‹ Journal de VoyageChapitre 162 sur 294 · Louis d'Abain · texte numérisé non relu

Louis d'Abain

4. Le cardinal Guillaume Sirleto refusait à Muret la communication d’un manuscrit de Zosime, comme d'un livre impie et scélérat. Ch. Dejob, Marc-Antoine Muret, cité par A. d'Ancona.

cessibles par autres. L'occasion et l'opportunité ont leurs privilieges, et offrent souvant au peuple ce qu'elles refusent aus Rois. La curiosité s'ampeche souvant elle mesmes, come faict aussi la grandur et la puissance.

J'y vis aussi un Vergile ecrit à mein, d'une lettre infiniemant grosse et de ce caractere long et etroit, que nous volons ici aus inscriptions du tamps des Amperurs, come environ le siecle de Constantin, qui ont quelque façon gothique, et ont perdu cete proportion carrée qui est aus vieilles escritures latines. Le Vergile me confirma, en ce que j'ai tousjours jugé, que les quatre premiers vers qu'on met en l'Œneiïde sont ampruntés : ce Livre ne les a pas?. 11 y a des Actes des Apostresescrits en tres belle lettre d'or grecque, aussi vifve et recente que si c'etoit d'aujourd'hui. Cete lettre est massifve et a un cors solide et eslevé sur le papier, de façon que si vous passés la mein pardessus, vous y santés de l'espessur. Je croi que nous avons perdu l'usage de cete escriture.

Le 13 de Mars, un vieil Patriarche d'Antioche, Arabe, tres-bien versé en cinq ou six langues de celes de delà, et n’aiant nulle connoissance de la grecque, et autres notres, avecq qui]'avois pris beaucoup de familiarité, mc fit present d'une certene mixtion pour le secours de ma gravelle, et m'en prescrivit l’usage par escrit. Il me l'enferma dans un petit pot de terre, et me dit que je la pouvois conserver dix et vint ans, et en esperoit tel fruit, que de la premiere prinse je serois tout à fait

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1. Ce manuserit de Virgile parait étre celui que l'on nomme Romanus, ornè de peintures, consulté vers 1454 par Politien in infima vaticana Bibliotheca. A. d'Ancona.

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