‹ Journal de psychologie normale et pathologiqueChapitre 8 sur 161 · Lacbloians. Diss. Zuang., Leidae · texte numérisé non relu

Lacbloians. Diss. Zuang., Leidae

VOUMÀ^iTL — SESMTJOSit OUSTATiVBS SVBSÈQVESTES 47

Proeque lous les autenra od( exposé leurs obaervaUons sans en donner toutefois une explii;ation.

M. Zwardemaker* veut expliquer les faits dont il est question, en rappelant la saveur douce du mucus du pharynx: il attribue cette saveur douce des sensations subséquentes h une abondante sécrétion de mucus, provoquée par les suIuLions dont uous avniiâ [>ailê. Mais l'on peut répondre que si cela était vrai> toutes les subslauces introduites dans la bouche (acides, alcalines, etc.), devraient produire celte sécrétion et ces seusaltons posthumes; or, au contraire, on observe le phénomène seulement avec certaines substances.

On peut ajouter aussi que la saveur douce du mucus ilu pharj'nx est bieu diUéreute el moins intense que celle que l'on observe dans les sensations subséquentes.

£acore plus hasardée est l'explication donnée par M. Briibl-quî avait observé également la saveur Jouée comme sensation posthume. M. Bruhl gratta la langue; et dans le mucus obtenu il crut avoir démuutrê la présence Je sucre par Jca moyens chimiques (putasse). Je ne \'ois pas comment ce sucre aurait pu se proJuirc dans la bouche en quantité suflisante pour donner la saveur douce bien nette et pour être révélé par des réactifs chimiques ; il est bien plus probable que M. Briihl. daus ses expériences, n'a pas pris toutes les précautions pour éviter toute erreur. J'avais soin, avant d'expérimenter, de rincer soigneusement la bouche avec de Teau pure, et, k L'aide d'une pclilc brosse, J'enlever tous les résidus alimentaires qui pouvaient être transformés par les ferments et les micro-organismes en sucre ou qui étaient déjà transformés.

La seule explication que l'on peut donner, je crois, dans l'étal actuel de nos connaissances, est de supposer que les substances dont j'ai parlé produisent une modification, de nature physico-chimique, de la membrane qui renferme les papilles gustalives. Il s'agit, selon toute probabilité, d'une variation de perméabilité de cette membrane, variation provoquée par la substance avec laquelle l'on expérimente (par exemple, carbonate de potassium en solution très étendue), dont reflet est de donner une saveur (douce) apparente à l'eau.

I. Zwftardemscker (H.). Ergebnisse tl. Fhysiol.. II, J., II, AbL. S. 090. 1903, 'Wieab&den.

i. Brùbl (N.). Satur und Offenbaning^ Bd. 94, S. 77, 4903.

JOVnSAL DE PSYCaOLOGlB

L'existence des solutions limiles, eu dehors desquelles le phénomène ne se produit pas^ est une des preuves que la nature du phénomène est celle que nous avons supposée.

Notre explication donne donc la raison des faits observés rclalîvement aux sensations gustatives subséquentes. La modiOcalion que les solutions de sulfate de cuivre ou de permanganate de potassium des expériences de Frenlzel et Nagel apportent à la muqueuse linguale suflit il expliquer la saveur douce de la fumée de tabac; la même modification (variation de la perméabilité de la membrane), apportée par la solution de chlorure à 0,1 pour 100, des expériences de Zuntz (quoique la saveur salée du chlorure ne soit plus perceptible), augmente la sensation douce produite par une solution de sucre à 1^ pour 100. Les solutions très concentrées de sucre et de saccharine agissent très dîITéremment sur la membrane des papilles gustatives, par rapport aux solutions plus diluées. C'est là la raison des saveurs difiérentes qu'elles ont et que nous avons déjà rappelées. De la même façon l'on peut expliquer toutes les autres observations que nous avons exposées; nous croyons donc, en concluant^ que les sensations gustatives subséquentes ont pour origine une niodi/ication, de nature physico-chimique^ de la metnbrane qui renferme les papilles gustatives.

OSV. PoLTMAim.

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