Essaîs (1580). liv. I, chap. xxxvir
2. A. d'Aubigné, Histoire universelle, édit. de Ruble, t. VI, p. 30. 3. Essars (1588), liv. ITI, chap. ix.
Avant de se rendre sous les murs de la Fère (ou après avoir quitté le siège), il se montra à la cour et présenta au roi ses Essais fraîchement imprimés. Henri III ayant déclaré que l'ouvrage lui plaisait beaucoup, Montaigne repartit : « Sire, il faut donc nécessairement que je plaise à Votre Majesté, puisque mon livre lui est agréable, car il ne contient autre chose qu'un discours de ma vie et de mes actions !. »
Il put assister, s'il le voulut, aux premières opérations du siège, qui eurent lieu le 7 juillet. Le maréchal de Matignon y commandait, homme de guerre prudent ct fin politique, nommé l’année suivante lieutenant-général de Guyenne, puis maire de Bordeaux après Montaigne, et qui trouva toujours dans notre philosophe l'aide la plus dévouée contre les Huguenots et contre les Ligucurs. Ce siège n'offrait pas de bien grandes difficultés, « tant pour la belle saison... que par l’abondance de toutes choses, comme aussi n’ayans à craindre aucun secours ni courses du dehors; aussi l'appelloit-on le sitge de velours? ».
Le 18 juillet, les Huguenots firent des sorties où furent blessés La Valette, mignon du roi, et Arques, depuis duc de Joyeuse. Le 2 août, « le scingneur de Grammont, gentilhomme gascon, jeune seingneur de grande espérance et valeur, eust le bras emporté d'une mousquetade?... dont le Roy fust fort désplaisant. On disoit à la Cour que c'estoit une mauvaise beste que ceste Fère-là, de dévorer ainsi tant de mignons* ».
Philibert de Gramont mourut, quatre jours après, de sa blessure. Montaigne était son compatriote et son amis.
1. La Croix du Maine, Bibliothèque françoise, Paris, 1584, in-fo, f. 329 re. cité par Paul Bonnefon. Montaigne et ses amis, t. I, p- 285.
a. A. d'Aubigné, Histoire universelle, t. VI. p. 55.