‹ Journal de ses retraites annuelles de 1860 à 1870 (volume 3)Chapitre 115 sur 124 · DEUX ÉTENDARDS · texte numérisé non relu

DEUX ÉTENDARDS

!• Il ne peut y en avoir que deux : Satan et Jésus-Christ se partagent le monde.

2^ Le Père Everard Mercurien nous apprend

venu, il nous annoncera toute chose... -« C'est moi qui parle avec vous.

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que dans cet exercice saint Ijg^ace eut la révélation de la compagnie. — C'est la mission delà compagnie de combattre contre Satan qui perd les âmes par l'amour des richesses et des honneurs et par l'orgueil, en restant fidèle sous rétendard de Jésus -Christ. De là nécessairement la compagnie doit porter le nom de compagnie militante et de compagnie de Jésus.

3° Satan veut perdre les âmes, et me perdre moi particulièrement : Vult! Jésus veut me sauver, vult; quelle puissance de volonté dans Jésus, dans Satan !... Mais c'est de ma volonté que tout dépend. Aussi dois-je revenir encore sur ce volo de saint Ignace} qui se retrouve dans presque tous les Exercices.

4® Satan nous est montré ici tel qu'il est en réalité^ afin que nous découvrions mieux ses déguisements. Il importe de bien savoir ce que ces déguisements cachent à nos yeux. Mais encore, c'est à Babylone, dans son camp, au milieu des siens, que Satan nous est montré. Il n'a plus à dissimuler avec eux. Surprenons le secret du camp. Quelle est la consigne? — Richesses j honneur du monde ^ orgueil. Mais rien là d'absolu; le démon a coutume, dit saint Ignace, soîet...

COURAGE ET FERVÇUR. 2(5l

Il procède aussi autrement; quelquefois il attaque par le vain honneur.

Et les plaisirs? Ils sont aussi compris dans les richesses. Oà est ton trésor, là est ton cœur ^ — Quelques-uns sont attaqués directement par les plaisirs*. Ordinairement le démon n'en parle pas aux bonnes âmes, car il serait aussitôt découvert; mais dans le barathrum, dans le gouffre ouvert par Torgueil on les retrouve ; l'orgueil est le principe et le terme de tous les maux, principium et finis malorum. L'orgueilleux dit, comme l'ange rebelle : Je monterai, ascendant ! Et il tombe dans le barathrum. Ce n'est pas un abîme, c'est un gouffre ; on n'en connaît pas le fond.

6. Superbia. — L'orgueil, c'est l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu, suivant la pensée de saint Augustin : deux amours ont bâti deux cités, l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu; l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi. L'orgueil c'est la disposition d'une âme qui s'aime tant elle-même qu'elle sacrifie à son attachement, à sa vanité, la loi de Dieu, le service de Dieu, la possession éternelle de Dieu.

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