquent, l'alcoolique est un faible, a psychisme supérieur sans résistance et sans énergie, il retombera fatalement dans son défaut. Au lieu de désagréger en lui les Jeux pf>ycbismes par l'hypnose, il aurait fallut s'adresser à son psychisme tout entier el amener par des raisooQcmcnts. par des conseils moraux et hygiéniques, son centre 0 a reprendre la dirt-ction dos actes, û résister aux insinualions du polygone. On aurait dû faire, nou pa5 delà psychothérapie iafèrieure, mais de la psychothérapie supérieure ou totale.
Une malade est atieintc de psychisme anxieux. *i J'ai, dit-elle. Tidée Oxe de voir l'hoslie partout. J'eu découvre sur mes vêtements, sur mes objets, sur les perâosoes qui passent... Jo u'ai pas l'hallucinatiou visuelle de rbostie. Je n'en vois pas la forme; mais comme j'ai celte idée perpétuelle, tout ce que je découvre sur moi de blanc, je suis persuadée que cela en est. * Voici encore un cas oi'i la psychothérapicinférieureaurait des résultats dangereux. Les centres psychiques supérieurs sont faibles, n'ont pas la force de chasser le< idée.s saugrenues qui se présentent, mal^t reconnaissent pourtant la non-existence des hosties obsédantes. Par l'hypnose, nous affaiblirions encore plus le centre 0 qui a besoin de réconfort.
Technique et procédés de la psychothéraf>ie supérieure.
I. Action JTur tes phénomènes moteurs. — l.'ataxiquc a sa marche automatique troublée ; il arrive ainsi, par Les progrès de l'incoordination, k ne plus pouvoir marcher. On peut alors, par des exercices très bien réglés, dans lesquels ou habitue son 0 à diriger les mouvements, arriver à lui créer im nouvel automatisme. L'ataxique réapprend à marcher avec sa volonté coDscieute supérieure.
IL Action sur les phénomènes psychigues. — L'action purement psychique de la psychothérapie sera directe ou indirecte. Dans le premiercason agira sur la malade par la conversation^ le raisonnement, lui démontrant que
JOURSAL DE PSrCIIOlOGIB
telle chose qu'il croyait impossible est parfaiterocnt ré&lis&ble; on choisira ses lecture!!. se9(li!^l^8Ctiû^s, ses travaux. Mais hicn souveni aussi, il arrive que le malaJc ne pense pas ce qu'il vcul penser, ne sent pas ce qu'il veut sentir. L'idëe. la !ten5ation, t*émotion s'imposent alors à lui; comment sa volonté pourrail-cllc modifier ces états psychiques qu'elle ne fait pas naître, qui uc lui soûl pas soumis. L'on devra recourir ici à l'action psychique indirecte.
G. donne deui principes d'action psychique indirecte : A. On peut faire naître une idée, un étal psychique habituellement involontaire, en faisant réaliser au sujet un acte conforme à ccUe idée, k cet état psychique. B. Quand nous voulons incruster, forlilier une idée ou une sensation, nous devons volontairemeuL faire tous les actes qui leur sont conformes. Inversement si nous voulons affaiblir, efTiicer une idée ou une sensation, nous ne devons faire aucun acte en rapport avec elles, n'en jamais parler, ne pas les disoaler, n'y attacher aucune importance, nous comporter comme si elles n'existaient pas.
Le médecin doit donc éviter de discuter avec le malade son trouble psychique, ou de lui demander trop de renseignements. Il doit lâcher de réveiller chez lui les idées de devoir, de sacrilice, de sociabilité, il doit aussi lui donner indirectement le but et l'ambition de guérir, pour être utile aux autres; car l'homme bien portant est naturellement altruiste. L'égolsme est une cause ou un symptôme de maladie.
Jean Paulhas.
38. — Les aifections do TorelUe et les troubles mentaux (Ear affections and mental disturbances), par E. Amhkhg, Id., id.
L'auteur fait l'exposé de onze cas, qu'il répartit en divers groupes : cas de troubles chroniques, cas de suppuration avec excitation locale, cas dans lesquels on ne peut savoir s'il y a du rapport entre l'affection de l'oreille et le trouble mental. Il est curieux de constater que chez l'homme normal, l'ouïe est très souvent anormale : ce serait le cas chez 2C p. 100 des individus, selon Vali.
Trois sortes de bruits parviennent à l'oreille : a] bruits etHolûfues^ b] bruits subjectifs et c) bruits objectifs. Les premiers proviennent do l'intérieur du corps, ils sont géDéralemeul localisés dans l'oreille. Les seconds sont dus à une excitation de l'écorcc cérébrale: enfin les derniers ont leur source dans le monde extérieur.
Quant au tintement, on en peut distinguer quatre formes : 1<* centrale (provenant des centres auditifs); t"^ délirante (d'origine subjective, sans que le malade s'en rende compte] ; 3"^ hallucinatoire (le malade eu recounail l'origine subjective) ; 4*" illutoire, celle-ci sans importance psychologique.
Certains auteurs préconisent la section du nerf auditif — d'autres, la douche d'air de Polluer. Les causes prédisposantes aux affections de l'oreille
ÉTUDES CLiyiQUES SUR LES MALADIES HENTAI.BS
sont : la vieillesse, les perles de saag, une nutrition insuffîMnte. les nombrenses grossesses.
Les relations sont si étroites entre les affections de Tonfille et les hallucinations auditives que sar &8 cas de celles-ci l'auteur a constaté 57 cas (l'atTections de l'oreille.
Aux autres formes d'hallucinalions auditives se rattache te phénomène de « double pensée a par suite duquel le sujet croll entendre prononcer & haute voix ses propres pensées. C. Bos.
39. — Les affections de l'oreille et les troubles mentaux [Sux'le) (Ear aflectioub aud meulal disturbancesj, par E. AuiiKim. /t/., octobre I9O0.
Che£ Ub enfants, des affections de Toreille moyenne simulent souvent une méningite (W&lb, Jacobson, Scbwarlze); l'auteur considère même que ces ilfectioiis peuvent provoquer une vtl'rltable m<:ningile (séreuse). Il rappelle l'origiae infeciicuse de nombreuses formes de démence, véritables a maladies du métabolisme > et cile des cas oi^ des abcca de l'oreille ont agi de la même façon (Hill, flaslings, Voss).
Les sLatisli'iues montrent, en outre, la fréquence de la surdité ou d'une ouïe très imparfaite chez, les idiou. L'nc oreille malade peut enlrainer une psychose de trois manières : l° A la suite de l'affection initiale, les membranes du cerveau présentent des altérations qui afîectcot la substance grise ; â'' le trouble mental est produit par un rétlexe pathologique qui émane de l'oreille; 3^ des bruits subjectifs peuvent produire des psychoses, conduire même au iuicide. L'intervention chirurgicale est indiquée dans beaucoup de cas, même chez des sujets internés dans des maisunsd'aliénés et dont l'état mental pourra, par suite de Topéralion. s'améliorer beaucoup.