L.-C. Ueabert
74. — Physiologie et psycholo^e de l'attention (Evolution, dissolution, rééducation, éducation), par Jean-Paul Natrac. Préface de Th.
Itibot. Ouvrage récompensé par l'Institut. 1 vol. in 8° de la BiUioth^ut de philùsophiç contemporaine. ~ Alcan, éditeur iOOii. Uibliographie p. 212, 223.
« Placée aux plus hauts sommets dans la hiérarchie des phénomènes psychiques ••, « parente de la mémoire, de l'association des idées et soeur jumelle de la volonté, l'attenliou a pour ennemis les plus sérieux l'émotion et le sentiment ». Elle est accompagnée de nombreuses réactions organiques (chapitre n rAyjioff>f;i> {/« ra/<en/i'on) : immobilité relative et tension voluntairc des muscles, augmentation de l'acuité des sens externes, inhibition ou accèléraliun respiratoires et circulatoire?, vasodilatation cérébrale, augmentation de température traduisible par une très forte émission de rayon N, modifications dans les échanges uutritîfsdetout notre s.^st&me d'absorption et de digestion, diminution des globules rouges, etc. N. idenlifle les fatigues physiques et psychiques, et après avoir indiqué l'influence des toniques du système nerveux sorTattention, il parle des oscillations de l'attention, de son interruption plus ou moins complète dans le sommeil et les rêves, et, convaincu de l'origine centrale de Tattention. il en propose provisoirement cette définition psycho-physiologique : «elle est le sentiment de tension psychique qui nail pour partie, de l'action de phénomènes cervicaux et, pour autre partie, de la contraction tonique générale, volontaire ou spontanée de nos muscles. Elle se manifeste toujours au début par des phénomènes organiques et cérébraux accompagnés de phénomènes organiques périphériques. Elle est conditionnée par un mécanisme « iabibilo actif 0. L'uic a Tcfforl et & la volonté, elle constitue notre faculté d'adaptation mentale ».
Le chapitre m (Psychologie de Cattention) nous apprend qoe l'attention, qui a se réduit, en définitive, à la sensation générale d'cfTortâ psychiques m, clarifie nos sensations, augmente la vitesse de nos processus nerveux, crée des souvenirs, des images, des as.sociations d'idées heureuses et originales « afin d'atteindre métliodrqnement, rationnellement le but d^adaptation mentale qu'elle s'est proposée ».
Dans les chapitres iv et v [Physiologie et pstjchnhffte pathologique de
PSYCHOLOGIE DANS SES RAPPORTS AVEC lA UXGVISTJQPE, ETC. 453
Catteniion, Tauteur passe en revue les modiflcalions des fonctions réflexes dans ratlealion morbide, les troubles des divers sens externes ainsi que ccni des Tonclions circulatoires et respiratoires puis il décrit les effelB produits par l'absorption des poisons de rinlelligence. Etudiant spécialement la dissolnlion de l'attcnLion N. donne une classification originale des maladies de l'esprit en seplarant au point de vue de la désagrégation progressive de ratlenlion : il dislingae cinq groupes qu'il désigne ainsi: ]<> les psychastèniqucs, tes hystériques, les débiles, les persécutés hésitants, tes mystiques faibles, les dyspeptiques, les douteurs, etc. : S*' les paralytiques généraux (débutant), les déments et les crétiniques ; H^ les persécutés réticents, les hypocondriaques, les déments avancés, les mélancoliques simples, les excités maniaques, les paralytiques généraux avancés ; 4" les persécutés typiques, tes mélaucoliques anxieux et tes mélancoliques confus ; X}' ceux qui ont toujours une attention faible : a) les idiots les crétins typiques : b) ceux qui ont perdu à peu près complèteraeut Tatlention .- les apha< siques complets, les confus mentaux compliqués, etc. . On trouve l'explicatiou de cette classification dans un tableau des temps de réaction à des excitations auditives données par divers malades dont la hiérarchie au point de vue de l'attentioD est établie d'après lc$ moyennes générales des temps obtenus sans tenir compte de ta durée de l'expérieuce, du nombre des réactions, ai des variations des temps de réaction conséculirs dont N, reconnaît cependant l'importance [p p. t<18, 170). Les maladies mentales les pins dilTèrenies (systématiques et incohérentes se trouvent ainsi rapprochées parles hasards de la progression de simples chifl'res insuffisants pour décrire tous les aspects que peut présenter l'attention pathologique. D'après ce môme tableau et quelquesobscrvationsdecasoû l'atlenlion a disparu complètement pour faire place au déterminisme automatique, N, établit que la désagrégation se fait du conplcxe ou simple. Il expose, (chapitre vu) quels sont les procédés actuels de rccdacation et d'éducation de Taltention dont la thérapcntiqac et la pédagogie doivent s'inspirer. Il conclut (chapitre vnt), que l'attention est une » nctivîLc normale » de notre nature ; créée par l'homme paresseux et apathique à l'origine, d'abord spontanée, puis volontaire, elle a été la condition même de la science qui implique l'amoncellement d'une infinité d'actes d'atlention juxtaposés dans
le temps.
Clément CtiAni<c»Tisa.
VI. — - PsYCHOLOr.ïB OAXS SIS RAPI'OHTS AVEC LA LlNtiUISTIOtTE, l'HiSTOIRK, LA SCIKNCK DBS RKLirjONS, LA MoRALE KT LA SoCIOLOGrK
7&. — Herbert Spencer. Une autobiographie. Traduit et adapté de l'anglais par Uenry i>e VAnir.sv, ! vol. in-8^ de la Bibliothèque de Philoaûphie contemporaine (Félix Alcan, éditeur).
Si l'on connaît les idées philosophiques de Herbert Spencer, par sea
iU
JOURNAL DE PSYCllOLOGiE
œuvres, on s&vait fort peu de choses de Thomme. Il Tivait très retiré, fuyant le moade, évitant le bruil, ne se mettant jamais en avaut, et ne sortant pas d'un cercle étroit d'alTecliuus de vieille date. Sou Autobiographie le fera connaître et apprécier- Tandis que ceux qui s'intéressent & l'œurre seule eu trouveront ici un commentaire très instructif — jusque sous la forme de critiijues de Spencer par Spencer même avec an exposé du procesus de formalion, de développement, ou d'évolution de l'idée de l'Evolution qai domine la Philosophie Synthétique, ceux qui veulent connailre l'ouvrier irouveroal un a Spencer intime » qui est fort curieux et attachant. Ils apprendront d'abord son histoire; son enfance, ses débuts dans la vie, sa carrière d'ingénieur et d'inventeur, et sa carrière de journaliste qui précédèreut et prépareront sa carrière de philosophe. Ils le verront luventaut une épiogle à relier, une machine à raboter, une cheminée furnivore, un lit pour malades, une machine élcotro-maguctique, des procédés de clichage. Ils apercevront Spencer phréuologue, dessinateur, presque poète, entre l'élaboration d'un théorème de géométrie et la fabrication de la montre plate, aujourd'hui à la mode. Chemin faisant, ils verront les opinions de Spencer sur la morale, la politique, la religion, l'amour et le mariage : sur ce dernier thème le célibataire par néceâsitè a écrit de très intéressantes pages, et de fort belles. Ils verront le Speucer de la vie de tous les jours, phitosophant toujours et sur toutes choses; sur les avantages de la rêverie, sur les erreurs d'appréciation des hommes, sur les spéculations financières, sur la place du travail dans la vie, sur te plaisir que donnent les enfants, sur les avantages et inconvénients du mariage, sur l'erreur des études classiques, sur les effets de la morphine; etc. Quelques portraits sont brossés en passant : G. Eliot, Carlyle, Huxley. Lubbock; il y a des jugements aussi sur différentes tcuvres d'art, en musique, en peinture, en architecture. Apropos d'un pot àlait oud'un encrier, voici une page sur le progrès ella nouveauté; plus loin, c'est l'analyse du paysage de la Suisse; ce sont des impressions d'Egypte, d'Amérique; une philosophie des tombeaux, des considéraliODs sur le rythme dans l'oppression de classe. De tout par conséquent, des jugements, des comparaisons, des observations de toutes surles, qui montrent la tournure de l'esprit, font connaître celui-ci, fouruissaut aussi un complément biographique très complet k l'œuvre du philosophe. Souvent, les appré* dations ont une apparence paradoxale : cela est indiscutable. Spencer ne doit rien aux livres; ce fut un aulo-didacte et sa pensée, sur quelque objet qu'elle s'exerce, un ustensile déménage, un usage mondaio, une institotioD, un dogme, est bien le fruit de ses propres réflexions et expériences, non
l'écho de ce que d'autres ont pu dire ou écrire.
70. — L idéalisation des synoptiqaes, par Uif pBOPSssBun os gra^id SKMtNAihK. Ann. de PkUos. chrétienne, 1901i, p. 377-3S9.
L'école de Reuan et de Strauss appelait beaucoup de récits bibliques des