ÊTUDBS SUR LB SYSTÈME NERVEUX
arec la vie bourgeoise et une certaine aisaoce. Le déraciné ne sera qu'un ferment de dissolution et d'anarchie.
(Intel posillvisme sera nécessairement anti-égalitaire. Respectueux des castes et des classes, il regrette la monarchie et l'aristocratie héréditaire. Aussi bien l'école traditionalistCf qui dit être catholique, est cléricale bien plutôt que religieuse, ou du moins, elle n'est religieuse que parce qu'elle est cléricale, et pour pouvoir l'être. Elle ne demande à la vérité religieuse comme à la vérité politique que d'être q une vérité d'action ».
Passant à la critique de ces doctrines, P. signale la contradiction qu'elles renferment. Au nom de la méthode positive, on prétend subordonner l'intelligence h. l'instinct et l'idéal aux faits. Mais ces idées de 89, qu'on qualifie d'erreurs, ne sont-elles pas aussi des faits, issus de faits antérieurs, généra' leurs défaits nouveaux et devenus éléments intégrants de notre tradition française ?
A vrai dire, les traditionalistes ont un dédain des faits aussi hautain que leur prétention à s'y soumettre. C'est que répudier tout principe a priori n'est qu'un premier pas. Il reste à reconnaître que le seul fait vraiment positif, c'est rinslioct, le sentiment pur au moment où on l'éprouve et tel qu'on l'éprouve.
C'est ainsi que Tinslinct national ne pourra ni ne devra se justifler, et la tradition n'a toujours raison que parce qu'elle survit en nous comme action. — Par là, cette philosophie déroule ses dernières conséquences : ce positivisme n'est au fond qu'un intuitionisme; ce traditionalisme, un individualisme exaspéré ; mais un individualisme qui, pour mieux triompher, se dissimule et se nie comme règle générale pour mieux se poser comme le privilège de quelques-uns. L'on aboutit logiquement au culte du moi auquel H. Barrés est resté fidèle.
Le dilemme où le traditionalisme actuel se trouve enserré est donc le suivant : ou se nier en tant que positif et réaliste pour revenir ù la construction d'un idéal abstrait, ou se nier en tant que doctrine scientifique pour se perdre dans le sentimentalisme pur et dans l'anarchisme.
C'est une preuve de plus, selon P., de l'inconsistance de toute doctrine morale ou politique qui prétendrait se fonder uniquement sur la constatation des faits. La science sociale ne pourra jamais qu'analyser les divers courants sociaux, prédire tout au plus leur sens à venir, mais sans fournir par elle-mèmedeprincipe directeur à l'action, de fin obli^atoireâ l'homme.
Raphaël Cor.
U. — Études sur le système nerveu.v (Anatomik et Physiologie)
i85. —Doctrine du Neurone. Théorie et faits. Conférence du H décembre 1906 devant l'Académie des sciences de Stockhlolm, par Goloi (Gamillo).
G., bien que toujours opposé & la doctrine du neurone et malgré cer-
JOVR?iAL DE PSYCBOtOGiS
(aiQS signes d« décadence de celle théorie, en reprend Vexpoaé, remarquanl toat d'abord que le mot <t neurone » tend à prendre pour beaucoup le sens de n cellule nerveuse ».
Bien que celte sabstilution n'implique pas nccess&i rement une question de principes, G. se prononce contre elle. «- A!or*, dil-il, que les résultais de la coloration noire commençaient à se répandre, l'idée que cellules et ' libres Tormaient une unité anatomique s'est présentée avec un caractère plus objectif. C'est alors que se fit jour cette idée : que le corps cellulaire avec tous ses prolongements constitue un organisme élémentaire indépendant, sans autre rapport avec les autres qu'un rapport de continuité •. C'est cette unité que Waldeyer appela r neurone n. El il reprend intégralement la formule donnée par Waldejer dans l'exposé qu'il en lit en 1891.
Le système nerveux est constitué par d'innombrables uDités nerveuses iadépendanles les unes des autres (neurones) et composées de trois parlies : la cellule. la libre, la ramification terminale. La coudnciion physiologique peut se développer de la cellule lï la ramification terminale tout comme dans le sens inverse. La transmission des excitations motrices se fait seulement de la cellule à la terminaison nerveuse; celles des excitations 6ensitives aussi bien dans l'une que dans l'autre direction.
Après les travaux de Waldeyer et d'autres savants, on peul résumer avec? précision les concepts sur lesquels repose la théorie du neurone :
i*^ Le neurone est une unité embryologique, donc il dérive d'une seule cellule embryonnaire ;
2" Le neurone, même adulte, est analomiqucmcnl une unité cellulaire. Même cher l'animal adulte, le complexus entier représente une seule cellule;
3^ Le neurone est une unité physiologique. Au concept fondamental de Waldeyer on a rattaché au point de vue anatomique cl fonctionnel des propositions accessoires : les rapports entre neurones oe s'établissent que par des contacts éventuels ; hors les neurones il n'y a pas d'autres éléments nerveux ; tes neurones sont aussi une unité trophique.
Au point de vue physiologique, la doctrine du neurone trouve sa plus complète expression dans la théorie de la n polarisation dyuamiqne » esquissée par Van Gehucblen, développée par Ramon y Cajal, et dont le conférencier donne un bref aperçu, en faisant observer qu'il ne se troare pas d'accord avec te savant espagnol sur différents points de caractère anatomique et d'importance capitale au point de vue de la doctrine : ainsi, dit 6. je crois qu'il faut absolument rejeter que le rameau 'périphérique dn prolongement des cellules des ganglions spinaux doive être identifié avec un prolongement protoplasmique et qu'on doit considérer le revêtement mté- Unique comme un fait absolument secondaire cl rendu nécessaire simplement par la longueur du prolongement lui-même; je ne tiens pas comme démonstratif ce fait initial que les prolongements des cellules de la couche moléculaire du cervelet vont former des terminaisons sur le corps des cel-
JOUBSAi DE psrcnoLOGiB
Quanlù ruDîtê cellulaire du neurone voir Capobianco, Fragnitto. Balfour, BearJ, Dohru, RafTaële. BcLhe, de. Mais M. Golgi déclare ne pouvoir leoir compte lies résultais d'ordre hystogéoique sur l'origioe pêricellulaîre des fibres nerveuses comme éléments conlraîres à la doclrinc du neurone, pas plus que des rt'cerib travaux préteiidani démontrer Torigiae c«utrale des fibres nerveuses régénérées, en faveur de la dite doctrine. Il n'y a à considérer que les rapports extrêmement compliqués contractés dans les organes nerveux centraux par les fibres nerveuse?, au moyen des fibres collatérales de ces organes.
La théorie de Jorissur l'origine indépendante des faisceaux de fibrilles ci les incompréhensibles résultats de Uesta sont aussi à laisser de c6té.
Bref on ne peut, dans létal actuel de uos connaissances, considérer comme acquise, comme certaine, l'indépendance embryologique de la cellule nerveuse.
11. le neurone, ménie adulte, têt une unilé cellulaire indépendante. — Ba M reportant aux premiers temps de la diffusion des résultatB de la coloration noire, un comprend que tout le systcme nerveux élémentaire ail été considéré comme une unité anatomique indépendante.
C. Golgi déclare avoir déjà aperçu deux oalôRories différeales de cellules dans le prolongement nerveux : cellules du premier, cellules du deuxième type ( fig. 3 à 6 dont l'explication est donnée tout au long par le coarérencier).
Cette distinction repose sur un crilérium morphologique : les manières opposées dont se comporte le prolongement nerveux.
Ou aurait pu distinguer assez facilement les fonctions de Tune et de l'autre catégories de cellules si,daosceriaiucârégions du système nerveux central, De se trouvaient des cellules des deux types. Biles sont dispersées partout. La moelle cpinière elle-même contient des deux.
Il faut donc chercher par ailleurs. On arrive A établir :
1° Que les cilindcr axis des racines antérieon^s se continuent par le prolongement nerveux d^une ccllalc.
2° Que les cilinder axis des fibres des racines postérieures se divisent bientôt pour devenir des fibrilles d'une impalpable ténuité qui se perdent dans le rcâeau diffus de la substance grise.
El dès lors Golgi affirme que les fibres sensitives et les fibres motrices dans la moelle épinière se comportent d'une manière tout opposée.
Après diverses observations il en arrive & considérer les cellules se iroavaol en rapport directe avec les racines antérieures comme de nature motrice; les cellule.') des autres régions se comportent de la même façon comme vraisemblablement motrices ou psychomotrices; puis il émet l'hypothèse que les cellules du second type sont de nature sensorielle ou psychosensorielle.
L'existence d*on réseau nerveux diff'us dans toutes les couches de soibs- Unce grise du système nerveux central, avait été reconnue par Golgi av&Qi
ÊTVDKS SUR LE SYSTÈME SESIVEUX
r«7èncment de la théorie du neurone ; et il rappelle ses démonstrations précédentes établissant que, pour constituer le réseau dilTuR, entrent en ligne :
l" Los fibrilles collatérales émanant du prolongement nerveux des cellules du premier type;
^ L'ensemble des prolonRcmcnts nerveux des cellules du deuxième type qui se décomposent d'une manière extrêmement complexe;
3<*Lea fibrilles émanant des nbrcs de la première catégorie qui entrent en rapport direct avec les cellules ganglionnaires du premier type;
V Va ensemble de nombreuses libres qui vont se perdre par degrés en filaments extrêmement subtils.
Cette entité anatamiquc bien concrète a pour G. une importance fondamentale dans la funcLton spéciDquc du système nerveux; elle n'est pas une hypothèse; il la montre dans deux figures 7 eL 8 dont il illustre sa confé* reace.
Bref, en parlant du réseaui de sa constitution, de TinterventioD de tous tes cléments nerveux du système central dans sa l'ormation, il sous-entend ta démonstration de la continuité anatumique et fonctionnelle entre les cellules nerveuses, d'où impossibilité pour lui d'admettre l'idée d'indépeudaace de chaque cellule nerveuse, — indépendance sur laquelle repose toute la doctrine du neurone.
A proposdcs rapports entre celtuteset fibres nerveuses, G. rappelle, sans s'y arrêter beaucoup, la constitution particulière du faisceau denté dans le grand pied d'hippocampe (tlg. 9)
A propos des prolongements protoplastiqucs, G. rappelle comment ces prolongements, après s'être subdivisés plus ou moins, ko terminent dans le cerveau ou le cervelet, observation dès lon^leraps faite par lui, surtout dans le cervelet de jcuues oiseaux on cette disposition est plus apparente (Gg. 10). Ne pourrait-on pas en arriver à cette hypothèse que les prolongements protoplasmiqucs représentent aussi des voies de nutrition des corps cellulaires? Cette hypotlièâc s'appuierait sur ce que les cellules nerveuses sans prolongement n'ont de rapports intimes avec les vases sanguins que d'une manière exceptioniieUe.
lîllc serait encoreconlirniée par certaines données analomo-pathûlogiques et par les résultats des expériences faites sur ce point (Cf Monli).
G, rappelle qu'il a lui-même affirmé souvent la possibilité, pour les prolongements protoplasmiques, de participer à la fonction spécifique qu'on suppose exercée par la cellule nerveuse. On lui a fait des objections auxquelles il a répondu.
Dans celle discussion sur l'importance des proloogemeuts pruloplasmiques, le réticule péricellulaire h quoi on a donné le nom de réseau du Gotgl, est décrit. Quant à la structure Hbrillaire des prolongements protoplasmiques et du corps cellulaire, le conférencier reconnaît seulement, en passaut, que ce problème de la structure des cellules nerveuses et de leur formation est bien loin d'être résolu.
JOVHSAL UE PSYCnOlOOIB
Aujourd'hui, les éludes sur le système nerveux se concealrent sur la structure des cellules et chaque inodalilé de structure a servi d'argument pour ou contre la théorie du neurone. Il est impossible de prendre en considération certaines afQrraations comme celles de Nissl sur le « Ceotralgraù ■ et d'exposer les longues controverses sur ce que Bethe a bien voulu appeler le réticule de Golgi. Hais on peut dire que les nouvelles mélhodeâ techniques appliquées à la structure des cellules nerveuses, notamment celles de Cajal ont ouvert des horlxous nouveaux pour la connaissance de la structure interne des cellules elles-mêmes, sans toutefois donner de résultats déûoi-
tirs.
Outre tes travaux de Nissl qui n'ont pas explique la constitution normale des cellules, ceux de Apadiy oui démontré le passage de ncuro-nbrilles d'une cellule h. l'autre et l'existence d'un rélicule élémentaire diffus, ce qa' impliquerait la démolition de la doctrine du neurone et la conflrroalioD de Texistence du réseau nerveux difTus.
Le conférencier fait ici l'exposé de ses travaux sur ce qu'il appelle Vappareil réliculaire endocellulaire, avec ligures (cellules nerveuses de cheval : flg. ti-12-13; — du chien : U; — système de librilles nerveuses superlîcielles : dg. 15; — groupe de cellules nerveuses de Vécorce montrant Tappareil réliculaire interne : Hg. 16).
Après les travaux de llolmgren sur les appareils réticulaires, ceux de Bethe et de Donaggio ont fourni la démonstration d'une structure exaclement Hbrillaire des cellules nerveuses. Peut-être est-il possible d'identifier la structure fibrillaire et réliculaire de Bethe et Donaggio avec la structure mise en lumière par .\pathy. dans les cellules nerveuses des vers.
Les travaux de Cajal sur la structure intime des cellule* nerveuses sont d'une importance considérable. Par sa méthode on suit les fibrilles jusqu'il l'intérieur des corps cellulaires cl jusque dans leurs prolongements^ et on découvre la structure nbrillaire même dans les éléments nerveux aux première phases de la vie embryonnaire.
Les résultats de ces travaux sont tout différents des autres : il se peut que tous tendent à la même vérité; mais jusqu'ici ces voies difTérentes ne se sont pas rencontrées.
m. Le iXeurone est une unité physiologique indépendante, — Celle doctrine, on a voulu la voir en germe dans la loi de Waller, où elle n'est pas. Elle aurait pu s'appuyer indirectement sur les éludes au sujet des > localisations cérébrales ». Mais les idées sur ces localisations se sont aujourd'hui profondément modifiées.
Sans revenir sur la théorie des a locaUsations cérébrales b exposées ailleurs dans ses travaux, G. admet Texisleuce de territoires de distribution prévalenle et plus directe des fibres qui graduellement se confondent avec d'autres régions où se répandent d'autres faisceaux de fibres.
En ce qui concerne la fonction spécifique du système nerveux central, le conférencier admet l'idée que la fonction spécifique centrale est en rapport