‹ Journal de VoyageChapitre 150 sur 294 · Chez les banquier · texte numérisé non relu

Chez les banquier

2. (Catena. qui ciait resié douze ans banni, avait commis 54 assassins. Iv eut à son stpplice plus de trente mille spectateurs. Aus fi Roms cit's par M. d'Ancona.

un grand nombre d'homes vetus et masqués de toile qu'on dict estre des jantils homes et autres apparans de Rome, quise vouent à ce service de accompaigner les criminels qu'on mene au supplice et les cors des trespassés; et en font une confrerie. Il y en a deus de ceus là, ou moines, ainsi vetus et couvers, qui assistent le criminel sur la charrete et le preschent, et l’un d’eus lui presante continuellemant sur le visage et lui faict baiser sans cesse un tableau où est l'Image de Nostre Seigneur. Cela faict que on ne puisse pas voir le visage du criminel par la rue. À la potance, qui est une poutre entre deus appuis, on lui tenoit tous-jours cete image contre le visage, Jusques à ce qu'il fut élancé. Il fit une mort commune, sans mouvemant et sans parole ; estoit home noir, de trante ans ou environ. Apres qu'il fut estranglé, on le detrancha en quattre cartiers. Ils ne font guiere mourir leshomes que d’une mort simple, et exercent leur rudesse apres la mort. M. de Montaigne y remerqua ce qu'il a dict ailleurs, combien le peuple s'effraie des rigurs qui s'exercent sur les cors mors; car le peuple, qui n'avoit pas santi! de le voir estrangler, à chaque coup qu'on donnoit pour le hacher, s’écrioit d'une voix piteuse *. Soudein qu’ils sont morts, un ou plusieurs Jesuistes ou autres,

Page 1