Le campanile de Giotto
.« Ils «les Italiens) ont plus communément des belles femmes, et moins de laydes que nous: mais des rares et excellentes beautez, j'estime que nous allons à pair. » ZEssais (1588), liv. III, chap. v.
sont ny en si grande abondance à moitié qu'en Allemaigne, ny si bien appretées. On y sert sans larder et en l'un eten l'autre lieu : mais en Allemaigne elles sont beaucoup mieus assesonnées, et diversifiées! de sauces et de potages. Les logis en Italie de beaucoup pires, nulles salles : les fenétres grandes et toutes ouvertes, sauf un grand contrevant de bois qui vous chasse le jour, si vous en voulez chasser le soleil ou le vent : ce qu'il trouvoit bien plus insupportable et irremediable que la faute des rideaus d'Allemaigne. Ils n'y ont aussì que des petites cahutes à tout des chetifs pavillons, un, pour le plus, en chaque chambre, à tout une carriole au dessous?; et qui haîroit à coucher dur, sy trouveroit bien ampesché. Egale ou plus grande faute de linge. Les vins communéemant pires; et à ceus qui en haissent une douceur lache, en cete seson insupportables *. La cherté, à la verité, un peu moindre. On tient que Florence soit la plus chere ville d'Italie. J'avoy faict marché avant que mon maistre arrivat à l'hostelerie de l’Ange, à sept reales pour home et cheval par Jour, et quatre reales pour home de pied.
Le mesme jour nous vismes un palais du Duc, où il prant plesir à besouigner lui mesmes, à contrefaire des pierres orientales et à labourer le cristal : car il est Prince souingneus un peu de l’Archemie et des ars mechaniques, et surtout grand Architecte *.