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La vie est une plante dont le fruit mûrit pour l’éternité.
On ne s’assure de ses progrès que dans les temps de découragement et d’aridité. Ce n’est pas au soleil, c’est à l’ombre que l’on place le thermomètre.
On n’est heureux de fléchir que là où il faut se prosterner.
Nous ne trouvons jamais ici le temps d’être vraiment bons ; il ne nous est laissé que celui de devenir meilleurs.
DANS LE CHRISTIANISME
La vraie richesse de l’âme, est ce dépouillement qui ne laisse plus rien même à sacrifier.
Les grâces apparentes dans l’ordre de la nature ont caché si fréquemment des épreuves trop réelles, que nous ignorons souvent si nos consolations les plus chères ne deviendront pas une poignante épreuve.
La terre est près de tout : près du ciel, près de l’enfer. Hélas ! plus les temps s’approchent et plus cette proximité nous presse.
DE LA PIÉTÉ
La passion qui s’attache à un seul objet a du moins le mérite, dans son opiniâtreté, de ne pouvoir le remplacer. Elle laisse après lui un vide, et quand ce vide ne devient pas un abîme, la place est toute préparée pour Dieu.
La pauvreté est toujours éveillée avant l’aube. La prière qui pose l’âme comme pauvre devant Dieu en fait autant.
Les années sont des degrés qui croulent à mesure qu’on les monte.
Ah ! combien l’inquiétude la plus vive est en-
DANS LE CHRISTIANISME
core éloignée d’une cruelle certitude 1 II y a, pour remplir cet espace, tout l’immense et mystérieux besoin de l’homme, de croire et d’espérer.
Une seule manière pour la vieillesse isolée d’échapper au désespoir, c’est la recherche, c’est le travail de la perfection.
xxvn.
Il y a du mal dans les bons et du bien dans les méchants, il faut le reconnaître ; mais seulement ne pas se laisser séduire par ce que les méchants ont de bon, et ne se point décourager par le mal que portent en eux-mêmes les bons.
L’orgueil et la lâcheté délibèrent là où l’humble candeur et l’honneur obéissent.
DE LA PIÉTÉ
Rien ne nous sépare moins que la mort de ce que nous avons pieusement aimé.
C’est par l’élévation du caractère et la constante habitude des sentiments élevés, qu’il faut ennoblir la doctrine de la soumission.
Les persécutions sont aussi des promesses.
L’infortune impose davantage encore que la vertu ; on se sent intimidé en sa présence, pénétré de ce respect qui s’attache à la consécration. Avec quel tressaillement on approche de celui qu’un
DANS LE CHRISTIANISME
coup terrible vient de frapper ; on hésite, on est agité de crainte; c’est une puissance redoutable, c’est Sa Majesté le Malheur.
Le temps efface moins la douleur qu’on ne le croit ; seulement, c’est une maladie aiguë qui devient chronique, et une crise morale qui devient une situation.
Si tu veux être plus riche, sois meilleur.
La même rose dont la guêpe fait son venin, donne à l’abeille son miel. Dieu a voulu que, dans le monde où tant d’éléments sont malfaisants, il n’y eût pourtant de coupable que la volonté humaine.