‹ Journal de VoyageChapitre 33 sur 294 · Plombieres · texte numérisé non relu

Plombieres

3. Panurge explique à Pantagruel (chap. xxm) « pourquoy les lieues de France sont tant petites » et « les lieues de Bretaigne, de Lanes, d'Allemaignc, et aultre pays plus esloignez, si grandes ».

regalisse sans autre deboire, si ce n’est que, si on s'en prent garde fort attentifvement, il sembloit à M. de Montaigne qu'elle rapportoit je ne sçay quel goust de fer. L'autre qui sourd du pied de la montaigne opposite, de quoi M. de Montaigne ne but qu'un seul jour, a un peu plus d'aspreté, et y peut-on decouvrir la saveur de l’alun.

La façon du pais, c’est seulement de se beingner et se beingner deux ou trois fois le jour. Aucuns prenent leur repas au being, où ils se font communement ventouser et scarifier!, et ne s'en servent qu'apress'estre purgés. S'ils boivent, c'est un verre ou deux dans le being. Ils treuvoint estrange la façon de M. de Montaigne, qui sans medecine precedente en beuvoit neuf verres, qui revenoint environ à un pot, tous les matins à sept heures; disnoit à midy; et les jours qu'il se. beingnoit, qui estoit de deux jours l'un, c'estoit sur ‘ les quatre heures, n'arrestant au being qu'environ une heure. Et ce jour là il se passoit volontiers de soupper. |

Nous y vismes des hommes gueris d'ulceres, et d'autres de rougeurs par le corps. La coustume est d'y estre pour le moins un mois. Ils y louent beaucoup plus la seison du printemps en May. Ils ne s'en servent guiere apres le mois d'Aoust, pour la froideur du climat; mais nous y trouvasmes encore de la compaignie, à cause que la secheresse et les chaleurs avoint esté plus grandes et plus longues que de coustume*.

Entre autres, M. de Montaigne contracta amitié et

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