‹ Journal de psychologie normale et pathologiqueChapitre 77 sur 161 · C. Bos · texte numérisé non relu

C. Bos

M*. — Une théorie toxique de la douleur, par M"" Jotbvko. Beru générale des Sciencfs ;>urt'A et applii/uées, n^ 5, p. SiO, 15 mars 1906 4 pages.

M"' J. expose une théorie de la douleur ainsi formulée : la douleur est due h. une intoxication des terminaisons nerveuses doloriflques. L'excitant de la douleur est constitué par des substances algogtnts, nées au moment de l'excitaLlon.

M"*^ J. s'appuie pour prouver le bien fondé de sa ihcorîe sur ce fait qu'il faut un certain temps à Texcilant douloureux pour créer la douleur,

900 ff (' = 7^ ^^ seconde], alors que les réactions tactiles et acoustiques

ne demandent que 200 u.

La persiRlauce et l'irradiation de la douleur s'expliquent aussi par la préaencc et la dilTusion des substances algogcncs. Les Inflammations, en produisant de ces substances, l'injection sous-cutanée de certains poisons, les venins provoquent des douleurs par intoxication. Les douleurs cérébrales provoquées par les sub«tances toxiques pathologiques [migraines provoquées parrarihrtiisme. la diabète, etc.) montrent une démarcation irréductible entre le seus de la douleur et celui du toucher.

M"* J. étudie aussi les douleurs provoquées par les brûlures; Kianiclne a pu extraire des tissus brûlés une ptomalne Irè^ toxique.

Dans l'anebihésio générale, la .suppression de la douleur serait due h l'insulfisance des transformations chimiques qui s'arrêteraient A michemiu et seraient impuissantes & donner naissance aux subslAuces aigogèoes.

A. Gdiktssr.

115. — Le cxiractère et le tempérament, par C. Bibrry. Hevue philosophique^ mars 4906, p. 294 (7 p.).

R. répond à cette objection faite par beaucoup de physiologistes et de p!iychologucs contemporains à toute théorie des tempéraments d'être toujours édifiée conformément à une théorie préconçue des caractères.

Tout au moins unedéfloitîun nominale du tempérament ne rencontrera

JOVHSAL DK PHÏCUOLOaiB

par le sujet (Ici l'image vîsueUe manque, la représealation de la syllabe n'est plus donnée que par l'image auditive el l'image motrice}. Le lroi)<ième groupe était euteudu par le sujet de la mémo mauicre, mais celui-ci derait pruDoncer d'une Taçou continue et sans interruption le mot huit (Otto), moyen mécanique destiné à empêcher la producliou de l'image motrice (La perception de la ïtylUbe est réduite à l'image auditive). Le quatrième groupe était lu par le sujet en faisant le« mouvements d'articulation correspoudanls, mais «ans prononcer les mots ft haute voix (image visuelle et kineslhésique). Enfin, le dernier était lu également par le sujet en même temps qu'il pronont^ait le mot huit, atin de réduire la représentation des syllahes lues h la seule image visuelle (celte impossibilité de se représenter une image verbale kinesthésique en même temps que l'on articule d'autres mats, eâl d'ailleurs attribuée par l'auteur â ce faiit physiologique que les cenlrescérébraux des images seconfundentaveclescenlressensoriels correspondants. Ils ne peuvent ilonc fonctionnera la Fuis qued'une seule manière). 11 importe de bien surveiller le sujet dans celte expérience, car il a toujours tendance à interrompre sa prononciation continue du mot huit, pour articuler meulalement les syllabes qu'il lit.

Celte prononciation mécanique n*empéche d'ailleurs pas la lecture en distrayant L'attention, au contraire, elle la renforce et n'est uue entrave que pour les sujets qui apparlienneDt au type verbal moteur, eo ce qu'elle leur enlève l'aide habituelle qu'est pour eux l'articulation.

HéâuUiUê. — L'exactitude maxima du souvenir est atteinte par la réunion des trois images (exp. I) et diminue ii mesure qu'on élimine une ou deux images (en particulier lorsque manquent les images auditives cl motrices.) Sur 120 syllabes prcseotccs à divers sujets dans 12 expériences, dans l'expérience 1,84 sont répétées, dans l'expérience 11 4â, dans l'expérience 111 30, dans l'expérience IV 43. et dans l'expérience V 9.

On peut déduire de ces résultats comme application pratique, et en observant qu'ils ne s'appliquent qu'à la mémoire |>our ainsi dire mécanique des mots, que le meilleur moyen pour apprendre une série de rouis est de les lire a haute voix.

Au point de vue théorique, ils nous confirment une fuis de plus l'étroite connexion qui existe entre les centres verbaux qui, dans leur action commune dominent leurs elTets. Ce renforcement des images par l'associatian des centres devrait être, suivant M. A., considère comme un cas particulier de l'accroissement de netteté des images du à la répétition, puisque les diverses images, visuelles, motrices, auditives, ne sont pas perçues simultanément, mais successivement dans la lecture à haute voix.

Des questions posées aux difTcrcnl? sujets (examen iutrospectif, dont M. A , dans tous ses travaux, ne manque jamais d'accompagner cl d'éclairer ses expériences). Il résulte que la contmuitc de l'attention est la condition cssenlielle du souvenir immédial. Il suftlt du plus laible bruit entendu de la moindre préoccupation, de la plus légère émotion pour la rendre impossible. L'analyse iniernc du sujet apprend eu outre que le sentiment d'avoir bien répété, s'il coïncide parfois avec la vérité ne concorde pas toujours avec elle. Quand le sujet a le sentiment de s'être trompé, il indique en général avec précision le point où il croit avoir fait erreur, et ce juge-

UÊMOIRE, ÏMAGÏSATIOS ET OPRliATiONH tSTEhlBCTUELLUS 263

ment n'a daiilrecauM qu*iin« certaine hésitation qui s'est produite en prononçant l'une des syltahes Si, au contraire, aucune hésitation ne se produit, même s'il s'est trompé, le sujet croit avoir tout répété avec exactitude. D'autres fois, il croit s'clre trompé quand il n'a pas reconnu exactement l'une des syllabes, prenant une dilTérenco de prononciation (entre la sienne propre el celle de l'expêrinientateur} pour une diiïérence véritahle.

Quant aux variations individuelles qui mettent en lumière ces expériences, elles n'ont d'autre cause que la diversité des types de langage intérieur elU. A. propose même les expériences ci-desHus décrites comme un moyen de déterminer le type verbal, particulièrement cher, les enfants qui ne sont pas encore capables de s'ubserver. Mais il fait remarquer que cette méthode ue permet de recunnaitre que le « type d'imagination verbale ■> cl n'auturiserait aucune conclusiou relativement au « type d imagination concrète • auquel appartiennent les sujets examines, ces deux « formes d'imagina-

^ Uoa « pouvant selon lui varier indépendamment l'une et l'autre.

^H Jean Dagnan.

Hin. — Les caractères essentiels de l'image dans le rêve [Dci caratterl es«en7.iali dell' immagioe onirica), par ^f. Vaschiub et It. Meunikk. la : /iivista di Pticologia appttcata alla Peflttgogia ed alla Psicopatohgia , 1" année, n" 3, pp. 147-156, mai-juin 1905, Bologne.

H HH. V. et M. prennent pour point de départ l'cxaRcralion de Témotivilé dans le rêve. Ce serait même 14 pour eux, la caractéristique de l'état onirique. Et, ce qui est beaucoup plus contestable, ils vont jusqu'à faire de l'émoUvilé « une qualité primaire qui accompagne toujours les hallucinations hypnagogiqucs. » De plus, pour eux, cette éniotivité inlciise, n peut rcvèlir un caractère de spiritualisme inconnu h l'état de veille « (p. 148). — Ils donnent, d'ailleurs, A ce mol de spirilualilé un sens tout particulier qui sera sinon éclairci, du moins exposé plus loin. — Enfin, c'est ['émotion •eule qui dilTérencicrail l'image du révc de l'imago: mentale telle qu'elle , j'offre à la conscience pendant l'état de veille. Mais MM. V. et N. ne disent s'ils eutendent par là faire des représeolations du rêve, ordinairement >nsidérées comme des hallucinations, de simples images accompagnées l'émotions plus vives que pendant ta veille. A moins qu'ils ne gardent pas au mot image son sens habituel et précis et qu'ils lui substituent celui très général et impropre de représentai ion. Encore rcsleraii-il à démontrer dans «e dernier cas que V intensité ^X^?, représentations, images ou hallucinations ^est proportionnelle à celle de l'émotion qui l'accompagne. ^H Quoi qu'il en soit, MM. V. et N. fondent leurs considérations sur un cer- ^■tain nombre de rêves qu'ils citent et où des états émotifs intenses sont ^provoqués par des représentations en elles-mêmes peu intéressantes. Ce sont les rcvcs d'un homme de vingt-cinq ans environ, ayant l'habitude de l'analyse, d'une dame Âgée (soixante-trois ans}, d'un petit jeune homme do diX'buit ans, amoureux et poêle — o*est par là que MM. V. et N. le caractérisent, — et d'un p!«ychulogue de vingt-quatre ans. I.e premier voit passer un iraiu dans un paysage banal; la deuxième éprouve en apercevant (en rêve) sa chambre, son vieux fauteuil, son livre de messe des émotions que

JOURNAL DB PSYCBOLOGŒ

c«s objeU ne lui avaïeat jamais îaspirées; le iroisiéme aperçoit Jans QD parc, au clair de lune, tin ange au « visage merveilleux, de l'urine femiuioe parfaite. » Le guatrième cnlead chauler une dame de sa uonuai^saucc ei r«çoit d'elle un baiser.

Dans d'aulrcs cas, c'est un bruit extérieur qui est perçu, interprété par le sujet dans le sens de son rêve el qui s'accumpugne d'un état émotiouuel exagéré. Le bruit de la pluie contre les vitres est pris par un Jeune musicien pour une symphonie <le Lisseï qui lui causait une vive et profonde émoliou. L'n autre sujet entend chanter dans la rue une romance sentimentale très banale, qui lui parait n exprimer tonte la tendresse que peut renfermer le cœur humain, u

Ayant ainsi montré l'émoiion exagérée dont s'accompagnent les représentations du révc et qu'ils appcllcnl la spiritualité de cette émotioa. MU. V. et M. cherchent à en expliquer Tinlensité et le « caraoïcre élevé « qu'ils ont, disent-ils trouvé dans tous les rêves, assertion an moins surprenante. La réponse, suivant eux. n'est pas dimcile (p. Ia3). La torpeur produite par le sommeil nous présente les images sous leur aspect émoiif i avec leur caractère plus large, plus logique, plus méiaph}*siqne. • Notre moi profond entre en scène. Cette émotion, indépendante de sou substrat hallucinatoire servit l'expression, « de procédés de spîriiualisalion sur lesquels doit se fonder la métaphysique du rêve, u C'est daus celte métaphysique semble-t-il que les deux psychologues nous font entrer lorsqu'ils nous montrent à l'origine de toute émotion « une certaine inintelligibUité des choses » (p. 133}. Ou encore une série de « cristallisations des fragments de la conscience latente ■» (tbid.); lorsqu'ils définissent l'image du rêve : o un système abstrait de mille processus divers désassocies à l'état de veille » ; lorsqu'ils définissent la spiritualùation « la cause efficiente des processus spéciaux du rêve, processus dans lesquels Témotivilé qui accompagne les images n'est autre chose que le mécanisme de synthèse qui sert de symbole à la plus parfaite des abstractions » (p. 155], enfin lorsqu'ils tirent de toutes leurs recherches celte conclusion générale : « que les images et les sensations du rêve nous offrent le plus parfait exemple d'un processus mental accompli. <>

On voit donc que l'intérêt du travail de MM. V. et N. réside principalement dans les conséquences extra-psychologiques et, & coup sur, tout h fait inattendues qu'ils tirent d'un fait communément observé et admis : l'exagéraiiuu de l'émotivilé dans le rêve. Enfin le travail reposerait, suivant MM. V. et N. sur « les résultats d'une longue série de recherches et d'expériences • (p. 147] Ce sont elles qui leur « ont rendu possible leur analyse précise du rére > [làid.].

Jean Dagxan.

116. Psychologie et pliUo&opbie du jea (Psychology and philosopby ol play) , par II. Wisch. ilind, janvier 1W6.

L'auteur prend pour point de départ l'ouvrage de Grooif dont la thèse lui parait inacceptable. Il est faux que le jeu soit a un exercice préparatoire aux devoirs sérieux de la vie a; de pareilles idées, préconisées dans le système de Frocbcl, sont néfastes : lorsqu'on veut que l'cnfanl ne sache pas

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JOVHiSAl tts l'SycUOLOOIg

ou qu'il y & fatiRUe roenlale. la pause expiraloire devient plus courte et la respiration plus profonde. O^anJ l'atlentioo augmente, la respiration devient plus rapide. Une diminution subite de Pattenlion auijmenle égalemenl la rapidité de la respiration. La suppression de la cause d'excitfttion , tend à faire revenir la respiration à son rythme normal, h moins qu'il ne persiste un bouleversement alTeciif.

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