JOURNAL DB PSI
mitiTe. Il- le D' Lenoir avait heureusement examiaé ce malade pendant plusieurs mois, ei il nous a commuoiqué le résultai de sud examen, établi par H. P. Camas, sou iaterne.
i Aphasie complexe seosorielle cl motrice avec légère hémiparésie droite, Iroublcs visuels secondaires (hémiaoopsie gauche bilatérale homonyme) ».
Le malade agraphique et aphasique complet À son entrée h Villejuif, était en outre a^nosique (ex : il prenait sou urinoir pour un cararoa cl cherchait â boire & même).
Décédé quatre mois aprè.s son entrée par suite d'ictus Hnal, il présentaà l'autopsie des foyers multiples de la région frontale, mais avec prédominance marquée dans la région de Broca. Cependant, concomitantes à ces lésions, se trouvent des lésions de la zone de Weruicke avec extension maximum dans la région pariétale postéro-tuférleure, ainsi que des lésions capsulaires gauches d'apparence plus récente et moins ocreuse (cause |m«bable de l'iclus terminal] Thémisphère droit présente un foyer lacunaire du bas postérieur de la capsule interne (volume d'un poids) et un ramolissement en bloc de tout le pôle occipital inférieur en de&sous de la scissure cdicarinc-
IV. — Ijptre malade suivant, I)av... est 4gé de quatre-vingt-quatre ans, profession inconnue, entré en août 190(> au dépôt pour démence paraphasique.
A l'Asile clinique, on relève faiblesse musculaire, affaiblissement intellectue! avec aphasie.
A Villejuif, uu mois après, on note : Aphasie, propos sans rapports avec les questions... Lorsque nous l'examinons, nous uotons (Aphasie incomplète); le malade articule bien les mots les plus divers* mais d eo fait usage au hasard et sans aucun rapport avec les questions posées, c'est une vraie salade de mots, «t le malade ne reconnaît plus les objets d'usage courant (c'est ainsi que lorsque l'inJirmier lui présente sou caleçon, il urine dessus comme si c'était un vase et se le place ainsi sur la tête comme coiffure).
Peu à peu l'affaiblissement physique s'accentue, le malade après une sortie eu promenade s'alite (rclcnlton d'urine et cathélérlsme).
L'articulation des mots devient moins nette et les personnes qui Le visitent ainsi que les infirmiers remarquent qu'il ne s'exprime plus qu'en patois alsacien sans d'ailleurs que ces mots aient plus de lien entre eux el de suite, que les mots français, aulérieuremeat. (Hegression probable à un stade de langage antérieur).
Décès le 17 décembre par pneumonie massive gauche, aorte atrbéromateusc avec iosulllsance.
Le cerveau ne présente pas de lésion frontale gauche mais un foyer en arrière du quadrilatère de P. Uarie, au point de jonction des lobes pariétaux et temporaux, le foyer s'étend obliquement comme le précédent, dans le bord supérieur du lobe temporal gauche.
HOCIÉTÉ DE PS}
V. — Le mal&de Dvd..., Âgé de BoixanLe ans esl eniré (laoR le service en transfert de Saiiile-Aime où le D' Simon lui avait rédigé le buUetiDimroédiat suivant : est alteiut d'alTaiblissemeat des facuUéa mentateâ avec incapacité de se diriger, turbulence, faiblesse musculaire, gMisme; c'cftt cd agnosiquc tjrpiqae.
Examine par nous h diverses reprises, lasensibililé tactile nous parailDormale, ainsi que lasensibililé audîUve.
L'infirmier le crut entièrement aveugle, pourtant il a conservé la vision des objets, mais sans iulerprél&liou, ni utilisation psjchiquc.
II parvient à lire l'imprimé en très grosse:* lettres (titres de journaux). C'est à peine a'il parvient avec lesplus grands elTorts, à écrire les lettres de sou nom prononce son prénom Alfred, lorsque nous le lui disons, mais ne peut l'écrire. Après l'effort qu'il vient de faire pour écrire, nous lui présentons une bouteille ; il dit que c'est un crayon et s'cff'orcc d'écrire avec, tl j a certainement là un mécanisme cérébral analogue & celui que nous avons déjà mentionné pour le malade M. P.. .(intoxication par la lettre], c'est une iotoxication par l'effort. Il confond du reste tous les objets, ne retrouve plus sa place à table, no sait pas se servir des couverts, ne reconnaît pas les aliments ; c'est un dément orgauique avec agnosic et apraxie.
A l'autopsie, nous trouvons un alhéroroc très marqué de Tarière sylvieanc ainsi que de la portion terminale de la carotide interne.
LacoupedeFlecbig monlrerinlëgrilé dti pôle frontal, la coupe temporale De présente pas de lésion pas plus que la zone de Wemicke. Notons tonterois un appauvrissement notable de la substance blanche dans le carrefour seositif. Il faut arriver à la portion moyenne du noyau lenticulaire pour relever dans l'angle anléro-cxlerno un foyer d'un cenlimèlre de longueur sur un demi-centimètre de large empiétant sur ta partie correspondante du bras antérieur de la capsule blanche interne.
Le plancher du quatrième ventricule présente la tangue de chat. Les
. artères et la basilaire ainsi que ses branches qui en émanent présentent en
^^kertains points une ossification très prononcée en canon de plume.
^^B Dans l'hémisphûre droite un foyer du volume d'un petit pois s'observe
^^Baos la partie postéro-extcrne du centre ovale. Méninges opalescentes.
^^ VI. — Le sixième cas concerne un hémiplégique gauche avec aphasie et et agraphie transitoires par ictus répétés 2 fois en cinq aus. Lall, cinquantedeux ans, marié, aeu une instruction relativement complète (avait passe son baccalauréat complet], A. H. : taute maternelle ahéuèe, puisagraphie, nie la syphilis- Depuis les ictus suivis d'hémiplégie avec aphasie transitoire, il récupéra une partie de son vocabulaire, mais demeura très diminué. C'est ainsi qu il devint sujet â des aberrations sexuelles fréquentes pour lesquelles i! fut arrêté souvent dans les urinoirs et flnalemeat interné. 11 recherchait les enfant ou les passants pour regarder leur organe et exhiber le sien. 11 ramenait des femmes de mauvaise vie ou des enfants a sou domi-
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JOURNAl DE PSrcnOlOGTE
cile en présence de sa femme, bfcD qu'il Tût impuissant depuis ses ictus : « tout se passait, dil-ellc, en contemplation >. Après l'agraphie fugace, il devint graphomanc incohérent, rédigeant des factures monotones où les néologismes u(i7i'j:ni«, nfTuif utilitaire, mUiire un i^, etc., reTienneot s&os cesse. Il signe alors s Neuo ».
Il s'imaginait fonder aussi des mutualités, offrant sa prose polycopiée aux passants et eu leur dislribuaul même de menues monnaies (il s'imaginait acquérir avec leur signature une valeur en échange de son don). Pendant une période il croyait s'enrichir en s'ingéniant h. changer des pièces de 0 fr. 25 eu nickel contre des pièces de 1 franc. A joué ensuite au Casino d'Enghieo dont il fut expulsé, parce qu'iljouait de façon absurde et se croyait toujours gagnant.
A r&sile il traîne la jambe gauche, et, bien que relativement libre du bras droit, n'écrit que très dimcilement; il parle d'une voix cunuchoîde& double ton, répciant des phrases toutes faites, et avec une ruix saccadée rappelant rbèsitation, puis la précipitation consécutive de la démarche parkeinsonnienne.
Décédé de pneumonie en novembre t906, il présentait à l'autopsie des lésions des deux hémisphères, consistant enuaeatrophiede certaines circon- Tolutions qui sont comme alrophiques scléreuses, amincies, comme frisées; telles sont les zones motrices à droite ainsi que quelques circonvolutions frontales inférieures.
A gauche lésion semblable limitée à la région pariéto-occipitale.
La coupe montre l'atrophie des hémisphères compensées par l'agrandissement des ventricules, surtout à gauche et en arrière ; â. ce niveau le centre ovale et le carrcrour blanc sous-jacenl :*ont le siège d'un ramollissement net s'étendantprcsqu'au-dessousde lacorticalité atrophiée; rien aux capsules et aux noyaux gris, ni à la région de Broca gauche» à l'examen macroscopique du moins. L'examen hislologique de la région sous-corticale, lésée t gauche, montre une intiltration avec épaississement des gaines périvasculaircs, la désorientation des cellules nerveuses et la raréfaction des tubes blancs (proliférations névralgiques et des vaisseaux snpcrii ciels).
VU. — Dans un dernier cas observé dans le service la lésion manifeste de la zone de Wernickc n'entraîna durant six mois aucun trouble de la parole ni de l'écrilure. Il s'agissait d'un Jeune homme dactylograghe qui s'était tiré UD coup de revolver à la tempe droite. La balle tranchant le nerf optique droit traversa le lobe temporal gauche obliquement d'arrière en avant, de droite à gauche, de bas en haut de façon h. labourer la zone de Wcrnîcke où le coup de feu s'épaoouit en entonnoir et où la balle ricochant sur la table interne s'aplatit sur le pariétal gauche vers son angle posléro-inféricur (trépan). Le malade parla, écrivit et dactylographia encore â la lecture et sous la dictée durant plusieurs mois avant de mourir (coma).
Tels sont les cas que j'ai pu recueillir d'uphasic plus ou moins complète
SOCIÉTÉ DE PSYCnOhOGIM
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arec démences variées dont les pièces anatomiques semblent Touruir arga- ' ment en Taveur de Popinion de M.Pierre Marie touchaul laaécesstlé d'une
KevisioQ de la queslion de l'aptiasic de Bruca.
A la suite de cette communication, M. Dumas (secrétaire), propose l'insérer dans le compte rendu de ta séance la commuuicalion ïaile par le D"" Marie en décembre dernier sur la psycho-phystO' pathologie des eunuques et dont le texte suit.
Communication du D' Marie.
Eunuchisme et psycholo^e sexuelle.
^V Dans toute passion, dit Broussais, on trouve un besoin instinctif qui sollicite l'intellect et un travail perpétuel de ce dernier qui calcule tous les moyens de se satisfaire; la démonstration pour ainsi dire pratique et expérimentale de ce fait se trouve dans l'analyse du Rflntimeiit qui fait qu'un sexe est attiré vers an autre sexe, « qu'une vie tend àsc confondre avec une autre vie, une Ame avec une autre àme a.
■ Quelle passion, dit Moreau de Tours, a été plus idéalisée que l'amour ! Quelle autre parait communiquer davantage à l'âme la puissance de secouer les liens matériels, pour s'étever dans les plus sublimes régions et jusqu'au sein même de la Divinité?
• Interrogez cet adolescent qui, sortant tout a coup de son indiCférence haiiituellc, sent toute son «Imc, tout son cirur s'élancer vers un objet I vagne, indéterminé, dont la possession idéale et anticipée l'enivre déjàd'un bonheur immense,.-.. Interroi^ez cette jeune vierge consacrée au service des autels, cette chaste épouse du Ctirist qui. jour et nuit, éprouve les ineffables douceurs de son commerce spirituel avec son divin époux, qui confond ses pensées avec le cœur de celui à qui elle s'est consacrée dès son h enfance.,.,.
I < Parlez-leur de rorigioe organique, sensuelle du sentiment qui les anime, res ravit; ils ne vous comprendront même pas; vous leur parlerez un langage inconnu ; ou s'ils vous comprennent, ils prolesleronlavec indignation en faisant, appel k leur sens intime, à. leur conscience, au fond de laquelle ils ne trouvent d'autres mobiles que les vertus, les perfections infinies de l'objet aimé. >
Pour Scbopenhauer, chaque être cherche inconsciemment dans l'être ^aTCc lequel il va s'accoupler les qualités qui lui manquent ù lui, et ceci ^^bur le plus grand bien de Teapèce, ou mieux pour la meilleure adoptation ^au milieu de Tétre qui va être conçu. Les êtres de sexe dilTéreut ont donc besoin de se compléter. Ce serait là le mobile de Tattraction mystérieuse des sexes.
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JOVBNAL Ï>B PSYCBQLQGIB
« Us sont & c«t effet, dit HelraeS doué d*UD instinct très sûr, l'instinct sexuel; mais comme cet iostinct est aveugle il a besoin d''un guide pour atteindre son but naturel, qui est à la fois la conservation et l'amélioration de Tcspèce, ce guide est l'amour, le rapport sexuel est le moyen.
L'amour, dit encore M., de Tours» sons toutes ses formes, dans toutes ses aspiralioos, a pour principe la réciprocité d'action de l'instinct sur rintellecl, etde riotellcct sur l'iastinct, en d'autres termes, des organes dans lesquels quelques auteurs ont placé un sixième sens, sur le cerveau et du cerveau sur ces organes, o L'amour, a dit un auteur contemporain, avec une vérité d'expression quelque peu brutale, est un mouvement des sens et de l'àme. qui a son principe dans le rui, fatalité orf^anique et répugnante, mais qui. transfigurée aussitôt par l'idéalisme de l'espoir, s'impose à l'Imagination et au cœur comme le plus grand, le seul bieu de la vie, un bieu sans lequella vie n'apparaît plus que comme une loogne mort. »
Quelque objection que l'on élève & rencontre de cette proposition, une simple rèncxioD suflira pour la mettre à néant. Ne scrait-îl pas évidemment absurbe d'admettre qu'un individu que l'on supposerait privé coogénitalement de tout attribut ou appareil sexuel, étant d'ailleurs parfaitement. sous tous leâ autres rapports, conformé, puisse ressentir de l'amour ? Mais alors, autant admeilrc qu'un homme, cette créature de nature essentiellement mixlc, peut penser sans cerveau, digérer sans estomac, se mouvoir saûs posséder aucun des organes nécessaire & la locomotion.
Vous oubliez les eunuques, objecleroni, peut-être, ceux qui possèdent he&ucoup mieux leurs Lettres persanes que les travaux des physiologistes, deBichat, de Cabanis, de Bossuet même? [Traité de la connaiitance de Dieu et desoi-m^e.)
Celle objectiun n'en est pas une, parla raison fort simple que, dans le cas dont il s'agit, les eunuques rentrent dans lacaLégorio des autres hommes. Personne n'ignore, en efltet, que des sensations et les idées qui y sont associées peuveut parfaitement se reproduire dans les centres nerveux, alors qu'une opération, une cause quelconque a supprimé les organes qui en ont été prlmilivemeut le point de départ; qu'un individu, par exemple devenu sourd ou aveugle peut avoir des hallucinations, c'est-àdire de fausses sensations de L'uuic ou de la vue. Les eunuques sont dans le même ca-f, quant aux sensations provenant des organes du sens généstque (Moreau de Uours).
Le besoin sexuel, dit M. Roux, est perçu dans l&zoneoû les conducteurs généraux aboutissent a la corticalilé. Celte xone est très éteudue. Klle comprend les circonvolutions centrales rolandiques, qui sont en même temps motrices, le pied des trois ciconvolutions frontales, et le lobule pariétal inférieur. Mais s'il n'y a pas, dans le système nerveux, des localisations