LA VIE RELIGIEUSE
Il doit y avoir des moines dans ce monde, mais dans la proportion minime où les choses parfaites doivent rester vis-à-vis de celles qui ne le sont pas. Qu’une austère sainteté en limite seul le nombre ! C’est parce qu’ils sont l’accompagnement, le luxe du sacerdoce chrétien, qu’il faut que ce sel de l’Église conserve toute sa saveur. Enfants du conseil évangélique, manifestation vivante de sa perfection, un seul malheur serait plus grand que leur absence, le malheur d’en avoir trop et pourtant d’en manquer. La fausse grandeur du suicide attendait aussi, comme tous les faux semblants des vertus payennes, une réhabilitation. La religion nous l’offre dans le généreux et légitime suicide chrétien ; mais il faut qu’un détachement complet s’en suive, que le religieux, comme le héros d’autrefois, ne demande à la terre qu’une sépulture, et pour apothéose, la gloire du ciel.
DE LA PIÉTÉ