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La nhose ut controversée

a 4 miglia fuora della Città in processione, e di là al mare, dove gettava un anello, e sposava il mare, essendo questa Città potentissima in la marina. Adesso ci va un mastro di scuola solo. Ma gli Preti in processione vanno a questa Chiesa, dove sono gran perdonanze. Dice la bolla del Papa di 400 anni poco manco (pigliandone fede d'un libro di più di 1200) che fu edificata questa Chiesa di S. Pietro : e che S. Clemente facendo l’ufficio su una tavola di marmo, li cascarono sopra tre gocciole di sangue del naso del detto Santo. Queste goccie si vedono come impresse di tre giorni inquà. Gli Genovesi ruppero questa tavola, e portarono via una di queste goccie. Per questo gli Pisani levarono il restante della detta tavola dalla detta Chiesa, e portarono nella Città loro. Ma ogni anno

la ville, et de là à la mer, où il jetait un anneau et épousait la mer, étant cette ville fort puissante en marine. A présent il n'y va qu'un maître d’école. Mais les prêtres en procession vont à cette église, où ilya de grands pardons. La bulle du Pape, d'il y a un peu moins de 400 ans (si j'ajoute foi à un livre qui la date d'après 1200)!, dit que cette église fut édifiée par saint Pierre? : et que saint Clément faisant l'office sur une table de marbre, il tomba dessus trois gouttelettes de sang du nez dudit saint. Ces gouttes se voient, comme imprimées depuis trois jours. Les Génois rompirent cette table et emportèrent une de ces gouttes. C’est pourquoi les Pisans enlevèrent de ladite église le restant de ladite table, et l’apportèrent dans leur ville. Mais chaque année on la reporte en son lieu avec pro-

1. Probablement la bulle d'Innocent VI datée de 1354 en Avignon. A. d'Ancona — Le sens de cette phrase est douteux ; voici la traduction du premier éditeur : « La Bulle du Pape qui est d’environ 400 ans dit sur la foi d’un livre qui en a plus de 1200... »

2. La basilique de Saint-Pierre in Grado fut bâtie avant l'an 1000, autour d’un autel de pierre, que saint Pierre, abordant en Italie, aurait élevé sur le rivage.

si riporta con processione al suo loco al detto giorno S. Pietro. Il popolo ci va tutta la notte in barche.

Il Venerdì 7 di Luglio di buona ora andai a veder le cascine di Don Pietro di Medici, discoste di due miglia della Terra. Egli ha là un mondo di possessiont che tiene da per se mettendoci di 5 in 5 anni nuoti lavoratori con pigliarne la metà dei frutti. Terreno abondantissimo di grano. Pasture dove tiene d'ogni sorte d’animali. Scavalcai fer veder 11 particolare della casa. Ci sono gran numero di persone che travagliono a far ricotte, buturo, casci, € diversi tustrumenti per questa opera.

Di là seguendo il piano capitai alla spiaggia del mar Tirreno, d'una banda scorgendo l’Erici a man dritta, dall’ altra Livorno più vicino, castello posto nel mare. Di là

cession, audit jour de saint Pierre. Le peuple y va toute la nuit en barques.

Le vendredi 7 de juillet de bonne heure j'allai voir les cassines de don Pierre de Médicis, éloignées de deux milles de la ville‘. Il a là un monde de possessions qu'il tient par lui-même, y mettant tous les cinq ans de nouveaux laboureurs et en prenant la moitié des fruits. Terrain très abondant en blé. Pâturages où il tient de toute sorte d'animaux. Je descendis de cheval pour voir le détail de la maison. Il y a grand nombre de personnes qui travaillent à faire recuites?, beurre, fromages, et divers instruments pour cet ou- VIage.

De là, sulvant la plaine, j'arrivai à la plage de la mer Tyrrhène. d'un côté apercevant Lerici à main droite, de l'autre Livourne plus voisin, château assis dans la

1. Pierre do Médicis, dernier fils de Cosme I*, venait de .ucriover pour Philippe II en Portugal; il mourut en 1604. Sa imciaitie s'appulle les Cascine San Rossore.

2. Recaites vu séractes, lut caillé dont on a séparé le petitut,

si scuoprono a chiaro l'isola Gorgona, e più oltra Capraia, e più oltra Corsica. Diedi la volta a man manca il lungo della ripa fin che giunsimo la bocca d'Arno d’un'entrata malagevole alli navigli attesochè di diversi fiumicelli che concorrono all’Arno, si porta terra e fango che si ferma, et innalza la detta bocca. Ci comprai del pesce che mandati poi alle donne commedianti. Il lungo di quel fiume si vedono parecchi macchie di tamarisci.

Il Sabbato ne comprai un barile sei giuli, il quale feci cerchiare d'ariento. Ci andò all’artefice 3 scudi. Comprai di più una canna d'India a appoggiare, sei giuli. Un vasetto, etun bicchiere di noce d'India, che fa il medesimo effetto per la milza, e per la gravella, che il tamarisco, 8 giuli. L'artista uomo ingegnoso, e famoso da far belli

mer. De là on découvre clairement l’île Gorgona, et plus outre Capraia, et plus outre la Corse. Je tournai à main gauche lelong durivage, tant que nousatteignîmes la bouche de l'Arno, d'une entrée malaisée aux navires, attendu que par diverses petites rivières qui concourent à l’Arno, se porte terre et fange qui s'arrête et exhausse ladite bouche. J'y achetai du poisson, que j'envoyai après aux dames comédiennes. Le long de ce fleuve on voit plusieurs bosquets de tamaris.

Le samedi j'achetai un baril de tamaris, six jules, lequel je fis cercler d'argent. Il m'en coûta 3 écus à l'orfèvre. J'achetai de plus une canne d’Inde pour m'appuyer, six jules!. Un petit vase et un verre de noix d'Inde ?, qui fait le même effet pour la rate et pour la gravelle que le tamaris, 8 jules. L'’artisan,

1. « De tout temps j'ay apprins de charger ma main et à cheval et à pied, d'une baguette ou d'un baston : jusques à y chercher de l’elegance, et m'en sejourner (reposer), d’une contenance affettée. Plusieurs m'ont menacé, que Fortune tourneroit un jour cette mignardise en necessité. Je me fonde sur ce que je seroy le premier goutteux de ma race. » Essais (1595), liv. II, chap. xxv.

a. Noix de coco.

instrumenti di matematica, m'insegnò, che tutti arbori portano tanti cerchi e giri, quanti anni hanno durato : € me lo fece vedere in tutti quelli ch'aveva nella bottega sua, essendo legnaiuolo. Ela parte che riguarda il settentrione, è più stretta, et ha gli circuli più serrati e densi, che l'altra. Per questo si dà vanto, qualche legno! che gli sia portato, di gidiucare quanti anni avesse l'arbore ; et in qual sito stasse.

Durava fatica in questo tempo della testa che mi stava sempre d'un modo; con una tal stitichezza che non moveva il corpo senza arte è soccorso di confetti, soccorso debole. Dei reni bene secondo.

Questa Città era poco fa vituperata di cattiva aria. Ma avendo Cosimo Duca asseccati gli paduli che le sono

homme ingénieux et fameux à faire beaux instruments de mathématique, m'apprit que tous les arbres portent autant de cercles et ronds qu'ils ont duré d'années : et me le fit voir en tous ceux qu'il avait dans sa boutique, car il était menuisier. Et la partie qui regarde le septentrion est plus étroite, et a les cercles plus serrés et denses, que l'autre. C’est pourquoi il se vante, quelque bois qu'on lui porte, de juger combien d'années avait l'arbre, et en quelle situation il se tenait *.

En ce temps-là durait encore la fatigue de ma tête, qui était toujours de même, avec une constipation telle, que je n’allais point du corps sans art et secours de (coriandres) confits ; faible secours. Des reins bien, selon moi.

Cette ville était, il y a peu, décriée de mauvais air. Mais, le duc Cosimo ayant asséché les marais qui sont 1. Edit. orig. : seono.

2. Léonard de Vinci, mort en 1519, enseigne déjà, dans son Traité de peinture, que le nombre des cercles donne l’âge de l'arbre, mais il ajoute au contraire que « le centre de l'arbre est plus ‘approché de son écorce méridionale que de l'écorce septentrionale ». (Cite par À d'Ancona.

d’ogn’intorno, stà bene. Et era cattiva a tal modo, che quando volevano confinare qualcuno, e levarlo via, loconfinavano in Pisa, dove in pochi mesi la forniva.

Questo loco non fa pernici con questo che gli Principi ci hanno messo ogni cura.

Mi venne a visitare in casa parecchi volte Girolamo Borro Medico, dottor della Sapienzia. Et essendo 10 andato a visitarlo il 14 di Luglio mt fece presente del suo libro del flusso e riflusso del mare in lingua volgare :e mi fece vedere un altro libro Latino ch’avea fatto de i morbi de i corpi.

tout alentour, cela va bien. Et il était mauvais à tel point, que quand ils voulaient confiner quelqu'un et s'en débarrasser, ils le confinaient dans Pise, où en peu de mois cet air l’achevait.

Ce lieu n’a point de perdrix, encore que les Princes y aient mis tous leurs soins.

Plusieurs fois vint me visiter chez moi Girolamo Borro, médecin, docteur de la Sapienza. Et ayant été le visiter le 14 de juillet, il me fit présent de son livre du flux et reflux de la mer, en langue vulgaire : et me fit voir un autre livre latin qu'il avait fait, des maladies des corps !.

1. Girolamo Borro, d'Arezzo, professeur de philosophie à la Sapienza (Université de Rome), avait été jeté dans les prisons de l'inquisition, d'où le pape l'avait tiré ; ses collègues le forcèrent à quitter sa chaire en 1586, et il mourut à Pérouse en 1592. A. d'Ancona. « Je vy privément à Pise un honneste homme, mais si Aristotelicien, que le plus general de ses dogmes est : Que la touche et regle de toutes imaginations solides, et de toute verité, c’est la conformité à la doctrine d’Aristote : que hors de là, ce ne sont que chimeres et inanité : qu'il a tout veu et tout dict. Cette sienne proposition, pour avoir esté un peu trop largement et injurieusement interpretee, le mit autrefois et tint long temps en grand accessoire (difficulté) [à l'inquisition] à Rome. » Æssais (1588), liv. I, chap. xxv.

Ce même Jour, p de l'arsenal 21 escla

avec sa 8arniture, bino avait laissée, é ormis l'Arno et

€ rues, elle ressemb] EXtrême disette d'eau:

toutes Je BOùt de mar:

ommes très pauvr, PT vi.

e tanto liberale, che aveva messo ordine, che non ci capitasse nissun Francese, che subito non li fusse menato in casa. Ha lasciato della sua bona vita, e liberalità, onoratissima memoria ai Pisani. Sono cinque, o sei anni solamente, che morì.

Il 17 di Luglio mi messi con 25 altri, a un scudo per uno, a giocare alla riffa certa roba del Fargnocola di questi Commedianti. Prima si fa alla sorte a chi tocca di giocar primo, et poi secondo, fin all'ultimo. Si segue questo ordine. Di poi essendo diverse cose a giocare, ne fecero due parti uguali. L’una guadagnava chi faceva più punti, l’altra chi ne faceva manco. Toccò a me di giocar il secondo.

Il 18 alla Chiesa di S. Francesco fra li Preti del Duomo, e gli Frati nacque un garbuglio grande. Un gentiluomo Pisano essendo seppellito alla soppradetta chiesa

de notre nation, et si libéral, qu'il avait misordre qu'il n'y arrivât aucun Français qui aussitôt ne lui fût amené chez lui. Il a laissé, de sa bonne vie et libéralité, très honorée mémoire aux Pisans. Il y a cinq ou six ans seulement qu'il est mort !.

Le 17 de juillet, je me mis avec 25 autres, à un écu chacun, à jouer à la ri/fa certaines hardes du Fargnocola, un de ces comédiens. D’abord on tire au sort à qui il touche de jouer premier, et puis second, jusqu'au dernier. On suit cet ordre. Après; y ayant diverses choses à jouer, ils en firent deux parts égales. Qui faisait le plus de points gagnait l'une, qui en faisait le moins l’autre. Il toucha à moi de jouer le second.

Le 18, à l’église de Saint-Frangois, entre les prétres du Déme et les frères naquit un grand grabuge. Un gentilhomme pisan ayant été enseveli à la susdite

1. Pietro Jacopo (et non Paolo) des Marquis Bourbon del Monte, ne fut archevêque de Pise que pendant dix-huit mois (1574-5). Ce surnom de Bourbon était tiré d'un prétendu diplôme de Charlemagne. A, d'Ancona.

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