‹ Journal de VoyageChapitre 32 sur 294 · Margelle · texte numérisé non relu

Margelle

3. Edit. orig. : M. et Mue de Bourbon. — Erard de Livron, baron de Bourbonne. ct Gabrielle de Bassompierre, sa femme. Ils pouvaient étre au château de Haroué, à environ cinq lieues de Mirecourt. Une de leurs filles, Yolande, née le 5 août 1581, fut passionnément aimée du maréchal de Bassompierre. cousin-germain de sa mere. Mémoires de B.. édit. de Chantérac. passim.

quart de lieue de là, à quartier de‘ son chemin, les religieuses de Poussay. Ce sont religions? de quoi il y en a plusieurs en ces contrées-là establies pour l'institution des filles de bonne maison. Elles y ont chacune un benefice pour s’en entretenir de cent, deux cens ou trois cens escus, qui pire, qui meilleur, et une habitation particuliere où elles vivent chacune à part soi. Les filles en nourrice y sont reçues. Il n'y a nulle obligation de virginité, si ce n'est aus officieres, comme abbesse, prieure et autres. Elles sont vestues en toute liberté, comme autres damoiselles, sauf un voile blanc sus la tete, et en l’eglise pendant l'office un grand manteau qu’elles laissent en leur siege au cueur. Les compaignies y sont regues en toute liberté, chez les religieuses particulieres qu'on y va rechercher, soit pour les poursuivre à espouser, ou à autre occasion. Celles qui s'en vont peuvent ? resigner et vendre leur benefice à qui elles veullent, pourveu qu'elle soit de condition requise. Car il y a des seigneurs du pais qui ont cette charge formée, et s'y obligent par serment de tesmoingner de la race des filles qu’on y presente. Il n’est pas inconvenient qu'une seule religieuse ait trois ou quatre benefices. Elles font au demeurant le service divin comme ailleurs. La plus grand part y finissent leurs jourset ne veullent changer de condition.

Delà nous vinsmes soupper à

. En s'écartant de.

. Monasteres.

. Var. : pouvent. Il y avait peut-être : pouvant.

4. La reine Marguerite (Mémoires, p. 100) visita une semblable a religion » à Valenciennes. « Le bal estant finy, nous allasmes ouyr vespres aux chanoinesses, en leur eglise appelée Sainte-Vandrud, qui est un ordre de filles de bonne maison, de quoy nous n'avons point en France. Ce sont toutes damoiselles, que l'on y met peti’es. pour faire profiter leur mariage (leur dot) jusques à ce qu'elles soicnt

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un

Espiné!, cinq lieués. C'est une belle petite ville sur la riviere de Moselle où l'entrée nous fut refusée d’autant que nous avions passé à Neufchasteau, où la peste avoit été il n'y a pas long temps.

Lendemein matin nous vinsmes disner à

PLOMMIERES?, quatre lieuës. Depuis Bar-le-Duc les lieues reprennent la mesure de Guascogne, et vont s'allongeant vers l’Allemaigne, jusques à les doubler et tripler enfin :.

. Nous y entrasmes le vendredy 16° de Septemb. 1580

à deux heures apres midy. Ce lieu est assis aux confins de la Lorreine et de l’Allemaigne dans une fondriere, entre plusieurs collines hautes et couppées, qui le serrent de tous costés. Au fond de cette vallée naissent plusieurs fonteines tant froides naturelles, que chaudes : l'eau chaude n'a nulle senteur ny goust, et est chaude tout ce qui s'en peut souffrir au boire, de façon que M. de Montaigne estoit contraint de la remuer de verre à autre. Il y en a deux seulement de quoy on boit. Celle qui tourne le cul à l'orient et qui produit le being qu'ils appellent le being de la reine, laisse en la bouche quelque goust doux comme de

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en aage de se marier. Elles ne logent pas en dortoirs, mais en maisons scparées, toutesfois toutes dans un enclos, comme les chanoines; et en chaque maison il y en a trois ou quatre, cinq ou six jeunes avec une vicille, desquelles vicilles il y en a quelque nombre qui ne se marient point, ny aussy l'abbesse. Elles portent seulement l'habit de religion le matin, au service de l'eglise, et l'apres-disnée à vespres; et soudain que le service est faict, elles quictent l'habit, et s'habillent comme les aultres filles à marier, allants par les festins ct par les bals librement comme les aultres : de sorte qu'elles s'habillent quatre fois le jour. »

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