I. ao
Sjo RETRAITE DE i8(Ss.
dium suum a sanguine; c'est le manque de vigueur, de générosité, de mortification.
Maudit ! Maledictus !... Nous chasserions ce serviteur négligent, trompeur et lâche s'il était à notre service ; Dieu le maudit, il lui retire ses grâces.
Comment recouvrer la bénédiction du Seigneur? — Par la prière, la fidélité même dans les plus petites choses, la probité qui consiste à tout lui rendre, la mortification en s'armant du glaive contre soi-même^ usque ad effusionem sanguinis ^.
QUATRIEME JOUR
l'appel.
Comment cet exercice sert-il de préparation à la contemplation de la vie de Notre-Seigneur qui va suivre ? — C'est que, à chaque trait de sa vie que nous méditons, Notre-Seigneur nous appelle à l'imiter.
A l'invitation du roi temporel ma réponse serait bien simple. Avec mon caractère, quand
z. Jusqu'à Tefifusion du sang.
COURAGE ET FERVEUR. aji
j'étais jeune, je me serais élancé même au premier rang, pour me distinguer entre tous. — Donc, à plus forte raison le dois-je faire, pour répondre à l'appel «du Roi éternel, du Fils de Dieu, du Seigneur de qui tous les rois dépendent, à qui toutes les nations ont été données en héritage, de ce Maître si humain par condescendance, si libéral par amour, que le roi temporel ne lui est en rien comparable.
Autant le Roi éternel l'emporte par là même sur le roi temporel, autant ses droits sont plus sacrés, l'obéissance qu'on lui rend plus auguste, son appel plus digne de tout notre dévouement.
Et le roi éternel s'adresse encore à moi en particulier : Unumquemqàe in particulari. Mais comme Clovis frappant le soldat perfide dans une revue (Te souviens-tu du vase de Sois^ sons ?), Jésus devrait me frapper en punition de mes perfidies. Loin de là, dans sa bonté, dans sa miséricorde, dans sa délicatesse, il me traite comme Jéhu traita le brave fils de Recfaab : Numquid est cor tuum rectum^ sicut cor meum cum corde tuo^ ?... Et il me fait monter de nouveau sur son char.
!• a Jéhu trouva Jonadab, fils de Rechab qui venait
sjd RETRAITE DE 1865.
Qu'il est doux pour moi de contempler, écrit sur son front, Rex regum^ Dominus dominant tium ! De sentir sur moi son regard, sa parole, sa main, son appel, son amour, son Cœur, pour ainsi dire : Et mihi est corsicut et vobis^. Que mon Cœur vous soit donc uni dans les liens de la charité.
Et mon cœur est le royaume qu'il veut conquérir. Et pour assurer cette conquête que de fetigues, que de sueurs, que de souffrances, que de sang!...
Quîd açam^ quid agere debeam • ? — Je me livrerai tout à fait à lui ; car à qui donc irionsnous. Seigneur?... De là dépend le salut, cette unique chose nécessaire ; car mon expérience me montre assez que je retombe dans le péché dès que je m'éloigne de lui.
au-devant de lui, et lui dit : Avez-vous le cœur droit à mon égard, comme mon cœur Test à l'égard du vôtre? Oui, lui répondit Jonadab. S'il en est ainsi, dit Jéhu, donnez-moi la main. Jonadab la lui ayant présentée, Jéhu le fit monter dans son char, et lui dit : Venez avec moi et vous verrez mon zèle pour le Seigneur. » (ÎV Reg., X, 15, 16.)