L. C. Herbert
> — lies formes frustes de la démence précoce, par J. Crocq. But' klin de ta Société de Médecine mentale de Belgique, février 1906, n» 125.
^C«a démence précoce frnsle étudiée déjà par deux élèves de Sérieux, - Monod et Massclon, se présente sous trois aspects diS'érents : 1^ Chacun connaît ces individus qui & un &ge plus ou moins avancé, ttiblent s'arrêter dans leur développement intellectuel, après avoir donné, -■a<3ant l'enfaDce et l'adolescence, les preuves d'une intelligence normale, ^On au-dessus de la moyenne. Ces malades s'observent en dehors des 'il«s, l'entourage ne remarque que le changement du caractère et quelques ^^VLrreries ; ils vivent le plus souvent en désœuvrés ou occupent une situa-
JOURS AL DE PSYCHOlOGtB
liOQ sociale iaféiieure ft celle que leur éducatioD leur permett&ii de prétendre ; ce soal des déclassés.
2^ A côté de celle forme bénigne on en observe une autre plus grare. parce qu'à ramoidrissemenl intellectuel se surajoute un élat déliranl généralement très peu marqué, mais suflisaot pour éveiDer l'atteDlion de la famille et uécessiter parrois l'iiiteniemenl (une observation).
S*' Dans une troisième forme de démence précoce fruste, les troubles délirants se montrent par accès. En disparaissant, ils laissent h leur suite ud état manifeste de déchéance intellectuelle qui augmente au fur et k mesure que les troubles vésaniques se reproduisent. Le nombre el l'importance des accès délirants sont variables. On constate que dans l'intervalle des accès, certains malades, tout en étant amoindris, sont susceptibles de reprendre leur situation dans le monde, tandis que d'autres se voient obligés de quitter leurs occupations antérieures pour se livrer à une activité de plus en plus réduite el automatique ; après plusieurs rémissions quelques-uos même liaissent leur existence dans les asiles parmi les déments les plus inconscieuis (deux observations).
Celte troisième variété de forme fruste de démence précoce explique les cas de guérison signalés par certains auteurs dans cette maladie; il s^agit en réalité d'une guérison apparente ; le déncit tout en étant de faible degré est irrémédiable.
Les formes frustes de ta démence précoce ont avec la neurasthénie des symptômes communs, tels que: l'apathie, Pincapacitc de l'cfTort mental, la conscience de l'infériorité acquise ; mais le neurasthénique s'effraie et souffre de son élat tandis que le dcmcol précoce y reste indifférent ; le premier conserve longtemps les seniimenis moraux ciafTectirs, le second les perd rapidement.
Les troubles dans la sphère affective rapprochent la démence précoce fruste de la fotic morale, mais dans l'accomplissement des actes délictueux le dément précoce montre une inhabileté, une maladresse qui contraste avec l'intelligence dans le mal si caractéristique chez le fou moral.
1)' Roger MiGNOT.
99. — La mélancolie, expression de psychique la crainte organique (Helancholia, the Psychical expression of Orgauic Fear), par J.-^ . WHsnar. ^The amcr\ca%i Journal o/'/rwaHi^y, janvier !906, p. 369-407.
Les principaux points traités par l'auleursont les suivants :
Il y a des émotions organiques aussi bien que des émotions éthiques.
La relation qui existe entre le corps el l'esprit est comparable à celle du maître et du serviteur.
On a surfait l'influence du cerveau dans la production des états mentaux anormaux.
L'émotion organique de la frayeur a son origine dans des conditions viscérales.
ÉTUDES CUMQUES SUH LES SÉVBOSEti
La frayeur organique est no inslJDCt priroitiret nécessaire de préserratioD de l'individu.
La frayeur organique anormale eat la base de la mélancolie.
Par conséquent — et c'est le point priucipal — si la frayeur organique a son origiae dans des sensalions viscérales, et si la mélancolie est une condition mentale née d'un état anormal de Trayeur organique, la mélancolie a oécessairemeal sa source dans des conditions viscérales anormales.
Abel Rey.
100. — Une variété clinique définie d'artério- sclérose cérébrale. (A deBnile clinical varicty of ccrcbral arlerio-sclerosis), par J. Gollins. {TheJûurn. ofnerv. and ment, disease, décembre 1906).
L'ar té rio- scié rose cérébrale est parfois un fait secondaire dans les maladies organiques du cerveau, c'est parfois aussi un phénomène primitif, ayant sou tableau clinique propre et relaiivement constant. Les symplôraes $ub{ectif$ sont peu nombreux : maux de télc passagers, vertige, accès de fou rire. C'est surtout l'aspect et la physionomie des malades qui sont caractéristiques par l'immobilité et la raideur; c'est ce qui fait songer dans bien des cas & la maladie de Parkinson, pourtant très diCTérenle.
Les phénomènes objeilifs sont sans cunsnquence : le signe de Babinski est fréquent, souvent aussi ou ne consLalc aucune trace d'arlério-sctérose viscérale. Cette variété d'artério-sclérose est assez répandue, bien que rarement décrite, les termes de « sclérose latérale primaire », d' « hémiplégie double, chronique et progressive » sont impropres à la désigner.
La démarche des malades est très frappante et il est probable que ce qui a été décrit par Charcot comme abasie trépidante des sénilea u'est autre que la forme d'artério-sclérose étudiée.
Les résultats de l'autopsie varient suivant que la mort est due ou non à un accident subit ; on constate souvent une dégénérescence wallérienne des cordons médullaires.
G. Bos.
ti. — Étudks cliniques sua lrs NsvBOâEs
|04 . — Une étude des ima^s somatiques dans les diverses psychoses, par Tu. A. Hucu. The amencan Journal of Insaniti/, oclobrc 190S, p. 283-305.
L'image somalique (somatic idée) est ta représentation mentale, illusoire 00 réelle d'un trouble organique. On peut résumer comme suit les résultats obtenus par l'auteur dans l'utude des diverses psychoses, et du rôle qu'y jouent les images somatiques.
i° Mélancolie (proportion des cas où y interviennent les images somatiques 80, 76 p. 100).
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JOVRNAl DE PSYCBOLOGIB
lUie QsM
Relation des images somatiques avec la condilion physique : la maladie organique est soureul fondamentale: le début en est moins soureoi ins dieux, il repo&e rarement sur une base illusoire.
Réaction du patient vis-à-vis de l'image somatiquc : tristesse, dépressioa ennui, anxiété, doute, désespoir.
^ï" La condition parnnotque (proportioades cas où iDlerrieoDeot lesim^^ ges somatiques '■ 26,H p. 100). ^M
Relation des images somatiques avec la condition physique : il y a rarement un fondement physique; occasionnellemeal le début dépend d'une parestbésie; généralement il est variable et repose sur une base illusoire- Réaction du patient vis à vis de l'image somatique : suspicion, irritabilité, menaces, violences. ^
3^ Démence précoce, (proportion des casoù intervienoeal les images somatiques : i2,iO p. 100).
Relation des images somatiques avec la condition physique : rarement éiiologie physique, souvent débuts insidieux, généralement fondée sur une base illusoire, variable et absurde, souvent altribuable à la masturbation.
Réaction du patient vis-à-vis de l'image somatique : angoisse, menace, violence, obcénilé, rarement tristesse et dépression.
La réaction est d'ordinaire inadaptée.
4<> A/coofûme (surtout paranofquc). Proportion des cas où interviennent les images somatiques : 17,92 p. 100.
Relation des images somatiques et des conditions physiques : souvent dépendante de troubles gastriques, de désordres nerveux, parestbésie, etc.; généralement hase illusoire.
Réaction du patient vis-à-vis de l'image somatique : frayeur, acrimonie, menaces, violences.
5* Varahjsie générale (avec dépression au début).
Proportion des cas où intcrriennent les images somatiques : 17,82 p. 100.
Relations des images somatiques avec la condition physique : ressemble à la mélancolie, peut présenter ensuite la mégalomanie, et être fragmentaire.
Réaction du patient vis-à-vis de l'image somatique, au début ennui et dépression. S'il y a mégalomanie, exaltation cl bien-être.
6® Folie maniaque dépressive (avec phases de dépression).
Relation des images somatiques avec la condition physique : quand U ya des images somatiques elles peuvent se rapporter directement à quelque maladie physique- Réaction du patient vis-à-vis de l'image somatique: dépression, tristesse, ennui, désespoir^
AbelRKT.
ÊTVDES CLiSJQUES SUR LES SÉVROSBS 183
102. — T a-t-il dos haJlucinationB hypnotique» ? {Are thcre hypnotic halluciuationâ?) par Bohis Sedis (Brookline, Mass). The Psychotot/ieal Revîew, t. XIII, d« 4. p. £39, juillet I9UÔ (18 pages).
On considère en général qu'il est possible de provoquer des hailacinations par suggestion chez des sujets en état d'hjpnose. L'objet de cette élude consiste a rechercher si c'est en effet une véritable hallucination <)u'épronYe le sujet an réveil. Si Ton examine les perceptions et les ballucînations on constate les nombreux caractères par lesquels elles se res* semblent, et d'après S. celles-ci, pas plus que les sensations véritables, ne peuvent avoir une origine centrale. D'antre pan l'hallucioatiou dite hypnotique n'a pas les caractères de l'hallucination vraie : elle ne change pas toujours de place avec le mouvement de l'œil, elle ne suscite pas une réaction motrice suftisantc. elle est puremeut représentative; c'est plutôt une illusion qu'une hallucination. Le sujet croit avoir une hallucination et en affirme la réalité, il profite de toutes les indications données par l'hypnotiseur pour décrire l'objet de l'hallucination. Si ou lui dit de voir un objet rouge il afllrmera qu'il le voit, mais à moins de connaître la théorie des couleurs complémenlairesilpourralefixerindèlinimentsansque le vert lui apparaisse. Hais qu'une question de l'expérimentateur le mette sur la voie, il verra Aussitôt ce qu'il doit voir. C'est donc plutût une idée accompagnée de croyance qu'une véritable hallucination qu'on réussit à suggérer, et si Ton interroge le sujet endormi au moyen de l'écriture automatique, il avoue ne Tien voir, et n'en affirmera pas moins au réveil la réalité de son hallucinalioD. Il semble par conséquent qu'on doive reconnaître que les pouvoirs de la suggestion on été exagérés: elle peut beaucoup dans le domaine des idées, mais on ne saurait agir là oij il faut l'intermédiaire des sens. L'hallucination ^ite hypnotique ne sera donc pas une véritable hallucination ; elle aurait ])lutôt les caractères de l'illusion ou de l'idée iixe.