Linceuls, draps de lit
2. Luigi Ricchieri, humaniste, né vers 1450 à Rovigo, prit le nom de Ludovicus Coelius Rhodiginus. Il fut appelé par Louis XII à Milan vers l’an 1509 pour y professer les lettres grecques et latines; il enseigna ensuite à Padoue, où il mourut en 1525, de douleur,
Mardy au matin, 15° de Novembre, nous partismes de là, et apres avoir faict un long chemin sur la chaussée, come celle de Blois, et traversé la riviere d'Adisse, que nous rancontrames à nostre mein droite, et apres, celle du Po, que nous trouvames à la gauche, sur des pons pareils au jour precedant, sauf que sur ce planchier il y a une loge qui s'y tient, dans laquelle on paie les tribus en passant, suivant l'ordonnance qu'ils ont là imprimée et prescripte; et au milieu du passage arretent leur bateau tout court, pour conter et se faire paier avant que d'aborder!. Apres estre descendus dans une pleine basse, où il samble qu'en temps bien pluvieus le chemin seroit inaccessible, nous nous randimes d’une trete, au soir, à
FERRARE, vint milles. Là pour leur foy et bollette ? on nous arresta longtemps à la porte : et ainsi à tous. La ville est grande comme Tours, assise en un pais fort plein ; force palais; la pluspart des rues larges et droites ; fort peu peuplée.
Le Mercredy au matin MM. d'Estissac et de Montaigne alarent baiser les meins au Duc. On lui fit
dit-on, à cause de la captivité de François Ier, Il avait publié Antiguarum lectionum libri XVI, auxquels on ajouta 14 livres après sa mort. Jules César Scaliger, qui avait été son disciple, l'appelait le Varron de son siccle. (Moreri.)
1. « Les Romains payoient ce qui estoit deu aux bateliers, pour leur voiture dez l'entrée du bateau, ce que nous faisons apres estre rendus à port. » Æssars (1580), liv. I, chap. xLIx.
2 Bulletin de santé.
3. Alphonse II d'Este (1533-1597), fils d'Hercule II et de Renée de F rance, duc de Ferrare depuis l'année 1558. — Le jeune seigneur d'Estissac présenta au duc deux lettres de recommandation, de Henri III ct de la reine-mere. M. A. d'Ancona en donne la traduction italienne, conservée aux Archives d'état de Modène. Voici la retraduction de la lettre du roi : « Mon oncle. le seigneur d'Estissac désirant de sc rendre de plus en plus digne de continuer le service, que tous ses prédécesseurs ont toujours et anciennement
entendre leur dessein : il envova un Seigneur de sa Court les recueillir, et mener en son Cabinet, où il étoit avec deux ou trois, qui les attendoit. Nous passames au travers de plusieurs chambres closes, où il y avoit plusieurs Jantils-homes bien vétus. On nous fit tous entrer. Nous le trouvames debout contre une table ‘.| Il mit la mein au bonnet, quand ils entrarent, et se tint tous-jours descouvert tant que M. de Montaigne parla à luy, qui fut assés longtems. Îl lui demanda premieremant, s'il entendoit la langue? et lui ayant esté respondu que oui, il leur dict en Italien tres-eloquent, qu'il voioit tres volantier les Jantils-homes de cette nation, étant serviteur du Roy Tres Crestien, et tres-obligé. Ils eurent quelques autres proposensamble, et puis se retirarent; le Seïgneur Duc ne s'étant jamais couvert.
Nous vismes en un’eglise *, l'effigie de l’Arioste, un peu plus plein de visage qu'il n’est en ses livres; il
fait à ce royaume, ils'en va de présent en Italie afin de s’v arrèter quelque temps et s'appliquer cependant aux plus vertueux ct honnètes exercices qui s y font chacun jour, et parce que je désire en tout ce qui m'est possible favoriser son voyage, et l'accompagner en ce désir sien, je vous prie, mon oncle, tant qu'il restera dans vos contrées, de lui faire faire toutes les gracieuses et meilleures accueillances que vous pourrez, en manière qu'il connaisse par effet en quelle recommandation vous avez tout ce qui vous est recommandé de ma part, étant un gentilhomme qui mérite quon lui fasse faveur. Priant Dieu, mon oncle, de vous avoir en sa sainte et digne garde, De Saint-Maur des Fossés le 27° d'août 1580, Votre bon neveu,
Henri. »
La lettre de Catherine de Médicis est conçue à peu près dans les mêmes termes.
1. Ces trois phrases, que j'ai mise entre crochets, sont une note de Montaigne. — Edit. orig. : contre une table, qui les attendoit.