L’Estoile, t. I, p. 367. On jouait sur le mot latin fera
5. « Augustus 6. — L'an 1580 mourut au siege de la Fere Mons’ de Gramont qui m'estoit fort amy, qui avoit ete frappé d’un coup de piece 4 jours auparavant moi etant audt siege. » Note manus-
C'est à la « comtesse de Guissen », sa femme, à « cette grande Corisande d'Andoins », qu’il venait de dédier « vingt et neuf sonnets d'Estienne de la Boetie! ». Aussi voulut-il se joindre à ceux qui lui rendaient les derniers devoirs, sa présence au camp n'étant pas indispensable. « Je fus, dit-il, entre plusieurs autres de ses amis, conduire à Soissons le corps de monsieur de Grammont, du siege de la Ferc, où il fut tué. Je consideray que par tout où nous passions, nous remplissions de lamentation et de pleurs, le peuple que nous rencontrions, par la seule montre de l'appareil de notre convoy : car seulement le nom du trespassé n'y estoit pas cogneu *. »
On ignore si Montaigne retourna ensuite au siège de la Fère. Mais il n’en attendit pas la capitulation, qui fut conclue le 12 septembre. Nous le retrouvons à Beaumont (sur Oise), où le rejoignit le jeune seigneur d’Estissac, qui devait faire sous sa conduite le voyage de Rome. C'est de à qu'ils se mirent en route le 5 septembre après diner.
crite de Montaigne sur un exemplaire des Ephemerides de Beuther. Philibert de Gramont était gouverneur de Bayonne et sénéchal de Béarn.