LA TEMPETE. — JESUS MARCHANT SUR LES FLOTS
I. Jésus priant sur la montagne pour les apôtres. — Et moi, comme supérieur, comment ai -je rempli mon devoir de prier pour ma maison, pour les pères, pour les enfants!
Soins de ma santé, d'où sommeil plus long, prière plus courte. Salva nos, perimus ! Et je dors, sans que mon cœur veille, comme celui de Notre-Seigneur... Besoin, devoir de prier, comme Jésus , pour éviter l'orgueil de ma charge : Jésus fuit la royauté dans la prière ;
Pour détourner, en m'humiliant bien devant Dieu, les maux que mes péchés doivent attirer sur tous;
Pour arracher à Dieu des bénédictions, comme Moïse, sur la montagne, pendant que les autres combattent dans la plaine;
Pour marcher sur les eaux comme Jésus, en venant comme supérieur écarter les obstacles.
Jamais je n'avais si bien compris quel mal j'ai fait en ne priant pas assez, en priant si mal.
Heureusement que Marie est la protectrice de la maison, que Jésus prie dans le tabernacle
pour tous, pour chacun, pour cet enfant qui va mal... pour moi. — Jésus et Marie sont les vrais supérieurs.
Et je les visite si peu! Jésus, pour prier à son aise, sur la montagne, force les disciples de s'éloigner : et quel chagrin ils éprouvent ! Et moi, quand Jésus m'attire au contraire, il semble que je ne vais le visiter que par force. Confusion, regrets, résolution de visiter plus souvent le saint Sacrement, de prier davantage pour tous, comme Moïse sur la montagne.
Si je pouvais donc apparaître comme l'homme qui vient de Dieu, qui va à Dieu, qui porte Dieu!
II. Tempête. — Les épreuves m'attendent. Me préparer, agendo contra : en avant!
Les apôtres rament sans se décourager; voilà l'exemple à suivre. Ils font tout ce qui dépend d'eux. Mais pourquoi ne crient-ils pas à Jésus, comme autrefois quand il dormait dans la barque } parce qu'il est absent, croient-ils donc qu'il ne peut rien pour eux?
La prière jointe au travail.
Jésus veille, il entend notre prière. Sa bonté, sa providence ne sauraient être prises en défaut.
La nuit, les flots, rien ne l'empêche de venir au secours de ses apôtres.
III. Phantasma1. — Ne crains rien, mon àme, ce n'est point un fantôme; ne te fais pas une fausse idée de Jésus. Ce n'est pas un homme qui n'oublie pas les fautes passées, qui ne rend pas sa confiance et qui se venge. Ce n'est pas un maître orgueilleux et dur, qui cherche à effrayer. Le fantôme, c'est le démon qui cherche à jeter la terreur en moi, qui me menace avec d'autant plus de rage que je lui échappe encore. Mais Jésus vient à mon aide avec d'autant plus de bonté qu'il m'a déjà sauvé, que je lui appartiens à un nouveau titre, que ma faiblesse, mon impuissance sont plus grandes , que mon ennemi est plus furieux. Ego sum; nolite timere.
IV. Pierre marche sur les eaux. — C'est le prix de la confiance. Que de fois j'ai enfoncé, comme il enfonce lui-même bientôt ! C'est que la confiance m'a manqué. Mais maintenant, les yeux sur Jésus ! prière à Jésus !
Oubli de moi-même. Pierre aurait continué
1. Et les apdtres troublés dirent : C'est un fantôme. (Matt., xiv, 26).
d'avancer, s'il n'eût pensé à lui, s'il n'eût cherché son appui en lui-même. Oubli de moi-même, renoncement, et je marcherai sur les eaux. Si, par la mortification, je pouvais m'alléger du poids de la sensualité, de l'amour charnel et mondain, les eaux me porteraient sans peine.