L’HOSTIE
Le firmament est son trône, la terre son marchepied; l’Éternel est son nom, l’infini son essence; son souffle est partout et sa vie dans l’hostie.
Par delà les soleils, il règne encore; toute grandeur s’élève et se mesure en lui ; mais de sa puissance la merveille suprême n’en est pas moins de descendre dans l’hostie.
Il le pouvait, il l’a dû faire : l’amour se fait sa loi, le Christ est dans l’hostie.
DE LA PIÉTÉ
Sous les voiles transparents de la nature, Dieu est sensible à tous; l’intelligence le découvre, l’ordre et la beauté le trahissent ; mais lui-même ne se revèle que caché dans l’hostie.
Cœurs sans appui, éteints parle doute et l’abandon, goûtez et voyez, le refuge est dans l’hostie.
Emmanuel chérit ami qui, près de l’ami, lui parlez seul à seul ; la tête penchée sur votre sein, je vous écoute dans l’hostie.
Beauté sans couleur et sans forme, réalité divine et vérité pure, harmonie et silence, vous êtes dans l’hostie.
Baume de toutes les blessures, sommeil aux divins songes, fontaine scellée et toujours jaillissante, source de toutes les charités, vous êtes dans l’hostie.
Regard qui troublez le pécheur, sourire qui changez les âmes, voix puissante du Sauveur, larmes de son humanité sainte, vous êtes dans l’hostie.
DANS LE CHRISTIANISME
Fleur de Jessé, enfant rédempteur, adolescent déjà maître, homme-Dieu, Christ incarné pour sauver et mourir, vous êtes dans l’hostie.
Or pur de la vérité, myrrhe du repentir, encens de la prière, feu nouveau de l’alliance nouvelle, vous êtes dans l’hostie.
Brûlants désirs des saints, regard assuré du juste, séraphiques ardeurs, timide espoir du pécheur, leur paix à tous, vous êtes dans l’hostie.
Fournaise qui rafraîchit, rocher qui désaltère, tièdes brises, parfum des solitudes vierges, vous êtes dans l’hostie.
Foi qui est la vision pure, espérance qui n’a plus d’objet, charité qui seule demeure, vous êtes dans l’hostie.
Possession seule parfaite, partage qui enrichit, fraternel banquet, faim assouvie, vous êtes dans l’hostie.
Perle unique, seule chose nécessaire, céleste rosée du nouvel Eden, éternelle jeunesse, vous êtes dans l’hostie.
DE LA PIÉTÉ
Sang du Calvaire, clartés du Thabor, immolation parfaite, vie perdue et retrouvée, flux et reflux divins, vous êtes dans l’hostie.
Douce attente du bien-aimé, bruit de ses pas sur la colline, tressaillement à son approche, heureuse et profonde paix de sa présence, vous êtes dans l’hostie.
Étoile du matin de la vie, abri contre les ardeurs, rayons dorés de son déclin, astre vivifiant ses dernières confiances, vous êtes dans l’hostie.
Vous n’êtes plus, espace et temps, ombre et figure, douleurs, illusions, vous n’êtes plus ; pour le fidèle, le saint Alléluia est déjà chanté dans, l’hostie.
Crépuscule des dernières ombres, flambeau qui pâlissez, jour qui allez finir, éteignez-vous ; l’immortel matin se lève et rayonne dans l’hostie.
Écho des joies futures, souffle de la patrie, arrhes divines, amnistie céleste, miséricordieux appel, je vous entends, je vous reçois, je vous bénis, je vous adore dans l’hostie !
DANS LE CHRISTIANISME
PRIÈRE
Hostie pure, hostie sainte, fleur de l’amour dont la croix est le fruit, embaumez notre vie, cette tente dressée pour un jour. Sous les douces ombres du mystère, vous nous donnez le bien-aimé, et avec lui toute la joie concédée à l’exil. Pénétrez en nos âmes, ô hostie sainte, et après avoir été notre pain de chaque jour, donnez-ifbus dans sa gloire celui que nous avons tant aimé dans son abaissement !
PRIÈRES
ni
SYNAXE
Les saints Pères avaient fixé par jour, sept prières publiques ou Synaxes *, dont la première était celle des nocturnes. Déjà le Roi-Prophète avait dit sept fois le jour : Seigneur, je vous offre des louanges à cause de l’équité de vos jugements ; Septies in die laudem dixi tibi 2 .
« Considérez ce nombre sept, dit saint Bernard,
* Sjnaxe, terme d’histoire ecclésiastique. — La Sjnaxe était anciennement l’assemblée des chrétiens où l’on chantait les psaumes, et où l’on faisait les prières en commun. Synaxis , assemblée. — C’est sous ce titre qu’il avait plu à M me Swelchine de placer l’emploi de sa journée chrétienne, et j’ai cru devoir le maintenir ici, en empruntant la définition du Dictionnaire de Trévoux.
2 Psaume cxvm, 164.
PRIÈRES
c’est un nombre sacré, il n’est pas sans mystère 1 . »
Entrée dans ma chapelle à mon lever ; profond et intime salut de gratitude et d’invocation.
Mon Dieu, sanctifîez-moi, vivifîez-moi, bénissez-moi.
Seigneur, je ne sais ce que je dois vous demander; vous seul savez ce qu’il nous faut, vous m’aimez mieux que je ne sais m’aimer moimême. O Père, donnez à votre enfant ce qu’elle ne sait elle-même demander I Je n’ose demander ni croix, ni consolations ; je me présente à vous, je vous ouvre mon cœur ; voyez mes besoins que je ne connais pas, voyez et faites selon votre miséricorde, frappez ou guérissez, accablez ou relevezmoi. J’adore vos volontés sans les connaître, je me tais, je m’abandonne. Je ne veux plus avoir d’autre désir que celui d’accomplir votre volonté. Apprenez-moi à prier ; priez vous-même en moi, ô mon Dieu I
Confitemini Domino , quoniam bonus; quoniam in œlernum misericordia ejus 2 . Alléluia .
1 Sermon sur le Cantique des Cantiques.
* Paralipomènes, xvi, 34. — Rendez grâces au Seigneur, parce qu’il est bon et que sa miséricorde est éternelle. — Louez Dieu.
PRIERES