‹ Journal de psychologie normale et pathologiqueChapitre 42 sur 161 · C. Bas · texte numérisé non relu

C. Bas

rV. — Les Etats AFrgcTtPs kt les actiohs

65. — Intérêt et attention, par Félix Arnold. The Psychological Bulletin, 15 novembre l'JOS, page 361-369.

L'auteur veut donner dans cet article » un exposé des relations de Tintérèt avec le sentiment el l'attention et s'arrêter à une conclusion plus ou moins positive en en tirant des inductions logiques et éthiques h.

Etudié comme une forme de la conscience l'intérêt assume deux aspects : l'' nous avons une tendance envers la réalisation d'une série d'innervations motrices ; 2" nous avons au point de vue de la connaissance un renouvellement d'idées ou d'images donnant une direction à cette tendance et expliquant la signification du présent avec référence ûquelqu'élat futur du moi Tout sentiment de plaisir présent est simplement une chose ajoutée, toute gratuite, qui ne constitue aucune partie essentielle de rinLérét môme.

L'intérêt peut exister également avec le plaisir ou le déplaisir considérés Gomme sentiments. La tendance générale à l'adaptation à des conditions idéales, ou à la direction de ces conditions, la lutte et l'alternance des attitudes naissantes, peut provoquer un seus d'effort de tension ou de lutte- Suivant la faE;oii dont l'attitude ou les lacteurs idéaux sont accentués par rinlérél nous avons le désir d'expectative, la curiosité et la sympathie.

Il s'en suit que l'intérêt n'est pas concomitant avec toutes les formes d'attention. L'enfant peut être attiré, charmé par une impression neuve, mais il n'éprouve pas d'intérêt. L'intérêt doit plutôt être considéré comme l'effet résiduel d'une série.

I*î JOURNAL DE PSYCHOLOGIE

La relation entre l'intérêt et Taltention peut être fïgarée comme soit :

j efTorl (flensalton muscal&ire) \ AttealionJ [ intérêt.

; association — apperception )

C'est-Â-dire dans la somme compleie attenllon-inlérèt noas avons an état mental clairet distinct accompagné des sensations de tension qui sont dues aux organes terminaux et aux processus d'accommodation et d'association ayant pour but de maintenir le moment présent au foyer de la conscience ; et du c6tè particulier du facteur intérêt nous avons en addition aux tensions musculaires une attitude du corpsdue à la tendance complexe qui s'efforce de réaliser lasi^iflcaliou pratique du présent rapporté à l'avenir, une telle tendance recevant sa direction de la représentation de l'avenir.

Eu ce qui concerne les inductions logiques à tirer de ces relations entre l'iatérèt et raltention, si t'oD considère logiquement une proposition, comme donnant un attribut à certaines choses d'un donné, le sujet nous donnera le centre du champ d'attention, le foyer de la conscience attentive et te prédicat constituerait l'aspecl cogaitîf de l'intérêt présent.

Quant aux inductions éthiques* Paaleurles indique seulement : le développement du caractère d'une personne n'est en rèaUlé que le développement d'uD système d'intérêts qui déterminent ses attitudes et ses jugements.

Abel RtT.

66. — Jalousie, par Asmold L. Gesell. The american journal of ptyehotogy. Octobre 1006, f. L 37. 497.

L'auleur débute eo rappelant les vieux dictons de tous pays qui constatent l'universalité de la jalousie chez l'homme. Le sujet de son étude est donc chose profondément et universellement enraciuée dans la nature humaine. La jalousie est même si ancienne, qu'elle remonte plus haut que la uature humaine elle-même, aiusi qu'en témoignent aclueUcmeol ses manifestations chez les animaux les moius élevés.

C'est par une étude de la jalousie chez les animaux que l'auteur entame la question ; il s'occupe ensuite de la jalousie chez l'homme, et termine par le relevé des différentes manifestations de la jalousie au point de vue de la pathologie, de la criminologie, de la pédagogie, de l'anthropologie et de la sociologie.

Les points les plus iutéressaiits à relever dans cet article sont les snivanta :

La jalousie des animaux est étroitement liée à la colère et & la frayeur ; elle est un instinct fondamental apparaissant chez les vertébrés inférieurs comme chez les vertébrés supérieurs.

Elle est liée surtout à la nourriture, l'éducation et le dressage, et elle sert de correctif aux instincts purement sociaux, protégeant riodividu contre le groupe.

ISS ÉTATS AFFECTIFS ET LES ACTIOSS

El&at donné qu'au point de vue philogènctique U jalousie est fondamentale, elle apparaît de bonne heure chez l'homme. Les premières manifestations se produisent chez l'enfant, au sujet du scïd de sa nourrice, mais elles continuent à mesure qu'il avance en Age.

La jalousie est interprétée comme un sentiment égoïste qui dépend non seulement d une rivalité instinctive, mais aussi des inlluences du milieu social ambiant.

Au point de vue génétique cette émotion présente des développements importants comme complexité et raKInement. à mesure que le sens du moi s'approfondit et s'élargit. La jalouse de l'enranl présente des diiïérences sensibles avec celles du bébé. La puberté lui apporte un accroissement tout spécial de sensibilité.

L'expression de celte émotion offre des variations correspondantes. Les mouvements expressifs du jeuac enfant sont surtout d'uu caraclcrc agressif et instinclir.

Lors de l'adolescence les symptômes de mélancolie et de dépression deviennent fréquents.

B L'analyse de la jalousie comme état mental montre combien elle est ^complexe et variable, et. peut-élre, la plus pénible des émotions. La colère, le chagrin, l'appiloiemcnt sur soi-même, y concourent le plus généralement. La souITrancc cau<;ée par cette émotion est due à la subjectivité intense de la psychose, à l'obstruction des impulsions d'orgueil et d'appropriation, A la désorganisalioD des idées profondément égocentriques el fortement systématisées.

III. La pathologie et la criminologie de cette passion révèlent Pimporlaoce pratique de l'instinct, et montrent combien il est désirable que la jalousie soit étudiée dorénavant surtout dans ses aspects normaux plutôt que morbides.

La meilleure pédagogie de la Jalousie dans Tenfance et la jeunesse est probablement directe et préventive cl consiste dans ledévfloppement de la

ne personnalité. H L'anthropologie et l'histoire de la société démontrent l'importance de ta ^^ jalousie sexuelle pour l'institution de la famille, la chasteté, la monogamie el la fidélité conjugale.

La jalousie a une portée plus grande qu'on ne le reconnaît ordinairement.

Elle est A la base de nombreuses attitudes prises par l'individu envers ses

semblables, elle nuance les coutumes el les institutions sociales, elle

motive TaolioD du groupe.

Abel Rbv.

tl. — Ijo myaticisme catholique et l'Ame de Dante, par Albebt Leclbhr. Ann. de Vhilos. chrétienne, t. V, p. 445-465; 5 58- 5" 7 ; t. VI, 3B-58; 126- 152 ; 240-25H ; 348-367 ; 483-494.

Quoi qu'on en ail dit, le plus grand poète chrétien n'est pas un mystique;

iU

JOVttSAL DE PSYCBOLOGiB

il n'est pu de « ceux qui ont ambitionné de transposer, en des ardeurs célestes, des ardeurs humaines en leur source u ; il n'est pas dominé par une passion unique, amour pour Béatrice, culte pour l'Empire, amour de Dieu. Il est moins religieux qu'artiste. Ce n'est pas Dieu, qu'il adore : c'est plutôt le divin sensible et visible répandu dans le monde.

L'auteur fait l'éloge de la raysticilé endiguée et réglée par l'inteUigence, et qui n'est que le désir enthousiaste du vrai et du bien ; le danger est de s'absorber en Dieu au point d'oublier ce qu'on doit aux autres et A soimême, de devenir anti-social par piété. En revanche, il est très sévère pour le mysticisme proprement dit, celui de Vlmitationde Jésus-Christ, celui des Sxercices spirituels. Il le déflnit un enrichissement de l'amour de Dieu A l'aide du sacrifîce de toutes les autres afTectlons. < Quel peut être le contenu d'une morale pratique reposant sur de tels TondementsT Le principal des devoirs individuels n'ysaurait être que l'oraison, et le principal des devoirs sociaux la prédication qui eUe^méme incite à la prière... » Le catholicisme américain s'est récemment élevé contre ces doctrines (V. : Huuttin (l'abbc) ; L' Américanisme ; Nourry, éd.). « Tout cela, c'est l'adolescence du Christianisme ou une survivance de son adolesceuce, adolescence fougueuse, nettemeat hystérique quelquefois, poétique toujours d'une manière ou d'une autre... En somme, ce n'est point de trop de raison,, comme on l'a dit, que nous souffrons. Nous souffrons plutât, cruellement, de la direction prise aujourd'hui par l'excès de force nerveuse que canalisait autrefois un mysticisme innoiment noble après tout. Avec un peu plus de divine folie, nous aurions peut-être, non point la nostalgie des psychoses et des férocités où abouliSKail un mysticisme exagéré, mais, résultat précieux et souhaitable, moins d'aliénés dangereux à soigner ou à subir. »

G. n. d'Alloknes.

08. — Le Sens de la douleur, par M"" D*" I. Iotevko. (Rapport présenté au 1 Congres belge de Neurologie et de Psychiatrie, tenu à Liège du 28 au 30 septembre 1905 ; brochure de 84 pages, chez Lamertin, Bruxelles, et chez filaloine à Paris.)

Le premier Congrès belge de Neurologie et de Psychiatrie s'est tenu à Liège sous la présidence de AI. le D' Glorieux et de M""* D^ J. loteyko. 11 contenait trois rapports eu réponse à trois questions: l'une de Neurologie, l'autre de Psychiatrie et une troisième de Psychologie.

La question de psychologie avait pour litre : Le sens de ta douleur; elle fut traitée par BI"* loteyko. N'ous allons résumer ce travail documenté qui contient une bibliographie de 172 numéros.

IxmooucTiDK. — Les organes sensoriels paraissaient bien délimités tan*, que nos connaissances n'étaient pas très étendues. Mais les recherches modernes ont rendu le sujet beaucoup plus compliqué. Ainsi, par exemple. les sensations du loucher ne sont pas particulières à la surface cutanée de notre corps; elles peuvent provenir encore des muqueuses de l'orgaot^

LES ÉTATS AFFECTIFS ET LES ACTIONS

^Ur. etc. La douleur peut être perçue par l'œil et par l'oreille. En rcae&u esl un aisseiiiblage d'orgaues sensoriels. Siun oe Tapas reconnu plua Lût, c'est parce que rexciianl cutané avait toujours été porté sur une es large surface. La pointe d'un crayoD, le contact avec des inslrumeuts métalliques t-erroidi<i ou surcliauflcs. cou»tiluentdesexcitateurs à large 6ur- Taco, qui excitent en même temps plusieurs catégories de nerr». La distinc- Uon n'est devenue possible que depuis l'introduction, dans la psychologie de la peau, des excitaCeun puncti forma,

Chapitre L Vf.TcUant de ia douleur, — La douleur esl une sensation, puisque c'est l'état de conscience qui succède directement h Pexcilation |*UD organe des sens. Quel en est l'excitant? Un des argument qu'on a mis "en avant en Taveurde la non spécilicité des nerfs dolorillques, c'est que la douleur ue parait pas posséder un excitant spéciliquc. Mais pour le moment diiipeosoDs-nous de toute interprétation, et disons avec Ch. Richci que la douleur esl produite par une excitation nerveuse forte. Mais, comme on le verra plus loin, cette excitation forte est recueillie par des nerfs afTcctéa spécialement aux sensations doloriflques.

CuApmiR 11. Algométrir. Topographie de la douleur. — Les mensuraleurs

de la duuleur sont les algésimetrcs ou algomclrcs (Uucb, Griffing, Philippe.

Motcliut Kowski, Gattell, Mac Donald, Chéron). Description de la technique

de l'algésimètre de Cliéron, dont s'est servie l'auteur dans ses expé-

ieuoes.

Tahieau de ia tetmbUité dulorifique,

(D*aprés M"* loteyko et M»* SUfanowska.)

Lt aeuit de ta douleur est mesuré en flixièmea de milliinèti'e* d'enfoncement de ia pointe de l'al'jésimèLre Cheton.

BÉGion

Tempe

Avanl-bcas (face-antérieure) . . .

Pulpe du quaU'i^mo doigt ....

Dos do la main llrolsièmo c»pacc

intcr-ossflux

Polpo du médias

NOMunB

de lujou

NÛMBKE VALEL:|11I0TEMNI d'expérienciM da Muil

La seosibllité à la douleur esl donc la plus grande ft la tempe.

Chapitre III. Orgaties périphériquex de la douleur. — C'est pour la ppcmiêre fois que dans une ueurre d'ensemble la question do la spécificité des nerfs dolorifiqucs a été traitée d'une façon approtoudie. Max von Frey a fait pour les nerfs de la douleur ce que Magnus Blix et Goldscheider avaicQl fait auparavant pour les nerfs de la pression et pour les nerfs de la tempé- ■rature. Gr&ce ù l'emploi des excitants punctiformes, U. Von Frey a reconnu <iae la douleur n'apparaît que lorsqu'un aura touché certains points déier- Joumal do psychologie. * 10

JOVRSAl DE PSYCHOLOCtE

minés de la peau, Iw poiols de douleur (Schmerzpunkle). Ces points sonl Hxes et distincts des points de pression et des points de lempératore. Il y a localcmeal une séparation complète entre les points do preâsiou et les points de douleur.

Les points de pression et les points de tempcmlure ne sont pas douloureux. Dans la cornée, il n'existe ni des points de pression, ni des poiols de température, mais uniquement des painls de douleur. C'est pour cette raison que l'excitation de la cornée est toujours douloureuse. La conjonctive est aussi dépourvue des points de pression; elle ne ressent que la dooleur elle froid. Pour la cornée et pour la conjonctive, il arrive que, le contact léger n'étant pas senti il devient douloureux quaud il agît à la longue. Ces recherches ont permis à von Frej' de tirer les conclusions suivantes; ilexûtedeux xeuils pour la peau : un seuil, siiuéplus bas, pour Ut sensations dépression ; un seuil, situépltts haut, pour ta douleur. Ces deux sensatÎQns ^ont distinctes locatemenl. Mais il existe des régions t^ui sont sen^ sibles seulement à la pression, d'autres se^ulement à ta douleur. L'existence des terminaisons nerveuses et des nerfs spécialement alTectés à la douleur est doue prouvée.

Ces expériences ont même permis a Von Frey de rapporter les quatre sens cutanés à quatre catégories de terminaisons nerveuses: les organes correspondant à la pression sont les corpuscules de Meissner; l'excitatiou des terminaisons nerveuses libres donne lieu aux sensations de douleur ; les corpuscules de Krauze sont affectés aux sensations de froid et les corpus' eules de AM/yîni servent pour les sensations de chaud. Ces expériences ont été confirmées par Alrutz, Thunberg et d'autres.

Chapithb IV. Voies de conduction et centres supj>osés de la doulettr. — Scbiff admet que la douleur se trausinet p^v \& substance grise de la moelle épiniércy tandis que le toucher se transmet par les cordons postérieurs et surtout par les cordons latéraux. Pour Vulpian. le centre commun des perceptions douloureuses serait laprolubérauce annulaire. D'apKs Becblcrew, il j a une localisation du sens de la douleur vers la troisième ella quatrième circonvolution do pli courbe.'

Récemment, J. loleyko et M. Slefanowska ont fourni des preuves nouvelles, qu'on peut invoquer en faveur de Texistence d'uo centre spécial pour la douleur {S q\t'. Asymétrie dolorifique).

CiUPiTRE V. Asymétrie dolorifique. — On sait qu'il existe une asymétrie s'étendant à presque tous les organes des sens. Le c6té droit, chez le droi> tier, est favorisé non seulement an point de vue de la force musculaire, mais aussi au poiut de vue de la sensibilité générale et spéciale (sens da toucher, sens musculaire, audition, vision). Cbez le gaucher, c'est le cAté gauche, qui l'emporte en force et en Unessc. Le rapport entre la sensibilité des deux côtés est un nombre constant (9 à 10 suivant Van Biervliet). J. loteyko et U. Slefauowska ont complété ces données relativcmcal à la

IBS ÉTATS AFFECTIFS ET LES ^CT/OiYS

seasibilité dolorifique. Au cnoycD de l'algcsimelrc de ChéroD elles ont ex&miaé sur 50 personnes ta sensibilité À U douleur des deux cAtés du corps (faceaotérieure de l'avanl-bras). La presque tolalité des personnes (aussi, bien les droitiers que les gauchers) ^'est muutrée plus sensible h la duuleurdu côté gauche que du côté droit, et cela dans le rapport do 0 & 10 (loi de J. loleyko et M. Steranowska). Ces expériences plaident en faveur d'un centre spécial pour la doujeur. L'asymétrie dolorîllque n'est pas la même que raaymèlrie des autres sensibilités.

CuAPtTRK VT. Les dissuciationa. Analgésie. — Un des grands arguments en faveur de l'origine distincte du seusdolorilîque est fourni par les dissociations qui s'observent souvent entre le sens tactile el la sensibilité à la douleur. Les dissociations peuvent être organù/uen, fonctionnelles et pathologiques* Faute de place nous ne pouvons suivre l'auteur dans la description intéressante qu'elle nous en donne. Elle dépeint les symptômes de l'anesthésie générale produite par le chtoroforme, l'éther, le protoxyde d'azote, la méthode combinée, l'aneslbésie obstétricale, la cocaïuisation de la moelle. Elle passe ù Tanesthésie de la fatigue intellectuelle, à 1 action du menthol sur les nerfs cutanés. Parmi les dissociations pathologiques, une place importante est accordée à l'anaigésie de l'hystérie el à l'explication de son mécanisme au moyen de TiDgénieuse théorie de la distraction imaginée par Pierre Janet.

Chapitre Vil. Signes tic in douleur. — Les signes de la douleur ne sont en réalité que les concomitants physiques de la douleur. Sous l'inlluence de la douleur on observe une diminution notable de la température, et une action déprimante sur le cœur. Il est d'ailleurs probable que les elTets cardiaques, vasculaires et respiratoires des excitations douloureuses sont dus A un acte réflexe simple, et que la [lerception douloureuse n'est pas une étape nécessaire. La mimique douloureuse a été étudiée par Darwin dans soD œuvre L'expression des émotions.

Chapitke VIII. tfi douleur selon le sexe,Tâge, la race, la profession et dans les états patholot^iques, LadouUur die: Us animaux. — En se servant del'algométre temporal de Mac Donald, Swift trouva que le sens de )a douleur diminue avec l'âge ; les fliles sont plus sensibles que les garçons ù tous les âges, et les enfants plus intelligents sontplus sensibles à la douleur que les enfants moins iaielligenls. Miss Carman était arrivée aux mêmes résultats un an auparavant dans ses expériencrs algosimetriques sur I .D07 enfants des écoles de Michigan. D'après loteykoelSlefanowka, la femme est plus sensible à la douleur que l'homme. Les individus apparlenantaux classes inférieures sont moins sensibles que les individus appartenant aux classes supérieures (Mac Donald}. Les sauvages sont moins sensibles 6 la douleur que les Européens {Mac Dougall). La sensibilité à ta douleur chez les imbéciles, les idiotes, les démentes séniies est très obtuse (Charles Kicliet). La douleur thermique a été étudiée par Hosario îSpiua; le seuil de la douleur à la clia-

JOVRSAL DE PSYCaOLOaiE

leur serait plus élevée che^ les prostituées, chez les femmes criminelles, et surtout chez les hommes crimiocls. D'après N&rdelli, chez les paaaDolqaes» la seDsibilité â la chaleur est ud peu augmealée ; la sensibilité au froid semble diminuée. Chez les mélancoliques on trouve del'liypoestbésie thermique, de même que chez les déments paralytiques.

Quant aux animaux, il parait certain que leur sensibilité doloriflqae est très obtuse.

On voit par conséquent qu'il existe un lien très étroit entre la sensibilité A la douleur et le développement de l'intelligence. Il ne saurait en élr« autrement, du moment que la douleur a pourTonction la défense de l'iadividu par un acte rénéchiet cooscienl.

Chapitre IX. De quelques caractères physiologique* et ptijehologiquet de ta douleur. — La douleur est une sensation, puisque par sensation on entend l'état de conscience qui succède â l'excitation d'un organe des sens; mais la douleur a quelques caractères très particuliers, qui la font distinguer des autres sensations. Sa tonalité ne peut correspondre au plaisir ni à Vèiii moyen d'indiflérence. mais elle est toujours désagréable pour l'être sent&oi. En outre, cette tonalité de la douleur possède une intensité extrêmement grande, en sorte que la douleur tout en étant une sensation par son mode d'origine, est un sentiment par sa répercussion dans la conscience. La doulenrse distingue en outre par son irradiation, par son intermittence, par son addition latente et par sou retard dam la perception. Alors que le temps delà réaction uenreuse est égal à. 150 millièmes de seconde pour les exci* talions tactiles et acoustique, & 200 millièmes de seconde pour les excitations optiques, il est égal à 900 millièmes de seconde pour la douleur.

CbapithsX. Théorie biologique de la douleur. Son rôle pfiylactique. — La sensibilité de relation a dans sa naissance et son développement un bat, qui est la conservation ; la sensibilité et le mouvement constituent les moyens de défense de Tètrc vivant. Nous sommes organisés de telle sorte que ce que nous craignons le plus, c'est la douleur Nous fuyons toutes causes de destruction et de perversion de nos tissus.

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