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II. — Etudes uénico-LéuALEs et criuinu logiques

42. — La responsabilité, étude de socio-biologie et de médecine légale, parG. MonACiiB. de Bordeaux. 1 vol. 275 pages in-16 de la Collection médicale, Paris, Félix Alcan, 1906.

Après des notions générales sur l'histoire de la justice criminelle, l'auteur montre comment à notre époque le problème se pose autrement qu'aux temps où l'on avait recours aux jugements de Dieu, à la torture ou à la question. Quand on connaît positivement celui qnia commis un acte antisocial, il faut se demanders'il est respoMiible, c'est-à-dire, s'il connaît la por-

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lée de son aclion, s'il la peut juKer, s'il d*& subi aucune iofluence morbido ou, s'il est vraiment libre et conscient. Laissant de cùlé les solutions que peuvent donner différentes écoles philosopbi<(ucs ou relif^ieuses, on peut trouver une réponse dans les études do biolof^ies sociales eu recherchant d'abord rinflnence de l'hérédité et du milieu individuel et exiérieur :

1* Pour étudier Vhcrédité, le meilleur moyen est d'exposer les iliéories de Lombroso et de Técole italienne, en faisant le défaut entre ce qui a pu paraître exagéré et hàlif ut ce qui doit rester. On voit ainsi que si Lombroso ft pu constaier un certain nombre de tares physiques relativeA à laconformaiion do cerveau, du tronc et des membres, tles organes génitaux, de la sensibilité tactile, elc, il est beaucoup d'autres tares physiologiques facileineol cûnstatables chez ta plupart des criminels. Eu concluant qu'il faut rapportera l'atavisme anceslral ou animal, tes instincts destructeurs des criminels, M. estime que l'école italienne commet une grave erreur : l'animal en déchirant sa proie lutte pour la vie et emploie les seul» moyens mis h sa. disposition par la nature: l'animal n'e.^t pa*; cruel, il défend sa vie simplement, quelquefois même contre l'homme ; il eu est de même pour l'homme primitif. Ce qui reste de la doctrine de Lombroso, ce n'est donc point tant cette théorie atavique qu*un grand mouvement d'impulsion vers les études anthropologiques et psycholugiqucs. Cependant il ne peut être nié que l'école Lombroso aient constaté des tares réellement existantes; c'est l'io. terprélaliun qu'il faut en faire qui doit être différente.

t" Le MiUeu inHue considérablement sur l'individu et surtout sur la race comme il influe sur les végétaux. On constate facilement l'action du froid et du chaud et de la lumière variable suivant les climats. Par ces raisons, les instincts des races du Nord seront différents des races du midi, quoique dans les pays tropicaux la même apathie se constate ào.i\s les pays très froids.

L'âge est un facteur important de la criminalité : contrairement aux idées de J.-J. Rousseau, Venfant de nature ne nait pas avec tous les bonsinslincls, mais avec ceux que lui apporte son atavisme; il faut le comparer à un terrain qui a en lui une apliluilc spéciale pour favoriser la culture d'une graine bonne ou mauvaise; mais on peut dire que de bons parents, éducateurs intelligents et dévoués, peuvent grâce & la patience et à la persévérance Miudiller uu enfant, tout comme un cultivateur peut amender la plus mauvaise terre : On remarquera (|ue la criminalité infantile augmente considérablement et qu'il eât bien difllcile de dulimiler la transition de la criminalité infantile à la criminalité adulte; lesdeux soûl mélangées intimement. La cause principale de celte criminalité est l'absence d^'ducatîon résultant «Ue-méme de la mû^rc;elle cuniseille la révolte sociale ei racilitc l'installationde lares et intoxications morales et physiologiquesqui priventriadividu «le la notion claire de I idée de responsabilité.

U. poAse ensuite en revue les différentescauses de déchéance morale et de Joisère sociale : L'alcool tient la première place et cause des psychopathies

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toxiques les plus connues; il sévit dans tous les milieux, même parmi les femmes et clioz les enfaatÂ. L'iuluxicalîuu aiguë est moins à redouter que l'alcoolisme chronique, acquis sans ï*'eu douter, par l'usage régulier de doses insuffisantes pour produire h elles seules l'Ivresse. Sur ce poiut beaa* coup de réformes seraient possibles : ou pourrait agir îadividuellemeot et sociaJemcDt ; iudividueltement on apprendrait h ceux qui s'alcoolisent sans jamais se irauïïformcr par l'ivresse en véritables aliénés les dangers do leur habitude; ou éviterait ainsi ta transmission de lésions cérébrales* de dégèuérescence vasculaire, etc. ; l'efTorl de la société de icmpérancft restera ineflicace tant que des mesures législatives n'agiront pas socialement pour fermer les débits de louLe nature, et lutter contre l'alcoolisme chronique, qui est le plus dangereux. Au point de vue spécial de la responsabilité pénale M. conclut que *i Palconlisme a déterminé cher, l'incriminé un élat morbide, constiluanl un véritable état de démcuce. supprimant lontc volonté cooscîeute il faut appliquer le principe d'irresponsabilité de l'article 64 du code pénal ; mais il est antisocial d'admettre trop largement l'excuse d'alcoolisme qui peut être volontaire : l'ivresse, elle-même, est un délit. Ainsi quand un individu, sous l'influence de l'alcoolisme aigu commet un acte de violence marqué par la spontanéité, parTabscnce de préméditation ilesldiflloile de ue pas le regarder comme complètement responsable, car nul ne le forçait à boire et à se mettre dans un pareil étal : il doit coonailre les conâèqucuccs de l'ivresse, d'autant plus dangereuses qu'il est plus impressionnable. La législation devrait, à l'avis de M-, déclarer qu'aucun acte commis sous rinilucnce de l'ivresse ne saurait élrc excuse, que le coupable serait toujours regardé comme absolument responsable. La gr&ce totale on partielle du chef de l'Etat pourrait réparer par sa miséricorde l'exagéraliun d'une justice absolue. Au contraire la dégénérescence alcoolique, semblable à une véritable démence, entraînera de l'iudulgecce et une diminution de responsabilité; le £/ip«oi/mrte, impulsif qui boit, parce qu'il est un aliéné, malgré lui et pour obéir à une impulsion, au lieu de boire par vice, est irre-^ponsable.

Il faut envisager aussi les poisons qui, pour être moins répandus que l'alcool, n'en sont pas moins redoutables, si on les considère comme des dangers sociaux :

L'usage de \nmorphine est resté localisé dans certains milieux mondains, coloniaux ou psendo-artisiiques, chez les femmes surtout. Les morphinomanes privés dclcurs toxiques présentent des accès de délire furieux [louvaut devenir dangereux; lU commettent plus fréquemment des délits que des crimes; d'ailleurs, appartenant à des milieux sociaux relativement élevés on ne les abandonne pas, pendant les crises quelquefois pins violentes que celles du délirium lremeu:> el on évite des accidents graves. Le morphinomane qui commettrait un crime devrait être considéré comme un aliéné transitoire, il devrait donc être déclaré irresponsable, de même s'il vole

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iwurse procurer de la mûrpltine : « la société, dit M. possède ledroit incoDlesUble d'exiger que de pareils malades uc piii?#cnt renouveler leur attentat contre In prnpriêléf mai-; pas plus. » Cependant, dans le cas d'intoxication aiguë et volontaire, il y a responsabilité évidente. C'est l'intoxication chroQi(]uc et la df^gëiiôro^cencc moniale qui, seuls, doircnl entraîner l'irresponsabililé II en est de même pour les intoxications par l'opium, la cocaïne, l'ëilier, le haschisch, et même le pétrole et la iiiculine.

Certains poison», élaborés par l'urgauisine, des toxines s*accumulanl daAS le sang à la suiiede maladies peuvent déterminer des délires plus ou moins persistAnU : la riiVvrc typhoïde produit souvent d<^s délires avec impulsions cl hallucinations, fait apparaître et se développer des tares héréditaires et prédispose aux maladies mentales; certaines lièvres déterminent des excitations cérébrales intenses; la grippe, la tuberculose et vraisemblablement toutes les Maladies par auto intoxication peuveiit déterminer des réactions psychopalhiques. f.es traumatisme^ portant sur le crâne ou sur toute autre partie du corps déterminent ausl^i des troubles psychiques, nefùt-c^ souvent que par l'excès de douleurs. Dans tous ces cas rirresponsobililé est complète, mois seulement transitoire, il ne faut envoyer ces malades dans un asile ou uuema.i5on de sauté qa'après un examen prolongé el le mieux est de les placer, si la famille ne peut les conserver, dans des hôpitaux spéciaux ou mieux encore, dans des quartiers spéciaux d'où ils peuvent sortir sans aucune lare morale, prêts n rentrer dans la vie. Régis a montré au point de iraede l'enseignement ruiUiLé de la création de semblables quartiers, par l'exemple réalisé à Bordeaux.

Il y a une série d'états seconds, selon Pexprcssion de Janct un peu élargie «t appliquée À toutes les situations où pour un motif quelconque le sujet se trouve à l'état d'exception sur sa normale psychique personnelle ; que «levient la responsabilité dans ces états? Le rrfif , d'abord, peut avoir des <:oQSéqucnces de premier ordre dans les cas où par exemple nti individu «roit avoir reçu d'en haut Tordre d'accomplir une action nu a en des hallu- <^inatious qui le délormincnl à accomplir un crime. 11 y aura des diflicultés f^our apprécier le point de départ erroné d'une perception visuelle ou audi- Cive qui. cependant. atrcsrécllemenLconstilué la détermination suivante de I. "action; il faudra rechercher l'explication dans l'état habituel du snjet.

Quand on soupçonne un individu d'avoir accompli un acte délictueux <:l4n9 l'état ^ïhypnoicW faudra rechercher expérimentalement la réceptivité «ïu sujet nu magnétisme, de même dans les cas d'automatisme ambulatoire, •éa. propos d'actes civils, donations, testaments, etc., il peut être utile de déterx^^mcr â quel sujet ou a affaire et des études complètes et sérieuses sont ^ ncore à faire sur ces points spéciaux.

Qae dire de la responsabilité des hystériques ? Il parait scientifique de la c=>«:»asidérer comme nulle si l'acte incriminé a été accompli par uncpersonne ^nêtat hystérique, la conscience n'existant plus à ce moment. Si l'iuculpé

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est notoirement hystérique el s'il n'est paa prouvé qu'il a agi pendant un» crise il laut admettre encore la aon-respoosabilité; si on constate des stigmates de l'analgésie, du rétrécissement du champ visuel, etc., on ne peut affirmer que le moi conscient est absolu. « La doctrine de la responsabilité atténuée, commode sans doute, reste comme une purle qui permet à l'enfaQl indécis de se dérober ■; on ne peuten enetmesurer avec prévision la limite dans laquelle on peut fixer ratlénualion ; on soutient alors que le magistrat doit {ixer le degré de la responfiabilité; mais celui-ci s'était adressé à l'eafant pour avoir son avis, conclure à lares ponsal>ililè atténuée, c'est fournir une apparence d'opinion. Les neurasthéniques peuvent accomplir des actes crimiaels. résullaalde l'impressionuabilité et l'excitabililc de leur système nerveux; ils ne peuvent être responsables dans ce cas. L'épilepsie, dont le diagnostic est encore difficile à établir, entraînerait l'irresponsabilité non seulement pendant la crise, mais aussi un peu avant el après; on admet gêné' ralement que dans la période inler-paroxystiqtic il y a responsabilité : ceci parait exagéré et il y a lieu de faire bénéticier l'épileptiquc de l'irresponsabilité chaque fois qu'il est établi qu'il est réellement malade, comme on doit le faire pour l'hystérique. Les difficultés les plus grandes résultent des amnésies et on ne sait souvent comment apprécier par les actes accomplis dans une Tie seconde chez une hystérique ou par un acte K cheval sur les deux vies- La femme, moins souvent que l'homme par tes jurys, semble ainsi être considérée plus souvent comme irresponsable : el les crimes féminins semblent pour la plupart liés à sa sexualité, el aux caractères des dilTérentes étapes qu'elle traverse. La manie, la confusion mcnlaU, la démence précoce sont fréquentes chez la femme, ainsi que toutes les psychoses et toutes les dégM nêrcscences; les effets en sont pour le moins plus graves.

Aucoursdccct ouvrage, M. a indiqué des progrès réalisés et ceux À réaliser: ilastgnalécombien il est difficile de définir la responsabilité: c'est une concep* tîon, d'ailleurs souvent erronée, puisqu'il est des moments où nous croyons être libres sout souvent ceux où nous le sommes le moins, n On ne peut sortir decedilemne : ou l'homme est libre et alors la volonté supérieure autorise le mal à se commettre ou il n'est pas libre et de quel droit le punir un jour, ou le récompenser*? • Il ne faut pas chercher de solution à ces questions, mais la biologie doit faire de nouveaux progrès que le médecin expert pourra utiliser pour mieux renseigner le magistral qui devra être quelque^ peu psychologue. Le magistrat instruit rempla<;atit dans une certaine' mesure l'enfant savant qui conclut d'après un examen superficiel et h&ltmènerait à des réformes considérables et notamment a la création de m&if sons spéciales d'aliénés criminels où seraient placées les personnes acquittées comme irresponsables. Clément CuanpEKTtui.

Lr propriétaire gérant : Fftux AtC&H

ÉTIBOXf lUPRIHBRIE C|l. UÉSIStET ET riLft

SOCIETE DE PSYCHOLOGIE

SbANCE du VENOBEDi 11 JANVIER 1907.

La Société de psychologie a tenu sa séance mensuelle à la Sorbonne le vendredi 11 janvier 190G. Deux communications élaieut ioscrilcs à Tordre du jour, une de H. le D' Séglas sur un cas de négativisme mnésique (l'idée fixe de Couàli), et l'autre de M. le D' Marie sur quelques localisations cérébrales dans l'aphasie.

A huit heures trois quarts, M. Sollier (président)» déclare la séance ouverte et donne la parole au D' Séglas pour sa communication sur un cas de négativisme mnésique.

Communication de M. Séglas,

Un cas de négatlTlsme mnésique (idée fixe de roubli)

Le cas dont je vais avoir Tbonneur de vous entretenir est celui d'an malade, qui présenic des troubles intellectuels assez particuliers, systémalistis daus le domaiue de la mémoire, et que l'on pourrait je crois désigner du nom a d'idée fixe de l'oubli », ou mieux encore de négativisme mnésique.

Cette observation est certainement incomplète à bien des égards, en raison de l'état mental da malade qui no se prèle guère h l'examen, en raison aussi de l'abandon complet où il se trouve, sans visites ni correspondance, i'espëre néanmoins que, malgré ses lacunes forcées, elle pourra présenter quetqu'inlérét.

V. est entré dans mon service en octobre 1902, venant de Belgique et a.meoé par un ami que Ton a jamais revu. Il est impossiMc d'obtenir de lui aucun renseignement. Quelque question qu'on lui pose, ce sont toujours les mêmes réponses stéréotypées : « Je ne sais pas ; — je ne peux pas dire ; — jai perdu ta mémoire ; — ie ne me souviens de rien, ni du mois, ni de l'année; — je ne sais m^me pas ce que je fais, b Toute insistance est inutile; et V. ne sort pas de la. De plus, il est manlTesle qu'il ne fait aucun JoornaX de psychologie. 7

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effort poar chercher h rappeler ses souvenirs ; et même il donne TimpreisioD d'une mauvaise volonté éviilente, d'une sorte d'altitude négativistiqae particulière, comme s'il était désormais bien entendu que sa perte d« mémoire fut complète et définitive.

Tout examen direct dans ces conditions se trouvait impossible; et en l'absence de renseignements, on ne pouvait avoir d'autre recours que l'observation indirecte.

Si restreinte et si monotone que soit la vie d'hdpital, on s'aperçoit ainsi qne V. enregistre des acquisitions nouvelles et même peut les évoquer en temps opportun, comme le preraiervenu.il n'est nullement désorienté, sait où il est, connaît vite et bien les êtres du service, les personnes, employés ou malades, qu'il interpelle au besoin par leurs noms exacts. On l'occupe au service du rérecloire ; c'est là son domaine qu'il connaît à souhait. Il met sans se tromper le couvert à 16 tables de 7 malades chacune. Ce n'est pas U une besogne purement automatique. En effet il arrive tons les jours que des malades soient absents par congé on par maladie ; et V. sait fort bien, de lui-même, ne pas mettre le couvert à leur place.

Le contrâlo est d'ailleurs possible; mais à une condition indispensable. C'est de ne pas poser è. V. de questions directes, de ne pas avoir l'air de faire appel directement à sa mémoire. Il faut au contraire s'appliquer à le faire intervenir dans la conversation, comme si l on s'adressait non à un malade, mais à un infirmier chargé d'un service particulier.

Par exemple, en faisant une visite au réfectoire, on s'arrête devant une table où manquent 3 couverts. On en fait la remarque à l'infirmier qai, stjlé d'avance, donne une réponse vague et embarrassée. Alors V. intervient et dit : ■ C'est que X. et Y. sont en congé. — Mais, lui réplique-t-oo, Y. n'est pas en cougè. — Sans doute, mais il est à l'infirmerie et Démange pas au réfectoire. •

On bien, dans les mêmes conditions: « Pourquoi donc X. n'est-il pas à table? il n'est cependant pas malade... Non. répond V., mais il a eu un accès d'épllepsie avant le déjeuner, et il est sur le lit au fond de la salle, s

Ces exemples, et bien d'autres, montrent donc queV. enregistrait les faits journaliers et pouvait en temps opportun en évoquer le souvenir; mais, nous le répétons, à la condition de n'être sollicité que d'une façoa indirecte.

Nous avons cherché alors & mettre à profit cette constatation pour les faits antérieurs à l'entrée. Avec des précautioas et de la patience, nous pûmes ainsi uous assurer que cet homme, qui disait ne se souvenir de rien. savait cependant beaucoup de choses.

Il peut dire par exemple que son père est mort vers soixante-quatorze ans d'une cystite; sa mère vers soixante-douze ans de paralysie; qu'il avait une soeur plus jeune que lui de deux ans^ morte il y a environ quatre ans. Lui-même est né le 6 mars 1663 à H... canton de M. .. arroudissemeat de M,., déparlcracnl des A. . . ; il eu est parti dènoitivemcnt à l'Age de

sociUtê ob psYcnoi.oaiH

treDle-trois ans enviroD. Il a été Â l'école jusqu'à l'âge àe seize ans ; puis il est entré Uaos le pays môtne en apprentissage chez uncloulier; il y «6t resté deux ans. A dix-liuil ans. il est devenu mouleur : il a travaillé dans fî maisons diOcrentcs donl il donne les noms et adresses jusqu'à l'&ge de Irente-lrois ans. Il gagnait 6 fr. 25 à 6 Tr. -SO par jour. 11 a Tait un an de service militaire à Granville au 2* de ligne et donne le nom de ses ofllcîers etsous-oltlciers.

Il s'est marié, étant chez son dernier patron, avec sa cousine germaine, originaire de L. . . en Belgique. Il s'installa avec sa femme dans son pays natal & H... Il n'était avec elle que du samedi, au lundi, partant par le train de 8 heures et revenant par celui de 0 heures à N.. . où était son usine et où il passait la semaine dans une pension. Il a eu 3 enfants, tous garçons, se suivant à douze ou quinze mois d'intervalle. Les deux aînés sont morts du croup eu bas âge; le troisième, encore vivant, était né avec un bec de lièvre, opéré à Itelms par le D' Doyen.

Jamais V. n'avait été malade, lorsqu'un lundi matin, en se levant, il s'est aperçu qu'il voyait double. Au bout de quelques jours, il a quitté H... et est allé en Belgique dans le pays de sa femme où il s'est occupé dû culture. Il a consulté pour sa vne les docteur'^ H. k Namur et C. h Bruxelles qui lui a donné des lunettes avec l'œil gauche masqué. 11 y avait deux ans qu'il était en Belgique lorsqu'il a commencé ù perdre la mémoire. Sa mémoire s'afTaiblissanl de plus eu plus, il est venu â. Paris, amené par un de ses compatriotes D. J. qui y avait été soigné jadis. Il est allé consulter à ta Salpêlrière, d'où on l'a envoyé A Ricélre.

Tels sont les renseignements que l'on arrive à obtenir de lui. On ne peut évidemment eu garantir l'exactitude absolue, en raison de l'abandon où se trouve le malade et de l'impossibiUlé d'un contrôle direct. 11 y a cependant quelques raisons de les croire assez exacts. Pourquoi le seraient-ils moins que ceux recueillis sur la période pusiérJcurc à l'entrée et dont il fut possible de conlrùler directemeul l'exactitude ? D'ailleurs ils se sont répétés identiquement au cours de nombreuses couversalions; il esta remarquer 4ussi qu'ils n'ont pu être obtenus que par fragments Î5o1és> qui s'adaptent «l concordent bien les uns avec les autres; et que même ils peuvent à l'occasion se contrôler réciproquement. Par exemple le malade donne un jour .Bes deux dates extrêmes entre lesquelles il est resté comme mouleur dans ^00 pays ; un autre jour il indique les maisons où il a tr&vadlê, le temps ^i^u'il a passé dans chacune d'elles : or l'addition de ces périodes de temps ^Successives se irotive remplir exaclemeol la période totale ûéjik indiquée.

Il semble doue bien résulter de tout cela que V.. bien qu'il prétendit ne -^r-ien savoir, était cependant capable dans certaines conditions d'évoquer ^=9es souvenirs de ^a vie antérieure, et de sa vie à l'hôpital.

Un peu plus tard, les mêmes souvenirs, déj^ obtenus d'une façon iudi- K^«cte, peuvent se manifester aussi lorsque l'un fait direclemcnt appel k la Knémoire ; mais cependant avec une dilTcreDcc qu'il importe de noter.

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Oansl& conversation indirecte le rappel des souvenirs «e fait sans aucune difGcutlc el en môme temps sans hixitalion. V. se porte garant do ce qu"ii avance.

En voici un exemple : « il est venu, lui disons-nous un homme pour vous voir hier, il adit s*appetcrS. et avoir été votre patron (tout ceci étant d'ailleurs une simple supposition, une amorce). — Je ne connais pas. dît-îl, — Ou insiste et il réplique catégoriquement : « mai^ Je vous dis que je ne connais pas ce mansicur, jcsaù6i>n que je n'ai pas travaillé chez lui, je le garantis »; et pour le prouver 11 cite sans hésitation tous les noms el adresses de ses patrons successirs que l'on n'avait pu obtenir jusque lA.

Cet exempte montre à la fois ce qu'on peut obtenir par la conversation indirecte et aussi le caractère arflrraatir, catégorique des réponses.

Au contraire, s*agil-il des mêmes faits, évoqués par l'inlcrrogatoire direct, V. ne les énonce jamais sans les faire suivre des corrcclirs : « du moins il me semble^ je ne vous garantis pas ». Si l'on insiste pour le faire préciser, ses doutes, ses hésitations s'accentuent et il finit par dire qu'il ne l'ait pas.

Ce doute est une particularité très importante, en raison de son contraste avec la certitude dos souvenirs obtenus dans d'autres conditions ; el aussi de la présence d'autres symptômes dont uons allons parler maintenant.

On a pu voir par ce qui précède que V. localise les faits par leurs rapports réciproques dans le temps. Mais sauf la date de sa naissance. 6 mars 18G3, il ne donne jamais aucune date, pas même dans la conversation indirecte, h 11 n'en sait aucune, dit-il ; il est incapable de les retenir 0

Celle question des dates se présente même chez lui sous un aspect particulier que n'ont pas les autres faits de mémoire. Elle est devenue une sorte d'obsession. Vingt fois parjour.à tout propos et hors de propos, il consulte le calendrier, s'informe auprès des inllrmiers de la date du jour et chaque fois il l'inscrit aussitôt sur un bout de papier, un journal, sur différentes pages d'un carnet spécial. Mais cela n'est qu'une sorte de manie, [au sens vulgaire du mot) ; il ne fait aucun effort pour utiliser l'indication ainsi prise et fixer le souvenir. Aussi IMnstani d'après est-il incapable de répéter la dateel il se contente de la récrire une fois de plus. Mais en revanche, s'il ne peut dire la date, il se souvient très bien de l'avoir demandée ù lelle el telle personne et de l'avoir inscrite un certain nombre de fois, & telles el telles pages de son carnet ; et ces pages, il les retrouve sans hésitalioa et sans confondre la date du jour avec celle des jours précédents.

Cette amnésie des dates esi-elle réelle? Nous ne saurions le dire. Il semble toutefois que V. se fasse à propos du souvenir une idée un peu particulière. Il lui est arrivé en effet quelquefois d'indiquer exactement l'année tOOO, 1907. Si on le lui fait remarquer il réplique : ■ Mais je ne m'en souviens pas; c'est seulement parce que je l'ai va le malin sur U calendrier du réfectoire. i'

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Il prétend également, en se fondant sur son ignorance des dates, n'avoir même aucune notion du temps depuis son entrée. Or un jour, nous demandions devant lui d'un ton indifférent: « A quelle table mange doncC. — Uais dit V., avec un naîrélounement, il est parti depuis longtemps. — AU t c'est vrai, il a élé Irausréré il j a trois mois. — Trois mois ! reprend V. il y en a plus de six ; c'était au commencement de rannce. » (exact).

Quoiqu'il en soil» cette ignorance des dates est ici capitale. C'est en effet sur elle que V. s'appuie pour dire qu'il a perdu la mémoire ; c'est la preuve de son amnésie. Qu'on lui dise, par exempte, après une conversation dans laquelle il a évoque le souvenir de nombreux Taits : n Eh bien 1 mais il me semble que cela va mieux I Voilà bien des souvenirs de retrouvés. — Souvenirs? vous appelez ça se souvenir! Vous savez i:ependant bien que j'ai perdu la mémoire, puisque je ne sais même pas la date. »

En dehors des Taits qui viennent d'être signalés, V. ne présente aucan symptôme morbide caractérisé.

£n résumé : allégation d'une amnésie complète, mais possibilité d'évoquer des souvenirs nombreux; certitude dans l'évocation indirecte, doutes dans l'évocation directe ; ignorance (?) et obsession des dates comme point de dépari de la prétendue amnésie totale qui semble devenir ainsi ane sorte d'idée fixe de l'oubli.

Par certaios côtés, ses doutes, sa hantise de la date, sa manie des papiers, V. rappelle quelque peu certains obsédés. Mats cette analogie est plus superHcidle que profonde. Les phénomcDea cliniques qui font d'ordioaire cortège h l'obsession vraie, ceux d'angoisse notamment, font totalement défaut chez notre malade; et son idée llxc de l'oubli se présente beaucoup moins comme une obsession véritable, que comme l'expression d*un phénomène psychologique plus profond, le négativisme, qui, systématisé dans le domaiue des faits de mémoire, pourrait mériter à cette observation le litre de négativisme mnésique.

D^uoe façon générale, un peut (.Mre que le malade est doué d'un esprit d'entêtement, d'opposition manifeste. Souvent il nous en a donné des preuves. Eu voici un exemple cutr'autrcs. Il se plaint souvent d'être abandonné, sans nouvelles des siens. «■ Pourquoi, lui disons-nous, n'écrivez-voua pas à votre famille? — Je n'ai pas de papier, d'enveloppes. — En voici. — Je n'ai pas de timbres. — Oii vous en donnera. — Je n'ai pas d'argent. — On vous donnera le nécessaire. — Non. — Pourquoi? — Parce que je ne veux pas écrire et je n'écrirai pas. i

Autre exemple: V. prétend avoir toujours de la diplopie. Bien que toutes nos recherches sont restées vaines à col égard, qu'on en a fait à chaque fois constater le résultat négatif au malade lui-même, cela ne l'empêche pas de s'entêter dans son afGrmalion.

Cet esprit d'opposition, ce négativisme, nous le retrouvons persistant, comme systématisé, chaque fois qu'on aborde le domaine de la mémoire. Nous avons déj& signalé l'absence d'effort et mâme la mauvaise volonté

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éTJdente de V. a propos de l'éTocatioa des sonTenirs. Nous aroas vu aussi que V. non seulement niait la possibilité de se souvenir; mais allait même jusqu'à nier s'être souvenu, au moment où il venait de donner des renseignements sur un fait dètenntné. Si devant un encouragement, une Insistance il s'obstine dans sa prétendue ignorance, en revanche il lui est arrivé maintes fois, devant un duulc exprimé devant hii sur la fidélité de sa mémoire, de se révolter et d'affirmer soit l'exactitude d'un fait, soit même la possibilité de se souvenir.

Le lait suivant est assez instructif à cet égard. Dans son service du réfectoire, V., depuis six mois, a l'habitude constante de placer un verre cassé devant un malade de la table 11 ; et des assiettes cassées À toute la table 6. Ce n'est pas I& un acte automatique, mais un acte voulu ; parce qu'il a eu nn jour une discussion avec le^ malades II en sera ainsi, dit V., tant que je serai au réfectoire. — Bah ! disons-nous, vous oublierez bien un jour, puisque vous nubijpx tout ? — Ah I vous croyez que je ne me souviens pas, et bien vous verre/.! Ils m'ont fait la vie une fois pour des assiettes cassées. j'ai dit « vous en aurez tous les jours ■ ; ils les ont «ucs et ils les auront, u

Il nous semble donc résulter de tout ce qui précède que V. est bien un négativiste et que les troubles delà rocmoirc qu'il présente ne sont que l'expression du négativisme, nystémalisé dans le domaine des faits de mémoire, un négativisme mnèsique.

Telle est riuterprélation qui nous paraît la plus plausible. On ne peut guère penser, en efTet, qu'il s'agisse là d'une simulation, en raison de la durée de l'observation, de la persistance des symptômes sous une forme identique; des contradictions mdtnes qu'on yremarquect que V. est trop intelligent pour ne pas comprendre et corriger, s'il était un simulateur.

D'un autre côté, sî ce cas présente quelque analogie d'apparence avec ceux dits d'amnésie continue, il en diiïcre au fond notablement.

Sans doute chez l'amnésique continu, les souvenirs, qui ne peuvent être évoqués volontairement, sont susceptibles de réapparaître automatiquement dans certaines conditions mentales (états d'inconscience, rêves...). Mais ce sout toujours des souvenirs fragmentaires, des produits de l'assuciation automatique, survenant hors de propos et inutilisables dans les circonstances courantes. Chez V. au contraire les souvenirs, évoqués dans la conversation indirecte, sont des souvenirs inlelligents, et ne diflerent en rien de ceux que pourrait avoir une personne bien portante, placée h ce moment dans les mêmes conditions que lui. V. ne prend pas garde alors qu'il se souvient et voilà tout.

D'un autre côté, si l'amnésique continu ne peut évoquer volontairement ses souvenirs, du moins fait-il des efforts, manifeste-t-il de la bonne volonté. V. au contraire, nous l'avons vu. non seulement ne fsit pas effort, mais même témoigne toujours d'une mauvaise volonté évidente. L'un ne peut pas, l'autre ne veut pas se souvenir ; au lieu de l'aboulie simple, c'est le négativisme.

S0CIÈT6 DE PSYCnOLOGiB

M. Arnaud. — H. Séglas a discuté avec sa p«Dèlr&lion habituelle la question de diagnostic soulevée par l'intéressante observation de son malade. U incline vers le diagnostic d'idée fixe obacdante, d'une sorte de manie d'oubli chez un sujet qui. d'ailleurs, conserve de très nombreux souvenirs, sinon tous les souvenirs. Ce diagnostic me semble pleinement juBlillé, et je serais tente d'éire plus anirmaliT encore que M. Séglas. Parmi les détails de l'observation, je relève celui-ci : le malade cesse d'invoquer son amnésie et même il aflirmc nettement l'exactitude de ses souvenirs, quand on le contredit. Or, pareille chose s'observe couramment chez les obsédés douleurs, chez les psychasthéniques vrais, surtout lorsqu'ils présentent, ce qui est Iréquent, des idées de culpabilité. Si on conteste la légilimitc de ces idées, <es malades qui doutent de tout, qui n'ont de certitude sur rien, s'excitent, s'émeuvent, et affirment avec la plus grande énergie qu'ils sont réellement coupables. Il y a 1& ud contraste curieux, qui me parait se retrouver précisément chez le malade de M. Séglas et qui est de nature à rapprocher ce malade des obsédés et des douleurs,

H. SoLLiKR. — Ce cas très intéressant rappelle beaucoup le négativisme

«uquel se réduit quelquefois l'état morbide chez d'anciens mélancoliques.

On retrouve également chez beaucoup de neurasthéniques obsédés ces afOr-

rnalioos que leur mémoire ou leur intelligence ont considérablement dimi-

xiué, alors qu'indirectement ils donnent la prcuvedu contraire. A quoi lient

«sette impression des malades qu'ils ne peuvent pas faire une close qu'ils

^ODt en train de faire, qu'ils ne voient pas une chose qu'on leur montre toat

^n faisant des remarques à son sujet ? C'est là un phénomène qui se reu'

^^onitx dans un assez grand nombre de psjcho névroses ; mais il est excep-

Câonnel de l'observer k l'état isolé et comme seule manifestation morbidfi

dès le début, ainsi que le montre L'observation de M. Séglas.

Après lacommunicalion de M. Séglas, M. Sollier {président) ^ donne 1^ parole à M. Marie pour une communication sur quelques localisat^ons cérébrales dans l'aphasie.

Communication du ly Marie.

But qaelqnes localisations cérébrales dans l'Aphasie

Mcsssicurs,

Des faits réceuLs d'une interprétation nouvelle, viennent de remettre à

*- Ordre du jour la question de la localisation de l'apbasie. Broca avait loca-

^^^é tes fonclious du langage dans le pied de la troisième circonvolution

^vontale gauche ; sa théorie et les faits invoqués & l'appui n'étaient pas

^Ads avoir soulevé des objections.

JOVRNAL DK PSYCROLOGiH

Nous Dous conlenterons de cîUïr, parmi ses contradicleurs Baleman de Norwichf dès 1850 et, plus récemment, Beraheim de Nanc)- dans son mémoire de 1891 dans la Revue de Médecine el soo rapport de 189&au Congrès de L/on.

HM. les professeurs Grasset, de Montpellier, et Biaochi, de Naples, entre autres, ont repris aussi, depuis le travail de P. Uarie (25 mai 1900 S. U.) la discussion générale du problème eu s'efforçant de coocUier la doctrioe classique depuis Broca et leurs obAerratioQs personnelles arec les appréciations du savant médecin de Bic^^lrc.

A ta suite de longues recherches P. Marie apporte aujourd'hui des données nouvelles ; il cherche à établir que les troubles du langage sont essentiellement liés t des lésions d'un quadrilatère comprenant la région de la Sylvienne et des noyaux centraux (le lenticulaire surtout) et les zones capsulaires voisines, internes et externes.

L'aphasie vraie serait produite suivant P. Marie par les lésions de ce quadrilatère et de la zone de Weroicke et des fibres qui eu provienneDl. Tanathrie résulterait des lésions de la zone des noyaux gris centraux* la lésion accessoire de la F' pouvant ou non s'y joindre « comme an par hors-d'œuvre ».

Nous n'aborderons pas dans les quelques notes qui vont suivre la question si complexe de la Psychologie de l'Aphasie ; nous nous réservons d*j revenir. Mais nous avons cru boa d'apportcric débat analomo pathologique devant la Société de Psychologie, en lui présentant quelques pièces qui ont leur importance dans la discussion présente. Voici les observations correspondantes dont M. Raymond Meunier a bien voulu rédiger le résumé.

I. — Notre premier malade Rr... est entré k l'Asile par transfert, c'est ua ancien peintre en b&timent, âgé de soixante ans. D'apparence vigoureuse, on relève & soo dossier :

Un traumatisme par suite de chute du funiculaire de Bellcville, il y a quelques mois; pas de saturnisme» mais buvait 1 litre el demi de viu par jour.

Ictus fugace avec aphasie et hémiparésie droite chez le coiffeur, il y a quelques semaines ; put rentrer chez lui, mais dut entrer a Tenon.

La, Talcoolisme latent joint au foyer cérébral amenèrent un état d'excitation, qui troubla le repos de la salle. M. le D' Floraud l'évacua sur l'Asile clinique (Accident d'alcoolisme chronique avec délire, affaiblissement des facultés intellectuelles avec aphasie, hémiparésie droite, lurbuleDCe) (Maguan).

A Villejuif nous constatons l'embarras de l'expression verbale (dysarthrie) avec retard dans les perceptions (20 novembre).

Examens: du tact (diminué à droite), de la sensibilité thermique el de U force musculaire (diminuée également et avec tremblement), de l'odorat el du goût (conservé), de la vision des couleurs (boune), mesure des temps de

aOCiÈTe DE PSYCilOLOGiB

rê&ctioa (augmentalioD rccUnèe par rattention an fur et à rocsare de l'cxameD) très rariable d'ailleurs selon tes expériences. — Fatigué rapidement.

Le 8 décembre 1906. Nous examinoos d'abord la mémoire du sujet d'une façon géuérale ; elle est bonne. II se souvient de tons les principaux événemenui de sa vie, même des événements récents. 11 nous raconte des anecdotes d'atelier. Sa mémoire affective est bonne ; il prononce avec une tendre effusion le nom do ha femme Catherine. Il a pour s'exprimer un nombre de mots suffisants ; mais ta dysarthrie est très prononcée ; pourlaol lorsque nous lui soufllons le ternie il semble le reconnaître et parfois remploie.

11 se souvient parfois de la chose, mais l'exprime par un autre terme : il dit algèbre pour arithmétique, et il pense cependant aux opérations élémentaires que font les enfants des écoles primaires.

11 est & ce propos iotércssaul de noter qu'il ne peut retenir les Image» motrices correspondant au mut arithmétique qu'il a certainement connu et employé alors que le mot algèbre^ plus rare pour lui revient sponta- Dément.

Noua croyons tenir rexplicalion de ce fait dans un coefficient émotif pins élevé pour le mot algèbre que les gens incultes prononcent avec l'admiration qu'ils ont pour les choses extrêmement dinicilcs et qui les étonnent.

Nous lui faisons lire une phrase d'un volume de M. nibot : Kuai sur Us pOâsioru, (page 90). 11 prononce dinicilemeot. mais comprend sa lecture, la paraphrase est assex prononcée, il lit arex pour âges, et répète l'erreur a plusieurs reprises. Mais il comprend, le texte, rit gaillardement au mot amoureux ; ne semble pas saisir le sens de Tépithètc fau. l)u reste, il n'emploie jamais ce mot dans la conversation. A plusieurs reprises, voulant nous exprimer ses craintes de passer pour fou, aux yeux de ses camarades (I) parce qu'il lapait des pieds dans la cour pour éprouver sa force, il emploie le mot dérangé a Ils doivent croire que je suis un peu dérangé. » Au mot vengeance, il fait une mimique expressive pour indiquer qu'il a compris.

Nous lui dictons la même phrase. La paraphasie se retrouve : il écrit

^Vopo/^on au Heu de napoliiaiu, et sous ce vocable AVi/^o/eo»*, il veut cepen-

</^ail bien désigner, comme il nous le dit : « Un habitant italien u.

'^^.^xpoUon est venu sous la plume par association avec le mot corse qui se

't-«:^uve i la même ligne.

M i copie ensuite la même phrase. Rien à remarquer, si ce n'est qu'il '^c ^r^ÂXtyne pour type, ce qui est peut-être Isimplement une faute d'attention- K^-e caractère de récriture lui-même est intéressant, mais à un tout autre Y*<=» m- ut de vue que celui qui nous occupe eu ce moment.

S-^'èchture de la copie est plus serrée, plus appliquée, moins belle cepen- »^^-«* t, moins aisée que l'écriture de la dictée.

JOVHSAL UB FsrCUOLOGIB

Nous ex&miaoDs uae seconde fois sa sensibilité tactile. Anesthésie appréciable du c6lé droit.

Il recuDuait et nomme toutes les coulears asaellesquenons lui moatroas (c'est UD ancien peiatrc eu bâtiment).

La sensibilité olfactive est très atténuée. Il respire longuement le Qacoa d'ammoniaque, trouvant que c'est une odeur forte, mais n'en étant pas gêné le moius du monde.

Nous lui mêlions les odeurs sous les narines dans l'ordre ci-dessous en lui disant de les nommer s'il peut, et de dire quelles sont les plus fortes. Voici ses réponses :

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