‹ Journal de ses retraites annuelles de 1860 à 1870Chapitre 40 sur 174 · I. Ne voulant pas s'aider de leur liberté · texte numérisé non relu

I. Ne voulant pas s'aider de leur liberté

secret de moi-même qui se porte encore là ; et une volonté qui cède à cet amour de moi-même et qui sacrifie Dieu.

De là, trois sources principales : am,our de moi-même, manque de mortification, négligence dans les exercices de piété.

De là, je ne vis plus pour l'autel, pour la messe ; oubli de la fin, de la perfection.

De là, mécontentement de moi-même, des hommes et de Dieu; découragement, besoin de consolations; tentation d'en chercher du côté des créatures...

— Bord de l'abîme... hauteur des Alpes.,. La corde presque coupée...

Une de mes journées : c'est toujours lâcheté dans le début pour mes exercices; ingratitude, tristesse mal dissimulée. Je ne fais rien avec un vrai soin pour Dieu, ni dans mes exercices, ni dans mon emploi, ni près des âmes.

Où donc y a-t-il quelque soin de ma part? Si je dois paraître, si je dois prêcher, s'il y a crainte d'échec, si la gloriole personnelle est engagée.

Comment? C'est donc pour moi que je tra vaille } C'est donc là cette passion secrète qui ferait de moi un Judas ? D'autant plus coupa-

RETRAITE DE i8(57.

ble, que moi aussi je suis apôtre, que j'ai des rapports plus intimes avec Jésus, que ses intérêts les plus délicats me sont confiés,... que je parais mieux comprendre le besoin de son union, que je la prêche davantage.

Quelle confusion de me trouver si coupable î Je serais tenté de perdre confiance, surtout en me trouvant si insensible, que je ne souffre même pas de mon insensibilité. Mais le plus grand crime de Judas fut son découragement, son désespoir.

Jésus ! Jésus ! misericordia mea ! Touchez donc mon cœur! Donnez-moi la contrition, rendez-moi votre amour, la vraie volonté de vous servir, le courage contre moi-même, que je me renonce, que je me trahisse, agendo contra,

TROISIEME JOUR

Page 1