‹ Journal de VoyageChapitre 26 sur 294 · Essais (1588), liv. III, chap. x · texte numérisé non relu

Essais (1588), liv. III, chap. x

2. Grin, Za vie publique de Michel Montaigne, p. 209. Cette lettre, découverte par Buchon, était adressée « À monsieur de Montaigne... estant de present à Rome ». Elle alla peut-être à Rome. peut-être seulement jusqu’à Lyon, d'où elle ne put parvenir à Montaigne que plusieurs jours après le 30 novembre, date de son retour chez lui.

Dogue due imc) e amiprar ct de la reine de Navarre : aussi favorisait-il s la Ligue! Montaigne connaissait bien les hon choses de sa province ct de la cour ; il dut se quitter l'Italie sans avoir vu Naples, sans avo à Venise : grand sacrifice au bien public.

Il part le 15 octobre, seul avec ses valet:

Sienne, Lucques, Sarzane, renonce à gagner G qu'il craignait la mer et que la route de terre é reuse, et aussi parce qu'il ne songeait plus qu se détourne à peine pour voir Pavie et la Cha s'arrête qu'un jour à Milan, et par Turin, le Mo Chambéry arrive à Lyon le 8 novembre et s'y bonne semaine : la ville lui plut beaucoup. Enfir Clermont et à Limoges, à travers la neige, « le: vans fredureus et pluies », et trouvant la longue min de plus en plus ennuyeuse, il rentre le 30 nov dans son château, qu'il avait quitté « 17 mois 8 paravant. « Ayant vu les cités de beaucoup d'h connu leur esprit », Montaigne pouvait s’écri poète ? :

Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyag Ou comme cestuy là qui conquit la toison,

Et puis est retourné, plein d'usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son aage!

Tel est ce Journal que notre voyageur écrivit même, pour suppléer à son défaut de mémoire, aussi pour en amuser sa femme ou quelques arr suivre l'exemple de son père : on sait qu'il ava

sa main un journal de ses campagnes en Italie; dans son ménage, « il ordonnoit à celuy de ses gents, qui luy servoit à escrire, un papier journal, à inserer toutes les survenances de quelque remarque, et jour par jour les memoires de l’histoire de sa maison : tres-plaisante à veoir, quand le temps commence à en effacer la souvenance... Usage ancien, — ajoute Montaigne, — que je trouve bon à rafraichir, chacun en sa chacuniere : et me trouve un sot d'y avoir failly !. »

Il prit souvent plaisir à feuilleter ses notes de voyage, si pleines d'observations précises, et il en enrichit à plusieurs fois les deux premiers livres des Zssa:s, en puisant aussi dans ses souvenirs. L’ « edition seconde reveué et augmentée » qu'il publia en 1582, recueillait déjà : sa visite au Tasse, qui lui avait inspiré « plus de despit encore que de compassion », l'exécution de Catena à Rome, le nom de Marc-Antoine Muret placé parmi ses « precepteurs », les artifices des courtisanes italiennes, et surtout l'éloge du bain, de la boisson des eaux thermales, et la diversité des usages que l'on suit aux bains de France, d'Allemagne et d'Italie, d'où il conclut de nouveau « la confusion et incertitude » qui se voit en la médecine. Dans l'édition de 1588, et dans l'édition posthume de 1595, un grand nombre d’additions rappellent son voyage; on en retrouvera ici la plupart. Il y fait aussi des allusions fréquentes dans son troisième livre, paru en 1588 : deux chapitres sont comme le développement de plusieurs passages du /ournal et pourraient lui servir d'introduction ou d’appendice ; c'est le chapitre IX, « De la vanité », où il expose la raison de ses voyages, le plaisir et le profit qu’il y trouve, où il exalte la Rome antique et reproduit sa bulle de bourgeoisie romaine; et le chapitre XIII, « De l'experience », où il parle surtout de sa santé et de ses goûts particuliers à table et ailleurs.

Quel voyageur admirable que ce malade « semant ses pierres et graviers sur les routes? » ! quelle vaillance et quelle bonne humeur, quelle curiosité toujours en éveil,

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