‹ Journal de ses retraites annuelles de 1860 à 1870Chapitre 11 sur 174 · I. Voulez-vous fuir Dieu, fuyez vers Dieu. (S. Aug.) II · texte numérisé non relu

I. Voulez-vous fuir Dieu, fuyez vers Dieu. (S. Aug.) II

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liation profonde. Dieu Sauveur, Sauveur des hommes perdus par la triple concupiscence, par l'amour des richesses, des plaisirs et des honneurs, il vient les sauver par la pauvreté, l'humiliation, la souffrance, ses fidèles compagnes qui le suivront jusqu'à la croix. Et hoc vobis sîgniim.

Hodie , — aujourd'hui et toujours ; dans tous les temps le même signe est dans l'Église. L'Église continue la mission de sauver les âmes par la faiblesse, la souffrance, l'humiliation, au milieu des tempêtes qui viennent l'assaillir. Ne nous déconcertons pas; signum! C'est là le signe. Ce n'est pas de l'homme que viendra la victoire ; mais par la faiblesse, et l'humiliation et la souffrance. Il y a deux langages de Dieu sur la terre : Le miracle où sa toute-puissance éclate, et l'infirmité, la faiblesse, miracle des miracles, celui par lequel avec l'infinie bonté se manifeste le mieux la toute-puissance. Ho die, encore aujourd'hui ce signe est visible.

Nains est vobis hodie Salvator. — Car aujourd'hui revient chaque jour, et chaque jour Jésus prend sur l'autel une nouvelle naissance, chaque jour Sauveur, chaque jour avec le même signe, infantem, même plus humble que l'en-

fant ; pannîs involiitum , enveloppé dans les espèces Eucharistiques qui sont comme ses langes ; în prœsepio dans le pauvre tabernacle, le pauvre cœur d'un pauvre prêtre.

Ah ! chaque jour il vient dans mon cœur, chaque jour il naît entre mes mains ; c'est le signe, il est Sauveur. Que je naisse avec lui, entre ses mains, sauveur aussi. Mais que je sois comme un enfant, pauvre, humble, souffrant, par là sauveur des hommes, les délivrant des trois concupiscences et m'en délivrant moimême. Signiim!

Gloria în altissimis Deo. — Là est la gloire de Dieu, le salut des hommes par l'humilité et la souffrance de leurs sauveurs. Si les hommes dans leur orgueil repoussent ce signe, c'est la guerre, le malheur dans leur cœur.

Mais pax hominibus bonce voluntatîs ; la bonne volonté c'est d'accepter ce signe divin, d'aller à Jésus comme les pasteurs et les agneaux sans être scandalisés de ses larmes et de sa crèche, d'imiter son humilité, de mettre en lui sa confiance, d'annoncer sa venue et son signe, d'être avec lui sauveur. Et la paix qui surpasse tout sentiment accompagne cette bonne volonté ; car là est l'ordre, la volonté de Dieu,

surtout pour le prêtre, pour le pasteur à qui Dieu envoie son ange.

Donc, transeamus usque Bethléem^ passons à la maison de pain avec toute bonne volonté; transeamus, c'est le mot de la retraite ; la conversion n'est qu'un transeamus. Passons au Sauveur, à la crèche, à son humilité, à son dépouillement. Que tous les jours pour moi le transeamus soit renouvelé à l'autel, car c'est là vraiment Bethléem, la maison de pain !

En quoi consiste-t-il pour moi ? Plus de vigilance surtout dans mes exercices de piété, dans mes fonctions sacerdotales.

Mais comment opérer ce transeamus dans le cœur > — Videamus , voyons Notre-Seigneur, le modèle, et Marie et Joseph : la méditation.

Contemplons , Jésus , Marie , Joseph à Bethléem, spectando eos, contemplando eos cum omni obsequio possibili, tangendo... ; et en contemplant, achevons le cantique des anges, laudamus te, benedicimus te... Quoniam tu solus oAltissimus , Jesu Christe...

Mais des faits plus que des paroles : Verbum quodfactum est. Dieu ne s'en est pas tenu aux paroles, voilà ses promesses accomplies, le

Rédempteur incarné, le Verbe vivant. Et moi, ;n contemplant Jésus, que je forme des résolutions, que je devienne parole vivante ^ vérité vivante. C'est le présent à offrir à Jésus.

Quels sont les présents des bergers } — Non pas l'or, l'encens et la myrrhe, mais le lait, les fruits et les agneaux, c'est-à-dire encore pureté, amour, vraie piété, sacrifice.

Et l'Agneau se donne à eux, Marie le leur présente. Comme ils le serrent entre leurs bras, sur leurs cœurs !

O Jésus, je vous presse tous les jours sur mon cœur comme les heureux bergers, plus heureux qu'eux, dans mon cœur. Que votre Cœur dans cette communication intime change donc le mien. Faites-en donc un cœur d'agneau, de pasteur et d'ange, un vrai cœur de prêtre, un cœur semblable au vôtre, marqué de votre signe : amour de la pauvreté, de l'humilité, de la souffrance ; un vrai cœur de sauveur pour arracher les hommes à la triple concupiscence, et, par là, au péché, à la mort, à l'enfer. O Jésus, je vous offre les présents des bergers, lesi fruits, le lait, l'agneau, la pauvreté, l'humilité, la souffrance. O Joseph, ô Marie, gardez dans mon cœur ces présents faits à Jésus ; gardez

JO

RETRAITE DE iS66.

dans mon cœur les présents de Jésus, gardez Jésus dans mon cœur.

Là est la paix et la joie, parce que là est le règne et la gloire de Dieu. L'Évangile est là aussi : Evangeli:{o vohis gaudium magnum.

CINQUIEME JOUR

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