‹ Journal de psychologie normale et pathologiqueChapitre 31 sur 161 · REPONSES DU SUJET · texte numérisé non relu

REPONSES DU SUJET

Essence.

Plus faible.

Encore plus faible.

Le plus fort de tous.

Je sens bien, mais oe trouve pas le

nom.

Du reste, je n'ai jamais été malade

et n'allais pas chez lepharmacieo.

Très faible, mais je sens très bien.

Il distingue facilemenl le froid du chaud.

Nous lui bandons les yeux et lui plaçons dans les mains les objets suivants : ciseau, bouchon, boile en cartou. montre, pièce de 0,10, brossCp flacon, ouate. U nomme tous ces objets sauf un : le bouchon, il dit seulement qu'il recouit&it bien cette forme là, mais ne peut trouver le mot. Du reste au lieu de forme, il dit force. Pour la brosse qui est une grosse broiM avec laquelle on nettoie l'évier du laboratoire, il dit : tiens une broBse à ongles, ou une brosse pour rincer chicots (les dents).

Nous lui montruus enHn toute une série de figures géométriques ; il retrouve les noms de toutes (même du losauge) sauf une, le rectangle. Il dit « c'est un carré allongé >•. Quand nous la lui nommons : « C'est un rectangle a ce mot ne lui rappelle rien.

Décès subit par nouvel ictus le â3 décembre. A L'autopsie on ne trouve pas de lésion appréciable de la circonvolution de Broca et d'une façon générale du lobe frontal.

En revanche dans la zone de Pierre Marie daus le quadrilataire insulotenticutaire, un trouve un foyer qui englobe l'avant mur, la capsule externe et l'angle postérieur du noyau lenticulaire. (Le bras postérieur correspoodant de la capsule interne est appauvri en flbres); au centre du foyer émerge un rameau sylvien athéromateuz, oblitéré ; le foyer se prolonge obliquement en arrière du lac sylvien dans le lobe temporal dont tout le bord

SOCtETH VE rSÏCHOl.OGIIt 10"

âupérieor est nucluaot au doigt; pas de lésioa symétrique, athérome notable au coaQaeot de la carotide interne G. avec Kheiagone.

[|. — Le deuxième malade M. F. dont nous présentons les pièces est un ancien jardinier, &géde cinquante-six ans, sachant lire et écrire.

Mospitallsé d'abord à Yillers-Cotterels, il entra le 15 octobre 1906 a Sainte-Anne avec re oertiflcal rédigé parie D^ Lepras : <; Alcoolismechroniqae. ACTaibti&sement intellectuel. Propos 5ans suite. Hallucinations. Insomnie. Contraction musculaire V. Ce certificat fut conOrmé par deux bulletins immédiats et de (piinzaines du D*" Magnan.

Transféré le 2 novembre À Villejuif nous n'eûmes pas à constater les insomnies, cauchemars et hallucinations relevés à Sainle-Aone. Par contre le malade présentait des troubles du langage caractérisant l'aphasie dite de Broca.

Le ccrttfîcat du 3 novembre porte : k Est atteint de démence organique, aphasie incomplète en voie de réparation (foyer probable de ramolisseraent avec réaction secondaire de roisinage — athoromo artériel — Antécédenis élhyliqnes anciens v (D*' Marie).

Celoi du 16 novembre confirme « la démence organique avec foyer restreint ayant entrainé un ictus arec aphasie incomplète conséeolivc — Athérome ; emphysème, subiciére (D' Marie).

Ao point de rue anthropométrique M. P. est de taille moyenne l'",66; il pèse 58 kilog. ; la circonférence thoraciquc est de 80 c. l'abdomeu de 74. La force dynamométrique est de 15 kilog. à gauche comme a droite.

L'examen crftniométrique a donné les résultats suïvanlst

Diajnàtre bi-pariéul 1l,9courbot.

Diamètre naso -occipital 18,0 courbe a. p.

Angle l'acial 5S,U

Circonférence S6,0

Les sensibilités tactiles et auditives semblent normales, la vision également, autant du moins que l'état dcmcntiel du malade permelLait de le rrconnallre. A signaler toutefois un relard assez net des perceptions. A l'entrée le malade est calme, a bon appétit, se tient bien à table. -A nos questions le malade ne peut nommer les objets les plus élôroeafAÎrea qu'on lui montre (table, souliers, etc,}. Pourtant il se souvient eu {féoéral de leur usage et même lorsque nous lui montrons une brosse, «près avoir fait le geste de brosser sa manche, il arrive à retrouver l'image Verba.ie. Nous lui dictons une phrase du Petit Parisien ainsi conçue:

* Ce Président de la République a reçu cet après-midi à quatre heures la

Visiie du roi de Grèce qui était accompagné de son grand ccuyer. a Puis

^ous luj faisons copier la môme phrase. 1/exameo des textes montre la

^"Périorité de la copie sur la dictée. Evidemment les images auditives ver-

»&\c« goQt beaucoup plus atteintes cher, notre malade que les visuelles.

JOVHNAt. DE PSYCaOLOGIE

L'agrapbie est du reste ass«z légère, plus lirnilée que l'aphaâie qui est ellemême iucoinplèle.

Le malade reconnalL les couleurs des bous que nous lui montrons : bleus et rouges et les nomme. Lorsque nous lui présentons une clef, U fait le geste d'ûUTrir une porte mais ne peut la nommer.

U essaye quelques monosyllabes commençaot par la lettre C mais D*arri?e pas À reconstituer le mot correct, il y a souvenir incomplet de cer* tains ëlémeuLs de mot :

Le 16 novembre nous examinons de nouveau le malade. Son étal semble s'être considérablement amélioré. Nous lui bandons les yeux et lui faisons palper lesubJeLs suivants qu'il doit nous nommer en se basant sur le seul sens du toucber et les impressions stéréogoosliques: une cler. une brosse, un livre, une épingle, une bouteille, un boucbon, une enveloppe de lettre, une tabatière sont ainsi successivement et assez facilement recoauusj il les nomme presque sans hèsilatioo.

Nous lui mettons dans la main un tampon buvard; il dit a c'est pour essuyer l'encre sur le papier ».

Nous enlevons alors le bandeau de ses yeux, et lui remontrons la mAme série d'objets qu'il doit nous nommer. U le fait sans aucune hésilalion. Nous lui montrons une carie d'Europe teintée de diverses conicurs. 11 nous nomme Tacilement le rouge, le bleu, le vert, le noir, pour le violet, ii tiésitelonguif ment mais fluiL par la nommer. Lejaunesealu^eslpasrecoaDa; il nous répond seulement «< couleur espagnole »■

Ce n'est pas que l'Espagne sur la carte en quesLiou fut colorée en jaune et rouge {c'est la Belgique qui était jaune rouge) mais il semble y avoir en association avec le souvenir des couleurs réelles du drapeau cspagooL

11 prélend maintenant se souvenir facilement des noms de famille, mais point des personnes.

U est pourtant incapable de prononcer son nom ni son prénom. U essaie pour s'en souvenir de les épeler; mais n*an-iveà aucun résultat satisfaisant à l'aide de ce procédé. Comme il ne peut retrouver son prénom Edmond» nous lui disons que la premiiïre Icllre est un E.U cherche alors et dit: « C'est Elienne, ça s'écrit n e n ». Il prétend avoir un fils qui s'appelle tailleur, il dit que sou propre nom s'écrit T, a, i, 1... Il est à remarquer que nous lui avons posé cette question immédiatement après lui avoir fait nommer une tabatière. Tabatière, Tailleur, Etienne: il y a peut-être dans celte prédominance des T, le môme mécanisue stéréotypiquc que noua retrouvons dans son écriture (Intoxication par la lettre).

Nous lui demandons de nous nommer quelques Présidents de la République. U nomme d'abord Carnol ; mais ne pcuL retrouver son prénom.

Quand nous lui disons Sadi, Sadi Carnot, ce prénom semble bien ne lai rien rappeler. Puis il nomme Tbiers et Mac-Mahou.

Nous présentons une montre, il la nomme ainsi que les aiguilles.

SOCIÉTÉ DR i'SYCHOLOGIK

Nous nous proposions de compléter notre examen psychologique puréiiide de la reconnaissance des sensations olfactives, et des souvenirs musicaux de notre sujet, lorsqu'après la rémission partielle que nous révélait celte dernière série d'expériences, il tomba dans le coma et mourut en &s;sto!iele 27 novembre.

A l'nulopsie. I>asurfacedu cerveau présente un aspect général opalescent- Sur l'bémîspbèrc gauche on aperçoit de suite une IcMon assez considérable dans la circouvulutioD dcBroca.

Pas de lésion du lobe temporal. Les coupes horizontales montrent qu'il a'y a pas de lésion du centre ovale, ni des circonvolutions sous-jacentcs.

A la coupe de Flechgig on trouve un double foyer ; l'un en arrière du carrefour sensitir.auniveaude la corne postérieure du ventricule latéral dans la substance blanche sous-iaccntc a la circonvoluiion de passage entre les cônes temporales et pariétales. Ce foyer est du volume d'une grosse lentille.

Un autre foyer beaucoup plus important sicRe sur toute l'étendue de la 3™° frontale. 11 englobe la substance grise corticale cl s'éieiid sans interruption jusqu'au milieu de la substance blanche des fibres convergeantes frontales.

Un petit prolongement du foyer s'avance un peu au-delà du niveau de rexlrémité du ventricule antérieur, he prolongement de ce foyer est bifurqué en avant, l'une des extrémités dans la xone blanche centrale, l'autre s'avançanl dans la substance blanche sous-corticale. Des coupes en série rcmoDtanl vers la limile supérieure de la première frontale, montrent que le foyer ne s'étend pas au-delA en surface, tout en restant assez profond et pênélraaU

L'aspecl général deccs deux foyers, fronlai et correspondant à la zone de Weruicke, montre uq effondrement de la substance blanche sans foyer ocrcux. Il semble bien qu*il y ait eu là irombose et oblitération de vaisseaux s&ns hémorragie.

L'hémisphère droit ne présente aucune parlicularité sî ce n'est une raréfaction générale de la substance blanche, analogue d'ailleurs à celle de l'autre hémisphère mais sans foyer localisé. L'auiopste complémentaire a été relevée par M. noiet, interne du service. Des préparations histologîques de substance cérébrale seront faites uUéricurcmenl.

IIL — L'étal démentiel avancé des autres malados qu'il nous reste h présenter ne nons a pas permis un examen psychologique bien complet.

Le premier Br... Agé de soixante ans est un ancien maçon. Il entra à Tasilc par évacuation du service de M. le D' Lcooir. 11 étail atteint de ramullisscmcnt cérébral, alité, gâteux, hors d'état de répondre il toutes oos questions.

Il s'agissait ici d'une démence secondaire surajoutée & une aphasie pri-

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