‹ Journal de psychologie normale et pathologiqueChapitre 54 sur 161 · L.-C. QsaDBaT · texte numérisé non relu

L.-C. QsaDBaT

&6. — Contributions à U psychologie de la lecture chez les enfants et chez les adultes (Zur psychologie derLeseos bei Kiudern und Erwachsenen), par U. F. Hesmba (Leipzig EngelmaDD).

M. M... .est un élève de Kundt (Leipzig], Slumpt (Berlta). Meumann (Zurich) et s'adonne comme ses maîtres à la pédagogie psychologique expérimeolale. A l'aide d'un appareil appelé tachitostropc, il mesure le temps qu'il faut pour apercevoir et reconnaître des lettres et des groupes de lettres. Entre deux colonnes creuses, hautes de 1 mètre et creuses de 10 centimètres, glisse un tablier dans lequel est pratiqué une fente horizontale rectangulaire de 8 centimètres de longueur : la hauteur de celte fente peut être réglée jusqu'à 6 centimètres, le tablier est maintenu eu haut des colonnes par un électro-aimant : il touche à l'ouverture du courant électrique ; la vitesse de sa chute peut être réglée à volonté. A l'arrière du tablier est ûxé un carton sur lequel sont tracés les lettres ou les mots à lire, mais celte image est cachée par un carré de carton ou de métal que le tablier eolratue facilemeul en tombant. Cn point au milieu de ce carré indique l'emplacement exact de l'iui'chption sur le c&rtou qu'il cache.

C'est ce point qu'il faut regarder fixement au moment de l'expérience. Ao déclic, le lablier tombant reporte le carré indicateur et l'inscription sera visible a travers k fente du lablier pendant un temps d'exposition plus ou moins long que Texpérimentateur règle selon les réponses du sujet à examiner.

A l'aide de cet appareil, M. M... a constaléque petit à petit les diflTérences des dures physiologiques nécessaires à la perception de limage s'égalisent ; que les temps d'exposition sont plus ou moins longs sur des personnes diverses et que les vitesses d'aperceptiou acquises par l'exercice se perdent de nouveau quandlesexercices sont interrompus. Chez les enfants, l'atlealioii est très variable, comme ils connaissent moins de mots, et qu'il ont moins d'expériences dans les associations de lettres et de mots, ils comraelteni plus de fautes de lectures. Aussi ils obéissent plus que les adultes au son qui évoque l'image, c'est-à-dire A 1* « innovation * acoustique.

Il faut un certain temps pour reconnaître une lettre isolée, no ensemble de lettres, formant un mot, demande cinq fois moins de temps grâce k la

FSYCnOLOGIE DE VESFAST ET PÉDAGOGIE

liaison associative, que Tenfant arrive à s'approprier el que l'adulte possède. Chez Tan et chez l'autre, il y a les impressions, innovations optiques et acoustiques des lettres et des sons isolés, les premières étant plus rapides que les dernières et plus rapides et plus faciles. L'enfant arrive, par l'exercice, à l'impression totale qui sera d'autant plus rapide et plus juste que l'impression acoustique seconde, grâce à l'attention, l'impression optique. La combinaison de lettres géométriquement semblables, uuil moins & Timpression totale que les mots constitués de lettres d'aspect divers, mais comme pour des mots de cette dernière catégorie, l'allention est plus intense, la perception gagne en sûreté ce qu'elle perd en vitesse. Deux facteurs, selon M. M.., contribuent à Pacte de reconnaître visuellement un mot : le caractère optique général dont les elTets sont simultanés et les lettres dominantes qu'on perroit successivement; tantôt c'est l'un, tantôt c'est l'autre de ces deux fadeurs qui prédomine ou qui précède ; tantôt tes deux opèrent non pas l'un après l'autre, mais en même temps, A l'image optique perçue vient se joindre le son, l'image acoustique, i^ laquelle se coordonne, son par son, le mouvement de renonciation. Comme le mouvement «* articulaloire mécanique » n'atteint pas la vilessedes percepliona visuelles et acoustiques précédentes, même pas quand l'intelligence des mots et la compréhension des idées le facilileol considérablement, les perceptions visuelles s'évaDouisscnl au point de se perdre.

Les fautes de lecture peuvent provenir des troubles de la perception optique, mais aussi des troubles acoustico-moteurs, et surtout des troubles dans les mouvements des organes d'énoncialîon il arrive aussi que la pensée du lecteur s'insinue dans les mots à lire et les fait remplacer par d'autres synonymes ; cnlin les connaissances grammaticales incomplètes deviennent la cause de fautes. Chez les enfants — abstraction faite de l'inallention qui coopère toujours aux fautes — les fautes a optiques u sont les plus rares, les fautes a acoustico-moteurs » sont les plus fréquentes, d'où il ressort que la discipline de l'œil est plus aisée et plus sûre que celle des organes de renonciation. M. Mesmer complète par ses expériences, en les précisant, les résultats de Erdmauu et Dodge (Etudes psychologiques de la lecture basées sur des observations expérimentales, (898) qui prétendaient que les mots sont reconnus par leur n forme totale caractéristique ».

U. Stowing (Cours de psychopalbologie, 1 000), avait au contraire expliqué la lecture et l'écriture comme un examen des fonctions psychiques de cinq centres du cerveau (le c. optique, le c. acoustique, lec. de représentation, le c. moteur de renonciation, le c. moteur de l'écriture), et M. Zeiller U^tudes philos, de Wundt, 1900. XVI, 3) avait nettement insisté sur la succession des divers actes de perception successive lellemeut rapide qu'on a pu croire à un seul acte de perception simultanée.

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