L.-C. Hrrbrrt
V5, — La folie gémellaire, par E. Marandon ob Moktybl [\'ille Evrard). Archives de liiurolutjie, t. XXII, n« 130. p. 241, octobre 1906 (24 pages).
Cet article est dirigé contre la tendance actuelle à englobersousun même xiasu des folies ordinaireoient considérées comme distinctes. On a cherché à Journal do psydiologie. 12
JOVRSAL DE PSYCHOLOGIE
faire de la folie gémellaire une « démence précoce > — entendaal par U avec Kiaepelin toiilc espèce de folie dêgénérative ; on a voulu la faire dériver de lacoDiagtoD mentale. M. cherche à montrer qu'une telle classification n'est possible qu'avec une conception tout a fait fausse de la folie gémellaire, Celle-ci n'est pas toute folie éclatant chez des jumeaux : elle a de» caractères très particuliers qui font qu'elle se rencontre très rarement. Signalée dès 1812 par Rush, décrite en 1859 par Horeau de Tours, et trente ans plus tard par Cliiïord Gill, cette maladie fut surtout étudiée par le Professeur Bail qui en a cité tous les cas connus et en a formulé les trois conditions indispensables qui sont : « {" spontanéité du délire chez les deux sujets qui dcvieuneul aliénés tout d'un coup sans aucune cause perturbatrice expliquant cette explosion délirante; 2^ simultanéité de l'explosion des accidents en dehors de toute action de contact, car les sujets Tîvent non seulement séparés, mais encore très éloignés l'un de l'autre et ae se voient mémo pas ; 3" parallélisme non seulement des hallucinations et des conceptions délirantes, mais encore de l'évolution de la psychose, avec, malgré réloignement considérable des deux malades, coïncidence de toutes les manifestations de cette évolution, des crises de rémission et d'exacerbation, d'agitation et de dépression, des actes morbides tels que violence, tentative de suicide, refus d'alimentation, etc. » En plus de la prédisposition vésaniqne nécessaire a l'éclosion de toute psychose* il faut nne prédisposition congénitale. Lacause de celle-ci est, le plus souvent, l'hérédité. — folie ou tout au moins nervosisme soit chez l'un, soit chez l'autre des deux ascendants, et fréquemment chez les deux. Cependant par exception elle peut èire acquise durant la grossesse. Tous les cas de folie éclatant chez des jumeaux, mais qui ne remplissent pas les conditions précédentes^ rentrent dans le groupe ordinaire des folies familiales. Le caractère exceptionnel de ces conditions rend compte du petit nombre de cas de ce genre qa'on a pu observer: M. lui-même dans toute sa carrière n'en a rencontré qu'un seul, par la description détaillée duquel se termine son article.