Reconnaissance. — D'autant plus grande
que je suis rapproché de Dieu; que je suis venu de plus bas; que les bienfaits sont continuels et renouvelés à chaque instant; que j'en suis plus indigne, plus indigne même que lorsque j'étais dans le néant, parce que la malice et le péché sont presque le néant.
3. Regrets. — D'autant plus grands, qu'il y a plus de malice et de péché ; que si souvent j'ai eu de l'ingratitude, que si souvent je me suis éloigné de la iin dernière. Négligence, nonseulement pour tendre à la perfection comme religieux, pour rester uni à Jésus-Christ, comme Jésuite, comme religieux, comme prêtre, pour donner aux autres les secours, les exemples qu'ils avaient droit d'attendre de moi ; — mais, pour moi-même, manque de correspondance à la lumière, à la force surnaturelle ; quelquefois même, tombé au-dessous de cette fin naturelle qui s'offrirait à l'homme, s'il n'avait point reçu la grâce d'une lin surnaturelle, — c'est-à-dire oubli de Dieu, de sa loi, de son domaine, chaque fois que j'ai repris possession de moi-même ; tendance vers les créatures, comme si là était ma fin, ou les créatures attirées à moi, comme si moi-même j'étais la fin des créatures, c'est-à-dire ten-
ço RETRAITE DE 1867.
dance au néant d'où je suis sorti, tendance au péché, abîme plus sombre que celui du néant.
4. Étonnement d'être ainsi retombé, plus grand que d'avoir été ainsi élevé. — Quelle folie de méconnaître une fin si sublime, raison de tout honneur et de tout bonheur, pour tendre à l'abîme de toute douleur et de toute honte !
5. Danger de me laisser encore aller à cette folie. — Qu'il est facile encore maintenant de tomber dans le péché mortel ; quel vertige violent causent les créatures ! — Crainte salutaire,... horreur du péché mortel.
6. (24mour de Dieu. — A lui mon cœur, avec lui mon cœur, selon ma fin, en Jésus- Christ, comme Jésus-Christ, avec Jésus-Christ. Mais amour, non-seulement affectif, mais effectif aussi : louange, respect, service.
Que de choses à corriger sur ces trois chefs !
7. Résolution générale. Nonne Deo subjecta erit anima mea ! — Enfin! demum!... cinquante ans,... que d'années perdues !... que de retraites infructueuses !... Que celle-ci emporte tout. C'est la dernière peut-être... demum !
l'homme de l'éternité*.